Mauvais sang

Il faut croire que les hasards n’existent pas.

Alors même que j’étais plongé dans la rédaction de ce billet, j’ai reçu le message suivant :

« Cher Borée,

Vital et irrem- plaçable, le Don de Sang permet chaque année de soigner 1 million de malades. Donner son sang est donc indispensable, cependant seulement 4% des français accomplissent ce geste.

Pour la 8ème année consécutive, l’EFS, l’Etablissement Français du Sang organise le 14 juin, la JMDS, Journée Mondiale du Don de Sang, préparant à cette occasion, un événement ludique et pédagogique à Paris, ainsi que 300 collectes dans toute la France.

(…)

Cette année pour la première fois, l’EFS renforce son interaction avec la communauté en mettant en place 4 chats pour répondre aux questions des internautes.

Le premier aura lieu mardi 19 avril sur le thème de « Qu’est-ce que la JMDS ? »

Vous êtes influent, vous partagez vos passions avec votre communauté de lecteurs. Ils vous apprécient pour votre liberté de ton et votre authenticité. C’est pourquoi, nous avons besoin de votre soutien bénévole en tant que bloggeur pour relayer l’appel de l’EFS. Ainsi, vous faites un geste solidaire et contribuez à un mouvement national. »

Mon père a toujours été donneur de sang.

Quand j’étais gamin, j’étais très fier de ça.

En plus, il nous ramenait les gaufrettes du petit casse-croûte offert après le don. C’était la fête.

Je me suis toujours dit que je serai, moi aussi, donneur de sang quand j’aurai l’âge. C’était une évidence.

Lorsque je me suis retrouvé en première année de médecine, il y a eu ces affiches un jour : « Faculté de médecine – Don du sang mercredi prochain ». J’y suis donc allé avec deux copines. Sans me poser aucune question. Puisque c’était une évidence.

En arrivant, on nous remettait des questionnaires qu’il fallait lire et remplir avant un entretien avec le médecin responsable.

Quand ce fut mon tour, je lui tendis le questionnaire complété et elle me demanda avec un sourire :

– Bon, pas de problème alors ?

– Euh… si… je suis homosexuel, je ne peux pas être donneur alors ?

– Ah non, en effet, je suis désolée.

– Mais pourtant, je me suis toujours protégé.

– Oui mais ça ne change rien. C’est comme ça. On ne veut prendre aucun risque.

Et je suis donc reparti, passant entre les tables alors que je venais seulement d’arriver. Moitié colère, moitié humilié.

C’était en 1992.

Aujourd’hui, en 2011, et malgré de vifs débats, la loi n’a toujours pas changé.

Les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes ont toujours l’interdiction de donner leur sang. De même d’ailleurs que leur moelle osseuse. Pour leurs organes en revanche, en cas de décès, pas de problème et si je me laissais aller à faire du mauvais esprit, je pourrais en conclure qu’un homosexuel acceptable est un homosexuel mort…

La France n’est pas un cas isolé.

La majorité des pays développés a le même usage. Certains ont opté pour des limitations plus nuancées. Seules certaines régions espagnoles et la pourtant machiste Italie ont abandonné toute restriction fondée sur l’orientation sexuelle.

Les Britanniques pratiquent eux aussi la même exclusion. Mais leur loi semble sur le point d’évoluer. Amère consolation. Désormais, les homosexuels devraient être autorisés à donner leur sang… à condition de ne pas avoir eu de rapports sexuels depuis au moins 10 ans.

Et là, je dois bien avouer qu’à tout choisir, je préfère encore la logique d’exclusion complète. Parce que cette non-avancée britannique me paraît totalement surréaliste et vexatoire et, surtout, je ne vois absolument pas sur quelles données scientifiques elle pourrait se fonder.

De toute manière, les rares études ayant abordé la question, celles qu’invoquent les décideurs politiques, sont discutables et déjà datées dans un domaine qui connaît des évolutions techniques constantes. (1) (2)

Car il n’est peut-être pas inutile de rappeler que les échantillons de sang sont systématiquement testés, entre autre, pour le VIH. Et que, si les habituels tests de dépistage peuvent mettre jusqu’à six semaines pour se positiver, le circuit de la transfusion sanguine utilise une technique de diagnostic génomique viral (DGV) qui se positive dès le douzième jour (et jamais au-delà de 3 semaines) suivant une éventuelle contamination. Il n’y a ainsi presque aucune place au doute.

Je veux bien qu’on prenne une marge  de sécurité confortable, pour être sûr de ne pas passer à côté des zéro-virgule-quelque-chose % de tests faussement rassurants dans les délais habituels, mais qu’on m’explique quand même de quel chapeau ils ont sorti ces dix ans !

Oui, le VIH est toujours présent.

Et oui, proportionnellement, les homosexuels masculins sont bien plus fréquemment touchés. Pire, parmi les différents modes de contamination, c’est le seul groupe pour lequel le nombre de nouveaux cas continue à augmenter.

Ça ne sert à rien de le nier.

Non seulement ça ne sert à rien mais c’est même un tort. Refuser cette évidence au nom du « tous égaux, tous pareil », c’est rester dans une démarche de prévention tout public et, donc, largement inefficace. Les messages de prévention marchent quand ils sont ciblés.

Reconnaître qu’il y a toujours, trente ans après le début de l’épidémie, une spécificité de l’impact du VIH parmi les homosexuels, c’est permettre le développement d’une stratégie adaptée.

Mais revenons-en au don du sang.

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que la transmission du VIH par la transfusion sanguine a été un drame mais que ce problème est aujourd’hui largement maîtrisé. Le risque résiduel est évalué actuellement à environ 1 risque théorique pour 3 millions de transfusions. Sauf, qu’en 2008, le CDC a décrit le premier cas de contamination identifié depuis 2002, et alors même que les USA pratiquent environ 14 millions de transfusions par an.

En comparaison, les accidents de transfusion qui présentent un risque vital se produisent environ 1 fois pour 100 000 transfusions et le risque de décès directement consécutif à une transfusion est de l’ordre de 1 pour 300 000 (chiffres pour la France et les USA).

Que, malgré tout, l’on soit prudent au sujet du VIH et que les politiques mouillent leurs petites culottes depuis l’affaire du sang contaminé, je peux le comprendre.

Mais quand même…

L’Etablissement français du sang, pour justifier l’exclusion des gays, invoque un chiffre absolument effrayant de 17,7% de prévalence (la proportion de personnes atteintes) du VIH parmi « les homosexuels masculins ». Point. Sans aucune nuance ni précision. (3)

Ces chiffres se fondent sur l’enquête Prevagay.

Cette enquête a été réalisée « au sein de la population des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes qui fréquentent des établissements gays parisiens (bars, saunas, backrooms). »

Non mais, alloooooo !!!!!

Quelqu’un pourrait expliquer à nos pros de santé publique que Paris ce n’est pas la France, et que le Marais ce n’est pas « les homosexuels masculins » ?

Qu’on fasse une enquête dans ce milieu, tout de même assez particulier (12% des hommes enquêtés ont eu au moins un rapport anal non protégé dans l’année avec un partenaire occasionnel, 18% ont eu au moins une IST dans l’année), pour mieux le connaître et pour pouvoir y développer une prévention spécifique, c’est très bien.

Mais qu’on étende à tous les homos de France des chiffres de prévalence récupérés dans des backrooms parisiennes, ça me paraît juste dramatique. (4)

Car qu’est-ce qui fait le risque ? L’orientation amoureuse ou bien les pratiques sexuelles ?

Je vis depuis plus de dix ans en couple stable et fidèle. Comme des milliers d’autres. Et comme des milliers d’autres, je ne pense pas être plus « à risque » que mon frère ou que mon voisin qui vivent en couples hétérosexuels.

Peut-être faut-il rappeler qu’il n’existe pas de test pour « détecter l’homosexualité ». Et que, de toute façon, ces données sont donc déclaratives.

Quand l’Etablissement français du sang demande « Avez-vous eu des rapports avec un autre homme ? Oui/non », ils sont bien obligés de faire confiance aux réponses des gens. Parce qu’ils n’ont de toute façon pas d’autre choix.

De la même manière, qu’ils demandent s’il y a eu un changement de partenaire depuis quatre mois.

Sauf que cette question ne concerne que les rapports hétérosexuels. Imagine-t-on que les homos seraient plus menteurs ? Mais alors, pourquoi ne le seraient-ils pas aussi pour la question précédente ?

Et, au final, c’est quand même la question d’un éventuel changement de partenaire récent qui nous intéresse si on veut limiter les risques liés à la transfusion, non ? La FDA étatsunienne elle-même reconnaît que les possibles rarissimes risques résiduels de transmission du VIH via la transfusion sont dus quasi-exclusivement au problème de  la courte période « silencieuse » (une douzaine de jours) suivant une éventuelle contamination.

Les seules questions valables seraient donc celles visant à écarter les donneurs qui pourraient se trouver dans cette situation, éventuellement en prenant une marge de sécurité raisonnable, telles que : « Avez-vous eu un(e) nouveau(elle) partenaire au cours du dernier mois ? « 

Le don du sang est gratuit, ceux qui y participent le font par altruisme. Comment imaginer qu’ils proposeraient de donner leur sang en sachant qu’ils ont pu avoir une conduite à risque dès lors que la définition de ces conduites à risque est suffisamment précise, sérieuse et fondée ?

Les études se sont basées sur une estimation du risque théorique comme si les donneurs potentiels allaient donner leur sang de manière aléatoire, quelle que soit leur activité sexuelle les jours et les semaines précédents. La logique même du don est fondée sur la confiance et le sens des responsabilités des donneurs. Comment ne pas croire que ceux-ci puissent choisir de donner ou pas en fonction de leur vie intime récente ? Pour autant que les règles qui seraient posées soient logiques, compréhensibles et non discriminatoires et qu’il n’y ait alors aucune raison de vouloir les transgresser.

A moins qu’il ne s’agisse pour les décideurs de faire oublier « l’affaire » et, désignant un groupe bouc-émissaire, donner l’illusion à la population que toutes les mesures nécessaires à la protection sont prises.

Non, décidément, je n’arrive pas à trouver de solide raison scientifique, rationnelle et logique, à tout ceci. (5)

C’est donc avec un réel plaisir que je vais relayer l’appel de l’EFS et, en effet, inviter mes lecteurs à participer aux chats et à l’ensemble des manifestations autour de la Journée Mondiale du Don du Sang. Et plus particulièrement, je vais les inviter à poser une question bien précise…

Le don du sang, le don de moelle sauvent des vies. Faire ce don est un geste de profonde générosité et, sans raison valable, il n’est pas normal de stigmatiser ainsi des donneurs potentiels. A quand la fin de cette discrimination idiote, nuisible et qui n’est plus fondée sur des preuves scientifiques ?

 

***

***            ***

Merci à celles et ceux qui ont bien voulu participer à la relecture de ce billet : DrCouine, Asclepieia et Jean-Marie de Grange Blanche

***

***            ***

(1) En réalité, cette politique semble se fonder essentiellement sur deux études. Toutes les deux intégralement construites sur des calculs statistiques et des probabilités.

Une étude québécoise qui a envisagé la possibilité d’autoriser les HSH (« Hommes ayant des relations Sexuelles avec d’autres Hommes » ce qui est la définition consensuelle aujourd’hui) abstinents depuis au moins 12 mois, à donner leur sang.

Une telle ouverture permettrait de récolter environ 3 000 dons supplémentaires chaque année au Québec, ce qui constituerait une augmentation de 1,3%.

A l’inverse, l’étude conclut à une augmentation du risque de transmission du VIH de 8%. Diable ! Sauf que 8% de presque rien, ça ne fait pas grand chose. Cette éventuelle augmentation du risque signifierait une contamination supplémentaire au Québec tous les… 69 ans. En extrapolant ces chiffres à l’ensemble des Etats-Unis, on arriverait à une contamination supplémentaire théorique tous les 1,1 an.

Deux points faibles significatifs à cette étude :

– Elle date « déjà » de 2003. Pour la détermination de la « période silencieuse » (qui est LE gros problème qui conditionne largement l’ensemble du raisonnement), elle se fonde sur une étude elle-même de 1997, qui prenait en compte les séroconversions. Certes, il est précisé que « De plus, le délai moyen a encore été réduit par la récente apparition des tests DGV. C’est pourquoi nous avons déterminé une probabilité encore plus basse dans ce modèle. » mais sans expliquer le détail du calcul et en fixant une probabilité de 1/2 000 qui me paraît surprenante.

« Pour les paramètres les plus difficiles à évaluer, en particulier ceux liés à une erreur dans la chaîne de traitement, nous avons pris le scénario le plus défavorable. (…) Si nous excluons ces paramètres du modèle, le risque estimé est divisé par 5, mais n’est toujours pas de zéro. » Certes, le risque ne sera jamais de zéro, même pas avec un « honnête père de famille ». Mais déjà que l’augmentation était modeste, s’il s’agit de la diviser encore par 5…


(2) Il y a ensuite une étude anglaise qui est « LA » principale étude motivant l’exclusion du don. Celle qui permet, même aux associations LGBT ou de lutte contre le SIDA de partager cette ligne en affirmant que l’ouverture du don aux HSH abstinents depuis 12 mois majorerait le risque de 60% et l’abandon de toute discrimination l’augmenterait de près de 600%. Avec des chiffres pareils, moi aussi je suis contre !

Mais cette étude aussi est très discutable…

– Il s’agit d’un modèle mathématique fondé sur « l’ancienne » méthode de sérodiagnostic. Dont la sensibilité est moins bonne et dont la période silencieuse est sensiblement plus longue : 22 jours en général mais parfois davantage. Si l’on tient compte des sept premiers jours où la personne contaminée n’est elle-même pas contaminante, on obtient une période à risque de 15 jours contre 5 avec les techniques actuelles. Une donnée fondamentale de l’équation doit donc être divisée par trois.

– La prévalence du VIH parmi les HSH a été estimée en fonction des données issues d’une population fréquentant un CDA (Centre de Dépistage Anonyme) londonien. Les auteurs reconnaissent eux-mêmes : « Nous avons considéré que les hommes qui fréquentent les CDA sont représentatifs des HSH ‘actifs’. Il semble probable qu’ils aient, en fait, un risque plus important que ceux qui ne fréquentent pas un CDA et la prévalence du HIV peut donc avoir été surestimée. » On peut le supposer, en effet… et là aussi ça change un peu le calcul.

– Surtout, les chiffres proposés, et qui me paraissent crédibles, estiment que l’ouverture du don à tous les HSH conduirait à repérer environ 170 séropositifs ignorés parmi les 30 000 nouveaux donneurs et, par la suite, 29 nouvelles séroconversions chaque année (à noter que les donneurs HSH londoniens ne représenteraient que 17% des nouveaux donneurs admis mais 86% de ces nouvelles séroconversions).

Or, dans la situation actuelle, l’étude estime le risque à 0,45 transfusion contaminée par an pour l’ensemble de l’Angleterre.

Si le don était ouvert à tous les HSH, au cours de la première année, on aurait environ 200 (170 + 29) dons potentiellement contaminés.

