Vite fait, mal fait

J’ai rencontré Jean-Michel pour la première fois à l’automne. C’était pour son père de quatre-vingt-huit ans qui souffrait d’un abcès, deux mois après le départ en retraite du Dr Moustache (bon débarras).

En arrivant, j’ai trouvé le papi totalement grabataire, recroquevillé en deux dans son fauteuil, planté devant une télé qu’il entendait peut-être, mais qu’il ne voyait pas puisque ses yeux ne fixaient que ses propres genoux.

Après l’avoir examiné comme je pouvais en tentant d’écarter les multiples couches de vêtements qui l’engonçaient, j’ai fini par le mettre sous antibios.

Je suis revenu la semaine suivante pour un contrôle et pour renouveler son traitement habituel.

— Vous avez récupéré son dossier ?

— Ah non, il n’y en a pas.

— Ah ? Il a des médicaments pour le cœur. Vous savez pourquoi ?

— Non.

— Il était déjà à l’hôpital ? Il a vu un cardiologue ?

— Uuuuhla pas depuis longtemps. Il avait bien été chez le Dr Chataigne il y a des années, mais il est à la retraite.

— Bon, ben je laisse les médicaments pour le coeur pour le moment. On va peut-être enlever quand même la Nicergoline et le Donépézil parce que, à part les effets indésirables, je ne vois pas ce qu’ils amènent. Et puis on va essayer de réduire un peu le calmant.

Jean-Michel m’avait dit que, puisque j’étais là, si je pouvais aussi lui renouveler son traitement à lui, merci.

Il avait une bonne liste également : trois médicaments pour le diabète, deux pour la tension, un pour-le-cholestérol-qui-marche-pas, un pour la goutte « Vous avez déjà fait de la goutte ? — Non, jamais. — Ah… »

J’étais en retard, je me suis contenté de lui faire une prescription pour un mois, en dépannage, et je lui ai dit que, la prochaine fois, on ferait le point plus sérieusement. Et qu’il devait faire une prise de sang d’ici là parce que, avec son diabète, six mois depuis la dernière, ça commençait à faire un peu beaucoup.

La fois d’après, c’est ma remplaçante qui est venue.

Elle a tout de même réussi à vérifier sa tension et m’a écrit dans le dossier « N’a pas fait sa prise de sang : je la prescris à nouveau. Je négocie un autre renouvellement en même temps que son père pour qu’on refasse le point. »

Elle a su trouver les mots puisqu’il a fini par le faire son bilan !

Le mois dernier, ma secrétaire m’avait noté que je devais passer chez le papi pour renouveler ses médicaments. J’ai été bête : je ne me suis pas méfié.

Lorsque je suis arrivé dans la cour de la ferme, Jean-Michel rentrait ses poules. Toby, le gros chien marron m’aboyait dessus. J’ai poussé la porte vitrée pour que nous puissions pénétrer tous les trois dans la cuisine où se trouvait le grand-père. Toujours aussi recroquevillé, aussi maigre, aussi muet, aussi les yeux fixés sur les genoux.

La chaudière tournait à fond et il régnait une chaleur tropicale. Trente degrés au bas mot. Pourtant, le vieillard était, comme d’habitude, enveloppé de ses multiples couches de vêtements. « Il a toujours froid. »

Bien évidemment — j’aurais dû m’en douter — quand j’en ai eu fini avec lui, Jean-Michel m’a demandé « Et ma prise de sang ? Et d’ailleurs, vous me faites mon ordonnance ? » Il avait le papier de déclaration de médecin traitant dans la main, prêt à me le faire signer.

J’étais, comme souvent, déjà bien en retard sur ma tournée. Et, pas de chance, c’était un jour où j’étais un peu crevé et d’humeur maussade. J’ai démarré assez sec.

