Anticipation

Site DMP.gouv.fr – 5 juin 2011

Outil de coordination des soins, le DMP (Dossier Médical Personnel) est un service public proposé gratuitement à tous les bénéficiaires de l’assurance maladie. Il est mis en place par l’ASIP Santé (Agence des systèmes d’information partagés de santé), placée sous l’égide du ministère en charge de la santé.

Le DMP est un service vous permettant d’accéder simplement et rapidement, en toute sécurité, aux données de santé et aux informations pertinentes pour la prise en charge de votre patient.

Le DMP enrichit le dialogue avec votre patient : il vous permet d’accéder simplement et rapidement aux informations qui le concernent, tout en respectant le secret professionnel.

Si vous prenez en charge un patient en situation d’urgence, vous pouvez accéder directement à son DMP sans avoir à obtenir son accord. Il s’agit dans ce cas de la fonction « bris de glace ». Cette possibilité offre une aide concrète au diagnostic en situation d’urgence.

Le patient garde à tout moment la possibilité de le fermer, de supprimer tout ou partie des documents qu’il contient, ou de masquer certaines données de santé. De ce point de vue, le DMP, qui est à la fois personnel et partagé, est conforme aux droits des patients qui posent comme principes l’information, le consentement et la confidentialité. Il est strictement réservé au patient et aux professionnels de santé autorisés.

Libération – 21 décembre 2016

Dossier Médical Personnel et candidats à l’embauche : la Cour européenne saisie

Olivier Bloch a annoncé qu’il allait saisir la Cour européenne des droits de l’Homme suite au rejet de sa plainte par la Cour de Cassation. En effet, celle-ci a estimé qu’il n’était pas illégal de la part d’un employeur de demander aux candidats à l’embauche à ce que le médecin du travail puisse avoir accès à leur DMP (Dossier Médical Personnel) « dès lors qu’il existe des raisons sérieuses à s’assurer de la santé des candidats à l’embauche au regard des risques inhérents aux postes de travail brigués. » Par ailleurs, la cour a insisté sur le fait que l’accès au DMP par le médecin du travail « n’avait pas de caractère obligatoire et que le candidat était libre d’en refuser l’accès. »

Elle a ainsi rejeté les arguments de l’avocat de M. Bloch qui estimait que « cette liberté est virtuelle sur un marché du travail aussi déséquilibré, où le taux croissant du chômage place les prétendants à l’embauche dans une situation de fragilité et où un tel refus implique automatiquement de renoncer au poste envisagé. »

Google News– 16 mai 2017

Drame de Touleaux : plus jamais ça !

À la suite du drame de Touleaux survenu la semaine dernière, au cours duquel un déséquilibré a parcouru la ville en tirant au hasard occasionnant la mort de onze personnes, dont une fillette de six ans et son frère de neuf ans, le Président de la République, tout juste élu, a fait une déclaration dans laquelle il dit partager l’émotion et le sentiment d’horreur de la population. Il a annoncé que toutes les mesures nécessaires seraient prises pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Sans attendre, il a interpellé la Ministre de la Santé, lui enjoignant de se saisir des questions concernant les informations figurant sur le DMP (Dossier Médical Personnel).

L’enquête de police a en effet révélé que le déséquilibré avait fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique pour des accès délirants en lien avec une schizophrénie. Il avait demandé à son médecin traitant officiel, comme la loi l’y autorisait, à supprimer ces données de son DMP. Profitant des vacances de ce généraliste, il avait consulté un autre praticien pour obtenir sa licence de tir sportif, sans le tenir avisé de ses lourds antécédents. Le Premier Ministre s’est rendu sur place pour présenter ses condoléances aux familles des victimes. Aux parents des deux enfants tués, il a déclaré que le gouvernement allait abroger cette possibilité de dissimulation d’informations médicales essentielles. « Plus jamais ça » a-t-il conclu.

Le Quotidien Médical – 30 janvier 2022

Des puces RFID pour le DMP ?

Le Quotidien a rencontré M. Henry Forster, PDG de la société Soma inc. qui est en cours de discussion avec l’Assurance Maladie afin de présenter son nouveau dispositif  de DMUP (Dossier Médical Ultra-Personnel).

Le Quotidien : En quoi consiste cette nouvelle technologie ?

H. Forster : Il s’agit d’une micropuce RFID ou transpondeur que nous proposons d’implanter directement sous la peau des patients et qui reprend l’ensemble des informations existantes sur le classique et, disons-le, un peu obsolète DMP. Les données peuvent être décryptées de manière automatique grâce à des lecteurs placés à quelques dizaines de centimètres de la personne.

L’implantation se fait à l’aide d’une aiguille à peine plus grosse que celle utilisée pour une injection intramusculaire. Grâce à un patch anesthésiant, le processus est totalement indolore. Ce transpondeur est tellement petit qu’il ne provoque aucune gêne : les patients l’oublient totalement.

Le Quotidien : Quel est l’intérêt de ce nouveau dispositif ?

H. Forster : Le DMP classique ne répond plus aux exigences actuelles. Trop souvent, les gens n’ont pas leur Carte VitalePlus sur eux et il n’est pas possible pour les médecins d’accéder à des informations pourtant cruciales. C’est tout particulièrement vrai dans le cadre de l’urgence. Des vies pourraient être sauvées si les secouristes pouvaient obtenir sans délai les données médicales des patients ! D’après nos estimations, ce ne sont pas moins de mille deux cents décès qui pourraient ainsi être évités chaque année grâce à ce dispositif. Nous devons tout faire pour prévenir de tels drames.

