« Libérez ma pilule » : liberté pour qui ?

 

 

Quelques réflexions sur le site liberezmapilule.com et la pétition associée…

 

Pourquoi ? À la première lecture de la lettre ouverte, l’impression ressentie est celle d’un texte confus, à l’argumentaire mal construit. De quoi parle-t-on ? D’une pilule progestative ? De toutes les pilules ?

 

A moins, au contraire, que ce texte et ce blog ne soient très bien construits et très habiles ?

 

Reprenons les choses dans l’ordre.

 

1- De quoi parle-t-on ?

2- Quels sont les bénéfices et risques d’un tel projet ?

3- Quels sont les coûts ?

4- A qui profite le projet ?

5- Les procédés rhétoriques

 

1- De quoi parle-t-on ?

 

  •  S’agit-il purement d’une pilule progestative, ou bien songe-t-on à étendre le dispositif aux œstroprogestatives (que l’on abrègera en OP), éventuellement dans une seconde phase ?
  •  Parle-t-on d’une autorisation de prescription de la part du pharmacien, d’une prescription facultative ou d’une vente libre ?

 

Reprenons le texte principal (la lettre ouverte). Toute l’introduction prend l’exemple de la situation US et des recommandations de l’ACOG (d’ailleurs similaires à celles de l’AAFP). Ces recommandations ne se limitent pas aux pilules progestatives, mais concernent bien toutes les familles de pilule. Le questionnaire envisagé explore les contre-indications des œstroprogestatives (voir les références sur l’AAFP).

 

Pour le moment il n’y a pas de pilule en vente libre aux USA. Les associations et organisations militant pour une vente libre (OTC, over-the-counter) envisagent que la première pilule autorisée soit progestative, mais ont pour objectif affiché les deux familles, en se basant sur des études montrant qu’un questionnaire permet d’éviter les contre-indications connues des OP.

 

Dans certains États des US, comme l’Oregon, les pharmaciens ont une autorisation de prescription, qui repose sur un questionnaire rempli avec l’aide du pharmacien. Il ne s’agit pas d’une vente libre.

 

La lettre ouverte ne mentionne les pilules progestatives qu’à deux reprises : pour évoquer une demande d’autorisation d’un laboratoire français aux US (Rx-to-OTC switch), marché potentiellement très fructueux (voir plus bas partie 3), et à la fin, pour demander aux laboratoires de déposer une AMM.

 

Le texte demeure donc très ambigu sur l’objectif à terme, progestatives ou OP, très certainement à dessein. Si l’objectif était uniquement les progestatives, il aurait pu être beaucoup plus explicite sur l’absence de contre-indications cardiovasculaires, par exemple, et beaucoup plus convaincant.

 

Tout en gardant en tête cette ambiguïté, nous privilégierons dans la suite ce qui semble être l’objectif à court terme : une AMM pour une pilule progestative en vente libre.

 

2- Quels sont les bénéfices et risques d’un tel projet ?

 

La santé publique est faite de délicats équilibres, souvent difficile à quantifier, et une idée généreuse peut se révéler nuisible…

 

Il est sans doute impossible de quantifier les rapports bénéfices/risques de la mesure proposée, mais nous pouvons au moins qualitativement examiner ses effets positifs et négatifs.

 

L’effet positif est clairement identifiable : un nouveau canal de diffusion serait disponible pour les pilules progestatives, sans consultation médicale. Certaines femmes ne consultant pas pour une raison ou une autre pourront acheter un contraceptif oral en pharmacie. Cela pourrait être bénéfique dans certaines zones où l’accès à un médecin, une sage-femme ou un centre de planning familial est limité.

 

Du côté des effets négatifs, les effets indésirables d’une pilule progestative sont mineurs et les contre-indications limitées et bien identifiées, et même pour une œstroprogestative, des études qu’il faudrait compléter semblent indiquer qu’un questionnaire auto-administré suffit à les éviter largement.