J’ai dit à Jean-Michel que je ne pouvais pas fonctionner comme ça. Que je ne pouvais pas lui faire une ordonnance « comme ça sur un coin de table… »

— Comment ça sur un coin de table ? Vous n’êtes pas bien installé ?

— Bon, d’accord… comme ça sur une table de cuisine, le soir, avec la télé allumée, dans cette chaleur à crever et Toby qui me renifle les mollets.

Que, quand même, il avait du diabète…

— Comment ça ? Mais vous avez vu la prise de sang, elle est bien, je n’ai pas de diabète !

— Oui, avec trois médicaments pour faire baisser le sucre !

Que, quand on a du diabète, il faut vérifier l’état des pieds de temps en temps…

— Comment ça ? Ils sont très bien mes pieds, j’ai pas mal !

Qu’il y a un certain nombre de choses à suivre, examiner les yeux à l’occasion…

— Comment ça ? Mais je vois très bien !

Il m’a demandé qu’est-ce que c’était que toutes ces histoires, qu’il n’était pas le genre à enquiquiner les médecins, que depuis trente ans il fonctionnait comme ça avec le Dr Moustache et que ça lui avait très bien réussi jusque-là.

Et que, d’ailleurs, le diabète, le diabète, hein… ça ne lui avait pas porté tellement tort et qu’il connaissait un voisin qui était déjà monté à cinq grammes de diabète et qu’il n’en était pas mort.

Je lui ai répondu que, certes, les attaques et les infarctus, on les faisait plus souvent à soixante ou soixante-dix ans qu’à trente ou quarante et que, comme il en avait cinquante-neuf, ça allait peut-être en se rapprochant.

J’ai aussi rajouté qu’à mon avis le Dr Moustache n’était sûrement pas un très bon médecin — Comment ça ? —, que moi je n’étais pas du genre à bricoler — Comment ça, un bricoleur ? — que, de toute façon, je ne travaillais certainement pas de la même manière que lui, que ce n’était pas ma faute s’il était parti à la retraite et que, si ça ne lui plaisait pas, il n’avait qu’à rappeler le Dr Moustache pour voir s’il acceptait de continuer à s’occuper si bien de lui.

Tout en lui faisant une ordonnance, conclue par un rageur « acte gratuit » souligné, j’ai essayé de lui expliquer que je comprenais bien qu’il n’avait pas envie d’être emmerdé, que, si vraiment il ne le souhaitait pas, j’éviterai de l’envoyer chez des spécialistes, que j’étais d’accord pour ne le voir que tous les trimestres.

Mais qu’une consultation tous les trois mois au cabinet, avec toutes ses pathologies, c’était le plus loin que j’acceptais d’aller et que, en dessous, j’aurais l’impression de faire n’importe quoi.

Je lui ai dit que, tout ça, c’était parce que je voulais m’occuper correctement de sa santé même si, question fric, c’était plus intéressant pour moi de passer cinq minutes à lui prendre la tension et recopier bêtement sa prescription.

Et je lui ai dit que s’il ne comprenait pas ça et que ce n’était pas possible pour lui, alors je n’étais certainement pas le médecin qu’il lui fallait, qu’on ne peut pas convenir à tout le monde et qu’il ferait mieux de s’en trouver un autre.
On a continué comme ça une dizaine de minutes et Jean-Michel a fini par me raccompagner jusqu’à la voiture.

— Bon, bon, je vais y réfléchir, je vais y réfléchir. Je ne dis pas que je ne vous rappellerai pas.

Le fera-t-il ? Ne le fera-t-il pas ?

Je n’en sais rien et, à vrai dire, je m’en fous un peu. J’ai bien assez de travail pour ne pas m’user les nerfs ainsi.

Mais j’ai quand même eu une pensée mauvaise pour cette crapule de Moustache. Je me suis dit qu’il était certainement bien plus coupable que le patient. Que l’incompréhension de Jean-Michel n’était qu’à la mesure de la médecine qu’il avait connue jusque-là.