Le Fig Online – 24 août 2033

Le DMUP bientôt obligatoire

Le gouvernement a annoncé qu’il avait opté pour la procédure d’urgence afin d’adopter la proposition de loi cosignée par deux députés de la Droite Populaire et Nationale. Cette proposition vise à priver de droits sociaux les assurés refusant l’implantation d’un DMUP (Dossier Médical UltraPersonnel). Malgré les larges mesures de délégation aux assureurs privés, le déficit de la Sécurité Sociale a battu un nouveau record cette année. La députée du Var, Marinelle Luca a mis en avant le « coût faramineux, estimé à 800 millions de NéoFrancs , que représentent les examens inutiles et redondants dont profitent les assurés qui refusent l’implantation d’un DMUP. Un effort que la collectivité ne peut plus supporter. » Quant au député du Rhône, Christian Vannisch, il a insisté sur « les 150 millions de NéoFrancs que coûtent à la solidarité nationale les immigrés illégaux qui profitent des possibilités de fraude » offertes par le traditionnel DMP, avant d’ajouter « Il est temps pour certains d’assumer les conséquences financières de leur égoïsme. »

Le chef parlementaire de l’opposition, Arnaud Zay, s’est élevé contre cette « attaque sans précédent envers les libertés fondamentales » et a reproché au gouvernement de « profiter de la torpeur estivale pour mettre un nouveau coup de boutoir aux fondements de notre société. »

Fox News France – 10 novembre 2038

Un nouveau réseau « d’effaceurs » démantelé dans le Gers

La Police Nationale vient de procéder à l’arrestation de deux médecins et d’un informaticien qui étaient à la tête d’un important réseau « d’effaceurs » basé dans le Sud-Ouest. Les Drs Gras et Fantou effectuaient l’ablation des DMUP avant d’implanter des transpondeurs trafiqués par l’informaticien de la bande. Le réseau, qui semble avoir agi pour des motifs idéologiques, était essentiellement fréquenté par des immigrés clandestins et des rebelles de l’ultra-gauche, membres du groupuscule « Droit à l’oubli ». Le directeur de la Police Nationale a confirmé que des ordinateurs ont été saisis. Ceci devrait permettre de remonter jusqu’à des femmes qui ont pu ainsi faire disparaître de leurs données personnelles les avortements qu’elle avaient pratiqué à l’époque où ceci était encore autorisé et à des toxicomanes qui avaient suivi de soi-disant traitements de substitution.

Ne manquez pas les images de l’arrestation dans notre édition de 20 heures avec George O’Brien.

***

Seul le premier paragraphe est authentique. Le reste ne constitue qu’un exercice de pure fiction.

Toute ressemblance avec des faits ou des personnes réels n’est cependant pas vraiment fortuite.

Pour illustrer ce billet, j’ai choisi l’affiche du film « Bienvenue à Gattaca ». Il figure dans ma top-liste cinématographique. Je ne peux qu’encourager celles et ceux qui ne le connaissent pas à le visionner. Ils comprendront certainement pourquoi je ne suis pas prêt d’alimenter le DMP de mes patients au-delà des allergies et du groupe sanguin.

Tous mes patients « lourds » disposent de la version papier de leur dossier médical. Je l’actualise une à deux fois par an et je leur demande de la garder avec eux au cas où ils auraient un problème en mon absence.

Je conclurai en reprenant la citation mise en exergue par le blog Police :

« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre. »
Thomas Jefferson

***

Edition du 17/06 – 0h20

 

Je voulais développer quelques arguments suite à certains commentaires. Ma réponse prenant du volume, il m’a semblé plus judicieux d’en faire un post-scriptum.

J’ai choisi de m’attaquer à l’un des questionnements éthiques soulevés par la question du DMP.

Il existe aussi une multitude d’arguments très pragmatiques qui pourraient être mis en avant. L’aspect usine à gaz, la fiabilité technique, l’implication et la motivation des professionnels de soins, etc… mais d’autres en ont déjà parlé bien mieux que moi.

Bien sûr qu’il est déjà faisable, pour qui le veut vraiment, de connaître les données médicales d’autrui. Le site Ameli offre déjà des possibilités. Mon cabinet n’est pas très dur à cambrioler. Les barbouzes ont toujours existé.

Mais ceci n’a rien à voir avec un fichier centralisé, détaillé, complet et sans limites de temps.

On peut penser que j’ai tort, même si j’aurais tendance à considérer que l’évolution de nos sociétés depuis 20 ans va dans ce sens : on peut imaginer des tas de protections, garanties et limitations aujourd’hui. Je veux bien croire, en effet, en la bonne foi de la majorité des décideurs ou techniciens actuels.

Mais je n’ai guère confiance pour l’avenir. Je suis convaincu que, progressivement, au gré de faits divers et des bouffées émotionnelles de l’opinion, ces barrières sauteront. Les unes après les autres. Et je trouve bien aventureux de se doter d’outils qui pourraient aussi aisément être détournés en tablant sur l’honnêteté, l’intégrité et le caractère démocratique de nos sociétés pour les cent ans à venir.

Bien sûr, ces problèmes existent déjà largement ailleurs et c’est un inquiétant phénomène global. Les banques, les administrations, Facebook nous ont largement devancé. En revanche, dans ce cas précis, ce sont les médecins généralistes qui seront les chevilles ouvrières du dispositif.

Sur le reste, je n’ai pas plus de prise que n’importe quel citoyen. Mais là-dessus, oui, je peux agir à mon petit niveau.

 

En ce qui concerne le fond : qu’il y ait des problèmes de communication dans notre système de santé, bien sûr !

Mais plutôt qu’un problème technique, c’est une affaire de volonté. Et de moyens.