 

Cependant :

  • Si la délivrance sans ordonnance se limite aux pilules progestatives, le nouveau canal offre un choix limité. Chez une femme jeune et fertile, sans contre-indication aux OP, ce n’est pas forcément le meilleur choix en raison principalement d’une moindre efficacité et d’une plus grande dépendance aux horaires de prise que pour une OP. Un DIU au cuivre ou hormonal, un implant, un anneau peuvent être aussi proposés… À noter qu’une extension aux pilules OP améliorerait ce point, à compenser par un risque peut-être accru d’effets indésirables sérieux, à quantifier.
  • La consultation de prescription de contraception peut être faite par un•e gynécologue, un•e généraliste, un•e sage-femme, en cabinet, au planning familial, etc. Le choix est vaste, et souvent méconnu. Cette consultation ne comporte pas d’examen gynécologique.
  • Cette consultation est l’occasion, en particulier pour la première prescription, d’aborder, outre les diverses options de contraception, divers sujets sur la sexualité, les IST, les violences… S’en dispenser prive de cette occasion.

 

Le choix de prescripteur est suffisamment large pour qu’il n’y ait en réalité guère d’obstacle de disponibilité ou de distance pour cette consultation, sauf peut-être dans certaines zones. Un généraliste qui ne fait pas de gynécologie saura fréquemment renvoyer vers un•e collègue proche. À l’échelle de la France, et en particulier en zone urbaine, c’est principalement l’information qui fait défaut.

 

3- Quels sont les coûts ?

 

Actuellement :

 

  • Pour une personne hors AME/CMU :

– La consultation revient à 6,90 euros (ticket modérateur).

– Un an de pilules = 4 boîtes à environ 3 euros remboursés à 65 %, donc environ 4 euros.

Soit au total environ 11 euros par an.

(en réalité un peu plus pour une OP et un peu moins pour une progestative, à 1-2 euros près).

 

  • Pour une personne bénéficiant de l’AME/CMU, c’est gratuit.

 

  • Pour une pilule en vente libre, si elle est proposée au même prix :

– 4 boîtes à 3 euros, non remboursés : 12 euros.

 

Pas de gain donc, au contraire, en particulier pour les personnes en AME/CMU.

 

MAIS, ce qui est proposé est une nouvelle AMM, pour une spécialité médicale qui sera en vente libre. Il est extrêmement probable que le prix sera différent. Aux USA, une boîte pour un mois coûte entre 20 et 50 dollars hors assurance (5-30 dollars après éventuel remboursement).

 

Si les prix français ne sont pas ceux des USA, tous les médicaments qui ont été déremboursés ces dernières années pour passer en vente libre (parfois du fait des autorités, parfois à la demande des industriels) ont vu leurs tarifs augmenter rapidement de 46% en moyenne et de plus de 90% dans un quart des cas.

 

Par ailleurs, on peut raisonnablement penser que le prix d’une pilule en vente libre serait aligné sur celui des pilules actuellement non remboursées, soit de l’ordre de 10 à 15 € par mois, 120 à 180 € par an.

 

Notons que la lettre ouverte aurait pu demander que l’AMM se fasse dans un cadre remboursable, donc à prix régulé via le dispositif des médicaments « à prescription facultative » (le paracétamol en est un exemple). C’est d’ailleurs ce qui était demandé par le « Collectif des Pharmaciens » dans leur proposition n°4.

Ce n’est pas le cas de Libérez ma pilule.

 

4- À qui profite le projet ?

 

Il est toujours indispensable d’explorer conflits d’intérêts et motivations. Les promoteurs d’un projet comme celui-ci ont toujours une diversité de motivations. La santé publique en sera une, en général, mais il faut se poser la question des autres.

 

Le nom de domaine liberezmapilule.com a été enregistré au nom de Karim Ibazatene, d’après les informations publiquement disponibles. Il s’agit donc visiblement d’un promoteur clé de l’initiative.