Or l’étude estime que cette situation provoquerait la mise en circuit de 2 dons contaminés supplémentaires sur l’année pour toute l’Angleterre : 2,5 au lieu de 0,45, les fameux 558% d’augmentation.

Soit, au total, 2 dons sur 200 qui « passeraient entre les mailles » du système de sécurité : un taux de faillite du système de surveillance de 1% ce qui est énorme.

Alors même que, l’essentiel de ces 200 dons contaminés correspondant à la découverte de séropositivités méconnues, la question de la « fenêtre silencieuse » ne se pose alors pas.

Cette notion de 558% d’augmentation du risque est donc, à mon sens, très critiquable et devrait être reconsidérée. Il est invraisemblable que les associations LGBT ne s’en soit pas saisi.


(3) Au delà de ce cas particulier, et franchement scandaleux en raison d’un énorme « biais de recrutement », on peut trouver également un taux relativement impressionnant d’incidence – le nombre de nouveaux cas chaque année – du VIH de 1% parmi les HSH dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (p. 474). Ce chiffre se base sur un effectif de 330 000 HSH pour toute la France, c’est-à-dire une proportion de HSH de 1,6% de la population masculine sexuellement active. Je suis le seul que ça fait rire ???

En fait, il n’existe aucune étude consensuelle sur la proportion d’homosexuels au sein de la population française ou occidentale. Beaucoup d’études évoquent plutôt une proportion d’hommes homosexuels (ce qui est a priori une notion plus restrictive que les « HSH ») autour de 4 à 5% de la population masculine. Un article de Rue 89 fait le point au sujet d’une récente polémique.

On peut aussi remarquer que la part d’hommes se déclarant homosexuels semble plus importante parmi les jeunes générations. Il faut certainement y voir une conséquence d’une meilleure acceptabilité et le fait qu’une part notable des hommes des anciennes générations niait ou refoulait leur homo(bi)sexualité.

C’est tout sauf anecdotique parce que, vu que le nombre de nouvelles infections est fixe et connu, ça voudrait dire que « l’incidence » peut varier dans des proportions de 1 à 4 au moins.


(4) Il est particulièrement intéressant de relever que les auteurs de l’étude anglaise déjà citée ont pris soin, durant l’essentiel de leur analyse, de distinguer Londres et le reste du pays… avant de refusionner les résultats.

La prévalence estimée du VIH parmi les HSH est entre 6 et 10 fois plus importante à Londres qu’en-dehors.


(5) A l’heure de la culture du « principe de précaution » et de la recherche d’un mythique « risque zéro », ce problème pourrait simplement être abordé sous un angle de gestion du risque.

L’étude québécoise, l’aborde ainsi de manière assez mathématique. Ce qui donne en gros « Bon, si on autorise les HSH abstinents, ça augmente le risque de 8% et le nombre de dons de 1,3%. Comme on n’a pas un besoin absolu de gagner ces 1,3% et qu’il y aurait d’autre manière d’arriver à ce résultat (campagnes de pub, etc…), c’est un mauvais rapport bénéfice-risque, donc on ne fait pas. »

Ce serait une méthode d’analyse typique de santé publique, rationnelle et donc légitime (sous réserve de la validité des chiffres utilisés par l’étude mais je l’ai abordé plus haut).

On pourrait peut-être relever que ce raisonnement ne semble pas s’appliquer aux centres de transfusion militaires pour lesquels le risque est pourtant 35 fois supérieur à celui de la population générale !

La vraie question, en fait, c’est celle qui mettrait en balance l’augmentation potentielle du risque (qui est devenu presque virtuel avec les techniques actuelles mais qui ne sera jamais, de fait, égal à zéro).

De la mettre en balance non pas avec un bénéfice de santé publique (A-t-on vraiment besoin de ces quelques pourcents supplémentaires de dons ?), mais avec un bénéfice de société et de civilisation (Que vaut la non discrimination de citoyens en fonction de leur orientation sexuelle ?).

Et là, on n’est plus dans de la santé publique mais dans de la philosophie ou de la politique.

</h5>
<h5><em>
</em></h5>
<h5>

82 commentaires à “Mauvais sang”

  • Fucking_Bl0nde :

    Discrimination plus que nuisible et incompréhensible par les temps qui courent. Cet article est juste et vrai, il mérite d’être partagé.

  • chantal :

    Le VIH concerne nous tous aussi bien les homosexuels que les bi- et hétérosexuels, donc cette question (Avez-vous eu des rapports avec un autre homme ? Oui/non)est valable pour tous ou personne (sauf les femmes homosexuelle). Puis, ce n’est pas uniquement l’homme qui contamine, la femme peut le faire également (sinon la prostitution est bien un facteur à risque, non?). Puis il n’y a pas que le VIH qui se transmet par le sang (le virus hépatite par exemple)

    Consolez-vous, je suivi aussi l#appel au don du sang dans les années fin 1990. J’ai répondu à toutes les questions non, sauf pour le vaccin Hépatite B et pour cette raison je fus refuser. Depuis, tous les appels passent et je ne les entends plus, car j’ai un peu de mal à comprendre qu’un vaccin prôné par la politique de la santé est une source à ne pas donner son sang. En prenant cette logique, alors pas de don de la moelle osseuse ou d’organe.

    Quand à cette étude, sur les habitudes des homosexuels, elle est bien trop restrictives et fausse l’image complètement, mais reflète bien celle que la société se fasse de l’homosexuel. Je trouve même que ce genre d’étude ne devait seulement se limiter sur un aspecte de la sexualité mais inclure tous (donc la bi- et hétérosexualité) car là aussi des comportement masculins et féminines se trouvent comme dans cette étude sur les gays et les bars parisiens.

    Franchement, j’avais cru que la pensée VIH = homosexualité avait disparu dans notre société.

    Bonne journée

  • Babeth :

    Je n’ai donné mon sang qu’une seule fois. J’ai été effarée par le questionnaire, précis, pointilleux, intrusif… et discriminatoire. Choquant. Et véhiculeur de clichés malsains. J’ai vécu huit ans avec un ami, homosexuel. Non, ce n’était pas une grande chochotte qui chantait YMCA en ramenant ses conquêtes à la maison. Non il n’allait pas au sauna, ni en boîte. Non il ne lisait pas têtu et ne défilait pas à la gay pride. Non il ne multipliait pas les aventures d’un soir. Non il ne revendiquait pas le fait d’être homosexuel, de même que je ne revendique pas le fait d’être hétéro, ou d’aimer le cirque, ou d’avoir des petits seins. Il était homo, moi hétéro, il aimait le baroque, moi le romantisme, il aimait Vissotski, moi aussi. Il était célibataire, moi-aussi. Voilà.
    Bon, de toute façon je ne donne plus mon sang, pas assez de fer, on veut pas de moi!

  • Guillaume :

    Une question. L’efs garde-t-il en stock les réponses au questionnaire? Peux-tu dire que tu es homo un jour, puis 3 ans plus tard te faire refouler car « vous l’aviez déjà dit ».
    Et si oui, est-ce bien autorisé, de garder ces infos, qui ne sont pas à proprement parler « médicales »…

  • Lomig Dunwael :

    Comme je le disais sur Twitter, je considère cette discrimination comme étant la plus grande discrimination que j’ai pu subir, dans une vie pourtant remplie de ce coté. Car elle est froide, impersonnelle… Et tellement intégrée dans l’inconscient collectif que même mes amis proches la considère comme statistiquement obligatoire. Et c’est ça qui fait mal.

    Je me sens humilié à chaque fois que je vois une affiche, à chaque fois qu’il y a des distributions de prospectus. Ah, on ne veut pas de mon sang ? Et bien vous n’aurez pas non plus mes organes. Et si je suis toujours sauveteur-secouriste, c’est bien parce que je n’arrive pas à ne pas respecter ma propre morale. Mais j’en ai bien envie !

    Je vous trouve très courageux, plein d’abnégation, et beaucoup moins fier que moi, à relayer l’appel au don du sang qui vous exclue de fait – ce que j’admire sincèrement.. Je leur aurais renvoyé une fin de non recevoir avec une réponse bien sentie. Te cracher dessus et t’utiliser, cela manque de cohérence.

    Vous voyez, je n’arrive pas à rester calme sur le sujet !

    Aller, retournons à l’actualité du monde. Comme ce père hétérosexuel qui lui est tellement plus apte à élever des enfants qu’il a sympathiquement pensé à les enterrer dans le jardin auprès de leur mère…

  • Lledelwin :

    En Belgique aussi, ce principe écoeurant existe. Je me souvient d’avoir vu un responsable de la crois rouge annoner bêtement que c’était plus prudent et que de toute façon, lui son truc ultime, c’était de regarder la photo de sa fille et de se demander s’il fait assez confiance au donneur potentiel pour éventuellement transfuser sa mome. Et toute la classe de beler de concert que « oui, on n’est jamais trop prudent ». J’ai l’impression d’avoir été la seule à trouver ça aberrant, et ça me sidère encore et toujours d’avantage que les idées arriérées de ce responsable de la croix-rouge.

    Je suis sortie de là écoeurée. Et je n’ai jamais donné mon sang. Je ne veux pas être choisie là où quelqu’un de plus sérieux que moi se ferait refouler juste parce que je suis une XX qui couche avec des XY et lui une XY qui couche avec des XY.

  • José Lemaire :

    Eh oui, le progrès de l’ Humanité (et de la Liberté) est un chantier perpétuel.

    Merci d’y travailler.

  • C-Driks :

    Qu’on ne nous dise pas que la France n’est pas Homophobe, qu’on ne nous dise pas qu’il leur manque du sang, qu’on ne nous dise pas que nous pouvons tous sauver des vies…

    Tout n’est que connerie!
    Les lois « homophobe » sont toute paradoxale par rapport aux « volontés » de mieux vivre de ce foutu pays…

  • Lise :

    Bravo pour votre billet. Quant on cessera de s’interesser à l’orientation sexuelle des gens, la société aura fait un grand pas en avant.

  • Violette Bleue :

    J’ai déjà donné plusieurs fois mon sang et à chaque fois la question m’a interpellée ; je n’ai jamais osé demander car il me semblait bien que la question était déplacée mais j’avais peur de me faire rembarrer… Avec l’avis d’un médecin c’est maintenant bien clair.

    C’est honteux qu’un établissement pareil fasse de telles discriminations, surtout qu’ils recherchent des dons, et qu’à chaque campagne dans ma ville je reçois un sms, un coup de fil ET un courrier m’invitant à venir !
    Faudrait savoir, ils ont besoin de sang oui ou merde ?

  • wain" :

    merci pr ces infos et ces arguments, de quoi relayer et étayer la question associée !

  • Koa :

    Je suis très choquée par la lecture de cet article, je n’avais même pas *idée* que ce soit possible. Merci pour votre argumentation claire et posée.

    Je ne donne pas mon sang non plus (j’ai du mal à dépasser les 50 kg réglementaires), malgré le fait que je souhaitais le faire depuis ma tendre enfance. Contrairement à vous, mes parents ne donnaient pas, ça m’attristait et j’avais hâte de pouvoir le faire moi ! J’y suis allée 15 jours après mes 18 ans, ravie et fière. Après ma fin de non-recevoir, et le regard noir de l’ami que j’avais trainé avec moi et qui se retrouvait seul, je suis rentrée chez moi avec un sparadrap sur le coude, histoire de ne pas avoir à assumer devant mes parents mon « rejet » alors que je clamais depuis 10 ans que je voulais donner mon sang…

    Depuis, j’ai eu des relations professionnelles avec l’EFS, leurs locaux en marbre, leurs 10 directeurs de la communication surpayés, leurs budgets supérieurs à ceux de tous nos autres clients, et j’ai eu un peu la nausée. L’EFS s’occupe de récolter le sang, la sécu le leur achète. A voir tout ça, on peut supposer qu’il s’agit d’une affaire lucrative, et ça ne me réconcilie pas avec la notion de « trou de la sécu », de « la faute aux vieux et aux longues maladies », ni aucun autre discours moralisateur sur le sujet…

    Encore merci, & bonne continuation

  • Alice =) :

    J’ai le droit de donner mon sang. Je suis une fille, hétéro de surcroît et en plus conçue et née après les affaires de sang contaminé. Je plais au don du sang.
    Pourtant, j’ai traîné du côté de l’Afrique Subsaharienne, de l’Asie du Sud-Est, de l’Europe de l’Est, du Maghreb… J’ai un tatouage, fait en Thaïlande et des piercings (en fait des boucles aux lobes) régulièrement repercés. Disons que si je ne suis pas la plus à risque, je ne suis pas la plus safe non plus.
    Je suis en tout cas moins safe que mon pote M, garçon responsable, prudent et raisonnable, qui est un danger-public-du-don-du-sang parce qu’il préfère les gars. Pourtant, il passe souvent par la case « test ». C’est pas juste. C’est nul à chier. Parce qu’en plus, il est donneur universel.
    Le don du sang, vous êtes des cons.

  • Eric :

    Je ne suis pas d’accord avec toi, et moi aussi suis médecin et gay. J’en avais parlé longuement chez moi, ainsi que des enjeux financiers derrière le don et la transfusion.
    D’abord parce que le don du sang n’est pas un droit. Exclure les HSH du don n’est pas en tant que tel une discrimination ni de l’homophobie. Les lesbiennes ne sont pas exclues du don car elles ne font pas partie d’une population à risque.
    On peut jouer sur les mots autant que l’on veut, mais aujourd’hui en 2011, être homosexuel masculin est appartenir à une population à risque de pratiques à risque.
    J’en veux pour preuve le nombre de syphilis, de blennorragie, LGV et hépatite C qui sont des marqueurs des prises de risques chez les gays visibles. Parce que c’est aussi un élément du problème : le manque de visibilité de la «communauté» (j’ai horreur de ce mot…) gay.
    Personne n’est aujourd’hui en mesure de dire combien il y a précisément de gays dans la population. Pourquoi ? Parce qu’il y a une vraie homophobie, celle qui casse la gueule et qui tue des pédés, qui fait que beaucoup préfèrent rester dans le placard. Parce qu’il y a un vraie homophobie qui fait de la vraie discrimination à l’embauche et à l’accès au logement.
    Parce qu’il y a une vraie homophobie qui fait que l’on nous dénie le droit d’être des parents, non pas comme les autres mais mieux que les autres. Voilà de vraies discrimination qui valent la peine que l’on se montre et que l’on se batte. Tant que nous n’aurons pas acquis cette visibilité qui fera que l’on saura avec précision :
    – combien il y a de gays en France
    – combien sont HIV, HepC, HepB… et que l’on aura des chiffres de prévalence et d’incidence forcément par excès du fait du manque de visibilité.