Mes patients me rapportent fréquemment l’étonnement de certains correspondants, anesthésistes compris, face à mes courriers longs et détaillés reprenant l’ensemble des antécédents et des traitements, quelques données importantes et les derniers bilans biologiques. Le mérite est relatif : la plupart des logiciels médicaux permettent de faire ceci simplement et rapidement.

Mais ça prend quand même un peu de temps.

Comme il prend du temps le fait d’alimenter son propre dossier, de le tenir à jour, de vérifier que les données y sont et qu’elles sont actualisées.

Comme il prend du temps d’appeler les confrères pour récupérer les lettres qui se sont égarées où qu’ils n’ont pas pris le temps de faire.

Et, je l’ai déjà exprimé, on sait que notre système ne rémunère pas la qualité et surtout pas la qualité qui prend du temps. Pas étonnant que la communication se fasse mal.

Peut-être qu’avant d’imaginer que la déesse Technologie va nous apporter la solution là où la responsabilité individuelle ne suffit pas toujours, on pourrait imaginer d’autres pistes, simples, pragmatiques. Sans même pousser le raisonnement aussi loin que Philippe Ameline le propose dans ses commentaires ci-dessous (et son analyse est très intéressante).

Pourquoi ne pas imaginer une rémunération de quelques euros pour chaque lettre rédigée sous condition qu’elle renferme certaines informations impératives (antécédents, traitement avec les posologies complètes, allergies…) ?

Aujourd’hui, la Sécurité sociale offre une humiliante prime de 4 euros pour une « consultation annuelle approfondie » pour nos patients en Affection de Longue Durée avec remise d’un document de synthèse.

Pourquoi le réserver aux patients en ALD ? Croit-on sérieusement qu’il y a beaucoup de médecins pour produire un dossier de synthèse sérieux pour une somme aussi ridicule ?

Que l’on rémunère convenablement la qualité. Que l’on valorise sérieusement l’indispensable travail de coordination. Eventuellement, que l’on sanctionne ceux qui travaillent comme des porcs en faisant courir des risques à leurs patients.

Mais que l’on ne me fasse pas croire que la technologie pourrait à moindre coût combler ces défaillances.

 

Tellement de risques pour si peu de bénéfices.

 

Il est drôle (pas tellement en fait) de voir certains parmi les commentateurs reprendre très précisément le raisonnement que j’ai caricaturé dans le billet. Il sera TOUJOURS possible d’imaginer des situations, en effet parfois dramatiques, qu’on aurait, peut-être, éventuellement, pu éviter avec un dispositif de type DMP.

Dans un premier temps, il faudrait démontrer que la réalité verrait s’accomplir les promesses faites sur le papier. On peut avoir quelques doutes.

Mais surtout, se pose la question, beaucoup plus large, déjà entraperçue dans Mauvais Sang, de la capacité à vivre le risque qu’ont encore, ou pas, notre société et les individus qui la composent.

L’actualité nous fournit sans cesse de nouveaux exemples. Parce qu’il y a un violeur sur cent qui récidive après sa peine (et il y en aura toujours, l’un ou l’autre, c’est aussi imprévisible qu’inévitable), faut-il laisser les 99 autres enfermés jusqu’à leur mort ?

Jusqu’où est-on prêt à aller dans la remise en cause de certaines valeurs fondamentales dans le but (chimérique ?) d’éliminer tout risque ?


51 commentaires à “Anticipation”

  • LaurenceB :

    C’est un classique du roman d’anticipation… Me fait penser à SOS Bonheur, une très chouette BD sur le même thème:
    http://www.krinein.com/bd/sos-bonheur-4761.html
    Clairement, ça pose de grosses questions.

  • Mercredi :

    Vraiment excellent !
    Tellement réaliste, qu’on se demande si c’est aussi anticipé que les dates le figurent.

  • NP :

    Bonjour,
    Je partage votre point de vue. J’ai refusé un réseau wifi dans le cabinet car, j’imagine, très perméable. Je ne suis pas vraiment sûr que nos serveurs soient très confidentiels, à vrai dire pas du tout, quand je parle de sécurité avec l’informaticien.
    Paradoxalement, un bon gros dossier papier touffus et illisible est peut-être une meilleure protection contre une diffusion légale-illégale qu’un fichier informatique.
    Je vais relire George Orwell…

  • Max :

    J’ai un respect profond pour le DP, inventer un fichier des gens qui ne veulent pas être fiché, c’est un tour de force qui doit faire rêver tous les démocrates. Dans un autre genre le ministre de la santé peut nous rassurer « Le DP permet d’avoir un regard très intéressant. On sait tout des prescriptions et c’est assez centralisé ».

  • 10lunes :

    Excellent texte hélas très crédible et donc très certainement prophétique.
    Je perçois le danger mais m’interroge dans le même temps sur la transmission des infos entre les soignants prenant en charge un même patient.Le dossier papier ne « fonctionne » pas ;les courriers sont soit non lus, soit non envoyés,les examens se répètent et s’égarent… ce sont les soignés qui font le lien mais encore faut-il que l’on ait pris le temps de leur expliquer ce qui se passe pour eux.
    Du coup, le DMP m’apparait dangereux MAIS/ET tentant…

  • Gélule :

    Bon alors Bienvenue à Gattacca c’est mon film de SF favori, donc déjà *love*. Sur la forme, chapeau très très bas pour ce post, c’est énormissime tellement c’est intelligent, bien construit, futé… une écriture géniale!! (nan et puis Fox News France : !!!)
    Sur le fond, ben c’est le rôle de l’anticipation, extrapoler pour faire réfléchir…. Sur le fond c’est une belle idée le DMP, mais tellement facilement « détournable »…

  • Dominique Dupagne :

    Superbe, prophétique, tu peux rajouter l’accès en urgence par la procédure « bris de glace » au DMP d’un people, à partir d’une carte CPS perdue.