Actif sur les réseaux sociaux, blogueur, ce pharmacien de formation déclare travailler pour l’industrie pharmaceutique. Il est qualifié de « spécialiste marketing santé, président de LNA » sur ce site d’école de commerce. En parallèle, il est ou a été gérant d’une multitude de sociétés, ayant en général une activité de conseil auprès de l’industrie pharmaceutique, enregistrées à Paris (LNA, TIM), Londres (LNA Limited), Luxembourg (Kahena), Riga (SIA PLTCare), Chypre (CRT Cyprus Readability Test), Madrid (LNA)…

A noter que son blog et son compte Twitter ont été fermés simultanément dans la nuit du 21 au 22 avril. Le cache Google permet de retrouver la page de présentation et le dernier billet.

 

Une pilule en vente libre, commercialisée autour de 30 euros la boîte de trois plaquettes, représenterait un marché très important pour l’industrie pharmaceutique. Ce promoteur du projet est donc très certainement en conflit d’intérêts majeur, non déclaré sur le site.

 

5- Les procédés rhétoriques

 

Une fois ces points examinés, il est utile de revenir sur le texte même, et sur les annexes (FAQ et autres articles) proposées sur le site web.

 

Ce site, bien conçu, comporte en effet de nombreux articles périphériques, utilisés dans la campagne de presse, et souvent repris dans les articles mentionnant le projet. Les examiner permet de mieux comprendre l’origine de ce projet et ses divers objectifs.

 

On l’a vu, le texte lui-même reste ambigu dans son introduction sur la nature de la pilule concernée, et sur la situation aux US. On pourrait penser à sa lecture que la pilule progestative y est en vente libre. On a vu plus haut que ce n’est pas le cas. En outre, d’après ce qui est actuellement public, HRA Pharma, contrairement à ce qui est annoncé, n’a pas déposé une demande de switch, mais a créé un partenariat avec Ibis Reproductive Health, une association, pour effectuer les recherches permettant de soumettre un dossier « d’ici quelques années ».

 

Un argument utilisé, juste après avoir parlé des USA, est que la délivrance sans ordonnance est une réalité dans de nombreux pays. La carte jointe montre qu’en réalité il s’agit, pour la plupart, de pays où la vente de médicament n’est globalement pas régulée, y compris pour des médicaments tels que des antibiotiques. A l’inverse, les pays où la prescription est nécessaire sont, globalement, les pays les plus développés et offrant le maximum de garanties aux patients/consommateurs/citoyens.

 

Dans la partie « Pourquoi seulement une pilule progestative », le texte fait référence uniquement aux œstroprogestatives de 3e et 4e génération qui sont annoncées comme « délicates à manier« .

(« Pour nous, ces pilules [de 3e et 4e génération] ont encore vocation à être prescrites par un médecin ou une sage-femme », pardon mais, les signataires de la lettre ouverte, vous signez vraiment cette phrase ???)

Il est étonnant de ne pas mentionner ici les œstroprogestatives de 2e génération, les seules qui devraient être prescrites dans l’immense majorité des cas, et dont les effets indésirables sont bien moindres. Mais les laboratoires défendent farouchement ces pilules 3G et 4G, beaucoup plus rentables.

 

La partie « Quels avantages à ne pas imposer une consultation » entretient une confusion entre un suivi gynécologique (« frottis ») et prescription de pilule, deux actes sans aucun rapport en réalité. Elle annonce que le suivi « vise à repérer certaines pathologies particulièrement rares ». Le cancer du col de l’utérus n’est, hélas, pas une pathologie rare. La HAS recommande un suivi entre 25 et 65 ans avec (en simplifiant) un frottis tous les trois ans. Ce texte, tel qu’il est rédigé, peut avoir un effet dissuasif sur un suivi nécessaire, tout en poussant à ne pas consulter pour une prescription de contraception (quelle qu’elle soit) en s’appuyant sur cette confusion. Il s’agit d’un procédé rhétorique à la fois malhonnête et dangereux.

 

 

Conclusion

 

Cette initiative semble partir d’une belle intention et, au premier abord, elle est séduisante. L’accès à la contraception reste problématique pour certaines femmes en France et tout ce qui peut contribuer à l’améliorer sera bienvenu. Le libre accès à une pilule constitue une piste. Parmi d’autres.

