Money, money

Les médecins et l’argent : entre clichés et suppositions fantaisistes, difficile d’aborder le sujet sans déclencher de polémique. Malgré quelques articles qui tentent de mettre fin à la légende du médecin nanti, allant jusqu’à parler de « smicard de la santé », ou se contentant de chiffrer des revenus mensuels, on reste finalement dans le flou. Car l’évaluation d’un revenu va bien au-delà d’une série de chiffres : outre la soustraction initiale entre rentrées et charges fixes, il faut en effet tenir compte de nombreux autres facteurs, parfois inattendus.

Quand il a été question de changer de région pour m’installer, je me suis posé quelques questions. Combien je vais gagner ? Au bout de combien de temps ? Quel emprunt je vais pouvoir assumer pour une maison ? Ce genre de petits détails.

Oh… il n’est pas bien difficile de trouver quelques chiffres mais, en fait, ils ne veulent pas dire grand chose. Savoir que le généraliste français gagne en moyenne 67 000 € par an, ça ne m’aidait que très approximativement. Vu que je ne suis pas forcément « le généraliste moyen ».

J’ai donc fait un beau tableur Excel comme je sais bien les faire et, histoire d’avoir un plan de route, j’ai rempli les cases des dix premières années : combien je pensais que j’allais gagner sur les honoraires, sur les astreintes, combien j’allais dépenser pour payer une secrétaire, pour le loyer…

Avec cinq ans de recul à présent, je peux dire que je me suis un peu planté.

La raison principale c’est que, lorsque je faisais des remplacements, je voyais 20 à 25 patients par jour sans trop forcer et en essayant de faire du bon boulot.

Maintenant que je suis installé et vu la manière dont je travaille, je vois plutôt entre 15 et 20 patients par jour. Quand j’atteins le vingtième, ça veut dire en général que je rentre à 21h30.

Donc je me suis dit que ça pourrait peut-être intéresser quelques futurs installés de savoir, non pas ce que gagne M. Le-généraliste-moyen, mais ce que moi je gagne, comment et à quel travail ça correspond exactement.

Je me suis aussi dit que ce serait l’occasion de calculer mon revenu horaire moyen. Au moment où je débute ce billet je n’en ai, en fait, aucune idée.

I Mes revenus

Tout d’abord, qu’entend-t-on par revenus ? Plusieurs choses dans mon cas. Et ces divers revenus peuvent être classés en deux grandes catégories : les revenus principaux et les revenus annexes.

A Les revenus principaux

Il s’agit avant tout des revenus liés à mon activité conventionnée. C’est ce qu’on envisage en priorité lorsque l’on parle des médecins et, de fait, c’est le gros morceau.

A tout seigneur, tout honneur, les honoraires que je touche pour les actes que j’effectue représentent 84 600 €.

Viennent ensuite quelques autres revenus conventionnés qui représentent pour l’essentiel des paiements forfaitisés :

  • Indemnités d’astreinte  : elles ne sont pas du tout anecdotiques pour moi. Ce montant correspond à 110 astreintes par an, des nuits de 20h à 8h ou des journées du dimanche : 16 500 €
  • Forfaits « Médecin traitant ALD » (40 € par an pour tout patient en Affection Longue Durée) : 8 760 € (soit 219 patients en ALD)
  • Aide à la transmission (qui ne couvre pas le prix du matériel et des logiciels nécessaires) : 220 €
  • Par honnêteté, je vais ajouter ma prime CAPI(1). Je ne l’ai touchée que début 2011 mais comme c’est une nouvelle prime annuelle, il me semble logique de la prendre en compte : 3 700 €.

Total des revenus principaux :  113 780 €.

Il est intéressant de noter que, dans ce montant global, les honoraires restent largement majoritaires mais que les sommes « forfaitisées » représentent tout de même environ 25% du revenu. C’est en grande partie lié à mon nombre important de gardes.

