Dis-moi que tu m’aimes

Ce billet fait suite au précédent « Tu fais chier, Winckler ».

Tout d’abord, je voulais remercier toutes celles et tous ceux qui, par leur commentaires, ont alimenté ce riche débat. Celui-ci m’a permis de préciser ma pensée et de mieux comprendre certaines choses.

Plus particulièrement, les témoignages de parents qui disent leur angoisse, très compréhensible en fait, face à mon « On ne peut rien faire mais ce n’est pas grave » et pour qui l’administration d’un placebo, même en sachant que c’en est un, permet d’avoir le sentiment d’au moins « faire quelque chose ». C’est une dimension que je n’avais peut-être pas suffisamment comprise jusque là.

Par ailleurs, certains commentateurs demandaient pourquoi j’avais dit que je me sentirais blessé si un patient m’écrivait pour me faire des reproches.

J’ai longtemps raillé certains confrères. Ceux qui se plaignent perpétuellement d’être surchargés, mais qui, lorsqu’un patient les quitte, en font un drame, donnant l’impression qu’on leur arrache la chair de leur chair.

Je me moque toujours d’eux.

Mais je crois que je les comprends un peu mieux.

Je ne manque pas de travail. J’ai de grosses journées et, si je parviens à ne pas totalement me laisser déborder, c’est en refusant régulièrement de nouveaux patients, dès lors qu’ils habitent trop loin du cabinet.

Et pourtant, lorsqu’il m’arrive de temps en temps qu’un patient « me quitte », je ne peux pas dire que ça me soit indifférent. C’est parfaitement son droit bien sûr. Je n’ai jamais fait la moindre difficulté pour lui remettre l’ensemble de son dossier. Je crois n’avoir jamais fait de remarques désobligeantes.

Mais je dois bien reconnaître que ça me fait à chaque fois un petit pincement, ça éveille des doutes. Parfois, je pense connaître la raison, mais, en général, non. Qu’ai-je fait ou pas fait pour qu’il veuille changer ? Ai-je eu un mot malheureux ? Est-ce une erreur de diagnostic ? Est-il tombé sur un confrère qui m’a cassé du sucre sur le dos ? Était-ce simplement que ça ne pouvait pas accrocher entre nous ?

Lorsque ça arrive, même si ça ne dure pas, la journée est généralement grisouille.

Il en est de même lorsque, rarement, mais ça s’est déjà produit, un patient me reproche de vive voix une expression, un geste, une prescription. Parfois, ce qui lui a déplu me paraît tellement anodin que je n’en ai aucun souvenir. Il m’est arrivé qu’on me prête des mots dont je me dis qu’il est impossible que je les aie eus et je m’interroge sur la distorsion entre les mémoires ou entre les perceptions. Ai-je pu laisser échapper ça ? A-t-il entendu ce qu’il avait envie d’entendre ?

Le plus souvent, je m’explique ou je présente mes excuses et ça ne va pas plus loin. Mais il reste un vague malaise qui peut mettre un jour ou deux à s’effacer.

Et je m’estime heureux de n’avoir jamais connu de gros clash.

Je n’ai jamais reçu de lettre de reproches, mais je suis sûr que ça m’affecterait certainement beaucoup. Qu’elle soit fondée et je me morfondrai. Qu’elle soit injuste et l’indignation me rongera.

Au demeurant, je pense que ça n’a rien de spécifique à la sphère médicale. Ce serait vrai pour n’importe qui dans n’importe quelle profession. Peut-être seulement que le « colloque singulier » rend ceci plus frontal et pesant encore.

À l’inverse, lorsqu’un patient a un mot gentil, qui dépasse la simple politesse d’usage, ça peut éclairer ma journée.
« Vous avez une excellente réputation. » « Merci, vous m’avez vraiment sortie d’un mauvais pas. » « Le cardiologue m’a fait de grands compliments sur vous. » « Les enfants vous adorent. » et je me sens plein d’énergie !