La médecine de ce bon vieux Dr Moustache qui est venu fidèlement pendant des années, vite fait mal fait, faire sa petite visite, contrôler sa petite tension, faire sa petite ordonnance, prendre son petit chèque.

Et je me suis dit que, quand même, ça ne me faisait pas qu’à moitié chier de me faire engueuler parce que, de mon côté, j’essayais de faire le boulot correctement.


20 commentaires à “Vite fait, mal fait”

  • Lavot :

    Bonjour , je decouvre votre blog , j ‘ai l’ age de votre « Jean Michel » et je partage totalement votre experience et votre avis sur la Medecine « fast » ce n ‘est pas une question de generation car j ‘ai rencontré des confreres de votre age qui se comportait comme votre » Moustache » …. continuer ainsi , ne cédez pas à l’ obscurantisme medical cordialement RL , vieux MG à Nancy

  • marie :

    Faut il en rire où en pleurer ?
    Qui est le coupable ? Celui qui a accordé sa confiance où celui qui en a abusé ?
    Les docteurs Moustache sont ils tous partis à la retraite ou bien sont ils encore nombreux,ceux qui ont tout oublié de la notion d’Engagement ????
    Ne changez rien ( même si vous ne délivrez pas de sirop aux pauvres petits enfants ….)

  • Emmanuelle :

    Ne culpabilisez pas, oui, vous le faites correctement votre boulot, si j’en crois vos billets que je lis depuis un certain temps déjà.
    Vous faites ce qui vous semble JUSTE et ADAPTE.
    Si les patients ne sont pas coopératifs, qu’y pouvez-vous? Je trouve que vous êtes déjà très explicatifs, ce patient ne sait pas la chance qu’il a de vous avoir comme médecin, grands dieux!! (c’est une expression, je ne suis pas croyante).
    Vous avez tout mon respect.

  • Dr auger jacques :

    Ben oui, c’est bien, tu t’y donnes, tu fais de ton mieux, et tu sais (tu crois savoir)ce que devrait être la bonne médecine (puisque celle du Dr Moustache était la mauvaise).
    Mais voilà, le contraire d’une mauvaise idée n’en est pas forcément une bonne.
    Et aprés 31 ans de médecine rurale (rurale, rurale) je retiens que ce n’est pas en « faisant un cours » aux patients -et encore moins en leur prouvant qu’ils ont tort, que les thérapeutes antérieurs auxquels ils ont, pauvres sots, accordé leur confiance, avaient tort, et que j’ai raison- que je pourrai « créer le cadre » qui leur permettra de modifier (un peu, mais c’est déjà ça) leurs convictions et comportements « médicalement contre-productifs ». C’est au contraire en acceptant leurs croyances, et en utilisant la relation qui se crée, que je pourrai « mettre en doute » leurs affirmations. Le contraire d’une affirmation n’est pas l’affirmation du contraire, mais sa mise en doute prudente.Chaque argument asséné a un interlocuteur entraine immédiatement l’élaboration d’un contre-argument.
    Bon, j’ai mis une petite dizaine d’années à m’en apercevoir, mais ma « patientèle » et moi-même nous en sommes trouvés bien.
    Au thérapeute de s’adapter…
    Une bonne adresse pour se former t aller « au-delà » de simples histoires de chasse : l’association T.A.C.T (charente maritime)… de formation a la communication, a l’hypnose et aux térapies breves.
    bonne chance.
    Bonne chance.