B Revenus annexes

  • J’ai une activité d’expertise pour laquelle je touche des indemnités pour « perte de revenu » : 3 600 €
  • Indemnisations pour la participations à des Formations « conventionnelles » (c’est-à-dire agréées par les Caisses) : 2 640 €
  • Honoraires pour surveillance de manifestations sportives (deux dimanches) : 600 €
  • Indemnité de Maître de stage : 480 €
  • Indemnité pour une étude thérapeutique : 420 € (une étude observationnelle, je finis celle-ci  pour honorer mon engagement mais je ne recommencerai plus.)
  • Participation à un réseau ville-hôpital : 180 €

Total des revenus annexes : 7 920 €

Total des revenus cumulés : 121 700 €

Et là, on se dit « Ouah, ça doit être champagne et foie gras tous les soirs chez Borée ! ». Mais il se trouve que j’ai aussi quelques…

II Dépenses

Levons enfin une partie du voile sur les mystérieuses « charges » des médecins.

  • Charges sociales (URSAFF, CSG et Caisse de Retraite) : 16 080 €
  • Salaire net et charges sociales pour ma secrétaire (16 heures par semaine) : 10 400 €
  • Loyer et charges locatives : 7 450 €
  • Frais de voiture (au barème kilométrique) : 5 040 €
  • Amortissements (pour ceux qui ne sont pas habitués à la comptabilité, il s’agit des « gros » achats – ameublement, ordinateur, ECG, autoclave, etc… – dont le paiement est étalé sur plusieurs années d’un point de vue comptable. C’est un bon reflet de la moyenne de ces dépenses)  : 2 920 €
  • Fournitures médicales : 2 350 €
  • Documentation (livres, abonnements aux revues) et logiciels médicaux : 2 030 €
  • Cotisations personnelles et syndicales (Syndicats, Association agréée, Groupe de FMC, …) : 1 560 €
  • Frais bancaires, assurances et expert comptable : 1 750 €
  • Rétrocessions aux remplaçants : 1 650 €
  • Frais de téléphone et frais postaux : 1 630 €
  • « Petit outillage » (matériel informatique, ameublement, câble d’ECG, cafetière, …) : 1 340 €
  • Frais de repas du midi : 1 160 € (une fois enlevée la part non déductible)

Total des charges : 55 360 €

III Analyse de mon revenu

A Que disent ces chiffres ?

Charges déduites, il me reste donc 66 340 €.

Ceci ne correspond pas exactement au « BNC » (Bénéfices Non Commerciaux) que je déclare aux impôts puisqu’il y a quelques déductions, notamment liées à l’activité conventionnée, qui viennent impacter ce montant.

Mais je pense que c’est toutefois le chiffre le plus proche de la réalité de « ce que je gagne pour de vrai ».

Me voici donc avec un revenu net mensuel avant impôts d’environ 5 530 €.

Par rapport à énormément de gens, c’est très confortable. Il n’est vraiment pas question que je me plaigne lorsque je vois nombre de mes patients qui galèrent. L’objectif de cette analyse ne vise donc pas à minimiser mes revenus mensuels, mais simplement à éclairer ce qu’ils recouvrent.

B – Que ne disent-ils pas ?

1 – Ils ne parlent pas des congés payés

En comparaison avec des personnes qui ont un revenu salarié, il conviendrait de déduire 10% de ce revenu car je n’ai évidemment pas de congés payés.

Lorsque je décide de prendre des vacances, je n’ai aucune rentrée mais mes dépenses sont toujours les mêmes. Chaque semaine de congés prise, c’est environ 1 500 € en moins sur mon compte avant même d’avoir commencé  à payer pour mes loisirs. J’y réfléchis donc à deux fois et, au final, je ne prends qu’environ 3 semaines de vacances par an et quelques journées par-ci, par-là.

2 – Ils ne parlent pas du volume horaire

Le volume de travail peut se diviser en plusieurs catégories : l’activité directement liée au cabinet, l’activité d’expertise, l’activité liée à la formation, et quelques activités annexes.

a – L’activité liée au cabinet :

Comment se déroule ma semaine de travail ?

  • Elle comprend quatre journées pleines au cours desquelles je pars de chez moi à 8h40 et où je rentre chez moi généralement vers 21h. Soit des journées de 12h20 auxquelles je retire 30 minutes pour une rapide pause repas et environ 50 minutes à la louche pour le temps passé sur mon blog, à twitter, à participer à des discussions syndicales, etc… Le caractère non directement professionnel de ces activités est discutable puisque, d’une certaine manière, ça participe à ma formation et à mon équilibre professionnel. Mais comme ce sont des activités bénévoles et « superflues », je les laisse de côté.
  • Elle comprend ensuite une cinquième journée, que je commence à 9 h et termine généralement vers 14 h, sans pause.