    Quand bien même nous en serions là, ça ne voudrait pas dire pour autant que tous les gays seraient éligibles au don : combien d’entre nous ont moins d’un partenaire sexuel sur un période quatre mois ? Je rappelle au passage que c’est la même limite qui est appliquée aux hétéros, et que ceux d’entre eux (indépendamment de leur sexe) qui ont des partenaires multiples sur la base citée son aussi exclus du don. Et ce pour plusieurs raison : l’une d’entre elle est qu’il n’y a pas que le VIH, mais que d’autres agents infectieux peuvent être transmis par voie sexuelle. Peut-être des agents encore non-identifiés pour certains, et que c’est précisément le facteur limitant d’une politique qui dirait «prélevez-les tous et faites le tri après», car tout ça coûte cher, très cher, en termes économiques et en terme de risque infectieux.
    Faut-il aussi que les hétéros exclus du don (car il y en a, et beaucoup plus que ce qu’on veut bien voir) crient aussi à la discrimination en raison de leur activité sexuelle ?

    La mission de l’EFS n’est pas de décortiquer la vis sexuelle des donneurs potentiels et de faire de l’éducation à la réduction du risque de transmission des MST. Elle est de récolter du sang, et pour cela elle sélectionne les donneurs dans un souci d’efficacité et de rapidité. Le médecin sélecteur ne peut pas passer une heure avec chaque candidat au don pour décider si telle pratique telle jour avec tel partenaire était plus ou moins à risque que telle autre. Et pour répondre à la question de l’un de tes commentateurs : les questionnaires ne sont pas archivés, il sont détruits après chaque don. Chaque donneur est considéré vis-à-vis de la sélection comme venant pour la première fois.
    Le fait que le risque viral résiduel de la transfusion soit aussi bas aujourd’hui est la conséquence de deux choses :
    – l’amélioration des test diagnostiques de plus en plus sensibles et précoces.
    – et que ça plaise ou non : la politique de sélection des donneurs.

    Les chiffres connus sont têtus : de 10 à 15% de gays masculins, dont 10 à 18% d’en eux sont HIV+ contre 0,2% des hétéros. Je n’ai pas besoin de te dire ce que ça fait en terme de risque relatif. En analyse multivariée, le facteur commun qui unit ces hommes, est d’avoir eu des relations sexuelles entre hommes. C’est descriptif et c’est tout. Je ne vois pas où sont la morale, le scandale et la discrimination là-dedans.

    Admettons que l’on autorise les gays à donner : que se passera-t-il au premier accident infectieux transfusionnel ? Ce sera l’hystérie et la stigmatisation, et ce n’est vraiment pas ce dont nous avons besoin.
    Les besoins transfusionnels sont couverts et ce ne sont pas pas quelques milliers de dons en plus ou en moins qui feront une différence.
    Je préfère savoir certains d’entre nous frustrés de ne pas pouvoir donner (et je répète : ce n’est pas un droit) que tous montrés du doigt pour y avoir été autorisés. Car il ne faudra pas ce jour-là compter sur la bienveillance de l’opinion publique…

  • Eric :

    Je voudrais aussi relever ce point :

    Le don du sang est gratuit, ceux qui y participent le font par altruisme. Comment imaginer qu’ils proposeraient de donner leur sang en sachant qu’ils ont pu avoir une conduite à risque dès lors que la définition de ces conduites à risque est suffisamment précise, sérieuse et fondée ?

    Tu serais surpris du nombre de gens qui se présentent au don simplement pour bénéficier d’un dépistage et mentent lors du questionnaire en sachant pertinemment qu’ils ont pris des risques. Et la mission de l’EFS n’est pas non plus de faire du dépistage.

    Désolé pour les fautes de grammaire, la possibilité de prévisualiser le commentaire avant de poster serait utile 😉

  • Lise :

    @Eric : je ne vois pas pourquoi le don du sang permettrais de faire un depistage vue que c’est ANONYME. S’ils trouvent un truc dans ton sang, ils jettent la pochette et ne previenne pas la personne.

  • Eric :

    @ Lise : Faux. Vous ne savez manifestement pas de quoi vous parlez. Anonyme ne veut pas dire qu’il n’y a pas de traçabilité. À partir d’un receveur on peut toujours remonter au donneur. Et à partir d’un donneur retrouver tous les receveurs ayant reçu les produits qui lui ont été prélevés.

  • docteurdu16 :

    @ Eric.
    Etant médecin et, me semble-t-il, hétérosexuel (mais pas à l’insu de mon plein gré), je suis content de lire cela. Je ne suis pas choqué par l’exclusion des homosexuels masculins du don du sang s’il existe un risque. Et il semble exister un risque, même s’il est faible. Le don du sang n’est pas un droit. Je voudrais souligner plusieurs points : 1) Les questionnaires : leur côté intrusif est lié à leur caractère « anglo-saxon », nous ne sommes pas habitués en France à ce genre de questionnaires, mais il ne faut pas en faire un fromage, sauf si les données ne sont pas anonymisées ; 2) Les homosexuels masculins sont quand même une population à risque et cette constatation n’est pas à situer sur le plan de l’ostracisme mais sur celui des faits ; 3) Il existe des hétérosexuel(les) qui sont à risque, c’est évident, et les questionnaires peuvent en rendre compte (multipartenariat, rapports non protégés et… populations féminines subsahariennes) mais ce n’est pas une raison pour négliger le point 2) ; 4) Je ne crois pas qu’il s’agisse de discrimination antihomosexuelle ; moi qui suis de la génération des débuts du sida j’ai pu lire énormément de conneries émanant de la communauté homosexuelle niant le sida pour des raisons antidiscriminatoires (en parallèle avec les condamnations émanant des communautés religieuses intégristes parlant de Satan).
    Donc, Borée, je crois qu’il est important de signaler ces faits mais aussi pour intensifier, dans toutes les communautés (et c’est un terme que je déteste) sexuelles, l’information pour que le sida cesse de se répandre.
    Or il semble qu’il existe un relâchement important chez les jeunes hétéros ou homos lors des premiers rapports…
    Merci à Eric qui permet à un hétérosexuel de penser et d’écrire sans qu’on puisse lui reprocher d’être homophobe (tendance « naturelle » dans une société foncièrement homophobe).

    • Borée :

      Merci à tous de vos commentaires.
      Je pense que vous aurez remarqué que, nulle part, je ne parlais d’homophobie. Je n’ai pas davantage parlé de « droit au don du sang ». Mon propos n’est pas là.

      On peut considérer comme négligeable le sentiment d’humiliation et d’injustice ressenti par des homos qui se savent à faible risque (le risque zéro n’existe pour personne, on peut toujours imaginer le conjoint qui trompe, etc…). On peut rester sur un calcul froid et ne pas tenir compte de cet aspect sociétal. On peut.

      Que ne dirait-on pas si on excluait du don du sang, par exemple, toutes les personnes de couleur noire, sans même voir si, individuellement, elles ont eu des comportements à risque ? Au prétexte que la prévalence du VIH serait supérieure dans cette population (je n’ai pas vérifié les chiffres, je n’en sais rien, mais c’est possible et c’est pour l’exemple).

      Encore faut-il, si on le décide, l’appuyer sur des faits et des preuves scientifiques.

      Au risque de me répéter, les seules études ayant abordé la question sont déjà datées. Elles se fondent sur des données qui ne sont plus d’actualité. Leur méthodologie est critiquable. Elles s’appuient sur des chiffres fantaisistes car non représentatifs.
      Eric, tu parles d’une prévalence de 10 à 18% du HIV chez les gays et de 10 à 15% de gays masculins !?! Ces deux chiffres sont aussi faux l’un que l’autre. En les combinant, on obtiendrait environ 400 000 HSH séropos ce qui est le triple du nombre total de séropositifs français estimés, toutes population confondues.
      Va-t-on faire des dépistages dans des clubs échangistes pour déterminer la prévalence du HIV chez les hétérosexuels ?

      Donc, moi qui suis un indécrottable adepte de l’EBM, j’attends qu’on me donne autre chose que des logiques au doigt mouillé…

      Et je me dis que l’Espagne, l’Italie, l’Afrique du Sud, le Japon ou l’Australie ne sont ni des pays hautement fantaisistes en matière de santé publique, ni des paradis de l’homo-tolérance. Et que s’ils ont décidé de supprimer ou d’assouplir cette discrimination, ce n’est peut-être pas pour rien.

      Donc Eric, docteurdu16, sans même me mettre sur un plan militant ou moral, mais en restant foncièrement scientifique : où sont vos preuves du danger ?

      Pour le reste, Eric, j’ai eu ma part de militance des droits LGBT. Ce n’est pas mon combat ici car ce blog est avant tout celui d’un médecin généraliste.
      « combien d’entre nous ont moins d’un partenaire sexuel sur un période quatre mois ? » Parle pour toi ! :p
      C’est vraiment ça qui est terrible, autant dans ton argumentaire que dans ceux qui sont exposés par les décideurs : l’assimilation de la préférence amoureuse à un comportement sexuel forcément débridé. Il y a en province (et probablement même à Paris !) des tas d’homos qui ont une vie amoureuse et sexuelle stable. Il y a en a probablement des tas qui sont célibataires pour quelques mois ou années, comme les hétéros.

      C’est cette assimilation automatique entre la préférence amoureuse et les conduites sexuelles que je dénonce.

  • yann frat :

    Bravo pour cet article, pour ma part j’aimerais juste amener une précision simple et naïve mais bizarrement assez oubliée : Il n’y a aucune pratique sexuelle qui soit strictement homosexuelle (je vous laisse faire des shemas dans votre tête…). La discrimination par population n’a donc strictement aucun sens…

    Je pense donc qu’il n’y a pas de population à risque mais que des pratiques à risque… et je trouve alors très étonnant qu’on assume d’exclure directement du don celui qui se déclare homosexuel mais qu’on ne pose aucune question précise sur la pratique de la sodomie aux hétérosexuels (puisque bon, en pratique c’est de ça dont on parle non? C’est ça le tabou infranchissable…).

    D’autre part il me semble me souvenir que les sondages « ethniques » sont interdits en France pour des raisons diverses et variées… Étrange qu’alors la médecine s’arroge ce droit… Même au mépris de la raison, de la morale, et du bon sens…

    Enfin je ne sais plus qui en a parlé (désolé) mais si, quand vous êtes fichés une fois vous l’êtes pour toujours… Je ne sais pas si la raison est explicite mais en tous cas n’importe quel efs peut savoir très rapidement si vous avez déjà été exclu du don ou pas…

    Cordialement

    yann frat

    • Borée :

      Le risque de transmission du VIH est en effet plus important lors d’une sodomie que lors d’un rapport vaginal mais la question n’est pas là.

      Il est légitime de ne pas vouloir prendre de risque dans le cadre du don du sang.
      Le risque résiduel (et, encore une fois, très théorique aujourd’hui) est presque exclusivement lié à la « période silencieuse » (en gros les douze premiers jours, un peu plus si on veut être prudent, un peu moins (12-7) si on veut faire un calcul statistique rigoureux).
      Il me semble donc que les seules exclusions légitimes sont celles visant à écarter ce risque de se retrouver en « période silencieuse », quitte à prendre un peu de marge. Et, dans ce cas, il n’est plus question d’orientation sexuelle, de finasser sur le détail des pratiques, etc… Une question du type « Avez-vous eu un(e) partenaire sexuel occasionnel ou nouveau au cours du dernier mois ? » devrait suffire.

      Je ne connais pas le détail de la législation sur les sondages mais, dans le champ médical, il peut être légitime (et légal) de rechercher des données ethniques ou relatives à l’orientation sexuelle, pour peu que cette recherche soit légitime et s’appuie sur un raisonnement scientifique (certaines pathologies par exemple sont clairement liées à l’origine ethnique).

  • Felis :

    Bonjour
    La lesbienne que je suis va noircir un peu le tableau : par expérience, il y a une proportion significative de gays qui adoptent une pratique à risque en multipliant les partenaires sexuels (surtout avant la trentaine), rien qu’à voir le type de soirées qui existent qu’on ne trouve nulle part ailleurs (mousse, slip, dark…). Quoi que tu en dises Borée, une partie de la « communauté » adopte des pratiques sexuelles clairement à risque et ça fait tache. Je comprends que ça énerve quand on a une vie sexuelle bien tranquille mais les mecs en string à la vulgarité exacerbée sur les chars de la gay pride, cela ne fait que nuire aux homos qui n’aspirent qu’à s’intégrer et se fondre dans la masse. Une telle exposition de ces dérives ne se retrouve nulle par ailleurs (lesbiennes incluses) et ça influe considérablement les décisions au niveau institutionnel.

    MAIS… pour aller plus dans ton sens, plusieurs éléments posent effectivement des questions:

    1/ pourquoi les autorités ont attendu 2002 pour permettre aux lesbiennes de donner leur sang, alors même qu’il s’agit de la population la moins à risque – sachant, au passage, qu’elles subissent encore nombre de discriminations et se voient encore régulièrement refusées de faire un don? S’il s’agit de viser les populations les plus à risque, avoir interdit si longtemps le don aux lesbiennes (et continuer à le faire aussi souvent officieusement) soulève un doute sur le cible réelle.

    2/ Le secret chez les hérétos trop enchaînés par leur contexte familial est un risque impossible à prendre en compte, malgré les questionnaires. Or, combien couchent par ci par là alors qu’ils sont mariés, trop honteux de l’avouer à cause de leur situation familiale? A côté, les homo sont plus libres car moins de contraintes sociales donc plus ouverts sur leur sexualité. Je reste persuadée qu’il y a une dose record de secret chez les hétéro, trop de tabous et d’interdits qu’ils refusent d’avouer (comme la sodomie où les proctologues vous disent être assaillis de questions dorénavant).

    3/ Même s’il ne fait aucun doute à mon sens qu’une proportion non négligeable de gays est hautement à risque, ce n’est pas la seule. Comme cela a été dit, doit-on demain refuser à un sud-africain (revenus déjà depuis plusieurs mois) de donner son sang quand ce pays est un des plus touché au monde ? Le personnel soignant des sidaïques peut-il donner son sang ou le considère-t-on à risque ? Idem pour les labo d’analyses ? J’ai déjà eu une infirmière déjà âgée qui a réussi à faire tomber un tube plein de sang et s’en est mis partout sur la main non gantée…

    Au final, comme d’hab, il y a les catégories qu’on peut discriminer en toute liberté sans être inquiété (les homo, les gros, les mecs petits comme certains présidents…) et les autres (les noirs, les beurs…). Comme dit Borée, dieu merci les autorités ne se contentent pas de gober les réponses aux questionnaires, des tests sont pratiqués. Alors au bout du compte, se priver d’une part de donneurs juste parce qu’ils sont homo est sans doute une bêtise. C’est vrai qu’entre hériter du sang de l’homo à la vie bien rangée et du « bon » père de famille qui fréquente le Bois de Boulogne assidument, y’a pas photo…

  • yann frat :

    La sodomie ayant un fort pouvoir « symbolique » dans ce qu’elle choque l’identité masculine classique, je me permets de penser que, entre autre, le problème est un peu là. La médecine est aussi une boite à fantasmes (dans le sens pyschologique du terme hein, l’autre ne me concerne pas et je laisse qui veut « jouer au docteur » ;)) ) alors mélanger le sang et l’identité sexuelle me semble trop beau, trop « gros » pour ignorer totalement cet aspect…

    D’autre part encore une fois il me semble comme vous parfaitement légitime et scientifique de reconnaitre les différents phénotypes et leurs composantes ethniques et donc par extension leur localisation géospatiale classique… Mais très très hasardeux de faire le raisonnement à l’envers (tous les habitants de l’Afrique noire ne sont pas porteurs de drépanocytose… Même si beaucoup de porteur de drépanocytose sont originaires d’Afrique noire… C’est le problèmes des conditions nécessaires mais non suffisantes…) et donc quand on touche à des critères non génétiques (comme l’appartenance religieuse ou l’orientation sexuelle) désolé mais on est dans le grand n’importe quoi et l’injustifiable rationnellement.