  • Fluorette :

    C’est pareil ici. J’ai bien du mal à expliquer que non je ne renouvellerai pas sur le comptoir, même si ce n’est « que pour le somnifère », que contrôler la clinique c’est important aussi, pas seulement s’assoir sur la chaise et encaisser 23 euros, que faire des bios tous les 3 mois à des bien-portants c’est abusé, etc Toutes ces choses qu’il serait plus facile de faire en disant oui oui. Tout ce temps perdu à expliquer pourquoi c’est faire de la merde que travailler comme ça. Face à des patients qui sont soit des connards, soit des patients qui ne se sont jamais posés la question de savoir si c’est bien dans leur intérêt.
    Ne lâche rien 🙂

  • docteurdu16 :

    Cette phrase m’a rendu songeur : » Je n’en sais rien et, à vrai dire, je m’en fous un peu. J’ai bien assez de travail pour ne pas m’user les nerfs avec ce type de personnages. »
    Je suis même totalement surpris.
    Ainsi, ce « personnage » serait-il coupable de ne pas connaître l’état de la science… Ainsi ce « personnage » aurait-il l’outrecuidance de ne pas considérer son médecin comme un dieu descendu de l’Olympe ?
    Si l’on « croit » un peu à ce qu’on fait ce sont justement ces patients qui sont « intéressants », pas les bons chiens chiens qui font tout ce que leur médecin leur dit de faire…
    Ce sont ces « personnages » qui me fascinent et, en ce cas, plutôt que de monter sur ses grands chevaux, de faire un transfert « moustachu », quoi de mieux que la politique des petits pas qui fera que le patient sera un peu plus dans les clous de l’idéologie de son futur médecin ?
    Bon, Borée était de mauvais poil mais, en ce cas, la colère est toujours mauvaise conseillère.
    Amitiés.

  • Jak :

    C’est vrai qu’il est difficile d’excuser le comportement inadmissible de Moustache.
    Il ne faut cependant pas oublier -à mon avis- que ce genre d’attitude, médicalement inepte, est ENCOURAGE par ce putain de bordel de paiement EXCLUSIF à l’acte. Tant qu’on aura pas fait la peau de cette ânerie, il y aura toujours quelques escrocs pour en profiter.
    Le problème c’est qu’une rémunération forfaitaire, c’est pas avec l’assurance maladie qu’on va s’y risquer. Pas fiable. Il faut trouver une autre solution.

  • lo :

    ça m’évoque étrangement le Dr Moustache qui suivait ma mamie tous les mois depuis 20 ans, poids, tension et renouvellement de tt cardio et anti-inflammatoires pour les douleurs articulaires liées à l’âge…
    Bon quand le remplaçant a prescrit un bilan RX suite à l’essoufflement et aux douleurs osseuses, la tumeur au sein faisait déjà 12cm et avait fait des petits partout…

  • Emmanuelle :

    Le poste de Lo me fait penser à ma grand-mère.
    Elle aussi avait un Dt moustache. je lui ai d’ailleurs écrit une lettre bien sentie à la mort de ma grand-mère.
    Elle se sentait oppressée depuis quelques semaines, le médecin lui avait prescrit des plantes pour se décontracter, comme ça empirait, elle a eu des tranquillisants.
    En fait, elle faisait une embolie pulmonaire et en est morte. Elle avait pourtant des jambes variqueuses, avec des plaies, pas difficile à comprendre que sa circulation devait pas être terrible. Elle a vécu « à la dure », aux culs des vaches comme on dit, jamais à se plaindre, toujours à avancer.
    Et voila, un c…de médecin confond angoisse et embolie pulmonaire, c’est bien non?

  • saab69 :

    Bravo Borée. Merci c’est en lisant ton blog que je reprends l’envie de faire du libéral. Tu travailles en accord avec tes croyances et convictions. Merci
    Et pour ceux qui s’intéressent à la communication je vous conseille le livre OUTILS Et STRATEGIES POUR COMMUNIQUER AVEC LE PATIENT de Silverman, Kurtz et Draper. C’est la base, enseignée dans les pays anglo saxon, la méthode de consultation basée sur le guide de Calgary Cambridge.