Soit des semaines moyennes d’environ 49 heures ce qui est dans la moyenne française (et probablement un peu moins que beaucoup de médecins ruraux).

  • Lorsque je suis de garde, un week-end par mois, je passe le samedi à mon cabinet à faire, entre deux consultations ou visites, de la paperasse, des demandes d’ALD, etc… Comptons 10 heures.
  • Quant à mes autres actes de garde (nuit, dimanche, …), c’est un peu au pif mais je pense qu’on peut raisonnablement compter au bas mot 6 heures supplémentaires par mois.

Si je retire mes 3 semaines de congés, quelques absences et des fériés, mon activité directement liée au cabinet représente donc environ 212 heures par mois en moyenne.

b – L’activité d’expertise

Mon activité d’expertise me prend généralement 5 heures par mois, prises sur un week-end. Il y a ensuite une réunion mensuelle qui me prend environ 10 heures (en comptant le transport durant une partie duquel je travaille mes dossiers) mais qui se fait pour l’essentiel à la place d’une journée de travail.

b – L’activité liée à la formation

  • Les FMC conventionnelles qui ont représenté 8 journées de 9 heures en 2010. Soit 72 heures dont la moitié représentée par des vendredis où je n’ai donc pas travaillé au cabinet. Une moyenne de 6 heures par mois.
  • Il y a un groupe de FMC local auquel je participe. Des réunions de deux heures, un mois sur deux, soit 1 heure par mois.
  • Pour la lecture de revues de formation (Prescrire, Médecine, Exercer) à la maison et des recherches sur internet, je vais compter environ 3 heures par mois.
  • Pour la réalisation du test de lecture mensuel Prescrire et la formation thématique Prescrire, comptons environ 2 heures par mois.

d – Activités annexes

  • Surveillance de manifestations sportives : deux dimanches d’une douzaine d’heures, soit une moyenne de 2 heures par mois.
  • Je gère ma comptabilité tout seul (sauf pour ce qui concerne les bulletins de salaire de ma secrétaire). Ceci me prend en moyenne 2 heures par mois aussi, mais me permet d’économiser pas loin de 1 000 € par an.

J’arrive donc à un total de charge de travail mensuelle de :

  • 212 (-10 d’expertise – 3 de FMC conventionnelle) = 199 heures au cabinet ou en visite.
  • + 15 heures pour le travail d’expertise
  • + 12 heures de formation
  • + 2 heures de surveillance sportive
  • + 2 heures de comptabilité

Soit 230 heures mensuelles ce qui est tout de même pas mal.

Conclusion

Du côté des chiffres :

Revenus, dépenses et volume horaire me permettent de calculer mon revenu horaire moyen : il est de 24 € nets.

Si on compare avec un revenu salarié, il faudrait en retirer 10% et partir sur une base de 21,63 € de l’heure. Ce qui correspond à un peu moins du double du salaire horaire moyen français. Et qui, on peut le voir, est inférieur au salaire horaire moyen d’un cadre.

Une autre manière de faire la comparaison serait de ramener mes 5 530 € à un salaire à 35 heures hebdomadaires avec congés payés : on arriverait alors à un revenu mensuel net de 3 180 €.

Plus globalement :

Il n’est peut-être pas inutile de rappeler qu’une bonne partie des heures travaillées correspond à des heures de nuit ou de dimanche.

Vous aurez remarqué aussi que la rémunération pour les astreintes de garde n’est pas du tout négligeable dans mon revenu. Je n’ai compté dans le volume horaire que les heures vraiment « travaillées » mais, une nuit et un week-end sur quatre, je suis d’astreinte ce qui est une contrainte réelle.

Pour pouvoir raisonnablement analyser ceci, il faut tenir compte que je suis un médecin qui travaille « lentement » : je pratique environ 3 600 actes par an ce qui est sensiblement moins que la moyenne française qui tourne plutôt entre 4 500 et 5 000. Alors même que j’ai une patientèle globalement âgée (35% de patients de plus de 60 ans au lieu de 25% pour ma moyenne régionale) et polypathologique (219 de mes 750 patients enregistrés officiellement sont en ALD).