 

Plusieurs éléments font cependant que nous ne pouvons pas soutenir la lettre ouverte de Libérez ma pilule :

  • Le caractère positif de l’impact global en termes de santé publique de l’initiative, telle qu’elle est présentée ici, est incertain.
  • Automédication, autonomie des patients qui payent pour obtenir ce qu’ils souhaitent, cette initiative est d’inspiration plutôt libérale, teintée d’une vision consumériste de la médecine que nous ne partageons pas. Ce qui nous semble devoir primer est la discussion lors de la consultation ; la prescription pourrait être renouvelable dix ans au lieu d’un si c’est justifié médicalement.
  • Financièrement, cette initiative profitera surtout à l’industrie pharmaceutique qui, par l’intermédiaire de son syndicat, semble regretter que les prix des médicaments continuent à être régulés.
  • Le texte est ambigu sur ses objectifs, peu informatif, passe sous silence des éléments sans doute pour ne pas se restreindre (ailleurs que dans la phrase finale) aux pilules progestatives.
  • Certains promoteurs semblent en situation de conflit d’intérêts majeur non déclaré.

 

Nous croyons à la sincérité de la grande majorité des signataires de la lettre ouverte mais nous craignons qu’ils n’aient été enrôlés, à leur insu, dans une opération de marketing commercial. Et nous nous interrogeons sur la genèse de ce projet. De qui, précisément, provient l’initiative ? Qui a effectué le travail de recherche, rédigé ces textes et fourni la logistique ?

 

Peut-être faudrait-il lancer une initiative réellement citoyenne, claire sur ses objectifs (éventuellement avec deux étapes, progestatifs puis oestroprogestatifs ?), exposant clairement les bénéfices de chaque option, et très explicite sur ce qui est demandé pour une éventuelle AMM, par exemple avec une AMM remboursable à prescription facultative, donc à prix régulé.

La campagne associée pourrait mettre l’accent sur le découplage entre la prescription d’un contraceptif oral et un suivi gynécologique conforme aux recommandations officielles, ainsi que sur la diversité des acteurs disponibles pour ces deux actes et des solutions disponibles.

 

Au travail !

 

Borée & Hipparkhos


27 commentaires à “« Libérez ma pilule » : liberté pour qui ?”

  • GalavaBalit :

    Très bon billet Il y a une ambiguïté que vous n’avez pas soulevée.La très grande différence entre 1 pilule en vente libre et la pilule après entretien pharmaceutique confidentiel.Ce qui pourrait être intéressant.Cette ambiguïté torpille le débat

  • Georges DELAMARE :

    On ne peut mieux éclairer le débat d’une manière apaisée et objective, faisant fi des « manipulations » toujours préjudiciables à la défense d’une cause

  • docteurdu16 :

    Très beau travail pédagogique.
    La contraception dé médicalisée pose de nombreuses questions et cette pétition montre que l’enfer néo libéral est pavé de bonnes intentions (féministes).
    La déconstruction de Karim @hygie permet a posteriori de comprendre ses positions antérieures : le néolibéralisme profite de tout pour prospérer et notamment l’industrie peut, selon les lois du marché éthiquement neutre, adopter tpus les points de vue du moment que cela fait vendre.
    merci encore.

  • Laurent Guenot @lefruisse :

    Bon….j’ai peut être signé un peu vite. À la lecture de ce billet je ne serais pas certain de la refaire. Merci de cet intéressant éclairage

  • Granulomathoz :

    Une belle enquête sur les bidouilles en sous main de ce Karim Ibazatene, il y a quelques mois j’avais posé la question sur son activité en apprenant son nom par hasard sur twitter mais j’avais seulement appris qu’il gérait plusieurs sociétés en rapport avec l’industrie pharmaceutique sans creuser plus, comme vous l’avez fait, sur le sujet. En tout cas je ne suis pas sur que sur Twitter les adeptes de ce marionnettiste réalisent qu’ils ont été des pantins, en particulier les femmes et les pharmaciens, d’un individu dont la première préoccupation est le pognon et la « lutte » contre la « confrérie » des médicus et pas du tout la santé publique ou le féminisme 😉 Passez bien le bonjour a la marionnette en cheffe, Clara de Bort et son armée de guignols..