    Donc en conclusion je pense que :
    1- Pour la vie sexuelle il n’y a pas de population à risque mais que des pratiques à risques
    2- Les phénotypes existent mais les « races » non.
    Et donc tout raisonnement qui sort de ces bases me semble donc pour le moins très hasardeux…

    Cordialement

    yann

  • docteurdu16 :

    @Yann Frat
    Tout à fait d’accord sur les bons sentiments.
    1) OK pour population vs pratiques à risques. Mais les homosexuels masculins sont-ils une population ? Y a-t-il plus, à âge apparié, d’homosexuels vih + que d’hétérosexuels vih + ? La sodomie est-elle plus fréquente chez les homosexuels que chez les hétérosexuels ? Qu’à juste titre il ne faille pas discriminer, je le conçois mais pourquoi nier l’évidence ?
    2) J’ai une population immigrée importante. Une hématurie chez un peul vivant dans une région fluviale m’évoque plus une bilharziose qu’un cancer de vessie. C’est de la phénotypie, de la génétique, du racisme, de l’anthropologie ou de la géographie ?
    Borée me dit que je n’ai aucune preuve sur le sur risque chez les homosexuels. Non, je n’en ai pas. Que les pères de famille hétérosexuels aillent au Bois de Boulogne ne signifie pas que les « pères de famille homosexuels » ne fréquentent pas les back rooms.
    Je n’ai jamais donné mon sang.
    Dois-je battre ma coulpe ?
    Pour en revenir à Yann Frat : l’antiracisme absolu comme la recherche de la discrimination partout ne peuvent fonder, non plus, une politique humaniste : l’Ange est souvent proche de la Bête (Hubris).

  • yann frat :

    @ docteur du 16

    Merci pour les « bons sentiments ». C’est étrange comme il est à a la mode de « dévaluer » un raisonnement pourtant « cartésien » (enfin je crois, du moins je l’espère…) en le taxant de « sentimental ». Et puis depuis quand les bons sentiments sont-ils devenus péjoratifs? 😉

    Ensuite j’ai l’impression que vous avancez plusieurs assertions contradictoires donc je vais me permettre de les reprendre pour être plus clair…

    « OK pour population vs pratiques à risques ».
    Merci.
    « Mais les homosexuels masculins sont-ils une population ? »
    Ben… non. Tant qu’on n’aura pas trouvé le gêne de l’homosexualité masculine il va être dur de faire un recensement clair je pense… (et depuis le temps qu’on le cherche ce pauvre gène si on avait du le trouver ce serait déjà fait je pense…;) )

    « Y a-t-il plus, à âge apparié, d’homosexuels vih + que d’hétérosexuels vih + ? »
    Bien sûr mais cela à cause des pratiques à risques individuelles, du « mode de vie » dirons-nous, mais pas de l’appartenance à un communauté putative.

    « La sodomie est-elle plus fréquente chez les homosexuels que chez les hétérosexuels ? »
    A priori oui bien sûr mais encore y a t il eu des recherches sérieuses la dessus? Et quand en plus on voit que les limites hetero/homos deviennent de plus en plus poreuses… On n’est pas sortis du lac… Même si on est marié mais qu’on s’est fait « plaisir » une seule fois dans sa vie par un garçon doit-on être exclu à vie du don de sang?

    « Qu’à juste titre il ne faille pas discriminer, je le conçois mais pourquoi nier l’évidence ? »
    Là je ne comprends pas : quelle évidence ? Quand on a un donneur devant soi la question me semble claire: pour diminuer au maximum les risques est-il plus efficace de se fier à une appartenance putative à un groupe et à tous les « fantasmes » qui s’y rattachent ou bien de s’interroger sur les pratiques individuelles de cette personne?

    Pour le 2 je parlais il me semble de conditions nécessaires mais non suffisantes. Si vous vous servez des origines géographique ou ethniques parmi les infos que l’on vous donne simplement pour organiser vos diagnostiques différentiels vous faites de la bonne médecine et il n’y a pas de problème. La discrimination (et accesoirement la connerie) viendrait uniquement si vous partiez sur des schemas pré-pensés du type peul= bilharziose et caucasien=cancer sans chercher a en savoir plus loin… Parce qu’il y a des peuls né dans le 93 qui ne connaissent l’Afrique qu’en poster et des caucasien baroudeurs… Comme il y a effectivement des homosexuels adeptes du bareback et des backroom comme il y en a qui sont en couple et extrêmement fidèles… CQFD?

    Je vous laisse par contre gérer seul votre culpabilité face au don de sang, ceci dit elle doit bien vous embêter puisque vous en parlez tout seul ;))

    Pour la conclusion, vraiment ça m’ennuie mais je répète une seule chose: le concept de race n’est pas fondé scientifiquement, le racisme n’est pas « rationnel ». Et je ne pense pas chercher de la discrimination « partout » je pense juste la pointer quand elle est manifeste. Et pour ce sujet précis, pour moi, elle l’est.

    Cordialement
    YF

  • olm :

    deux réactions :

    @Eric : je ne vois pas pourquoi le don du sang permettrais de faire un depistage vue que c’est ANONYME. S’ils trouvent un truc dans ton sang, ils jettent la pochette et ne previenne pas la personne.

    ->>> faux faux faux ! Tu peux très bien demander à l’efs les résultats des analyses faites sur ton sang. Ce n’est pas le rôle de l’efs, mais ils en sont techniquement (et très facilement) capables.
    Je suppose que si tu n’es pas éligible au don à cause d’une sérologie positive, tu serais prévenu à la prochaine tentative de don, et la poche précédemment donnée serait retirée. Certes, le receveur et le donneur ne se connaissent pas. Le don n’est pour autant pas du tout anonyme. Tu es un numéro sur la poche, mais ceux qui manipulent ces poches (en dehors des hospitaliers qui transfusent; c’est à dire tous les gens de l’efs) ont tout à fait les moyens de relier ce numéro à ton nom, date de naissance, adresse, téléphone, …

    Le don du sang est gratuit, ceux qui y participent le font par altruisme. Comment imaginer qu’ils proposeraient de donner leur sang en sachant qu’ils ont pu avoir une conduite à risque dès lors que la définition de ces conduites à risque est suffisamment précise, sérieuse et fondée ?

    ->>> le bénéfice secondaire. Il ne s’agit pas d’un don. Le donneur est incité, par la pression sociale, par les petits cadeaux, les repas ou collations offerts.

    Et pour répondre à la question de l’un de tes commentateurs : les questionnaires ne sont pas archivés, il sont détruits après chaque don. Chaque donneur est considéré vis-à-vis de la sélection comme venant pour la première fois.
    ->>> je n’en suis pas aussi sûr.
    Au dos du questionnaire, tu signes ton consentement à donner ton sang; et à ce que ton sang soit utilisé ou non à des fins de recherche au besoin.
    Ce consentement est archivé je suppose. Je ne sais pas exactement comment (je regarderais un peu plus la prochaine fois :p) mais il me semble peu probable que le questionnaire soit mis à la poubelle.
    Concernant les informations « définitives », telles qu’une sérologie positive (j’imagine), elles sont stockées dans la partie informatique du dossier donneur.

  • docteurdu16 :

    Je réponds juste sur ce point : « Pour le 2 je parlais il me semble de conditions nécessaires mais non suffisantes. Si vous vous servez des origines géographique ou ethniques parmi les infos que l’on vous donne simplement pour organiser vos diagnostiques différentiels vous faites de la bonne médecine et il n’y a pas de problème. La discrimination (et accesoirement la connerie) viendrait uniquement si vous partiez sur des schemas pré-pensés du type peul= bilharziose et caucasien=cancer sans chercher a en savoir plus loin… Parce qu’il y a des peuls né dans le 93 qui ne connaissent l’Afrique qu’en poster et des caucasien baroudeurs… Comme il y a effectivement des homosexuels adeptes du bareback et des backroom comme il y en a qui sont en couple et extrêmement fidèles… CQFD? »
    Vous me prenez pour un crétin : comme si je ne savais pas faire la différence, en travaillant au Val Fourré, entre anthropologie, génétique, origines, religion, sociologie, mode de vie… et l’interrogatoire.
    Mais, justement, il s’agit de malades dont je suis le médecin traitant, il s’agit de patients qui me font confiance et à qui, malgré Gregory House il m’arrive de faire confiance), ce n’est pas une situation aléatoire de don du sang avec réponses questionnarisées…
    Je retire tout ce que j’ai dit et vous avez raison puisqu’il n’est pas possible de discuter : les homosexuels ne sont pas une population où les pratiques à risque sont plus fréquentes et où la sodomie est plus fréquente que dans une population hétérosexuelle masculine.
    Je me trompais.
    Dont acte.

  • Lise :

    Au niveau de l’anonyma du don du sang. Effectivement quand je donnais mon sang on ne donnais si notre nom, ni adresse ni n° de tel. Les choses ont peut être changé vue que cela fait bien 20 ans que je n’ai plus donné mon sang. Et si maintenant on est oblige de donné son état civil c’est bien dommage.

    Enfin quand même, je doute qu’un infirmier/docteur/laborentin/secretaire perde du temps à telephoner à un donneur pour lui annoncer la mauvaise nouvelle. J’imagine qu’au mieux ils envoient un courrier pour enjoindre de faire une analyse, au pire ils ne font rien (enfin juste jeter les pochettes incriminés).

    D’ailleurs dites moi si je me trompe, mais je croyais que les testes n’étaient pas fait sur un seul donneur mais qu’ils melangeaient plusieurs donneurs pour faire leur test : gain de temps, gain de cout. Donc, si cette pratique est toujours d’actualité ils ne peuvent vraiment prevenir personne parce qu’ils ne savent pas qui est vraiment contaminé.

    • Borée :

      Réponse vite faite à Lise. Je reviendrai probablement sur les autres commentaires plus tard.

      Les dons du sang ne sont pas anonymes. Il y a une complète traçabilité et si un résultat est anormal, le patient est prévenu (il m’arrive régulièrement d’avoir un patient donneur qui vient me voir avec un courrier de l’EFS l’informant d’une « anomalie » : anémie, etc…).

      Concernant le HIV, les tests sont faits en « mini-pools » de 8 poches et, bien sûr, si le test de mini-pool est positif, chaque poche est retestée individuellement.

  • José Lemaire :

    Quitte à passer pour un nul : n’ existe-t-il pas un substitut au sang humain ?

    Je crois me souvenir avoir fourni un bazar à un témoin de Jéhovah qui était susceptible de de remplacer le sang en cas de problème.

  • wain" :

    juste pour Lise, en tant que donneuse, j’ai pu constater lors d’un don avec carte de donneuse que les résultats des tests pratiqués lors des dons précédents étaient disponibles…j’ai eu droit du coup à un petit couplet sur l’anémie lors de l’entretien préalable au don 😉

  • Eric :

    @ Borée : ce ne sont pas mes chiffres, ce sont ceux de l’INVS.

    Le questionnaire n’est pas archivé, il est détruit après le don (c’est écrit sur le questionnaire). Ce qui est conservé sont le dossier médical du donneur constitué au sein de l’EFS, et dans lequel sont consignées les observations et conclusions du médecin préleveur, ainsi que le consentement écrit et signé au don.
    Toutes ces infos sont disponibles <a href="http://www.dondusang.net/"sur le site de l'EFS.

    Concernant les risques des différentes pratiques sexuelles, j’en avais fait un point ici. Elles sont loin d’être égales entre elles, et nombreux sont celles et ceux qui n’ont pas conscience que leurs pratiques sont à risques (toutes orientations confondues). Et je me répète encore et encore et encore, la mission de l’EFS n’est pas de faire de l’éducation à une sexualité à moindre risque, ni de la prévention des IST et pour ce faire de décortiquer la vie sexuelle des candidats donneurs, ni du dépistage. Sa mission est de collecter du sang, dans les meilleures conditions de sécurité pour les donneurs et les receveurs.

  • Estelle D. :

    Hétéro et avec un homme hémophile, je n’ai jamais réussi à donner mon sang, chacun ses blocages, ses limites… Alors je vous le dis bien sincèrement moi j’en veux bien du votre !

  • yann frat :

    @Docteur du 16 : Rassurez-vous, si je vous prenais pour un crétin je ne prendrais pas de temps pour vous répondre…
    Anyway…
    Pour résumer le problème entre nous est que vous vous basez sur des données de santé publique (population cibles, probabilités etc…) quand moi je me pose en médecine individuelle (avec interrogatoire et anamnèse).
    Il est alors imbécile de savoir qui a raison ou tord puisque ce sont simplement 2 vues différentes de la médecine…

    La seule question est donc de savoir si les critères d’exclusion de l’efs doivent être basés sur des données de santé publique ou sur un entretiens individuel.

    Inutile alors de développer plus… Sauf une chose sauf erreur je ne vois aucune autre situation de la médecine ou on oserait imposer des critères restrictifs de santé publique dans une relation duelle… (comment? Vous êtes cheminot en Bretagne, ah d’accord vous êtes alcoolique! Si vous l’êtes!!). Et d’autre part cette énormité arrive comme par hasard face à certaines population et face à certaines pratiques… Comme le hasard fais étrangement les choses…
    Je reste donc passablement agacé par cette exclusion arbitraire qui ne résiste pas au plus simple examen critique et à la plus simple rationalité…
    Comme je l’ai dit les sondages ethniques sont interdits en France pour la bonne raison que recenser une population est impossible (et donc l’interroger encore plus)… Régulièrement on entend que c’est « scandaleux » et « bobo chic bien pensant », je trouve que cet exemple prouve que non, surement pas…
    Cordialement
    YF

  • metthho :

    un jeune garçon adressé en maladies infectieuses pour prise en charge d’une sérologie HIV positive découverte lors d’un don du sang, ce garçon se présentait en consultation avec son compagnon.Il avait donc menti,ce que, moi-même j’avais fait quelgues années avant, n’ayant pas eu le courage d’expliquer mon exclusion du don alors en deuxième année de médecine.

    quelques années plus tard…Cette greffe rénale un temps retardée pour une sérologie HIV qui « accroche » (douteuse en langage biochimique).La greffe a finalement eu lieu (en espérant que la seconde sérologie ne fût pas un faux négatif…)

  • Steph Louis :

    Merci à Borée pour cette contribution 🙂

    Je suis médecin gay à Paris avec certainement plus de patients gays que la moyenne. Dont beaucoup ont des conduites à risque.