Je fais donc moins d’actes mais des actes longs.

***

Au total, le but de ce billet n’est absolument pas de lancer le concours pour savoir qui a la plus grosse. Je pense que beaucoup de médecins généralistes gagnent mieux leur vie que moi, mais je n’ai certainement pas choisi la manière de travailler la plus lucrative.

Je gagne donc très confortablement ma vie par rapport à des tas de gens, sachant que ce revenu confortable se fait surtout au prix d’un volume horaire très important et « grâce » au nombre important de gardes dans mon secteur.

Si l’on tient compte du niveau de qualification, des responsabilités et des contraintes (nuits, week-ends, …) je pense pouvoir raisonnablement dire que mon revenu horaire n’est pas scandaleux. Sur la base de comparaisons internationales, il est même certainement assez modeste.

Il est aussi une illustration, mais ce n’est pas un scoop et ça justifierait un autre débat, que dans le système de santé français, essayer de faire un travail de qualité signifie généralement faire le choix de gagner moins.

***

P.S. Merci à mes relecteurs, et particulièrement à GM, de leurs conseils pour limiter les risques que les commentaires de ce billet ne dégénèrent. La critique est, bien sûr, permise mais je demanderais à ceux qui souhaiteraient s’y livrer de me savoir gré, au moins, d’avoir fait cet exercice de transparence en toute franchise.


(1) Ce contrat d’amélioration des pratiques individuelles (Capi) prévoit le versement à chaque praticien d’une prime annuelle de 7 euros par patient dont il est le médecin traitant, à condition d’atteindre des objectifs fixés par la Sécu. Dans certains cas, la prime, qui s’ajoute aux honoraires, pourrait dépasser les 5.000 euros.
Les objectifs fixés portent notamment sur le taux de prescription de médicaments disposant d’un générique.
En matière de prévention, ils portent sur le taux de vaccination des plus de 65 ans contre la grippe ou le taux de dépistage des cancers du sein après 50 ans. « Début décembre, 12.600 médecins, soit 30% des professionnels concernés, ont choisi d’adhérer au Capi. Ces médecins sont représentatifs de l’ensemble des médecins généralistes. Ils sont à 79% des hommes âgés de 52 ans en moyenne, des caractéristiques que l’on observe sur la profession en général », selon un document rendu public récemment.

68 commentaires à “Money, money”

  • LaurenceB :

    Je pense que c’est courageux comme démarche. C’est véritablement transparent.

    Le seul commentaire qui me vient à l’esprit, c’est « intenable avec des enfants ». Et quand les femmes médecins vont choisir les 3000 euros net avec horaire « type 35 heures » (on se comprend), il y a un réel risque d’implosion du système.

  • Docteur_V :

    Tout pareil pour moi à quelques nuances près. Sauf que je prends sept ou huit semaines de vacances et que je rentre plus tôt le soir. J’ai aussi moins de gardes.
    Bon courage jeune padawan !
    Que la Force continue d’être avec toi !

  • Juliachou :

    Merci pour cette analyse, c’est très intéressant !
    Je viens de calculer donc mon revenu horaire par curiosité, et je me rends compte que je suis à 9,22€. Je suis cadre, j’ai un bac+3, 24ans, je ne travaille pas les week end et très rarement après 21h.
    Le smic horaire est fixé à 7,06€ net pour info.
    J’aurai du mal à tenir votre rythme !

  • zigmund :

    félicitations ! vous avez fait ce que j’auris voulu et que je n’ai jamais osé faire
    spé secteur 1 libéral milieu rural une vacation en CHU
    qq similitudes : entre nos 2 2035 quasi idem sur les honoraires encaissés à qq centaines d’€ près peu de différences sur les frais
    mm patientèle de 35% au delà de 70 ans 25 patients max par jour de CS
    au total j’arrive cette année à 27000€ de bénefice et le fisc va me redonner des sous
    aucune plainte non plus de ma part je ne manque de rien (à condition de ne pas être fan de grosses voitures :-))
    une chose est nette : à travail égal depuis la stagnation des honoraires je me suis « appauvri » et mon âge ne me permet pas de « travailler plus pour gagner plus »

  • Drmathieu :

    Très bon article. As tu compté le temps passé à récupérer les impayés, notamment ceux de la sécu ? (feuilles de soins tiers payant rejetées ?) là où je suis il y a 1/3 de l’activité qui est en CmU, AME, ou en ALD… Beaucoup de rejets ou de versements incomplets ( amo/amc). Bref merci pour ton travail.

