Le don

Tempes grisonnantes, l’âge avance, petit à petit.
Insensiblement, le temps passe et nous grignote.
Regard en arrière, bientôt la moitié d’une vie.
Où sont passés mes nounours, mes premières quenottes ?
Mes rentrées d’école ? Mes vacances ? Mes grands-parents ?
De lointains souvenirs, de mon enfance là-bas.
Et l’Angleterre ? Et mes émois adolescents ?
Premières amours secrètes et premiers désarrois.

Notre rencontre il y a onze ans, heureux hasard.
Tu étais jeune militant et moi candidat.
Autre vie, autre ville, pour un nouveau départ.
Rond de serviette, assiettes bleues, notre premier chat.
Le ciel clair sous un seul soleil et la tourmente :
Jours de doutes et de larmes, amertume enragée.
Improbable succès, nous avons franchi ces pentes.
Nos corps chauds, délicieux frissons, nos nuits salées.

C’est ainsi que passent les ans, ta main dans la mienne,
Jusqu’à ce jour où nous serons de vieux messieurs.
Deux mains unies sans avoir besoin d’aucune chaîne,
Deux anneaux d’argent en symbole, soyons heureux.
Et pourtant, jamais je ne te possèderai.
Ni prison de velours, ni cage belle et dorée,
Nulle laisse serrée au cou, nulle aile qu’on rognerait,
L’amour est un cadeau, un don de liberté.

Prêt à rejoindre mes rêves, par delà tes peurs, par delà tes doutes,
Toujours me pousser, me soutenir, je t’en remercie.
Fidèles à nos promesses, aussi longue que sera notre route,
C’est libres que nous sommes et librement que nous nous sommes choisis.


18 commentaires à “Le don”

  • Laurent :

    Que longue soit cette route bordée de printemps, d’éternelle jeunesse, celle du coeur…

  • José Lemaire :

    Oufti (comme on dit chez nous).

    Arrête, tu vas me faire tchouler.

    Mais commencer la semaine avec un truc pareil, c’ est rien que du bonheur.

  • DocAste :

    oui bon… c’est malin de m’émouvoir comme ça entre 2 consults! 😉 bonne route les amis, bonne route !

    ps: Avant dernier vers avant dernière strophe… Ca m’évoque un truc mais je ne saurais dire quoi 😉

  • Opale :

    Magnifique. Tout simplement.
    Plein de bonheur et d’amour à vous deux pour de très longues années.

  • Emmanuelle :

    @ Docaste : parce que c’est une double allitération 😉
    Très belle.

  • 10lunes :

    De jolis mots pour un bel amour.

  • Maud :

    Des frissons dès le matin, merci…

  • Candice :

    Ouahou !
    Un peu de tendresse au milieu des consultations du matin c’est si beau !
    Merci de nous faire partager votre bonheur.

  • wain" :

    une belle route, des chemins cachés, de jolis sentiers, des allées dégagées…et tout au long pour vous 2, du soleil !

    très beau billet…inspiré…

  • Margaux :

    Les larmes aux yeux à te lire, Borée 🙂

    Que votre route soit longue et belle <3

  • Naï :

    Juste magnifique…

  • Camille :

    Je n’ai encore jamais posté de commentaire ici même si je vous lis régulièrement, mais là l’émotion m’a tellement prise au dépourvu que je me mouche avec les doigts (pas évident de rédiger ce commentaire, du coup !!!). Merci, vraiment.

  • marotte :

    Je viens un peu tard…..mais que c’est beau ! Larmes aux yeux :o)

  • Michel PIERRON :

    un beau parcours sur ce chemin de vie dans un temps cruel et assassin
    la vie est un grand mystère va mais ne revient en arrière félicitation pour vos écris énorme talent
    je vous invite sur mes pages et si vous désirez un lien
    bises poetiques
    michel

  • Sizeray :

    Je viens d’apprendre, deux mois avant que mes fonctions hospitalières ne me quittent, que ma femme en fait autant. Après quarante ans de mariage. Toutes les réactions prévisibles, plus quelques autres, me traversent successivement, voire simultanément, l’esprit. Plus ou moins dans l’ordre d’apparition des symptômes, et sans aucune prétention à l’exhaustivité : hébétude, déni, colère, frustration, panique, même.

    N’ayant que moyennement la tête au travail, je vais faire un petit tour sur mon blog favori. En me disant que si j’avais un docteur Borée à portée de main, j’irais le voir rapidement. Même si je sais qu’il n’aime pas trop les dépressifs (quoique, va savoir, le dépressif aigu est peut-être moins pénible ?)

    Et là, je tombe, par hasard, sur ce poème. Je pleure donc, une fois de plus. Mais pas les mêmes larmes. De celles-ci font du bien…

    Merci Docteur Borée…

  • Borée :

    Merci pour votre touchant commentaire.
    Je suis désolé de vous faire pleurer. Mais heureux que ce soit des larmes positives.
    Bon courage à vous.

  • Co :

    Bonsoir,
    Un peu de tendresse dans un monde de brutes…
    Réconfortant après une dure journée.
    Merci… et encore, peut-être.
    Les gens qui savent parler d’amour, de tous les amours, sont rares.

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