    Je peux faire des stats à mon cabinet… Et « au doigt mouillé » je dirais que les séro-conversions que j’ai vues touchaient assez rarement les homos à partenaires multiples voire qui allaient dans back-rooms.

    Par contre dans presque tous les cas ce sont des homos ou des hétéros qui n’ont pas de partenaires multiples mais qui ont eu des rapports non protégés avec quelqu’un qu’ils estimaient de confiance.

    Bref…

    Peu importe…

    Je rejoins complètement Borée sur le fait que de nos jours nous faisons (ou sommes sensés faire) de l’EBM et que chez nous, en France, c’est loin d’être évident. Nous n’avons pas du tout une culture de santé publique et la plupart ds décisions sont arbitraires.

    Les sondages sont faits rétrospectivement et de façon orientée.

    Je ne sais pas si c’est toujours vrai, mais il y a 10 ans, pour faire des études de santé publique il fallait aller à l’étranger.

    Donc oui c’est possible, cette mesure est peut-être justifiée. Mais peut être également qu’elle est dangereuse ou injustifiée. Et si on ne fait pas un minimum d’études qui ne devraient être ni couteuses, ni longues ni difficiles, nous continuerons à parler dans le vide encore quelques années.

    Je voudrais ajouter que pour les affections virales, maintenant on recherche non seulement les anticorps, mais également le présence de virus dans le sang. Pendant la période de latence dont parle Borée il n’y a ni anticorps ni virus dans le sang, donc en théorie même durant cette période le sang ne devrait pas être contaminant même si la personne a été infectée.

  • Borée :

    @Felis
    L’exemple que vous citez des lesbiennes autorisées à donner leur sang depuis 2002 seulement montre bien, je crois, que l’on n’est pas QUE dans des questions de santé publique stricto sensu.

    @José Lemaire
    Non, malheureusement, il n’existe aucun substitut au sang humain. En revanche, on utilise aujourd’hui fréquemment des produits dérivés qui permettent de ne transfuser que ce dont le patient a vraiment besoin : globules rouges, plaquettes, immunoglobulines, … et pas si souvent que ça du sang total.

    @Metthho
    A ma connaissance (mais je peux me tromper), le DGV qui est pratiqué dans la qualification biologique des dons du sang est TRES sensible. Il y a fréquemment des faux positifs mais je crois que les faux négatifs n’existent pas.

    @ Yann Frat et Docteurdu16
    Peace ! Débattons, vivement s’il le faut mais dans le respect (je crois que c’est le cas).
    En termes de santé publique, « les homosexuels » ça n’existe pas. Ce n’est effectivement pas une « population ». Par contre les « HSH » (Homme ayant des rapports sexuels avec des hommes), si. Tout comme, on peut considérer, en statistiques, la « population » des ouvriers, celle des catholiques pratiquants ou celle des habitants de l’Ile de France.

    C’est pourquoi, je ne refuse pas par principe d’utiliser ce critère. Mais je conteste :
    – sa globalité lorsqu’il est question de prévalence du VIH car le fait d’être un « HSH » ne me semble recouvrir que très partiellement la question des pratiques à risque parmi d’autres (multiplicité des partenaires en particulier),
    – la façon dont cette prévalence est déterminée.

    Je dois bien reconnaître (et je réponds en même temps à Eric) que faire cette recherche n’a rien de très évident. Elle nécessiterait des enquêtes très larges : pour étudier 500 « HSH » représentatifs de l’ensemble de la population, il faudrait en fait prendre, au hasard, environ 10 000 hommes ce qui commence à être beaucoup pour une enquête. Mais pas infaisable.

    Aujourd’hui les chercheurs vont au plus simple : ils vont chercher les HSH là où ils sont sûrs d’en trouver, c’est-à-dire dans les lieux gays parisiens.
    C’est légitime si on veut faire une étude sur cette population spécifique mais, en épidémiologie, on n’a pas le droit d’étendre ainsi ce type de données à une population plus large. C’est ce qu’on appel un « biais de recrutement » et pas un petit.
    Je rappelle tout de même que l’étude anglaise citée en référence (et qui est tout sauf complaisante) estime que la prévalence du VIH chez les « HSH actifs » est six fois plus importante à Londres qu’en-dehors.

  • Borée :

    @Eric, je suis bien d’accord qu’il n’appartient pas à l’EFS de décortiquer les pratiques sexuelles des donneurs. C’est pour ça que sodomie et autre, on s’en fout (moi en tout cas). Par contre un contact sexuel, quel qu’il soit, avec un partenaire nouveau ou occasionnel est potentiellement contaminant avec le risque d’être dans la période de fenêtre. C’est ça qu’il faut rechercher.

    Quant aux chiffres, la prévalence du VIH à 17% chez les gays, je veux bien que ça vienne de l’InVS, mais une proportion de 10 à 10 à 15% de gays, sûrement pas. Au contraire, l’InVS, et je l’ai dénoncé également, estime les « HSH » à 1,6% de la population masculine… La vérité est entre les deux je pense.

    @Steph Louis
    Oui, voilà, faisons des études sérieuses (mais je ne suis pas sûr qu’elles soient si simples que ça à mener) et discutons.
    Il est peut-être également possible d’être intelligents et de ne pas toujours vouloir réinventer le feu : voyons ce qu’a donné l’assouplissement de la restriction dans les pays qui ont ait ce choix…

    Petit détail technique : suite à une contamination, il y a tout de même une toute petite fenêtre de quelques jours (cinq en théorie mais si c’est vrai pour des études épidémio, on ne peut rien en faire à l’échelle individuelle) où il y a une très faible quantité de virus dans le sang. Une quantité si faible que même le DGV ne la détecte pas mais qui est tout de même théoriquement contaminante.

  • Viobi :

    Cher Dr Borée,
    étant moi même femme hétérosexuelle, je n’ai pas eu à subir la discrimination honteuse dont vous faites état dans ce billet.

    J’ai donné mon sang dès mes dix-huit ans, rituellement, un demi-litre tous les six mois, le maximum autorisé pour mon sexe faible et mon mètre quatre-vingts.

    Un beau jour, installée depuis peu à Paris, me baladant sur l’Île de la Cité, j’arrive devant l’Hôtel-Dieu. J’entre, interroge un employé (« Pour le don du sang, c’est où? »),trouve un escalier menant à l’étage idoine, attends sagement mon tour.
    Une blouse blanche avenante me reçoit, me demande si j’ai déjà donné mon sang ici (ah, non, en province seulement), ok, on va me faire une fiche, nom prénom date de naissance et tout, y’en a pas pour longtemps. Pas de souci, aujourd’hui c’est tourisme, je ne suis pas pressée. Arrive une question parmi d’autres:
    –Vous avez déjà été transfusée?
    –Oui.
    Et là, je vois la blouse blanche (enfin, la tête qui la surplombe) virer au vert.
    –Vous plaisantez?
    –Euh, non, j’ai été transfusée deux fois dans les jours qui ont suivi ma naissance, pourquoi, c’est un problème?
    –Ben oui, ça fait bientôt cinq mois que la loi interdit à tous les transfusés de donner leur sang…
    –Euh, mais attendez, mes transfusions, c’était en 1976, là, c’est quoi qui pourrait m’avoir été transmis à ce moment-là et qui ne serait toujours pas détectable aujourd’hui?
    –Rien. Mais ça, à l’Assemblée, ils s’en foutent. On a perdu 15% de nos donneurs au niveau national, d’un seul coup d’un seul, mais ça aussi, ils s’en foutent.

    Ben oui, forcément, quand on sait qu’on doit sa peau à un ou plusieurs anonymes qui ont donné leur sang, on est un peu plus enclin que la moyenne à faire l’effort de donner le sien. Mais ça, comme disait la blouse blanche de l’Hôtel-Dieu, à l’Assemblée, ils s’en foutent…

  • Lise :

    Merci beaucoup pour vos précisions. Comme quoi mes connaissances dataient un tout petit peu :p

  • Eric :

    @ Steph Louis : Un génome viral indétectable selon les techniques actuelles par DGV (dépistage génomique viral) en raison d’un inoculum faible en période de latence ne veut absolument pas dire qu’il n’y a aucun virus présent et que le patient n’est pas contaminant, bien au contraire, et c’est précisément cette période muette qui pose problème.

    La technique du minipool n’est pas systématique, et il existe des STS où les tests sont réalisés unitairement. Si les produits sont poolés, le cahier des charges qui régit la technique est extrêmement rigide sous peine d’invalidité.

    Concernant l’évolution des réglementations de plus en plus restrictives (dont le but est je le rappelle la sécurité de l’utilisateur final qui est le patient transfusé…) et qui semble perturber certains commentateurs, je voudrais juste faire un petit parallèle : jusqu’à une époque relativement récente on ne vaccinait pas les enfants. Pourquoi le faire aujourd’hui puisqu’on avait toujours fait sans auparavant ?
    L’état de la réglementation est aussi influencé par l’état des connaissances scientifiques dans ce domaine, et pas uniquement par les supposées lubies du législateur qui ne s’en fout pas obligatoirement.
    Par exemple, on peut avoir été en contact avec des prions par transfusion sanguine. Et une maladie de Creutzfeld-Jakob mettra plusieurs décennies avant de se déclarer.
    Mais bon, je dis ça, je dis rien.

  • Dites 33 :

    Juste pour donner les références de données récentes (2006-8) : Spencer B, Rios J, Cable R. Marginal recruitment impact of potential alterations to FDA deferral criteria for men who have sex with men. Transfusion 2006; 46: 869-870 ; author reply, 870.
    Peu d’impact en nombre de dons : ce ne doit donc pas ête le moteur…
    http://www.invs.sante.fr/behweb/2009/02/pdf/a-2.pdf
    « Le nombre de découvertes de séropositivité dans la communauté homosexuelle masculine est ainsi, en 2008, de 725 pour 100 000. A titre de comparaison, il est de 10 pour 100 000 chez les hétérosexuels. » Donc 70 fois plus de risques d’être en « période silencieuse » ?
    « Le SIDA est partout en régression en France, excepté dans la communauté homosexuelle masculine où il continue de progresser. » Je déplore ce fait, mais ces données ne peuvent pas être négligées.
    Quoi qu’il en soit, si tous les débats sur le même sujet (sur tous les sujets !) étaient de la même tenue, on avancerait plus vite.

  • Dites 33 :

    D’autre part, même si vous ne parlez pas explicitement de droit au don de sang, vous y faites implicitement référence lorsque vous parlez de discrimination :

    « La HALDE considère que la contrindication médicale du don des candidats homosexuels masculins n’est pas une discrimination, le don du sang n’étant ni un droit, ni un service, ni un bien (http://www.halde.fr/haute-autorite-1/avis-recommanadations-25/inegalite-traitement-85/inegalite-traitement-9032.html) ».

  • yann :

    @dites 33 : Je suis surement totalement borné (d’ailleurs oui, je le suis 😉 ) mais je me demande bien comment on fait pour cerner la population homosexuelle dans son ensemble et en tirer ces chiffres… Vraiment je ne vois pas sauf a n’interroger que la partie visible de l’iceberg et donc induire un biais majeur…

    Ensuite pour la halde (je suis un âne bâté bis ;)) )si on suit ce raisonnement, les employeurs peuvent refuser un candidat à un poste de travail précis au nom de son orientation sexuelle ?… Puisqu’après tout l’accès d’une personne précise à un poste de travail précis (dans le privé) n’est ni un droit ni un bien ni un service…

    Cordialement

    yann

    ps oui je sais donner son sang n’est pas un travail, ça j’avais compris ;)))

  • Casper :

    Ni homo, ni de sexe masculin, ni transfusée pourtant je ne peux (plus) non plus donner mon sang:

    je fais moins de 50kg.

    A mes 18 ans, j’ai eu la chance de pouvoir donner mon sang, à mes 19 ans, grâce à une règlementation européenne de mes c*****es (que je n’ai pas), ce n’était plus possible.

    Dans certains pays, ils prennent la quantité de sang que l’individu peut donner relativement à sa corpulence, pas en France, et on ne cesse de nous seriner qu’on manque de sang.

    Faudrait savoir ce qu’ils veulent !

  • CMT :

    J’ai travaillé dans un établissement français du sang pendant quelques mois.
    Je crois qu’il ne faut pas tout mélanger.
    Pour commencer, bien sûr que les donneurs sont avertis quand on dépiste des maladies contagieuses dans leur sang. Faire autrement serait rien moins que criminel, notamment pour le SIDA.
    La logique qui préside aux choix faits par les EFS est purement pratique et ECONOMIQUE: parvenir à collecter un maximum de sang utilisable au moindre coût.
    Les principales maladies donnant lieu à l’élimination des poches collectées sont à transmission sexuelle.
    Même si je comprends tout à fait qu’être repoussé quand on veut faire une bonne oeuvre est très vexant, il n’en reste pas moins que, selon les chiffres évoqués plus haut, même en les divisant par deux, la prévalence de maladies transmissibles à la fois par voie sexuelle et sanguine est beaucoup plus importante chez les homosexuels masculins EN MOYENNE. Il existe donc un risque bien réel que si les homosexuels masculins sont acceptés pour le don, beaucoup le pratiquent pour se faire dépister, générant des pertes sèches pour les EFS.
    Les poches standards sont dues aussi à cette logique purement économique, beaucoup plus faciles à gérer. Moi-même, je ne peux pas donner mon sang à cause de ça. Et je n’ai pas très envie de m’y risquer parce que je pense que les seuils sont déjà très généreusement calculés (en faveur de l’EFS) et qu’on risque, avec ou sans collation, un coup de pompe de plusieurs semaines.
    Et aussi parfois trop de générosité nuit. La seule personne pour qui cela s’est mal passé était un homme d’une trentaine d’années, sans aucun antécédent. Avant que je comprenne ce qui se passait; j’ai vu un homme à la chemise pleine de sang, allongé dans le couloir du bus, avec une infirmière à califourchon sur lui lui donnant des coups de poing sur la poitrine pour faire repartir le coeur. Elle y est arrivée (ouf!). Cet homme était simplement épuisé par le travail (horaires de folie) et avait tout de même tenu à venir donner son sang.
    Pour les homosexuels il me semble qu’il y a des choses plus urgentes que le problème du don du sang. En particulier s’occuper du taux de suicide anormalement élevé des jeunes homos. De l’homophobie parmi les ados des collèges et des lycées, qui, en pleine crise d’identité sexuelle, s’imaginent que taper sur un garçon qui n’aime pas les filles, cela fait très mâle.

  • benoittournetoi :

    @SMT
    « …il me semble qu’il y a des choses plus urgentes que le problème du don du sang… »

    C’est avec ce genre de petit phrase qui ne veut rien dire qu’on ne fait jamais avancer les choses. Oui, il y a toujours plus « grave », mais doit-on pour autant occulter le reste ?

    Les homos à risque ? Allez dans un lieu de drague gay, un sauna l’après-midi et vous serez surpris de voir le nombre d' »hétéros » mariés, souvent père de famille qui y trainent… Bien plus nombreux que les gays qui s’assument et qui subissent de nombreuses discimination pour ça.