  • Georgia :

    Quand vous dites que la prescription de pilule ne nécessite pas de TV ou de frottis, c’est très vrai en théorie, mais personnellement je ne vis pas en théorie… En France c’est très peu appliqué, non ?

  • LEHMANN Christian :

    Merci. D’avoir fait le job. Ensuite, il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

  • MeSH_r :

    Bonjour,

    « Le choix de prescripteur est suffisamment large pour qu’il n’y ait en réalité guère d’obstacle de disponibilité ou de distance pour cette consultation, sauf peut-être dans certaines zones. »

    Vous suggérez implicitement que le seul obstacle à une cs, quelle qu’elle soit, est d’ordre géographique. Ça me semble assez éloigné de la réalité. Nb de femmes ne cs pas par peur des violences médicales, jugements, etc.(on sait les déterminants des cs médicales nbeux). Quid de ces situations ?

  • Dominique Dupagne :

    Bonjour,
    Bien que signataire de cette pétition, je suis en total accord avec ce que vous avez écrit. C’est la raison pour laquelle j’ai refusé toute interview à son sujet après l’avoir malencontreusement signée sur la suggestion d’une amie (qui s’est faite piéger comme moi)

    J’ai signé parce que je suis depuis toujours favorable à la vente libre de la quasi totalité des médicaments.

    Mais je pensais qu’il s’agissait d’un pilule estroprogestative (la notion d’une pilule progestative est très discrète dans le texte) et le paragraphe que vous signalez sur les pilules de 3 et 4e génération m’a laissé penser qu’on proposait la libéralisation de pilules de 2e génération.

    Je trouve ce choix peu pertinent car la pilule progestative pure est peu adaptée à un début de contraception, alors que les oublis sont fréquents.

    Je n’avais par non plus identifié la présence de Karim Ibazatene (hygiesuperbowl), personnage détestable qui m’aurait fait fuir s’il avait été présent sur l’appel à signature que j’ai reçu
    https://docs.google.com/document/d/1tm_t7bZQt6__avYpeiBP219c7pWZjtyGTQaQYrkwbGw/edit?usp=sharing

    Le pire pour moi serait de découvrir qu’un laboratoire à déjà un tel projet de commercialisation en route, et que je me suis fait manipuler comme un débutant;

    Bref, je regrette d’avoir lu ce texte trop vite et qu’un de ses promoteurs soit resté caché. Je ne vais pas demander que mon nom soit supprimé car j’ai pour habitude d’assumer mes erreurs, mais je vous remercie infiniment pour cette mise au point et de me donner l’occasion de m’exprimer à ce sujet.

    • Borée :

      Merci pour ton commentaire, Dominique.
      Concernant ton avant-dernier paragraphe, je te propose une piste d’imagination : on sait que HRA travaille à proposer une pilule progestative aux USA. Or HRA n’a aucune pilule progestative en portefeuille actuellement. On peut donc imaginer qu’ils vont prochainement mettre une nouvelle pilule sur le marché…

  • c'etaitdoncça :

    Je valide le fond pas la forme … « Outer » le nom d’hygie n’est à mon avis pas pertinent. C’est violent . J’ai lu sur l ‘oiseau bleu que vous étiez obligés de le faire .. diffamation tout ça, certes mais n’aurait-il pas été plus pertinent de juste donner son @ et garder son vrai patronyme secret pour vous défendre ? Je lis sur twitter l ‘indignation de chacun à se faire « desanonymiser » . Quelle serait votre réaction si cela devait être à votre insu ? à votre endroit ? mettant ainsi en danger l’entourage proche ?
    Mais bravo pour cet article éclairant et objectif ( ?), un vrai avis médical argumenté .
    Merci pour ça .