  • Dr Ness :

    Hello Borée,

    Je comprends ta colère vis à vis de l’ingérance du Dr Carotte, et suis dans le même état d’irritation quand j’arrive pour une visite, en ayant le temps de prendre un peu de temps, et que ce n’est pas pour une personne, mais pour deux, voire trois parfois… Cependant, je rejoins un peu les commentaires des drdu16 et dr auger ; le patient n’y est pas pour grand chose, je ne pense pas que le dr moustache ait un jour pris le temps de lui expliquer le diabète… Donc un peu de diplomatie, on fait les choses doucement, d’abord en lui précisant de bien prendre RV pour deux personnes… Ou mieux que lui se déplace au cabinet, puis petit à petit, on oriente vers sa vision de la médecine… Cela dit, je ne pense pas que tu ais besoin de ces conseils, car à lire ton blog depuis un certain temps, tu sembles avoir une pratique que j’admire (et que je ne peux pour le moment pas suivre totalement, étant remplaçante, et obligée de respecter un minimum les prescriptions de mes remplacés…). Bref, ce billet est sans doute probablement écrit un peu vite, sur un coup de nerf, allez, le printemps est là, et la bonne humeur qui va avec ;0)

  • Borée :

    @ Dr Auger
    Je n’ai pas du tout la prétention de m’y être bien pris sur ce coup-là ! J’ai d’ailleurs écrit que j’étais d’humeur maussade et que la moutarde m’était rapidement monté au nez.
    Je connais la politique des petits pas et je l’applique le plus souvent, y compris avec les anciens patients du Dr Moustache. Sauf danger particulier, je m’efforce de changer les prescriptions et les habitudes progressivement, vers quelque chose qui me paraît plus rationnel.

    En revanche, je sais aussi que, sur certaines choses, il n’y a pas de marche arrière. Je suis convaincu qu’une fois qu’on a accepté de faire ce type de renouvellements au domicile, il est presque impossible de revenir là-dessus. Je me suis déjà fait avoir avec quelques autres patients (un couple voisin de mon domicile par exemple) que je continue à voir en visite alors qu’ils pourraient certainement venir au cabinet.

    @ Docteurdu16
    Pour le coup, au-delà des vieilles habitudes médicales, il y a aussi une question de caractère. J’aime bien les cas difficiles mais, en effet, j’ai mieux à faire que de m’engager dans une guerre d’usure ou des négociations perpétuelles avec des patients qui ne souhaitent rien changer.

    Négocier patiemment avec un partenaire de bonne volonté, même si les points de départ sont éloignés, oui. M’emmerder avec des têtes de mules, bof.

    @ Emmanuelle
    Probablement que les Dr Moustache risquent bien davantage de commettre de telles erreurs. Cependant, je me garderais bien de toute arrogance. Je ne crois pas voir fait de grosse erreur jusqu’à présent mais il n’est pas impossible qu’une telle histoire m’arrive un jour, d’autant plus que l’embolie pulmonaire est vraiment un des diagnostics les plus piégeux et les plus redoutables auxquels nous sommes confrontés.

  • Borée :

    Par ailleurs, je vais un peu casser la « magie du blog » : en fait, j’ai écrit ce billet il y a deux mois, à chaud. Je n’ai, depuis, retouché que des détails de style.

    Il se trouve que, dix jours plus tard, Jean-Michel a pris rendez-vous à mon cabinet pour une conjonctivite. J’avais un peu de temps et il m’a laissé l’examiner en entier, y compris les pieds.

    J’ai enlevé l’un de ses médicaments antidiabétiques (HbA1C à 5.7%) et, pour le moment, j’ai laissé son fénofibrate et son allopurinol.