  • CMT :

    @benoitournetoi
    Je ne me situais pas du tout sur un plan moral. Chacun fait ce qu’il veut de sa vie privée.
    Mais si vous voulez que cela change pour le don du sang, changez les faits (plus haute prévalence des maladies sexuellement transmissibles chez les HSH). Mais les faits sont têtus. Ou alors changez la société, qui veut que toute activité productive soit de plus en plus subordonnée à un seul et unique critère: la rentabilité immédiate. Je suis pour.
    Mais je suis prête à parier n’importe quoi que, si, par magie, le sang de HSH était pourvu d’une quelconque propriété qui le rende précieux et permette de le revendre beaucoup plus cher que celui des hétérosexuels, les homosexuels masculins seraient harcelés quotidiennement par les EFS pour donner leur sang.
    Il faut distinguer entre la discrimination effective, due à une volonté de discrimination sur la base d’une appartenance à un groupe et privant d’un droit, et le sentiment de discrimination, qui sont deux choses différentes.

  • docteurdu16 :

    @ Benoittournetoi
    N’étant pas à ma connaissance homosexuel masculin (pas plus que féminin), j’ai appris en lisant les commentaires : a) que tous les hétérosexuels mariés et pères de familles fréquentent les back rooms ; b) que les homosexuels de province sont clean et fidèles. J’imagine que mon ignorance antérieure (je connais des hétérosexuels masculins qui ne fréquentent pas les back rooms et des homosexuels masculins de province qui « montent » à Paris) était liée au fait que je ne lisais pas assez les gender studies. Je ne le referai plus.
    Je rappelle ici, par pure provocation, que les gender studies sont des études socio-anthropo-psychologiques où seuls les homosexuels ont le droit de parler des homosexuels, seuls les caucasiens hétérosexuels ont le droit de parler de leur groupe d’appartenance (?), et cetera, et cetera… A titre d’exemple, quand vous entrez aux Etats-Unis dans une librairie comme Barnes and Noble (qui fermeront un jour pour cause d’amazon) et que vous demandez un livre de Marcel Proust, le vendeur, très politically correct, se perd en conjectures pour savoir s’il doit vous envoyer dans la section Gay Fiction, French Litterature, Jewish studies…
    Bien le bonjour.

  • Matteo :

    Bonjour,

    je viens d’entendre ce jour sur l’émission « service public » de france inter, une intervention à propos de votre sujet (fin d’émission)
    http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/servicepublic/
    Cordialement

  • yann :

    Donc on résume: les homosexuels sont exclus du don de sang mais ce n’est pas de la discrimination…
    – Ben non, la preuve c’est que les homo femmes peuvent le faire…
    -Et pourquoi?
    -Ne sois pas idiot: parce que sodomie et le polypartenariat est un vecteur important…
    -Ah et donc les homos femmes sont strictement fidèles?
    -Non mais…
    -Et la sodomie est une pratique strictement masculine… Les femmes hetero n’y ont pas droit?
    -Vraiment tu cherches, on sait parfaitement que les sodomites masculins ou hsh sont les seuls a regrouper ces deux critères…
    -Ah bon? Et comment le sait on? Qui est homo et qui fait quoi sous la couette?
    -Et ben on fait des enquêtes…
    -Ah oui et comment vous faites le recrutement?
    -Ben par enquêtes…
    -Ah oui et comment vous faites pour interroger la population gay ce n’est écrit sur le front de personne, c’est une population extrêmement mouvante et en plus accessoirement ce type de questionnaire serait illégal…
    -Oui ben on le sait c’est tout, ne fais pas l’idiot.
    -Et donc?
    -Et donc c’est très clair: dans une marche de la gay pride il y a 200 fois plus de personne atteinte du sida que dans une manifestation pour l’école laïque ça c’est un chiffre sur et tu ne peux rien dire!!!
    -Ah oui c’est très clair, ce n’est pas de la discrimination donc, c’est parfaitement scientifique…
    -Voilà…
    -Voila.
    -Et puis qu’est ce qu’ils nous font chier les pd donner son sang n’est pas un droit ni une obligation que je sache…
    -Oui tu as raison, trouver un boulot, louer un apart, monter dans la hiérarchie, être élu non plus d’ailleurs… Ce n’est pas de la discrimination c’est juste que dans le doute on préfère les virer… Et puis le fait que la médecine se serve de son poids symbolique pour marquer une population comme même le fn n’ose plus le faire ça n’a aucun poids bien sur et ils feraient mieux de fermer leurs gueules.. et d’arrêter de s’enculer dans les back room en bare back.
    -Voila tout est dit
    -Oui, tout est dit. »

    Cordialement
    yann Frat

    • Borée :

      Merci à tous de vos contributions au débat.
      Si je peux me permettre éventuellement d’essayer de le réorienter dans un sens davantage « EBM » et moins « clichés contre clichés »…

      Deux questions me paraissent centrales :

      1. Je dénonce le chiffre de 558% d’augmentation du risque dans l’enquête anglaise (chiffre largement mis en avant, au moins en Grande-Bretagne). Ceux qui savent décrypter les études médicales peuvent-ils confirmer mon sentiment qu’il y a là une erreur ou une manipulation ? Ou alors est-ce moi qui me plante complètement ?

      2. Certains pays, a priori pas spécialement laxistes ou homophiles, ont assoupli totalement ou en partie cette exclusion. Ont-ils eu tort ? Y a-t-il des données ayant confirmé une augmentation du risque chez eux ?

  • CMT :

    La pseudo-ironie bon marché de Yann, qui semble ignorer complètement l’épidémiologie me laisse…de marbre.
    En revanche Boree pose de bonnes questions.
    Mais il en oublie certaines.
    L’établissement français du sang étant un établissement public à but non lucratif, la recherche de la rentabilité maximale est-elle un but légitime?
    La réponse devrait être oui. A condition que cette recherche soit subordonnée au maintien d’une qualité de service équivalente.Or, le service ne s’adresse pas aux donneurs mais aux receveurs. Si la réponse à cette question est oui cela rend légitime l’exclusion des homosexuels masculins dès lors que leur inclusion induit des coûts supplémentaires.Ce qui resterait à démontrer, rigoureusement parlant mais qui semble assez bien établi.
    Sur la question de la discrimination la Halde a répondu. Donner son sang n’est pas un droit.
    Sur le sentiment de discrimination, il reste subjectif. Est-ce que je devrais former un groupe de pression pour revendiquer le droit à donner mon sang avec toutes les personnes de moins de 50 kg? Je ne le ferai pas parce que je ne me sens pas discriminée.

    Et perfide question subsidiaire: si les cadres de l’EFS étaient moins bien payés et logés dans des lieux moins luxueux (cf commentaire de Koa du 23 avril au soir) est-ce que cela ne pourrait pas suffire à compenser le surcoût généré par l’acceptation des homosexuels masculins au don?
    De savants calculs en perspective.

  • Abee :

    Mon avis sur deux points particulier :

    D’abord :
    « La vraie question, en fait, c’est celle qui mettrait en balance l’augmentation potentielle du risque (qui est devenu presque virtuel avec les techniques actuelles mais qui ne sera jamais, de fait, égal à zéro).

    De la mettre en balance non pas avec un bénéfice de santé publique (A-t-on vraiment besoin de ces quelques pourcents supplémentaires de dons ?), mais avec un bénéfice de société et de civilisation (Que vaut la non discrimination de citoyens en fonction de leur orientation sexuelle ?).

    Et là, on n’est plus dans de la santé publique mais dans de la philosophie ou de la politique. »

    pour moi, ça voudrais dire qu’on devrais lever l’interdiction avant tout parce que la non discrimination est capitale. En un sens ok c’est vrai, c’est capital, et oui, probablement ce serais un message politique et philosophique très fort.

    Le souci c’est le mélange politique et santé public. La santé d’une personne est plus importante qu’un message, pour moi, si fort soit-il. On est pas au pays des bisounours merde ! on supprime une interdiction parce qu’elle n’a pas de raison d’être, ça représente une avancée civilisationelle tant mieux ! (si j’en crois les chiffres que tu cites on pourrait probablement) Mais autoriser le don du sang au gays parce que la discrimination ne devrais pas exister, c’est une discrimination, positive soit, mais discrimination quand même, dans un domaine (la santé) ou justement on essaye d’appliquer les principes les plus justes (scientifiquement parlant) possible en y melant justement le moins possible les autres intérets.

    Ce serais faire le bon choix pour une mauvaise raison.

    Et sur un détail : « Le don du sang est gratuit, ceux qui y participent le font par altruisme. Comment imaginer qu’ils proposeraient de donner leur sang en sachant qu’ils ont pu avoir une conduite à risque dès lors que la définition de ces conduites à risque est suffisamment précise, sérieuse et fondée ? « 

    malheureusement tout le boulot du médecin qui reçoit le donneur avant le don est là, quitte à proposer un dépistage à la place ?

    Parce qu’en allant donner mon sang, j’ai déjà entendu devant la porte : « ben vas y c’est pratique il te dépiste pour tout » le mec ne l’a pas fait, en tout cas pas dans la minute, mais l’idée existe et l’éducation des gens est toujours plus que nécessaire !!!

    Par contre pour les poids plumes ;),
    ça n’a rien à voir, ils ne veulent faire courir aucun risque au donneur, et ne peuvent donc pas prélever de quantité trop importante de sang.
    La quantité de sang prélevé dans ce cas serais donc trop faible, pour des raisons économique certe, et peut-être aussi à l’arrivé pour le receveur. Si on transfuse, c’est qu’il faut du sang et il me semble (j’ai pas vérifier), qu’on minimise le nombre de transfusions pour minimiser les risques.
    Donc avec une quantité de sang prélevé trop faible ça obligerais à une multiplication du nombre de donneur dont provient le sang qu’on transfuse -> multiplication du risque.

  • CMT :

    A Abée,
    Je trouve qu’il y a beaucoup de choses intéressantes dans ce que vous dites.
    Et aussi:ce que vous dites est de la douce musique à mes oreilles (considérations humanistes, bénéfice de civilisation…).
    Mais ce que beaucoup de gens ne travaillant pas dans les services publics, tels les médecins libéraux, ne comprennent pas, ce sont les strictes contraintes réglementaires et statutaires auxquelles sont soumis les « personnes morales de droit public ».
    Une parenthèse pour dire que les médecins libéraux se croient libres parce que les contraintes qu’ils subissent ne sont pas écrites sous forme de cadre réglementaire. Pourtant ils éprouvent quotidiennement à quel point cette liberté apparente comporte de contraintes. Là encore il faut distinguer entre liberté réelle et sentiment de liberté.
    Pour en revenir à l’EFS, on peut disserter à l’infini sur ce qu’il faudrait faire. Mais les EFS sont des établissements public avec des missions bien définies parmi lesquelles la collecte de sang. Il n’entre pas dans leurs missions le dépistage anonyme et gratuit des maladies sexuellement transmissibles qui est dévolu à d’autres établissement ou services. Bien entendu la moindre des choses c’est de conseiller à un donneur potentiel qu’on découvre être à risque de se faire dépister. Mais ailleurs. C’est ce qui est fait.
    « A-t-on vraiment besoin de ces quelques pourcent supplémentaires de dons ? » Allez donc dire ça aux directeur des EFS. Plus que jamais dans le service public un sou est un sou. Tous les services publics sont en train de subir les conséquences des restrictions budgétaires qui se répercutent par ricochet sur les droits des usagers en général, pas seulement des homosexuels. L’ensemble des usagers sont en train de voir les services auxquels ils ont accès se restreindre comme peau de chagrin.

    Le problème des « poids plumes » comme vous appelez gentiment les personnes de moins de 50kg, aboutit, comme vous le dites vous même, à une augmentation du risque, c’est à dire la même problématique que celle qui existe pour les homosexuels. Et surtout à une augmentation du coût, car depuis le fordisme (Hitler était un grand admirateur de Ford, qu’il décoré, et il a mis en oeuvre ses principes dans les centres de travail forcé. Je crois que j’ai atteint le point Godwin, pardon JCG) on sait que plus une production est standardisée moins elle coûte cher. Des poches de volume différent induisent une cascade de coûts supplémentaires.

    Non, ce qui est différent entre les poids plumes et les homosexuels, c’est l’identification à une caractéristique (orientation sexuelle, petit poids) comme un élément constitutif fondamental de sa propre identité. Ce sentiment est d’autant plus fort que le groupe est discriminé, persécuté, en fonction de cette caractéristique (voir le problème de l’appartenance religieuse et le fait que les musulmanes n’ont jamais autant porté le voile que depuis que le gouvernement a décidé de se focaliser là-dessus, créant un cercle vicieux de racisme et d’exclusion).
    Je n’ai pas le sentiment que peser tel poids me définit comme individu.

  • chantal :

    @Abbé et CMT: très intéressant vos commentaires. Mais, maintenant je me pose une question manque-t-il de donneur de sang ou seulement des donneurs de sang à moindre cout de fonctionnement? Y a-t-il réellement une « pénurie » de sang ou simplement un autre commerce où le CA doit monter?

    Bien d’indiquer que donner son sang n’est pas un droit, mais ce n’est pas non plus une obligation dans ce cas. Donc, les appels au don sont un peu hypocrites. Exclure les gens pour des pratiques sexuels à risque n’est pas une exclusivité de l’homosexualité masculine, le risque existe aussi chez les bi- et hétérosexuelles masculins ou féminins.

    Quelle explication commerciale avez-vous pour le refus des gens qui n’ont pas de pratiques sexuelles à risque ou de poids-plumes, ou tout autre problème de santé?

    Bon dimanche à tous

    • Borée :

      Très intéressants échanges, en effet.

      @Matteo
      Merci pour la référence radiophonique !

      @Abee et CMT
      Bien évidemment que les questions de sécurité sanitaires sont prioritaires. Il ne s’agirait pas de prendre des risques inconsidérés au prétexte que la levée de cette discrimination serait primordiale.
      Ceci dit, quelle est la significativité d’une augmentation du risque de 1 pour X millions (je dis ‘X’ car, si on se réfère à la communication de la FDA citée en référence, il semble y avoir une vraie différence entre le risque résiduel calculé, déjà très faible, et le risque effectivement constaté qui paraît tout à fait exceptionnel). Surtout si l’on considère que les autres types de risques liés à la transfusion, bien que très, très rares eux-mêmes, sont plusieurs dizaines de fois supérieurs.

      Ce type d’arbitrage est fait très couramment dans le champ médical. Parfois de manière claire et chiffrée, parfois de manière plus instinctive.

      Lorsqu’il s’agit de comparer deux options dont les « unités de mesure » sont identiques (longévité, coût de traitement, taux de guérison, fréquence d’effets indésirables, …), ça reste assez simple et dans le champ de la santé publique.
      En revanche les choix peuvent impliquer de mettre en balance des « données dures » et des considérations moins directement mesurables (considérations éthiques, choix de société, …). Et là, je maintiens que l’on s’écarte de la santé publique pure et que l’on rentre dans le domaine du choix politique et/ou philosophique.