    • Borée :

      Nous n’avons rien « outé ». Je ne connaissais pas Hygie personnellement et les informations que nous notons ici sont librement accessibles sur le net.
      Voir ici par exemple.

    • Dominique Dupagne :

      J’ai cru que c’est moi qui l’avais outé dans mon commentaire, mais son compte twitter avait déjà été donné sur Twitter en début d’après-midi

      @Dr_Boree @hipparkhos Je ne sais pas ce quee ça apporte de voir son vrai nom et prénom étant donné qu'on le connait sous @HygieSuperBowl?— Delphine Blanchard (@Galatee) 22 avril 2017

  • PharmafLo :

    Bonjour,

    En tant que membre du Collectif, je souhaite faire plusieurs précisions :

    – Les membres du Collectif sont principalement des pharmaciens d’officine, salariés pour la plupart, et n’ont pas de conflit d’intérêt.
    Ils se sont battus l’été dernier contre le projet de l’ordre des pharmaciens d’une clause de conscience qui aurait pu réduire l’accès des femmes à la contraception.
    Ils ont gagné.
    Je me sens personnellement salie par les soupçons de collusion avec « Big Pharma », ou de manipulation.

    – La demande concerne un contraceptif progestatif seul, c’est énoncé clairement.

    – Il s’agit d’une demande pour un médicament de prescription facultative (donc règlementé). : « Cette demande d’autorisation portera sur le “délistage” d’une pilule progestative. »

    – La délivrance est envisagée après un questionnaire protocolisé, comprenant information sur les autres moyens de contraception et le nécessaire suivi gynécologique.
    Et réorientation des patientes si nécessaire.
    Nous ne sommes pas des Zorros.

    – Ce ne serait qu’une possibilité de plus pour les femmes, et pas « à la place de ».

    Merci de m’avoir lue.

    • Borée :

      Je vous remets ici ce que j’ai dis sur Twitter :
      1) Clarifiez bien l’ensemble des déclarations. Précisez, y compris dans la lettre ouverte que vous réclamez uniquement de la Prescription médicale facultative et que vous excluez toute solution OTC.
      2) Précisez clairement que vous excluez les OP. (suite à la réponse de Dominique Dupagne, je mets un bémol sur cet alinéa)
      3) Rappelez expressément que ce serait une option de plus mais que le mieux reste certainement de discuter contraception avec un.e médecin ou sage-femme.
      4) Rajoutez les déclarations de conflits d’intérêt des signataires.
      5) Précisez qui a financé l’hébergement du site et l’achat des photos sous licence.
      Et je pourrais bien devenir signataire !

  • Molly :

    Heureuse de te retrouver Borée! Je suis très sceptique également sur cette campagne et d’y voir les noms de Martin Winkler, Jaddo, etc. m’interpelle grandement ! J’espère trouver leur avis sur la question quelque part sur le net. Bien à toi.

  • JD Flaysakier :

    Ce texte est une analyse remarquable et c’est très bien de l’avoir fait. D’autre part j’approuve tout à fait que vous donniez le nom du personnage propriétaire du nom de domaine. Quand on déforme la vérité, quand on joue les âmes pures et qu’on se fait passer pour un défenseur du droit des patients, mieux vaut avoir « les fesses propres ». Il y a longtemps que j’avais bloqué ce personnage sur Twitter tant je le sentais pas franc du collier.

    Concernant la pétition je ne l’ai pas signée, je me suis fait une règle de ne jamais en signer une tant que j’ai un métier « exposé » et public.
    Mais de façon plus générale attention à ne pas apporter sa caution sans connaitre qui est dans la boucle. Des gens généreux et motivés peuvent facilement se faire avoir.
    La présence d’une des 2 membres du tandem #TeamAieMedecine pouvait laisser supposer la presence de son acolyte sur la selle arrière.

    Ce dossier mérite un vrai débat avec des positions claires, de quelle pilule parle t-on par exemple ?
    Le texte dit  » progestative » et beaucoup ont lu OP.