  • Denise Silber :

    Voici un responsable à Harvard qui s’est fait implanté : http://news.harvard.edu/gazette/story/2005/07/implantable-chips-bear-promise-but-privacy-standards-needed/

    D’accord sur les dérives, mais que dire de l’actuel « non-système de santé », sans coordination des données du patient ?

  • Yalcin :

    Excellent !
    J’ai beaucoup aimé le passage « Ne manquez pas les images de l’arrestation dans notre édition de 20 heures avec George O’Brien. », mais es-tu certain de la date ? Je pensais que c’était déjà très actuel…
    En tout cas on sent un côté très militant, et le 10 novembre 2038 ça ne m’étonnerait pas que ce soit toi qu’on arrête 🙂

  • Christine Baudry :

    Bravo, c’est excellent! Envisagez-vous un tome 2 avec le Dossier Pharmaceutique? ;o)

  • Kewan :

    Marinelle Luca et Christian Vannisch… Mouarf ! Mais je ne trouve pas le jeu de mots pour Arnaud Zay. (Arnaud Montebourg / ???)

  • Soleil-De-Marseille :

    Militant? Non.
    Attentif, plutôt ?
    Impressionnant, c’est sûr!

  • bluerhap :

    Bravo pour ce joli coup.
    Il y a une question qui n’a pas été abordée : quel sera l’effet du DMP sur le « gradient social » ? Clairement, pour la majorité de nos patients bien nantis et bien « culturés », la majorité des informations médicales peuvent être apprises, notées sur du papier et transmises au soignant. Ce n’est pas le cas pour les plus démunis sur le plan culturel : au mieux ils peuvent ne pas comprendre l’intérêt de transmettre une information, au pire ils vont la dissimuler volontairement, habitués qu’ils sont au fait que celui qui incarne « l’autorité » (que son uniforme soit blanc ou bleu), soit suspect de vouloir lui nuire ou profiter de ses faiblesses.

  • Le Monolecte :

    Tu as probablement été très large avec les dates et tu nous as débusqués, les Gersois résistants!

  • Traz :

    Dans le même ordre d’idée que Bienvenue à Gattaca et 1984 je ne saurais trop vous conseiller le livre d’Anticipation d’Alain Damasio : la Zone du Dehors. Qui aborde exactement ce genre de problématiques (le fichage des gens, à tous les niveaux, pour le bien de la démocratie).

  • chantal :

    Oh! Cela fait froid dans le dos! C’est du niveau des romans d’un homologue américain: Robin Cook. Pas mal de ces fictions sont devenus plus ou moins des réalités 20 ans plus tard.

    J’espère que cela ne va pas être le cas de la votre, mais je crains que la folie du contrôle à 100% va s’installer (sauf bien sur pour la classe dirigeante).

    Bonne journée

  • docteurdu16 :

    Il faut bien qu’il y ait un con qui s’y colle.
    Le DMP, je n’y suis pas contre dans le principe.
    Ce qui me choque, c’est, encore une fois, la façon dont cela se passe, avec des intervenants dans tous les sens, une opacité républicaine et les wrong men (ou women) at the wrong place.
    Pas de démocratie, comme pour la détermination des items du CAPI.
    Toujours la même histoire.
    Que les données puissent être piratées, je n’en doute pas, mais ce blog pourrait aussi l’être.
    La majorité des erreurs médicales se produisent en raison d’interactions médicamenteuses.
    Enfin, pour connaître nombre de remplaçants, je témoigne que la tenue des dossiers papiers et des dossiers informatiques laisse à désirer.
    Tapez-moi sur les doigts !
    Mais bravo pour l’exercice de style.

  • Gedinne :

    15 juin 2011, Charleroi, Belgique

    Patiente 85 ans, hémorragie digestive sur ulcère Ains probable, décédée sur table d’operation, patiente suivie et connue dans l’autre réseau hospitalier, dossier complet, transportée par mégarde dans la mauvais hôpital.

    7 juin 2011, idem
    prothèse de hanche pour fracture, 79 ans, Alzheimer, transfert réa post op allergie aux curages, pronostic réservé. Pas de dossier, pas d’anamnese.

    Je suis pour évidemment un fichier santé central hyperprotege consultable et modifiable uniquement par le corps médical soignant et implique et seulement consultable pour le patient et le reste des médecins.

  • Philippe Ameline :

    Le DMP, outil de gestion documentaire hospitalière étendue à l’échelle d’un pays, est un système terriblement anachronique à une époque où il faudrait animer des équipes pluridisciplinaires au service d’une vision élargie de la santé.

    Son principal inconvénient, en tant qu’outil officiel voté par la loi, c’est qu’il va encore longtemps mobiliser les acteurs et handicaper les approches concurrentes.

    On peut citer quelques histoires de chasse, ou exhiber la nécessaire coordination des soins, mais penser qu’un outil d’empilement documentaire peut résoudre les problèmes posés par l’absence d’outil de travail en équipe montre bien l’enfermement « dans la boîte » et le manque de recul face aux outils nécessaires.

    Comment imaginer, dans cette confusion généralisée, que les « patients » puissent obtenir une information loyale ?

    Au final, comme l’anticipe ce blog, deux problèmes sont posés :
    – la capacité de l’organisation d’état à agir intelligemment en santé (pour le DMP comme pour les dépistages ou vaccinations de masse),
    – la confiance que peut avoir l’individu qui confie ses informations intimes à un système d’état, dont les règles de diffusion sont déterminées par voie législatives, donc susceptibles d’être modifiées de façon opportunistes.