      J’ai parfaitement conscience des contraintes législatives, juridiques et financières auxquelles est soumis l’EFS et ce n’est pas à cet établissement qu’il convient de s’adresser.

      Mais, que je sache, l’EFS applique les lois qui sont votées par les parlementaires et, plus directement encore, il est soumis à une tutelle.
      Celle du Ministère de la Santé.

  • Abee :

    siouplait Abee pas Abbé, je suis pas pointilleuse mais je m’imagine pas bien dans la grande robe du religieux moi petite P2 ^^ (ndlr: étudiante en 2eme année de médecine), ça fait drôle et puis il ne faudrait pas que ça prète à confusion.

    @chantal

    Quand les gens sont exclu du don du sang il y a théoriquement toujours une raison qui rentre dans l’une de ces trois catégories :

    ne pas nuire à la santé du receveur

    ne pas nuire à la santé du donneur

    ne pas couté trop cher, pour que le système puisse être le plus éfficace possible au moindre cout, tout simplement parce que si on manque de sang (surtout l’hiver quand tout les donneurs on la grippe^^ je caricature mais vous voyer l’idée), on manque toujours de sous dans notre système de santé. j’anticipe les oui mais si machin son logment de fonction il était plus petit on aurais des sous pour ça… non parce qu’il y a des millions de domaine ou on peut les mettres ces sous, alors si on peut économiser là sans porter prégudice à personne autant le faire !

    elles sont toutes rappelée là.

    Par contre il n’y a à mon avis AUCUN critère commercial ! Les EFS ne sont clairement pas là pour gagner des sous !!! Je pense qu’il ne faut pas toujours voir le mal partout =P

    Pour les même raison de budget, le dépistage n’a pas à être fait par les EFS, ce n’est pas leur rôle, et elle ne peuvent pas fournir l’accompagnement qui doit suivre certain diagnostique. Mais placer un depisage mobile à coté d’une collecte mobile ne serais peutêtre pas toujours idiot ??? (ce n’était pas vraiment clair dans mon message d’avant)

    De fait le don du sang n’ai pas un droit puisqu’on donne pour autrui, on ne lui donne donc en gros que si ça lui rend service, c’est quand même plus logique, quand on donne c’est pour l’autre pas pour soi…Ce n’est pas non plus un devoir, chacun est libre de donner, c’est d’ailleur pour ça que les personne sous tutelle ou curatelle, ne peuvent pas le faire, ni non plus les mineurs -> ils ne faudrait pas que quelqu’un puisse les y forcer.

    Les appels au don ne sont néanmoins absolument pas hypocrite. Il y a des gens qui on besoin de sang ! il s’agit donc d’ammener ceux qui le peuvent à venir donner le leur ! Ces appels au don du sang on la même légitimité que ceux au don de moelle osseuse, d’organe, ou à tout les don en général : des resto du coeur, les association caritative… ils ont un rôle d’information.

    @Borée :

    Je suis tout à fait d’accord, en fait ce que je voulais dire c’est qu’il faut faire passer d’abord le fait que le risque était microscopique, et qu’en fait une fois que c’est fait il n’y plus tellement de raison de ce poser d’autre questions. C’est un pas qu’il faut que le ministère franchisse donc du coup oui c’est probablement aussi politique… Je n’ai jamais pensé qu’en tenps que toubib tu aurais fait passer le risque après, mais c’est la formulation qui me turlupinait.

  • Abee :

    @Borée
    J’avais oublié : ils se basent sur la prévalance de la maladie dans la population général vs HSH mais au final ces deux chiffres ne sont pas vraiment intéressants, celui qui le serait c’est les personnes atteintes et qui l’ignore ! Il découle du premier ça c’est sûr, sauf que je ne suis pas sûre qu’au final les gays ne soit pas plus au conscient que les autres de ce qu’ils risquent, je pense que finalement il y encore beaucoup d’hétéro qui pense que ça n’arrive qu’aux autres… c’est peut être pour ça que le risque résiduelle calculé ne semble pas reflèter la réalité. (J’admet qu’il est difficilemnt calculable)

  • CMT :

    Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit. Les EFS ne cherchent pas à faire des profits. Cela leur est interdit de par leur statut. Ils doivent seulement s’auto-financer. En revanche, et notamment depuis les récentes politiques de santé publique visant à faire des économies à tous les étages, ils sont astreints comme la plupart des services et établissement publics à l’efficience, c’est à dire à l’optimisation du rapport coût/efficacité. Cette efficience qui est aussi le crédo fondateur des nouvelles Agences Régionales de Santé (ARS). Cela ne laisse effectivement la place qu’à une vision comptable et quantitative des problèmes, et pas beaucoup de place aux considérations humaines, humanistes et éthiques.

    Quant au train de vie apparemment luxueux des directeurs d’EFS, ce n’est là qu’une des manifestations montrant que la Révolution française n’a pas été très bien digérée et qu’il ne se conçoit pas en France, à partir d’un certain niveau de « responsabilité » dans une administration publique, de ne pas bénéficier de toute une série de privilèges associés (logement de fonction luxueux , voiture avec chauffeur etc.). C’est, bien sûr la porte ouverte à tous les abus et la garantie que ceux qui cherchent à accéder à de telles fonctions ne sont pas mus uniquement par le souci de l’intérêt général.Le contre-exemple sont les pays scandinaves, où il est mal vu que les fonctionnaires se montrent vénaux, quoiqu’il s’agisse de monarchies, de pays qui n’ont jamais eu de Révolution.

    A regarder le BEH en 2007 et le rapport de 2009
    http://www.invs.sante.fr/beh/2007/46_47/beh_46_47.pdf
    http://www.invs.sante.fr/presse/2009/communiques/vih_sida_171109/dossier_de_presse_VIH_271109.pdf
    La proportion des HSH parmi les nouveaux cas déclarés d’infection par le VIH n’a cessé d’augmenter (et la base de calcul est bien de 3 MILLIONS 300 000 ce qui signifie environ 10% de la pop française masculine soit 5% du total). Cela veut dire une incidence de l’infection par VIH environ 6 fois supérieure chez des HSH que dans le reste de la pop, étrangers compris. Cela semble bien confirmer que les HSH sont un groupe à risque comparé aux aux autre groupes.

    Si on se résume, il faudrait, pour que les homosexuels n’aient pas un sentiment de discrimination (discrimination réelle par ailleurs mais pas dans ce cas), que les EFS assument le surcoût de l’acceptation au don des HSH (sachant qu’il y autant de menteurs parmi les homosexuels à priori que dans le reste de la pop)qui va donner lieu à l’élimination d’un certain nombre (des centaines, des milliers?) de poches de sang supplémentaires,impropres à l’utilisation et que les receveurs assument un risque, même faible, supplémentaire, d’être infectés par le VIH.

    Vu comme ça cela ressemble plus à un passe-droit revendiqué sur la base de sentiments subjectifs de discrimination, qu’à un problème philosophique, éthique ou civilisationnel.
    Comme le disait justement Abée, pleine de sagesse malgré sa jeunesse, il ne faudrait pas oublier qu’on donne pour les autres et pas pour soi.

  • CMT :

    Mon raisonnement est faux et je viens de m’en apercevoir. Le risque est 6 fois supérieur à celui de l’ensemble des autres groupes à risque. Mais peut-être bien 20, 30 ou 60 fois supérieur à celui du reste de la population en général. Un risque théorique de 1 pour 3 millions d’être contaminé par le VIH lors d’un don paraît faible, mais si le risque est 20 fois supérieur chez les HSH, qui représenteraient 5% de la pop, en les laissant accéder librement au don on multiplie ce risque par deux , si je calcule bien, et ainsi de suite en fonction du risque relatif.

  • chantal :

    @Abee: désolée d’avoir mal écrit votre nom et je m’en excuse.

    @CMT: CA ne veut pas dire faire du bénéfice. L’agence pour l’emploi doit faire du CA mais pas du profit.

    Par contre je n’arrive toujours pas à comprendre le refus invoqué par le vaccin Hepatite B fin les années 1990 (à moins que ce vaccin ne soit pas anodin comme prôné).
    Conclusion_ l’appel est grandissant pour le don, l’exclusion autant et les gens qui sont contre l’idée de donner pour autrui , la campagne voudrait les faire changer d’opinion. C’est très contradictoire.

    Bonne soirée et bon commencement de la semaine

  • John Snow :

    Je suis nul en statistiques.
    Mais il me semble que le questionnaire effectué avant tout acte de don permet d’augmenter la sensibilité prétest des sérologies effectuées ultérieurement. L’exclusion des « HSH » de la procédure de don est au moins en partie expliquée par les seuls chiffres disponibles de prévalence du HIV dans cette « population », aussi imparfaits soient-ils.

    Les contingences pratiques déjà complexes de sécurisation des produits sanguins évoqués par CMT sous tendent cette justification.

    Ce qui choque apparemment, c’est le caractère potentiellement discriminatoire de cette présélection. Même s’il existe des menteurs, le double fait que le donneur soit volontaire ET désintéressé réduit le risque d’élévation de cette prévalence. Mais comme le dit Eric, la tentation au dépistage déguisé est possible. Ce n’est pourtant pas la mission du CTS (dommage? Peut-être. L’implication dans les problèmes de société aurait été meilleure). Soit.

    J’entends dire qu’il aurait mieux fallu s’intéresser aux pratiques dites « à risques », critère a priori plus pertinent de tri et moins discriminant. J’attire votre attention sur le fait que cet interrogatoire initial est déjà vécu comme intrusif. Imaginez vous si l’on s’attardait à détailler la vie sexuelle de chacun pour un simple don de sang. Pas certain que le pool global de donneurs reste suffisant.

    On parle de valeurs morales douteuses sous tendant cette discrimination. Je ne crois pas que l’EFS choisisse son personnel selon des critères discriminatoires. Il doit donc y coexister homo et hétérosexuels en proportions équivalentes à la population générale (mais je peux me tromper). Mieux encore, il n’y a pas si longtemps l’ancêtre de l’EFS pratiquait des collectes en milieu carcéral. Ce qui fût reproché à l’époque (entre autres!), était le fait que l’organisme collecteur puisse tolérer un laxisme relatif en matière de sécurité transfusionnelle.

    D’autres pays ont assoupli leur politique sécuritaire en faveur des HSH? Aucun n’a vécu le scandale français. Aucun responsable en France n’a envie d’être le nouveau Garaudy. Piètre réponse, je sais. Mais en l’occurrence asticoter l’EFS sur ce genre de questions n’aura qu’une conséquence: remettre la mauvaise foi au coeur du système, comme avant. Pour ne pas prêter le flanc à la critique, l’examen initial ne sera pas modifié (trop peur de perdre les donneurs, en particulier les plus réguliers), les procédures de test ne seront pas améliorées (trop cher, altération du produit final car prélèvements intempestifs sur le culot). Le sang des HSH sera bien prélevé. Puis jeté dans la foulée.
    Simple, peu cher, pas de polémique. Rien ne change, sauf que tout change. La mauvaise foi est de retour.

    La solution, cela a déjà été dit, serait de faire évoluer les mentalités. Facile à dire, c’est ça? Pas trop dur à faire non plus.
    Si les HSH sont dans leur majorité aussi rangés et respectables que vous le supposez, prouvez le. Il suffirait de rassembler des gars motivés, de leur faire subir (le mot est faible) une « enquête de moralité » détaillant les pratiques, le nombre de partenaires… Tout ce qui n’est jamais demandé à un « hétéro » bien propre sur lui.
    500, 1000 participant suffiraient probablement (un statisticien HSH et prêt au combat, ça existe, non?). Facebook, tweeter et consort, ça sert aussi à ça.
    Proposer à l’EFS une grande campagne de dépistage/sensibilisation sur cette population. En mettant l’accent sur l’aspect progressiste et sérieux de la démarche, ainsi que sur les retombées médiatiques positives immédiates et prolongées (bonne publicité, vitale pour l’EFS).
    Colliger les résultats. Comparer les résultats de l’enquête déclarative ainsi faite à ceux de l’enquête sur les pratiques hétéro récemment faite par « l’observatoire national du couple » (ou quelque chose d’approchant).
    Ajouter le papier aux études de backrooms et autres parties fines précédemment décriées.
    Mettre l’EFS devant le fait accompli.
    Déboucher le champagne.

    Un médecin gay et concerné serait utile. Borée, un truc de prévu pour les 6 mois à venir?

  • Abee :

    @ Chantal
    La vaccination contre l’hépatite B n’est pas (ou plus ?) à ma connaissance une contre indication au don du sang. Etre porteur du virus l’est par contre.
    Si l’on donne son sang trop tôt après le vaccin les test peuvent être faussment positif pour le virus (je crois) ce qui entrainerais une exclusion de la poche par la suite et rend le don inutil, il a donc un délai à respecter (que je ne connais pas). C’est valable pour tout les vaccins en général il me semble.

  • yann :

    Concernant le beh j’ai juste quelques questions… Puisque je ne connais rien à l’épidémiologie…

    1- Quel la part « officielle de hsh » dans la population d’où vient ce chiffre important puisqu’il fixe l’incidence? Comment l’a ton fixé et quand, avec quels méthode, prend-il en compte les bi sexuels par exemple ?

    2- La présence de séparation des hétero français et subsaharien m’étonne… Non pas sur le plan intellectuel mais cette phrase m’amuse « tous les subsahariens sont contaminés par voie hétero sexuelle » ben voyons… (et en disant ça je sais que je n’arrange pas les chiffres des hsh quelle horreur)…

    3- On voit que l’étude préva gay a été faite dans des « lieux de convivialité gay » à paris. Prendre au sérieux ces chiffres m’ennuie un peu quant au sérieux des conclusions… Et combien de temps ce chiffre va t il faire autorité?

    4-On voit aussi, accessoirement que les hsh se font bien plus dépister que les hétéros… Qui se font dépister aux premiers signes physiques… Donc les hsh sont mieux suivis que les heteros… Ce qui expliquerait leur surclassement dans les découvertes de Sero + ? Ce qui voudrait dire aussi que les heteros non habitués au dépistage sont des bombes? (quelques lignes annoncent d’ailleurs une augmentation importante des ist chez les hétéros…).

    Voilà donc les questions que cela me pose…

    Reste enfin si les autorités sont si sûres d’elles, pourquoi ne pas assumer clairement une « discrimination pragmatique »? Message qui je suis sur passerait bien mieux que de pousser des grands cris et agiter des chiffres en tous sens…

    Reste aussi que la ségrégation se faisant par simple questionnaire, n’exclue t on pas les plus honnêtes pour garder tous ceux qui mentent? (Même si honnêteté intellectuelle n’a jamais préservé du vih je suis d’accord ;)) )

    Cordialement

    yann

  • Leaulau :

    Cher Docteur Borée, je lis votre blog depuis quelques mois maintenant et c’est toujours un plaisir de voir que tous les médecins ne sont pas obtus et cyniques et qu’ils peuvent aussi être drôles. Je tenais à vous remercier pour votre billet du jour puisque je suis moi-même employée à l’EFS depuis quelques années et la décision de refuser aux homosexuels masculins le droit de donner leur sang reste pour moi tout aussi incompréhensible que pour vous. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir posé des questions et argumenté mon point de vue ! J’ai eu le bonheur de trouver quelques réponses dans ce post-ci et pour ça, je vous en remercie, même si du coup, mes questions ont encore plus le droit d’être posées.
    Bon, c’était un commentaire qui n’apportait rien de constructif, mais j’avais envie de vous remercier, donc c’est fait. Et puis j’en profite pour inviter tous les lecteurs de ce blog à venir donner le 14 Juin, l’ambiance est toujours super sympa !!