    Et j’ai signé son contrat médecin-traitant. 🙂

  • docteurdu16 :

    Comme quoi, quand on engueule un malade ou quand on ne fait pas ce qu’il veut, au lieu de le perdre on le gagne car, pour une fois, il a l’impression que quelqu’un s’intéresse à lui.
    Je me permets deux réflexions en sus de ce que j’ai écrit : 1) je pourrais ressembler au docteur Moustache dans la mesure où, pour des raisons inverses de celui-ci, je tente de ne pas trop intervenir dans la vie des gens, d’abord parce que je ne suis pas un flic, ensuite parce que je connais la vanité scientifique de l’interventionnisme qui conduit souvent à la surmédicalisation ; 2) Je vous mets en lien les propos du docteur Baud, pneumologue, sur l’éducation thérapeutique qui me semblent d’une pertinence absolue http://www.medscape.fr/asthme-bpco/articles/1372967/

  • Marie :

    Chez mes beaux parents, en février. Nous débarquons avec nos 3 enfants, qui comme chaque hiver sont un peu enrhumés.
    Mon beau-père de 31 ans est asthmatique mais beaucoup moins depuis qu’il a arrêté de fumer l’année dernière.
    Au bout de 3 jours, il attrape le rhume des enfants, a le nez qui coule et tousse un peu (un tout petit peu). Il appelle aussitôt le médecin pour une visite à domicile.

    Le médecin arrive en fin de journée, reste 5 minutes avec beau-papa dans le salon, lui prescrit des antibiotiques sur le coin de la table et s’en va avec son chèque.

    Je ne connais rien à cette maladie qu’est l’asthme. Mais je n’arrive pas à me résoudre à l’idée que ces antibiotiques étaient VRAIMENT nécessaires.
    Ma belle-mère, plutôt partisane des médecines « naturelles » en règle générale était convaincue de l’absolue nécessité de ce traitement.

    Deux mois après, mon bon sens me dit que quand même on aurait pu faire autrement.

    ???

  • Marie :

    61 ans le beau papa pardon…

  • docteur Vincent :

    Il faut trouver un moyen pour ne pas finir comme ces vieux médecins, c’est à dire changer la médecine générale: pas à l’acte ( ou un acte payé comme il se doit lorsque la consultation est longue), pas dépendante des labos pharmaceutiques. Car sinon c’est comme eux que nous allons finir, complètement désabusés, et les petits jeunes arrivant sur le terrain nous critiqueront tant et plus.

  • Camilla :

    « J’ai aussi rajouté qu’à mon avis le Dr Moustache n’était sûrement pas un très bon médecin ».
    Moi c’est plutôt ça qui me choque : question confraternité on repassera ! Quelque chose comme « je n’ai pas les mêmes principes dans la prise en charge des patients que votre ancien praticien » vous aurait permis de vous désolidariser de ses pratiques, sans pour autant le critiquer !
    Pour le fond, bien sûr, je suis d’accord avec vous.

  • zigmund :

    ce que vous racontez là c’est la goutte d’eau qui m’a définitivement éloigné de la MG pour aller vers l’oph : je faisais un début de stage chez un MG qui alignait les ordonnances sur coin de table un modèle de copiste ! j’ai détesté je n’ai pas imaginé que je pourrais me battre contre des années de mauvaises habitudes, me prendre la tête avec les patients comme vous l’avez fait… j’ai été lâche.
    pour le RDV chez l’oph soyez cool avec mon confrère ne l’exigez pas en urgence « ce qui attend depuis 10 ans peut attendre 6 mois ou un an « (sauf si angoisse spéciale récente of course)

  • Véronique :

    Tiens l’ex MG de ma mère est aussi un Docteur Moustache, il empile les médicaments, ne vérifie rien, n’adapte pas les traitements même quand il est alerté par des infirmières libérales qui l’alertent sur son manque d’équilibre, son abrutissement croissant et son perpétuel besoin de dormir.

    Elles n’ont pas osé/pensé m’alerter car je suis en province, bilan des courses hospitalisation et maison de repos pendant deux mois et pour finir maison de retraite pour une femme de 65 ans qui n’arrive plus à être autonome a peur de tout et surtout de tomber (faut dire que le mois précédent son hospi elle était tombée une quinzaine de fois…)

    J’aime les Dr Moustache à un point vous n’imaginez même pas …

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