    Le DMP conjugue les deux préoccupations de façon d’autant plus aiguë que sa genèse ( http://philippe.ameline.free.fr/phis ) démontre que ses promoteurs n’ont jamais eu de cahier des charges clair et que sa réalisation actuelle a été principalement guidée par l’impératif de sortir quelque chose à la date annoncée par la ministre.

  • Fabrice :

    C’est clair que le DMP ne devrait voir le jour QU’AVEC des cadres juridiques révisable tout les 5-10 ans.
    De plus des contrôles aléatoires devrait être mis en place.

  • JJ Faslin :

    Amusant mais peu crédible comme évolution surtout à une. échéance aussi proche que 2016. Douste-Blazy avait promis que tout français en aurait un ouvert au plus tard le 1er juillet 2007. C’était même écrit dans la loi du 13 aout 2004 qui d’ailleurs interdit explicitement son accès aux médecins du travail… qui auront sans doute disparu avant 2016.
    Et puis la camisole réglementaire a plutôt tendance à se desserrer autour de ce malheureux DMP! Roselyne Bachelot a fait modifier cette loi afin qu’il ne soit plus « obligatoire » pour tout assuré social mais facultatif.

  • Docteur V :

    Il a fallu dix ans pour que sorte Sesam Vitale et sa carte sur laquelle il n’y a rien. Pour le DMP, nous avons le temps de voir venir.
    Le problème des dossiers, informatiques ou pas est qu’il faut les remplir. Et que la majorité des libéraux (médecins et autres) ne le font pas ou peu.
    Nous allons partager pas mal de rien.
    Le dossier médical, tout le monde s’en fout. J’en ai quelques tonnes dans mes armoires que personne ne m’a jamais demandé. Mon associé est parti à la retraite en Janvier : demandes de transfert de dossiers : 2 sur à peu près 200 départs.
    En résumé, un machin administratif très lourd et complexe à mettre en route qui ne sera pas utilisé par la majorité des soignants et qui n’intéresse qu’une petite partie de ceux à qui il est sensé rendre service.

  • Olivier :

    Le problème est la mise en oeuvre de la carte vitale, mais aussi (et peut-être surtout) le principe du fichage généralisé pour le bien du citoyen et l’efficacité des administrations. Ce n’est pas réservé au monde la santé, comme l’atteste cette récente proposition de l’UMP:
    http://www.projet-ump.fr/participez/solidarite/justice-sociale/creer-une-carte-sociale-securisee/

  • Fabinou :

    Il faut bien qu’un deuxième con s’y colle, histoire de polémiquer un peu
    je cite René Frydmann : « une société a un intérêt à être eugénique »; c’est évident : le jour où nous serons trop sur cette planète , que la pression de sélection sera trop forte, il faudra bien bouffer les vieux (Soleil vert), sélectionner les plus aptes (Bienvenue à Gattaca) avec des transpondeurs ou des pad (existenZ) et faire la chasse aux effaceurs (Minority report ou Brazil) ! Si avec ça on ne me vole pas dans les plumes, je desespère !!
    PS : merci au DPI

  • Aleksanbras :

    Pour avoir fait des sondages téléphonique sur le sujet (en Belgique, certes), beaucoup de gens semblait approuver sans trop se poser de questions.
    J’ai aussi cette impression qu’un dossier médical appartient plus à un médecin qu’au patient, et que si on dit que le médecin doit savoir des choses sur nos anciennes maladies pour mieux nous soigner, alors ca doit être vrai. En gros.

    Cela dit, je repense par exemple à une amie qui fait d’énormes migraines durant plusieurs jours qui l’amènent parfois à l’hôpital simplement pour avoir un anti-douleur, et me dit que si elle appelle le médecin d’urgence, on lui prescrira simplement des dafalgan parce qu’on ne sait pas ce qu’elle peut prendre réellement, ce qui a déjà été testé et ne fait pas effet, etc.
    Ca ne serait pas désengorger les urgences que de permettre aux médecins d’urgence d’agir plus efficacement en leur donnant autant d’informations que leur médecin traitant, pour ne pas que l’on se retrouve à aller à l’hôpital pour des « petites » choses?

  • Opale :

    brrr…c effrayant tant ça paraîr réaliste, en tout cas chapeau pour l’écriture de ce billet!
    En tant que patiente, je ne me suis pas vraiment penchée sur le DMP..et mon toubib n’ayant pas de PC c pas demain la veille qu’il va s’y pencher j’imagine…

  • Philippe Ameline :

    Aleksanbras

    Un système d’information médical tel que le connaissent les médecins est l’équivalent numérique de la fiche bristol. C’est purement de portée locale.

    Si on étend le concept à un plan collectif, pour le mettre en partage, il ne s’agit plus de cocher un formulaire de consultation, mais de raconter une histoire (un information partagée au cours du temps).

    Mais quelle histoire raconter ? L’histoire d’une maladie ? L’histoire d’un corps malade ? L’histoire d’une personne dans ses composantes bio-psycho-sociales ?

    Selon les choix que l’on fait, le support de cette narration appartiendra naturellement à un médecin, à l’institution qui soigne, ou à la personne elle même.

    Encore faut-il se donner les moyens d’un système qui porte une narration utilisable par les différents points de vue des intervenants.

    Exposer des données sur Internet sans avoir entamé cette réflexion est scandaleux… ou issu d’une pensée politique éthérée 🙂

    • Borée :

      Merci pour vos commentaires (et conseils de lectures !).

      Ma réponse est devenue tellement longue que j’en ai mis l’essentiel en post-scriptum à la suite du billet.

      @Yalcin
      « un côté très militant » ? Où vas-tu chercher ça ?!

      @Kewan
      Pour Arnaud Zay, vous avez une demi-réponse. Mais si le jeu vous amuse, vous pouvez encore chercher ! J’ai semé bien d’autres easter eggs.