Alors si vous appréciez vraiment votre médecin (ou votre boulanger, votre garagiste, votre banquier…). Si vous pensez que c’est quelqu’un de bien et que, humainement, il vous donne un peu plus que ce que valent vos vingt-trois euros, n’hésitez pas à le lui rendre et dites-lui quelques mots gentils. S’ils sont sincères, ils lui feront beaucoup de bien !

P.-S. Pour les grincheux, je précise d’emblée que le titre est un clin d’oeil. Je sais qu’il n’est pas question d’amour dans la relation de soins et que développer des liens trop affectifs avec ses patients peut même être dangereux pour eux.

21 commentaires à “Dis-moi que tu m’aimes”

  • Emmanuelle :

    Pour ma part, je lui ai dit une fois à mon médecin que je l’aimais, et que je serais désolée de le perdre quand je retournerais dans ma Normandie. Comme c’est quelqu’un de courtois et de réservé, il n’a pas eu de réaction…
    Alors que le professeur qui me suit au CHU (un professeur de gynéco-obstétrique, qui me suit depuis 6 ans pour de l’endométriose) et qui est adorable, je n’ai pas d’autre mot (comment peut-on être toujours aussi gentil et souriant quand on travaille dans le stress permanent comme c’est le cas dans ce genre de service?). D’autant que j’en ai connu des professeurs, imbus d’eux-mêmes, ne répondant pas aux questions, des connards pour tout dire.
    Donc, quand je lui ai dit à ce professeur que j’aurais de la peine de le quitter quand je partirai, car, à 47 ans, donc 30 ans de vie avec des gynécos, il était quelqu’un d’exceptionnel, je tenais à lui dire tant j’avais rencontré de gens désagréables, il m’a dit : « Mais je vous aime tant aussi, j’ai peu de patiente que je connais depuis si longtemps, mon boulot c’est les accouchements difficiles, des césariennes à risque, donc des femmes que je revoie peu. Je me suis attachée à vous, on travaille bien ensemble, non? ».
    Je n’imaginais pas qu’un médecin puisse me dire ça un jour….. Il y a des gens formidables parmi les médecins. Chapeau bas!

  • docteurmathieu :

    On ne peut pas plaire à tout le monde… tu vas voir, ceux qui t’aiment resteront, ceux qui te jugeront mal partiront, et ce sont eux les perdants.
    Pour cet aspect de la pratique, à mon avis le mieux est d’être dans un état de confiance en soi et de détachement de type « zen » : pas d’attachement profond avec un patient, seulement la bienveillance, le respect, et au revoir ou adieu. A eux de choisir…

  • chantal :

    @Boré: « Si vous pensez que c’est quelqu’un de bien et que, humainement, il vous donne un peu plus que ce que valent vos 23 euros, n’hésitez pas à le lui rendre et dites lui quelques mots gentils. S’ils sont sincères, ils lui feront beaucoup de bien » – je l’ai toujours fais, même si une fois je me suis bien accroché avec mon MG alors qu’il n’étais pour rien (mais le praticien hospitalier était loin et ma colère trop grande pour l’avaler. Ensuite, je me suis excusée et lui m’a pardonné/compris). Je le regrette encore mon MG français (vit plus en France) et continue à lui envoyé une carte de vœux de fin d’année.

    Bonne journée et bonne continuation

  • MeSH_r :

    Bonjour Borée,

    J’en ai envoyé des lettres. Avec pour seul objectif que les médecins qui m’avaient négligée ne reproduisent pas ces mêmes actes de négligence avec leurs futurs patients. J’avais à l’époque cette conviction que mes mots les bousculeraient.

    Quand je te lis, je comprends que j’ai tout faux.

    Parce qu’en me les représentant en train de parcourir leur lettre, je sais maintenant qu’eux n’auront rien éprouvé à cette lecture. Parce que contrairement à toi, eux étaient réellement maltraitants. Ils l’auront jetée sans sourciller. Toi, dont la seule idée de recevoir une lettre te blesse, est de toute évidence tout sauf maltraitant. Je sais aujourd’hui que ces lettres n’auront fait de bien qu’à moi, et n’auront été d’aucune utilité pour mes prochains.