  • Prose :

    Ce que je ne comprends pas, c’est l’argument « si on ouvre le don du sang aux HSH, ils iront tous s’y précipiter, certains pour donner, d’autres pour se faire dépister ». Si on peut mentir sur ses pratiques pour ne pas être exclus du don et se faire dépister, à mon avis il n’est pas très compliqué de mentir aussi sur son orientation sexuelle… Alors les gays/bis qui veulent se faire dépister le font sûrement déjà. Je ne crois que ça changerait grand chose qu’on autorise ou pas le don du sang aux HSH.
    Après, il y a effectivement les HSH qui ne sont pas au courant de leur séropositivité (ou autres IST) mais tant qu’on n’aura pas des études fiables, comment savoir si on y perd ou s’il y a suffisamment de « donneurs HSH sains » pour que ça vaille la peine en terme de coûts ?

  • Blut « Abee :

    […] Si ne savez pas quoi faire en ce dimanche aprèm un peu de lecture -> là  […]

  • Jamie :

    Moi, ce qui m’a toujours laissé rêveur dans la partie du questionnaire, c’est qu’en fait la question est de la forme « vous ou votre partenaire s’est-il déjà trouvé dans l’une des situations suivantes : […] avoir des relations sexuelles entre hommes ? ».

    Je me suis toujours imaginé en lisant cette question une femme remplissant son questionnaire et prenant son portable pour appeler son mari : « Excuse-moi, chéri, j’ai une petite question : est-ce que tu couches avec des mecs ? ne t’inquiète pas, hein, je le prendrai pas mal, c’est juste pour le don du sang… ».

    Personnellement, je suis marié, en couple hétérosexuel stable donc depuis 6 ans, mais j’ai déjà eu des relations avec des hommes, et je donne en omettant de les mentionner.

  • Jade :

    j’ai toujours trouvé cette exclusion choquante et sans véritable fondement ( n’étant pas professionnel de santé peut être que je me trompe ) et il est certain que ça se base sur la sincérité des gens comme la question  » votre partenaire à t-il des relations sexuelles avec une autre personne que vous  » à part dans les couples échangiste ou libre je vois mal un homme ou une femme avoué son infidélité à l’autre enfin bon .
    J’aimerais pouvoir donné mon sang aussi mais la raison de mon exclusion n’est pas la même. J’en suis exclu car j’ai moi même été transfusé

  • MeSH_r :

    Bonjour,

    Je découvre ton blog aujourd’hui seulement.
    J’ai bcp appris à la lecture de ce post. En tant qu’étudiante en épidémiologie, où les notions de population source et population cible sont essentielles (notamment) pour l’extrapolation des résultats, je suis stupéfaite du choix de la population source à partir de laquelle a été estimé la prévalence du VIH chez les gays. C’est contraire à un des principes de base en épidémiologie avec les biais que l’on connaît. Ici, on n’est pas dans le cadre de l’épidémio analytique, mais bien dans celui de l’épidémie DESCRIPTIVE où il est indispensable que l’échantillon d’étude (pop source) soit REPRÉSENTATIF de la population à laquellevon souhaite extrapoler les résultats (pop cible). Ici, on est typiquement dans le cas où la mesure de fréquence est biaisée, et a priori sur estimée en grande partie.

    Merci pour ce billet très instructif, même si les infos qu’il contient ne laissent entrevoir guère d’avancées.

    Et… félicitations à ta moitié et à toi 😉

  • VPS :

    Bonjour,
    je découvre aussi le blog aujourd’hui grâce au post d’un ami. On a eu une petite discussion de notre côté d’ailleurs.
    J’ai fait des dons de sang pendant 16 ans (j’ai eu un baby depuis et là, bizarrement, ils ne prennent pas non plus ;D) et j’ai bien vu la réglementation se durcir… Un voyage en Turquie, dans quel coin ? Ouest ? ok, c’est bon, vous pouvez donner mais si ça avait été à l’Est, désolés mais non. Un voyage aux USA, pareil…
    Et est-ce que j’aurai été frustrée alors que j’ai donné mon sang pendant 10 ans auparavant? Non, pas vraiment, s’il y a un risque même minime, je ne le prends ni pour moi, ni pour personne. Surtout quand un membre de ma famille s’est vu gratuitement refiler l’HEPC lors d’une opération…
    Que dire aussi d’une amie qui se fait refouler parce qu’elle a séjourné plus de trois semaines (ou plus, je ne me rappelle plus) en Angleterre entre 96 et 98… Combien a t-elle de chance d’avoir choppé K-J pendant son séjour là-bas?
    Finalement, quand on est trop honnête, on a plus de chance de se faire refouler et quand on ne l’est pas, heureusement qu’il y a plus d’une dizaine de tests qui est réalisée sur le sang donné (et au passage, d’une fois sur l’autre, les résultats sont notés dans notre dossier et visibles à chaque don sur la feuille de papier qu’on ne remet pour aller à la piqure…).
    Tout ça pour dire qu’on peut argumenter sur presque toutes les questions que l’on remplit mais pour moi, l’important c’est la sécurité de celui qui donne et de celui qui reçoit.
    VPS

  • stellar :

    Je donne mon sang assez régulièrement et j’ai constaté deux choses, qui peuvent sembler contradictoires :
    – le besoin criant de sang et de donneurs. Le personnel des CTS part régulièrement à la pêche et appelle les donneurs engegistrés lorsque le niveau des stocks est bas. Comme le nombre de donneurs est faible on est forcer de toujours demander aux mêmes et dès que le délai minimum entre 2 dons est passé, j’ai un appel sur mon portable me demandant si je peux passer.
    – les exclusions multiples et croissantes. Elles peuvent être définitives (avoir eu des relations homosexuelles si on est un homme, avoir subi une transfusion ou une greffe, avoir vécu au royaume-uni dans les années 80…). Elles peuvent être temporaires (avoir pris un médicament récemment ou avoir été dans une zone à risque…). Mon don à ainsi été refusé à cause d’un séjour de quelques jours à l’île Maurice plusieurs semaines avant (risque de palu) ou même en Italie (risque en été de West Nil virus).
    La logique est de ne prendre aucun risque et de récolter du sang à priori sain, sans se reposer sur les analyses postérieures au don.

  • mameyuki :

    Cette hypocrisie me fait bien rire! Je suis donneuse de sang, et mon mari a régulièrement des aventures avec des hommes. Mais on ne me pose pas la question. Or, si on suit leur raisonnement, je suis aussi à risques qu’un homme gay (même si je sais que mon mari prend toutes les précautions, et fait des dépistages réguliers). Après, l’EFS vient se plaindre de la pénurie des stocks de sang. Cette discrimination est honteuse!

  • Pourquoi :

    Femme hétéro, en couple stable et fidèle depuis plus de 8 ans, je me suis vue refoulée au don du sang. Je précise que j’ai déjà donné, avant 2009 mais déjà en couple, et le don n’est pas dangereux pour ma santé.

    Alors pour quel motif ? Parce que mon époux, il y a une quinzaine d’années, a eu des relations sexuelles entre hommes. Alors, sauf à avoir une période d’abstinence de plus de 4 mois, je ne pourrai plus donner mon sang tant que durera mon mariage ! Mon mari a été honnête avec moi et j’ai été honnête avec l’EFS. Donc mon sang est moins bon que celui d’une autre femme dont le conjoint n’a pas été franc (et je pense que ce dernier cas de figure est le plus courant).

    Dans mon cas, je pense que « la courte période silencieuse […] suivant une éventuelle contamination » est largement dépassée. Alors pourquoi ? Quelle raison médicale justifie ce refus ? Si 4 mois d’abstinence me permettent de redevenir apte au don, c’est bien que l’on considère qu’un homme ayant eu des relations homosexuelles est plus menteur qu’un autre. D’autre part, ce cas n’est pas prévu à l’arrêté du 12 janvier 2009. Cette situation me laisse donc un goût amer et je n’ose penser à la raison sous-jacente…

    Par ailleurs, je suis indignée d’être fichée à l’EFS avec un motif de refus ne me concernant pas : c’est une atteinte à la vie privée de mon mari. Aujourd’hui, l’EFS se constitue en toute légalité, et avec l’accord de la CNIL, un fichier des pratiques sexuelles des français se présentant à une collecte. Parce que même refoulés, nous restons dans les fichiers : nous sommes inscrits avant l’entretien médical. Et nous ne pouvons pas repartir avec notre questionnaire : « il sera détruit »… Pourquoi ne pas nous soumettre la dernière page du questionnaire en précisant que ce sont des motifs d’exclusion avant de nous demander notre identité ?

    Le don sauve des vies et est indispensable. Maintenant, si un jour je devais être transfusée, je serais en droit de me demander si mon donneur a été honnête ou a menti afin de passer outre à des exclusions décidées de manière discriminatoire.

  • chantal :

    @Pourquoi: ensuite, l’appel au don de sang et la manque de sang – je me demande à qui la faute?

    Votre mari était très honnête, ainsi vous et cela mérite une encouragement et non cette attitude. Comme si le virus HIV est uniquement un virus des homosexuels, mais apparemment c’est ce qui reste dans la mémoire des gens.

    Personnellement, je me suis vu refuser pour cause de vaccin hépatite B. Drôle, non – apparemment le vaccin ne passe pas tout comme une infection dû à ce virus (là, c’est normal mais le vaccin?!)? Depuis, je fais la sourde oreille à tout appel de don de sang.

    N’importe quel donneur (H ou F, homo-, bi- ou héterosexuel) peut transmettre un virus (HIV, les hépatites pour citer les plus connus), le risque zéro n’existe pas. Je me demande quel sera leur décision le jour où quasiment plus personne n’ira ou ne sera admise?

    Bonne journée et bonne continuation

  • Abee :

    chantale : une vaccination récente contre l’hépatite B est une contre indication, non pas parce que vous présenteriez un risque pour un éventuel receveur, mais parce que les tests permettant d’éliminer les dons de donneurs atteints de l’hépatite B pourrait ne pas faire la différence entre un donneur atteint et un donneur récemment vacciné. Cette contre indication n’est que de quatre semaines, vous pourriez tout à fait retourner donner votre sang maintenant.
    En fait, on test dans le sang la présence de trois marqueurs (il me semble) pour l’hépatite B : l’antigène Hbs (un truc qui dit que le virus est présent dans le sang) et les anticorps Hbs et Hbc (qui montrent que notre système immunitaire à déjà rencontré le virus). Or le vaccin contient des Ag Hbs, modifiés, mais qui pourrait entrainé un test faussement positif -> les résultats des tests feraient penser que vous êtes malades alors qu’il n’en est rien, et le sang serait jeté.
    Dommage de donner son sang pour qu’il soit jeté.
    Je vous encourage vivement à redonner votre sang si vous en avez l’occasion, mais aussi à lutter contre les contre-indications qui n’ont pas de sens, comme à mon sens celle qui touche les HSH (si le sujet vous intéresse, vous pouvez faire un tour ici : http://tousreceveurstousdonneurs.yagg.com/ ) (ps: dsl pour la pub)(ps² : j’espère que je ne raconte pas trop de bêtise ^^)

  • chantal :

    @Abee: merci pour vos renseignements intéressants. Sauf que ma vaccination n’était pas récente du tout. La personne m’avait exclu définitivement. Je pense que cela dépend d’un département à un autre pour l’acceptation ou le refus. Là, la vaccination était un refus d’office et définitif. Ce qui me fait un peu marré vu que cette vaccination était, à l’époque, soutenu fortement par des campagnes. C’était et c’est illogique au fond. Je ne vis plus en France et comment cela se passe en Allemagne – plus aucune motivation à/de me renseigner.

    Bonne journée/soirée

  • skrap'adoume :

    Mais l’homosexualité n’est pas le seul cas d’exclusion du don :

    Par exemple, savez-vous que si vous avez été transfusé à la naissance ou après, vous ne pourrez JAMAIS donner votre sang.
    C’est de la quoi-phobie, d’après vous ?
    Pourtant 20 ans après la transfusion, on devrait être tranquille, non ?
    Je crois que il faut arrêter de galvauder le mot homophobie, ici il s’agit de précautions, justifiées ou pas, je laisse cela aux experts …

    • Borée :

      Je suis bien d’accord. Je n’ai nullement utilisé le terme « d’homophobie » au sujet de cette exclusion. Je me place précisément sur le plan de l’expertise scientifique et j’attends le même niveau d’exigence de la part de mes contradicteurs.

  • lilarose :

    En 1992 j’ai eu 18 ans, et mon premier acte de « personne majeure » a été de donner mon sang à la collecte du lycée. Depuis je donne mes plaquettes 2 fois par an, j’ai même reçu un certificat de l’EFS, ça m’a bien plu, il est scotché au-dessus du bureau.
    Et là, je lis ça. La douche … ça ne m’a jamais, mais alors jamais jamais jamais jamais, traversé l’esprit. Tellement jamais que je suis allée sur le site du Don de sang pour voir de mes yeux. Je sais pas, genre « c’est pas possible c’est une p*t*in de blague ça a du changer depuis parce que ça c’est pas possible », même si le billet n’est que de l’année dernière. Bin si, c’est toujours là, c’est la dernière phrase mais c’est bien là.
    Je rêve, j’en crois pas mes yeux, je suis ébahie sidérée stupéfaite. Je crois avoir été d’autant plus consternée que sur le questionnaire pour les filles, il n’y a pas de question concernant les rapports sexuels avec d’autres filles (ce qui est mon cas) et que du coup, je sais pas, je ne m’y attendais tellement pas.
    Je suis désolée.
    Mon réflexe a été « ah bin là, c’est fini, ils peuvent toujours courir pour que je retourne donner » mais on est d’accord que c’est très stupide. Donc j’y retournerai comme d’habitude, mais je pense que ça ne sera pas comme d’habitude.
    Je pense que je serai moins souriante, moins sympa avec les infirmières, peut-être que je ne pourrai pas m’empêcher d’y aller de mon petit commentaire au médecin (hum, c’est presque sûr, j’ai pas super bon caractère en fait et la bêtise pure me met dans des états de nerf difficilement contenables).
    Je pense surtout que je serai moins contente après. Voilà, ça y est, je leur en veux ; ils m’ont gâché un de mes vrais plaisirs, une des rares occasions où j’étais vraiment contente d’un truc que je faisais, où je pouvais me dire « tu es une bonne fille qui vient de faire un truc bien ». Sales cons.

Laissez un commentaire