      @bluerhap
      Votre remarque est très pertinente.
      Mais elle est à double tranchant.
      Les plus aisés socialement, économiquement ou intellectuellement, sont probablement ceux qui savent le mieux faire passer l’information dans le système actuel.
      Mais ce sont eux aussi qui sauront le mieux se protéger et contourner les dérives sécuritaires et liberticides des temps futurs.
      Au final, ce seront toujours les plus pauvres qui s’en sortiront le moins bien. Mais je crois que c’est malheureusement là une des constantes de l’équation humaine.

      @JJ Fraslin
      En vous lisant, je découvre avec consternation qu’il a déjà été envisagé de rendre le DMP obligatoire !

      @Aleksanbras
      J’imagine que votre amie est une adulte responsable et intelligente. Ne peut-elle pas elle-même noter ces informations pertinentes.
      A moins qu’elle ne les ait notées, qu’elle les connaisse, mais que les médecins ne lui fassent pas confiance par ce que ce n’est pas tamponné par un toubib ? Si c’est le cas, je crains fort que, face à une stupidité obtuse et rigide, il n’y ait de toute façon pas grand-chose à faire.

  • Aleksanbras :

    Compte tenu de la douleur, je doute qu’elle n’ait pas signalé que de simples dafalgan ne lui faisaient aucun effet (:
    Le médecin d’urgence refusait effectivement de lui prescrire directement quelque chose de plus fort, et devait attendre que cela ne fasse pas effet pour être appelé une seconde fois et envisager alors quelque chose de plus fort.
    En écrivant cela, je me rends compte qu’il devait probablement être un brin rigide oui. Rassurée que ca ne soit pas la démarche classique alors.

    Merci pour votre réponse et celle de Philippe Ameline. Je crois qu’on ne réalise pas toujours le détail des enjeux en tant que patients. Ou du moins par forcément jusque là.

  • stephane :

    Concernant le PS, il est estimé que le risque de récidive d’un délinquant sexuel est de 10 à 15% à 5 ans et non 1%. http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/conf&rm/conf/confagrsex/rapportsexperts/hanson.html
    Ca ne change pas grand chose à la question, dont la réponse ne peut être qu’un choix politique et je pense que le choix est déjà fait un peu comme pour le DMP.

  • Docteur V :

    Réaction au post scriptum qui réagissait aux commentaires.
    La notion de risque semble peu compréhensible pour la majorité des humains. Je discutais un jour avec une assos qui voulait couper tous les platanes de bord de route. Le raisonnement (imparable) : la vie de platanes ne vaut pas la vie de nos enfants.
    J’ai simplement répondu que je préférais prendre le risque de voir un de mes enfants tué que de rouler sur des routes « désertiques » en plein cagnard.
    Personne n’a compris. J’ai dû échapper à la DDass de justesse !

  • Philippe Ameline :

    Docteur V

    La mécanique de gestion du risque est souvent mal connue. Mais la notion de rapport bénéfice/risque l’est nettement plus.

    Balancer le risque minime d’un décès causé par un platane par rapport au bénéfice objectif d’une route arborée (donc propice à une conduite tranquille) se défend.

    Pour revenir au DMP, le problème provient du hiatus entre un risque bien compris de concentration d’informations en ligne (effet « pot de miel » pour les pirates) et le bénéfice illusoire du machin.

    Les thuriféraires du DMP appliquent à l’objet réel tous les bénéfices attendus d’un objet rêvé. En réalité, l’objet de leurs rêves n’a pas été inventé, et le DMP de l’ASIP est un système conçu à la hâte pour répondre à un besoin politique.

    Le bénéfice attendu du DMP est impossible à évaluer (proche de zéro, mais difficile de savoir si c’est en positif ou en négatif) ; par contre, le risque est parfaitement bien décrit par l’objet de ce blog.

    C’est donc un machin bien difficile à conseiller.

  • NP :

    Je ne voudrais pas être redondant avec Borée et Philippe Ameline mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Dans le meilleur des cas, quand on veut trop assurer sa sécurité, au mieux on s’entrave, au pire on se ligote. Alors, quand c’est pas le meilleur des cas on se livre à n’importe qui et n’importe quoi.

    Je ne crois pas une seconde que dire « faut pas regarder, la loi l’interdit » arrètera ceux qui veulent le faire, que ce soit pour des raisons économiques, politiques, idéologiques… Je ne crois pas une seconde que créer un tel « pot de miel » ne suscitera aucune tentative d’y mettre les doigts, ou d’en créer les conditions, sous les meilleurs et les plus angéliques prétextes.

    Je ne crois pas une seconde non plus, et c’est peut-être une actualité très concrète, que les organismes d’assurance, par exemple, sont indifférents à l’idée d’un fichier regroupant des information sur les « adhérents », dans l’idée louable de les conseiller et d’orienter leurs différents pratiques vers une meilleure santé bien sûr.

    Concrètement un cas pratique; je suis frappé par le nombre d’amblyopes unilatéraux (AV< 4/10 non améliorable) qui méconnaissent leur handicap. Très fréquemment ils ne le déclarent pas à l'assureur d'un emprunt bancaire malgré les formulaires qu'on leur délivre. Or c'est un motif d'exclusion du risque pratiquement constamment. Le contrat est donc entaché d'une fausse déclaration au départ, nul juridiquement. Je me suis toujours posé la question de savoir si les assureurs regroupent, d'une manière ou d'une autre, leurs fichiers sur les motifs d'exclusion ou de surprime de leurs clients.