    Un médecin a une obligation de besoins, pas de résultats. Je sais, je le dis souvent, mais je vais me répéter : dire ce qui ne va pas est essentiel ; dire ce qui va l’est encore plus. Alors oui, j’ai envoyé des lettres, mais j’ai aussi dit beaucoup de « merci », offert du champagne, des chocolats… J’insiste toujours auprès d’un bon médecin (qui remplit ses obligations de besoin, avec humanité) sur le fait qu’il soigne et réconforte bien au delà de ce qu’il peut croire. Car s’il apaise le patient, par « capillarité » il apaise sa famille et son entourage. La portée de ses actes est alors inestimable…

  • Zouzou :

    Cher Borée,

    J’ai suivi les échanges entre MW et toi et comme vous 2 je pense que le dialogue est toujours à privilégier en temps de crise.
    C’est pourquoi, un jour, j’ai demandé un rendez-vous à un médecin pour lui expliquer « à froid » ce qui m’avait tant blessée dans son attitude. (Je n’avais pas osé le faire « à chaud » de peur d’exploser et de le blesser.)
    Comme je lui expliquais ce que j’avais ressenti et que j’avais eu du mal à dormir à cause de l’inquiétude que sa façon de communiquer avec moi avait provoquée, il m’a froidement prescrit des somnifères…
    Tu te doutes que ce n’est plus mon médecin, mais comme il est associé avec mon médecin traitant, je le croise encore parfois. Ce monsieur n’a toujours pas compris pourquoi je l’ai quitté…Trop de suffisance…
    Depuis comme Chantal, j’ai toujours remercié, complimenté, et même pris des nouvelles de mon médecin que « j’aime »…

  • Lennon :

    Les reproches des patients blessent toujours, même quand ils les pensent justifiés.

    Récemment, une patiente que je n’avais pas vu depuis un an et demi a demandé à mon assistante de lui renouveler une ordonnance pour son fils (qui est également un de mes petits patients), mais je ne renouvelle jamais une ordonnance pour le plaisir puisque mon objectif est d’utiliser le moins possible de médicaments pour soigner mes patients.

    J’ai dit « non, il faudrait que je revois votre enfant ».

    La patiente à dit à mon assistante « oui, je vois bien qu’aujourd’hui il ne travaille plus que pour le fric ».

    Je lui ai fais une lettre, je l’ai lue, relue, jetée.

    J’essaie sincèrement de soigner mes patients aussi bien que je le peux, si elle ressent mes actes comme une sanction financière (je suis secteur 1…) et non comme un service utile que je lui rends, il vaut effectivement mieux qu’elle voit un autre confrère : personne n’est universel.

    Dire que cela ne m’a pas affecté est faux, je n’ai pas aimé ce reproche et d’autant moins que je ne le pense pas justifié mais c’est sa perception, il y a donc quelque chose qu’elle a senti de vrai dans ce qu’elle a dit. Tant pis.

  • Rilooy :

    Merci de partager vos doutes et interrogations avec nous, ça nous permet de nous sentir moins seul!

    Toute cette histoire me fait penser à la citation que ma prat a affiché dans son cabinet:

    “Entre
    Ce que je pense,
    Ce que je veux dire,
    Ce que je crois dire,
    Ce que je dis,
    Ce que vous avez envie d’entendre,
    Ce que vous croyez entendre,
    Ce que vous entendez,
    Ce que vous avez envie de comprendre,
    Ce que vous croyez comprendre,
    Ce que vous comprenez…
    il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même…”

  • 10lunes :