    Encore une fois bravo

  • Bertrand de Rochambeau Pdt du Syngof :

    Merci de cette analyse pertinente et détaillée. Elle conforte la position exprimée officiellement par le SYNGOF. Les femmes méritent autant de soins spécialisés que les hommes. La contraception orale est le traitement que les femmes prennent le plus longtemps. Faire croire qu il ne necessite aucun avis médical est de la maltraitant envers les femmes.

  • C'etaitdoncça :

    Merci de cette réponse précise. Je reste neanmoins convaincue que reprendre son nom n’était pas utile. Mais je suis reconnaissante que vous ayiez mis le doigt sur les soucis médicaux d’une telle mesure .
    Sans rancune.

  • marie :

    Je suis tout à fait d’accord pour la pilule sans ordonnance, en effet, je ne vais jamais chez le gynécologue car je refuse ce suivi qui est imposé aux femmes.
    Ceci serait une grande avancée pour notre liberté

  • ami89 :

    Bonjour @Dr_Boree.
    Content de vous relire. 🙂

    Je ne suis pas particulièrement pour #LibérezMaPilule, n’ai pas signé cette pétition même si j’étais pour les #10PropositionsPourLaPharma. Néanmoins, pour discuter de certaines questions qui ont été posées :

    – Le collectif a demandé une PMF, associée à un questionnaire. Il est tout à fait possible que des présentations non remboursables soient commercialisées. A titre d’exemple, concernant la contraception d’urgence, avec le Norlevo° (remboursable), il y l’équivalent Levonorgestrel Biogaran° remboursable ou Levosolo°, non remboursable mais qui revient moins cher aux femmes majeures… La tendance est plutôt d’avoir un remboursement quand il est possible. Les P3G sont restées remboursables tant qu’elles pouvaient (hors princeps), les génériques de Cerazette°, quelques temps après leur arrivée, ont été remboursées, même si cela divisait le prix de vente de la molécule par 10.

    – De même, pilule P ou OP, le collectif a lancé la demande pour une progestative seulement. Mais une fois la machine lancée, rien n’empêche le labo de demander un délistage pour une pilule OP de 2ème génération.

    Pour ces 2 points, peu importe la proposition de #LibérezMaPilule, ce sont des éléments qui ne dépendront plus du collectif.

    Les questions concernant les conflits d’intérêt sont légitimes. Les insultes qui ont suivi, à l’égard de @HygieSuperBowl, beaucoup moins.

    – Voici ce que disait @chokodoc hier sur Twitter : « Très drôle la théorie du complot « Big Pharma tire les ficelles de Liberez Ma Pilule ». Vous pensez sérieusement que des groupes aussi puissants ont besoin de ça pour délister un produit ? Ils font ça sans nous si ils le veulent hein soyez-en surs. Et si ça faisait gagner tant d’argent que ça vous croyez vraiment qu’ils auraient attendu aussi longtemps ? Bref stop la theorie du complot » (https://twitter.com/chokodoc/status/855799457161543681 ).
    Il est vrai que pour entamer les démarches pour délister le sildenafil, Pfizer n’a attendu personne par exemple.

    – Il est présenté comme « spécialiste marketing santé » mais pour pour qui ?
    On retrouve plusieurs fois la société LNA (Lire une Notice Accessible) ou des dérivés (Cyprus Readability Test). Or LNA a fermé depuis 2013 : http://www.societe.com/societe/lire-une-notice-accessible-488093527.html .
    Les courriers ont été envoyés à plus d’une quizaine de laboratoires (liste disponible sur le site) : https://twitter.com/liberezmapilule/status/854227272479506433 . Quel labo va appuyer cette personne ?
    [A moins que finalement, ce soit KRKA France, laboratoire slovène, à qui #LibérezMaPilule n’a pas envoyé de lettre. HASARD ? Peut-être pas hein ? 😉 ]
    A ma connaissance, il a fermé ces sociétés depuis un petit moment et aujourd’hui travaille pour la transparence des essais cliniques (profil Twitter avant fermeture). Les pilules contraceptives en question étant de vieilles molécules, les labos ne vont pas investir beaucoup d’argent donc difficile de le relier à un conflit d’intérêt avec un (des) labo(s).