    Enfin, au sujet de la communication entre médecins. L'idée de Borée est bonne, concrète et de réalisation immédiate, de donner périodiquement un document résumant la situation d'un patient. C'est mieux que rien et le patient en est maître. Personnellement, je donne toujours les résultats d'explorations complémentaires aux patients. Le courrier est un problème quotidien. J'ai parfois l'idée de donner un CR de consultation à chaque examen mais le coût en matériel et en temps-médecin ou salarié n'est pas négligeable, or je suis S1…

    Sorry, j'ai fait long.

  • NP :

    PS: illustration de l’enfer pavé de bonnes intentions chez Dominique Dupagne. Le pire étant que pour un LPD qui a les moyens de se rebeller, combien subissent les discours qu’il rapporte ?

  • zigmund :

    bravo !
    suis ok avec mon confrère NP
    comme lui, S1, je fais des courriers aux médecins traitants (passent par fax ou par le patient)
    si pb +++ ou truc à cacher au patient je tel direct au MT, ça prend bp de temps mais ça vaut le coup. je n’étais pas contre le carnet de santé(comme lien avec le MT) mais j’étais seul à le remplir ! j’y trouvais rarement la liste des TT pris
    il faudrait convaincre les patients (âgés) d’avoir sur eux une liste de leurs TT (dans leur portefeuille)ça nous éviterait par exemple de prescrire des BB aux gens qui en ont déjà …dans 70% des cas ils ne sont pas capables de dire ce qu’ils prennent
    -Le DMP c’est pire que la télétrans qu’on nous a présenté comme un super progrès facultatif au début. maintenant c’est obligatoire(mais je résiste encore- pour pas longtemps-?)et les gens n’ont plus du tout conscience de leurs dépenses en maladie et en médicaments.
    la privation de liberté était déjà incluse dans la carte vitale sous prétexte de remboursement plus rapide.(mais de surcout pour les médecins et de suppressions de postes à la sécu)
    mes dossiers sont sur papier (pourtant j’étais un des premiers à vouloir les mettre sur ordi il y a 25 ans).seuls les ex complémentaires sont sur ordi.qq ici a dit qu’un dossier papier(mm lisible) était plus difficile à décrypter.
    Gattaca(un de mes films préférés) est déjà là et je crois que nous avons perdu la partie.les jeunes confrères qui nous suivront ne verront mm pas où est le problème et nous traiteront de vieux machins rétrogrades !

  • steph :

    Beaucoup de libéraux dans les commentaires… ou sont passés les hospitaliers ??

  • La maman des poissons :

    Les hospitaliers sont là, ils regardent et écoutent sans doute. Mais le DMP à l’hôpital ?? C’est …. de la science fiction !!
    Le seul but de l’hôpital c’est la facturation, alors le DMP façon hosto, c’est une liste d’actes qui rapportent. Bienvenue …

  • Manwe :

    Triste, mais trés bel article, valable dans de nombreux autres domaines.
    Je tiens, de plus à remercier l’auteur pour m’avoir fait découvrir la magnifique citation de Jefferson, et partage son affliction.

  • Viobi :

    Merci pour cet excellent billet, hélas si plausible au niveau du scénario, même si les dates fictives me semblent un peu lointaines par rapport au prévisible réel… :o(

    Moi, j’aime mieux prendre le risque de me trouver face à un toubib incapable de me soigner faute d’informations pertinentes et/ou subir des examens en double ou triple (et tant pis pour le prétendu « trou » de la sécu qu’un fichier centralisé regroupant des informations médicales qui inévitablement un jour n’auront plus rien de confidentiel (médecine du travail, p
    puis assurances, puis pouvoirs publics (les flics auront besoin d’y avoir accès pour vérifier que vous ne conduisez pas sous l’influence d’un médicament qui fait baisser votre vigilance ou que vous n’avez pas omis de chausser vos lunettes), employeurs, bailleurs, voisin de palier (si j’ai un dangereux schizophrène dans mon immeuble, j’ai le droit de le savoir, non?)…

  • docteurdu16 :

    @ viobi
    Faire des examens redondants avec un médecin qui ne connaît rien à votre cas ? Si c’est une angine (encore qu’une allergie à la pénicilline…), une grippe ou un lumbago, certes, mais dans les cas plus graves… Quant au trou de la sécu, je crois que vous oubliez que les examens peuvent être dangereux par eux-mêmes pour le patient et pas seulement en raison des finances publiques…
    N’oubliez pas qu’il n’existe déjà plus de secret médical dans les administrations puisque les arrêts de travail arrivent directement et sont lus par du personnel administratif qui n’est pas soumis au secret professionnel. J’ai vu cela lors de la fameuse grippe où c’était le branle-bas de combat chaque fois qu’un cas était signalé.
    Enfin, il suffit déjà de regarder par google interposé pour savoir de quelle maladie vous pourriez souffrir.
    Je crois que le DMP va s’installer, qu’il existe déjà mais que ce sera aux professionnels de santé et aux patients / malades de s’en occuper sérieusement.

  • Viobi :

    @docteurdu16
    Non, je n’oublie pas que certains examens médicaux peuvent être dangereux. Je fais d’ailleurs partie de ces (rares?) patients pour qui « il y a un mec avec une blouse blanche qui l’a dit/écrit sur un papier à en-tête » ne constitue pas en soi une raison suffisante pour se faire tripatouiller/ouvrir/piquer/gaver sans avoir un minimum creusé les tenants et les aboutissants. Mon expérience personnelle m’a amenée à une certaine vigilance en la matière, disons, et des incompétents, il y en a dans toutes les professions, médicales y compris, hélas — des gens sans scrupules aussi, d’ailleurs.