    Je fais parfois/souvent partie des gens volontairement naïfs : j’ai envie de croire très fort que tous les soignants sont bienveillants et qu’ils n’agissent « mal » que par méconnaissance… j’encourage donc les patients à écrire des courriers quand ils sont mécontents (en insistant toujours pour que leurs mots soient pesés, dénués d’agressivité) Il ne s’agit que de témoigner d’un vécu, d’un ressenti pour éclairer la réflexion de celui à qui s’adresse le courrier. J’ajoute alors que certaines remarques écrites ou orales m’ont aidée à me remettre en question, parfois sur des sujets où je ne doutais pas de ma « bienfaisance »… je souligne enfin que malgré toute la prudence des mots, cela fait mal..
    Comme toi Borée, la patiente qui me « quitte » met ma journée à mal. Qu’ai-je dit ou fait, pas dit ou pas fait qui l’amène à vouloir changer ? Et comme toi, souvent, je ne sais pas ; un courrier m’aiderait malgré tout à comprendre, à repenser ma façon de faire ou d’être
    Parfois aussi je sais mais ne regrette rien…

  • sophie :

    Dites le avec le coeur, offrez des chocolats au docteur.

    Un simple merci à la fin d’un soin me donne le sourire.

    Une attention surprise me met presque la larme à l’oeil (je pleure facilement d’émotion).

    Le mieux : une patiente qui est venue exprès me déposer des gâteaux ramadan (comme celui qui m’a offert des chocolats pour s’excuser de son retard la fois d’avant).

    Choyons nos médecins (et nos dentistes) …

  • wain" :

    @Rilooy, merci pr la citation, dt je recherchais la formulation exacte depuis qqs années 😉

    Borée,
    Mon médecin – que j’aime ;-)) – , et celui – que je « n’aime » pas mais en qui j’ai confiance – chez qui je vais qd le premier vit sa vie de non médecin , sont très différents ds leurs méthodes de communication.
    Mais face aux parents, ils abordent les soins pr l’enfant de la même manière, en interrogeant tout en expliquant et proposant : « c’est bénin et cela peut passer seul, voulez vous laisser faire la nature ou seriez vous rassurée si… »
    Ce qui permet par ex de trouver que le parent peut très bien gérer le « sans » médicament, mais serait ravi d’avoir une solution « magique » à proposer à son petit malade qui se réveille la nuit (tiens d’ailleurs, y a t il des différences d’efficacité placebo entre des populations d’adultes et des populations d’enfants? )

    et oui, en règle générale, c’est plus agréable qd on nous dit qu’on travaille bien…et qu’on entend (parce que c’est encore plus agréable) qu’on ns aime bien 😉

    merci encore pr ces billets et les réflexions qu’ils génèrent 🙂

  • idee euh :

    @ Borée: Et bien, même avec un premier abord plutôt froid, vraiment merci pour ce que tu fais pour tes patients…

  • Soreine :

    Un jour, j’ai perdu mon médecin de famille.

    Je ne la connaissais que depuis 2 ans, elle n’avait rien fait de magique pour moi, qui ne suis malade que de petits tracas. Mais elle avait une place dans mon entourage. Cette place qu’occupent ceux qui savent soulager, sourire, se moquer, expliquer, m’entendre et me rassurer. C’est une drôle de place. Elle avait su comprendre le besoin que j’avais, rarement mais effectivement, de soigner mes enfants, même pour des maux doux.

    Et un jour, elle m’a sauvée d’une angoisse montante, juste parce qu’elle était sûrement la seule à qui je pouvais le dire. Les amis ne sont pas faits pour nous entendre souffrir. Le docteur si.

    Elle a fermé son cabinet. Je l’ai eu au téléphone une dernière fois, parce qu’elle a voulu répondre personnellement à ses patients pour passer le relai au repreneur de son cabinet. C’est dingue, parce que çà ne me ressemble pas, mais j’ai failli pleurer. J’avais l’impression de perdre quelque chose de précieux. Et c’était le cas. La confiance qu’on donne, ce n’est pas rien. Çà engage bien plus que ce qu’il n’est supportable de le dire. J’ai pu lui murmurer, en mots timides, qu’elle me manquerait. Je n’aurais jamais eu l’idée de lui dire avant. Et pourtant, çà existait. Elle semblait émue, aussi. Et je la comprend.