    – Pour le site, ce n’est pas vraiment une surprise. Déjà pour le @Collectif_pharm, il avait rassemblé les idées dans un 1er temps sur son site. Chacun étant libre pour essayer de prendre à son compte, personne ne l’a fait au vu du travail que cela demandait. Il n’a jamais essayé de le cacher réellement et votre recherche de 2mn grand max, sans même être présent sur Twitter depuis un moment le montre facilement.

    Enfin, la mise en place de la démarche pour le délistage/la demande d’une nouvelle AMM étant entre les mains des labos, la question du marché (et de l’argent) va se poser (que ce soit avec, ou surtout sans @HygieSuperBowl).

  • Dominique Dupagne :

    Après réflexion, il me semble que la chose la plus intelligente à faire serait de traduire ce document http://www.acog.org/Resources-And-Publications/Committee-Opinions/Committee-on-Gynecologic-Practice/Over-the-Counter-Access-to-Oral-Contraceptives que je trouve d’une qualité exceptionnelle, et d’en faire une nouvelle pétition. Qui s’y colle ? Je ne suis pas assez bon en anglais pour le faire.

  • eric guerber :

    Ne peut on demander qu’après une année de prescription, les pilules OP et P soient prescriptibles, non plus pour 1 an, mais pour 3 ans ?

  • Lusi :

    Bonjour, simple patiente et femme concernée par la question de la contraception je vous remercie pour votre billet.
    On a vite fait de prendre fait et cause pour des pseudos mouvements spontanés qui ne sont pas ce qu’ils sont en réalité et vous avez très bien donné des éléments précis pour que chacun puisse se faire une opinion éclairée …
    Oui il y a des progrès à faire en termes d’accessibilité à la contraception, en termes de pratiques inutiles qui ont encore cours mais pas n’importe comment et avec n’importe quel interlocuteur.
    Désolée mais les différents médecins que j’ai rencontré n’ont pas tous été parfaits, mais Je ferai toujours plus confiance à un médecin qu’à un pharmacien aussi compétent soit-il.
    Juste un exemple : quand je vais chercher mes antihistaminiques ( prescrits) mon pharmacien de quartier me rabâche à chaque fois que si je Draine mon foie avec les produits qu’il me propose je verrai les allergies quasi disparaître…oui bien sûr … rentabilité quand tu nous tiens …..

  • ANNETTE LEXA :

    Ce Monsieur ne cherchait-il pas à développer tout simplement son petit business de distributeur de pilule OTC dans les pays ou ses Sociétés ont été enregistrées?

  • wain" :

    Merci pour ce billet, clair, instructif, et comme d’habitude, accessible même pour les patient(e)s . Et quel plaisir de relire un billet ici 🙂

  • Eosine :

    Je ne peux pas m’empêcher d’être pour, même si parfois en effet une OP ou un DIU pourrait être plus adapté.
    Je pense entre autres à cette femme, avec une CI aux OP, à qui le service de cardiologie avait fait un (super) courrier expliquant que pilule prog ou DIU était possible. Malgré ça, la gynécologue refusait la pilule progestative (pas compris pourquoi), et le DIU (à moins de venir en consultation avec son partenaire, couple récent). Prescription: préservatifs + pilule du lendemain. La patiente vivait avec l’angoisse permanente d’une grossesse, un budget test de grossesse conséquent. Le tout avec un contexte social compliqué. Son médecin généraliste refusait de contredire la gynécologue. Ce jour là,ça m’a vraiment démangé de lui vendre une pilule progestative sans ordonnance…
    Après, est-ce aux pharmaciens de pallier l’incompétence de certains gynécologues ? Est-ce que ce ne serait pas le fond du problème, le comportement de certains gynécologues ?
    Enfin je voulais aussi souligner qu’il y aussi bcp de pharmacies complaisantes avec le dépannage de pilules et sans doute bcp de jeunes filles qui prennent la pilule d’une copine sans aucun suivi médical.

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