    Les quelques trucs auxquels je suis allergique (et qui d’ailleurs sont sans impact médical majeur) sont inscrits dans mon portefeuille, ainsi que mes traitements en cours quand par hasard il y en a. Évidemment, je peux arriver inconsciente aux urgences dans un tel état qu’on ne prendra même pas le temps de regarder dans ma poche pour savoir comment je m’appelle, mais bon, je peux aussi mourir sur le coup en me faisant le coup du lapin dans ma baignoire, la vie est pleine d’embûches.

    Si mon message vous a donné le sentiment que je me fais refaire les mêmes analyses/examens à répétition en passant d’un cabinet à l’autre, j’en suis navrée, c’est profondément inexact. J’ai dans une pochette cartonnée vert pomme tous les résultats d’examens/analyses réalisés sur ma personne depuis disons 8 ans, idem pour mes enfants et mon chat. Si les infos médicales me concernant existent, elles sont donc mises à la disposition des toubibs entre les pattes de qui je passe (et qui en général me disent qu’elles ne sont pas pertinentes parce que trop anciennes, mais bon, je ne vais pas me faire faire un bilan complet tous les trois mois juste pour avoir un dossier à jour…). Sous forme de paperasse indigeste et, a priori, confidentielle.

    Vous me direz que rien ne me prouve qu’en pianotant sur leur clavier les toubibs en question ne transmettent pas des informations me concernant à un réseau quelconque. Effectivement, mais il me semble que le risque est quand même moindre qu’en faisant d’office la démarche d’inscrire tout ce qui concerne mes antécédents et autres données sur un réseau tout exprès conçu pour les faire circuler.

    La fonction publique est peut-être à part en la matière, mais personnellement, du temps où j’étais salariée, je n’ai toujours transmis à ma hiérarchie que le 3e volet des arrêts maladie, celui où la cause de l’arrêt n’apparaît pas, gardant les deux autres pour moi.

    Le DMP pourrait rendre accessibles des informations susceptibles de mieux me soigner dans certains cas? Peut-être. Le DMP existe déjà? La belle affaire! Ce n’est pas une raison pour s’y soumettre au mépris de sa conscience individuelle. D’ailleurs, comme disait Jefferson –euh non, pardon, ça, Borée l’a déjà dit.

  • zigmund :

    un dossier sur puce ou ordi n’empêche pas de faire des bêtises
    fils 26 ans angine TT allergie++ amoxicilline arret ttt => phlegmon ++et hospitalisation ORL (service informatisé of course )ordonnance de sortie = Bristopen (heureusement le pharmacien a dit « je vous donne le générique = l’amoxicilline ? » )

  • Viobi :

    Brrr… vive les génériques, hein! :o/ « Les génériques, ça devrait être automatique »…

  • fabinou :

    @ viobi

    Toi , tu ignores l’existence d’organismes privés tel que IMS health qui achètent les ordonnances, certes anonymisées mais quand même, pour 50 € / mois aux médecins et qui les revendent aux labos ….mais ne plongeons pas dans la paranoia !!!!

    @ zigmund
    les allergies rendent prudent mais pas quand même au point de confondre une péni A et une péni M, mais en même c’est le pharmacien qui l’a dit … ( je suis méchant, mais je me soigne)

  • zigmund :

    (ma réponse ne s’était pas enregistrée)en dh de ce cas je suis réticent par rapport aux génériques.(je découvre seulement la lettre du dr julien blain à ce sujet
    http://www.jacques-lacaze.com/article-medicaments-generique-une-mise-point-39352801.html)

  • Anna :

    Sans parler de génériques, si on rédigeait les ordonnances en précisant la molécule et pas la marque, les patients seraient déjà moins perdus ; combien pensent que paracétamol, doliprane et efferalgan sont des choses différentes, par exemple !

  • Cécile :

    Ou pire, qui croient que aspirine et paracétamol c’est pareil.

    Cher Borée, c’est superbe. Permettez-moi juste 6 mots : Isaac Asimov, sortez de ce corps.
    Sauf que malheureusement ce n’est pas de la science fiction, et on y est déjà. Mais à part résister comme le dernier village gaulois, quelqu’un a-t-il un début de commencement d’idée
    de comment faire pour y échapper?

  • zigmund :

    @ cecile peu de moyens de lutter l’immobilisme « militant » ancré dans ses certitudes : c’est à dire au moins trainer les pieds plutôt que de dire avec la foule « c’est super, moderne et tellement pratique »
    c’est ce que je continue de faire avec une grande mauvaise foi assumée pour la carte vitale qui à mon avis était la première phase.
    l’autre solution est dans le texte de boree : « l’activisme informatique ».ça va pas plaire …:-)

  • Viobi :

    à fabinou: oui, j’ignorais en effet… NB: S’il y en a qui achètent, c’est qu’il y en a qui vendent…

  • Anna :

    Cécile : « Pire », ça se discute. Quelqu’un qui croit que trois médicaments qui contiennent la même molécule MAIS n’ont pas le même nom sont différents peut surdoser très facilement…

  • eo :

    J’ai beaucoup de plaisir à relire cet article et à y trouver des bribes de novlangue…
    Hélas, l’informatisation et de fait, le problème de l’accès aux données de ces dossiers se pose déjà dès maintenant.
    Je viens de lire ce jour les infos du conseil de l’ordre des pharmaciens.

    Alors… Le DP (dossier pharmaceutique) existe depuis 3 ans.
    Désormais, les accès du DP anonymisées sont accessibles par l’ANSM (ex AFSSAPS).
    Une expérimentation doit être mise en oeuvre afin de permettre l’accès au DP par les urgentistes, anesthésistes, gériatres…

    J’ai rencontré une conseillère ordinale, qui a tenté de me convaincre de l’utilité du DP. Son argument ? C’est notre seule arme contre Leclerc.

    On vit une période étonnante.

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