    Un médecin, quel qu’il soit, si on l’adopte, devient important à nos yeux de patient.

    Ceux qui viennent vous voir, ils ne viennent pas par hasard. Et s’ils font l’effort de se plaindre de vous, c’est déjà parce que vous comptez pour eux.

  • lo :

    Je viens d’appliquer ces conseils : j’ai envoyé mon formulaire de demande de médecin traitant (ça c’est de la déclaration d’amour non?) en même temps que des résultats par la poste à « mon » médecin… Et j’ai terminé par « et encore merci pour votre patience et votre capacité d’écoute ».
    Tu crois que ça lui fera plaisir?! 🙂

  • José Lemaire :

    Je me sens concerné par ce billet en ce sens que j’ ai toujours eu beaucoup de mal à complimenter quelqu’ un de peur que cela ne soit assimilé à de la flatterie.
    Il y a de cela quelques années, je fais aménager une chambre de ma maison par un petit artisan du coin et au vu du résultat, je n’ ai pû m’ empêcher de lui téléphoner pour lui dire combien j’ avais apprécié son travail.
    Il en fut tout retourné et me fit part du plaisir que ma réflexion lui avait procuré.
    Depuis, je m’ efforce de sortir de moi-même lorsque pareille occasion (quel que soit le domaine) se présente.
    Ce thème fut d’ ailleurs l’ objet de mon travail lorsque j’ ai sollicité mon admission dans une association philosophique.

  • Naï :

    Désolée pour le message précédent… Fausse manip 🙂

    J’avais commencé à écrire un roman, mais ça me donne l’idée d’un billet, alors merci. La communication c’est ce qu’il y a de plus important, ça c’est sûr, mais c’est surtout quelque chose de tellement compliqué !

  • Pascal Charbonnel :

    Il y a quand même un truc qui s’appelle le transfert et un autre qui s’appelle le contre transfert.
    Qu’est ce qui se joue quand un patient nous quitte et vient nous le dire ?
    Qu’est ce qui se joue quand il vient nous reprocher notre manque de qualité dans le soin ?
    A quoi tout ceci fait écho chez l’un ou l’autre ?
    Souvent, cela donne des pistes pour mieux appréhender cette situation.

  • Céline :

    L’obstétricien qui m’a suivi lors de ma première grossesse a été parfait. Il m’a même recherché pour savoir comment ça allait car j’avais été transférée d’hopital pendant qu’il était en congé.
    Et je lui ais fait livrer un colis de petites douceurs pour le remercier 😉 avec une petite lettre.

  • Laurence :

    J’ai longtemps été comme Joseph, pas tellement par peur de passer pour une flatteuse mais parce que je me disais que la personne en face n’avait rien à faire de mon avis, même très bon. Depuis dix ans, je travaille en librairie, et je sais à quel point les gens peuvent être odieux, râleurs, etc. mais quand ils sont contents, ils parlent beaucoup moins! J’ai passé des soirées entières à pleurer au début quand je m’accrochais avec un client. Et je confirme, un compliment sincère, ça illumine la journée, ça redonne confiance en soi et envie de travailler. Donc maintenant, je le dis plus quand je suis contente, à mon médecin ou à d’autres, parce que je me suis rendue compte que c’était hyper important.

  • Anna :

    Bonjour,
    je viens de tomber sur votre blog d’aprés celui de MW. Excusez-moi mon orthographie et expression, car je suis catalane, pas française.

    Je ne suis pas medecin, je suis architecte. J’ai travaillé pendant des années avec les illusions des gens, en partageant ses projets pour ses maisons et ses problèmes bureaucratiques. Je crois connaitre qu’est-ce que c’est une relation professionelle de longue durée avec un client, parfois difficile, parfois tendre, avec des moments durs, des difficultés, des bons et des mauvais résultats finals. Je sais comment je suis contente quand j’ai un « merci », quand on me raconte comment on vit dans les maisons qu’on a bati, quand le client revient. Et en meme temps, je sais la douleur d’être accusée en faux, ou de faire des erreurs sans vouloir et prendre la responsabilité de le dire et l’arranger.

    C’est pour ça que quand je vais chez le medecin je crois que je peux comprendre sa position: il est le professionnel en qui j’ai la confiance pour mon probleme. J’assume que c’est moi qui est malade, et il n’est pas magicien: il fera ce qu’il pourra, mais ça ne veut pas dire forcement qu’il va s’en sortir. Je sais aussi qu’il est une personne humaine, qu’il peut etre fatiguée, avoir un mauvais jour, ou n’importe quoi.

    Mais je lui demande le respect. Je suis sure que vous n’avez reçu jamais une lettre parce que si vous la meritez, vous ne seriez pas capable d’écrire tout ce que je lis.
    Bien sure que le dr. Sachs existe dans son roman seulement, mais je crois que je peux dire que j’ai connu des medecins qui lui ressemblent raisonnablement. Des medecins qui sont avant tout des personnes, et ecoutent et ne regardent pas la montre, et qui ont des paroles de confort quand il est necessaire.

    Maintenant il y a presque une année que je suis malade. Je crois que la moitié du bien que le medecin fait pour moi c’est de m’accorder du temps et me traiter comme une personne qui souffre. L’autre moitié peut etre le traitement, ou bien le temps, je ne sais pas.

    Et au meme temps, merci a MW j’ai fini pour changer de specialiste. En lisant son blog j’ai vu clair qu’il se moquait de moi (en faisant des blagues sur des hipotetiques traitements durs), qu’il meprisait mon intimité, en ayant dans la consultation quelqu’un sans me consulter et meme sans me dire son nom; qu’il interrompait tout le temps en decrochant son portable pour noter des rendez-vous.

    Le malade est malade parce qu’il n’a pas toutes ses capacités, toutes ses defenses en position normal. On tient a croire que le specialiste fera bien son metier. C’est pour ça que j’ai fait confiance a ce medecin pour trop longtemps. Je vois maintenant que ça m’a fait mal, on aurait pu ameliorer ma santé avant, et surtout, empecher que la maladie arrive si loin. Je ne me sentais pas a l’aise avec lui; il n’y avait pas la communication, le rendez-vous devenait inutile.

    Avec les ecrits de MW j’ai reconnue ma position, j’ai changé de medecin, j’ai trouvé quelqu’un charmant, sensible et qui aime bien son métier, avec qui je me sens protegée.

    Et alors j’ai écrit ma lettre au premier specialiste. J’ai essaye de ne pas me plaindre pour des sensations subjectives, sinon pour les questions qui sont seulement la plus simple faute de respect.
    Et malgré tout, je l’ai remercié pour l’effort qu’il a pu faire pour moi.

    Je n’ai eu aucune réponse. Je ne l’attendais pas non plus. Je ne me suis trompée.

    Un professionnel peut faire des erreurs. Ça c’est tout a fait normal. Ça ne merite pas une lettre.
    Mais le manque de respect et dédication a son malade c’est un manque de professionalité. S’il n’est pas capable d’aimer son metier… est-ce qu’il va etre touché par une lettre d’une folle?

  • Anita :

    Bonjour,

    De mon cote, je consulte un même specialiste depuis un an maintenant pour des problèmes assez récurrents. Il m’a fait plusieurs chirurgies, aucune cicatrice visible, résultat impeccable, elles ont toutes ete nickels. Malheureusement, j’ai du quitter la région. Je lui donc rédigé une petite carte de remerciements et offert quelques douceurs pour tout ce qu’il a fait pour moi. Cela lui a fait tres plaisir. Il est tellement professionnel que je lui ai également assure que je continurai a consulter chez lui bien même si je suis tres loin maintenant. C’est si rare de voir des personnes passionnés parcequ’ils font et aimant leurs patients…

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