  • yann :

    Décidément borée nous nous ressemblons…
    Pour ma part j’ai évoqué ce sujet ici :

    http://idedanslaville.canalblog.com/archives/2011/03/10/20275482.html

    Et donc pour moi aussi le vrai scandale de tout ça c’est que moins tu bosses consciencieusement plus tu gagnes d’argent… C’est un paradoxe qui commence franchement à m’agacer… (le paradoxe inverse m’énervait dans le salariat ou a salaire égal c’est celui qui bosse le moins qui gagne le plus ;)) )

    Bonne journée tout de même…

    Cordialement

    yann

  • Kilo :

    Article très intéressant qui tue pas mal de préjugés des deux côtés… ça vaudrait presque le coup de publier sur Rue89 qui a une rubrique spécialisée sur le porte-monnaie de monsieur tout-le-monde. Je dis « presque » parce que les commentaires y sont parfois tellement inutilement méchants… mais pour un aigri, combien d’éduqués ?

  • Fabinou :

    Ta démarche , mon cher Borée, devrait être bien plus naturelle pour nous tous ! Ainsi ce mythe du médecin nanti ne serait plus alimenté ! Mais l’argent est encore et toujours tabou en France …

    Un post spécialement dédié à l’abattage serait le bienvenu, il serait dédicacé à Dr Moustache !!!

  • docteurdu16 :

    Beau papier.
    Courageux.
    Nous n’avons pas du tout la même façon de travailler.
    Je n’ai jamais fait de comptes sur ce qui me restait en fin de mois et / ou d’année.Ce serait trop déprimant et ne changerait rien à l’affaire.
    Ce que je fais me plaît.
    Je n’ai pas envie de me comparer.
    Je crois qu’il y a beaucoup d’exercices différents de la médecine générale et que cet exemple, ton exemple, n’est pas exemplaire, si j’ose dire.
    Cela fait pour moi beaucoup trop d’activités « annexes ».
    Je prends dix semaines de vacances par an (mais je suis remplacé).
    Amitiés.

  • José Lemaire :

    Excellente analyse qui a en outre valeur d’ exorcisme.

    Je ne suis pas médecin mais j’ en connais beaucoup et j’ en compte même parmi mes amis.

    L’ un de cs derniers est urgentiste dans un CHU ; je sais ce qu’ il y fait et je sais ce qu’ il gagne (c’ est en deçà des revenus de Borée).

    C’ est proprement SCANDALEUX de rémunérer de la sorte quelqu’ un qui passe ses journées (et ses nuits, et des dimanches, et des jours fériés…)à faire revenir à la vie des gens qu’ on lui amène pratiquement en kit.

    Il est tout aussi SCANDALEUX que certains médecins (généralistes ou spécialistes) empochent des pactoles en pratiquant une mauvaise médecine, parfois avec un cynisme qui me fait vomir.

    Mais nous ne vivons pas dans un monde parfait ; merci à Borée et aux congénères qui oeuvrent à l’ édification d’ un monde un peu moins mauvais.

  • chantal :

    Merci Borée pour cette franchise.

    Je pensais que le médecin gagne bien sa vie, mais pas non plus super bien (j’en avais touché un mot chez Zigmund). J’avoue que me suis toujours demandé comment est à peu près la parte entre revenus, charge et le salaire mensuel. Maintenant, j’en ai un exemple. Je n’ai rien qu’un médecin gagne « super bien » sa vie, à condition qu’il n’oublie pas que pas tous ont ce revenu et rester humain.

    En Allemagne, combien de fois j’entends combien le médecin gagne, vu le nombre de patients et la facture envoyé pour un patient du système privé. Je me dis pourquoi pas, tant qu’il se souvient que ce n’est pas la généralité et être un médecin humain (qui ne se prend pas pour Dieu et le malade pour de la***), il le mérite bien vu le nombre d’années d’études, d’engagement personnel, etc.

    Encore merci pour cette franchisse qui vous honore et bonne continuation.

  • huanbo :

    Bravo borée pour cette franchise et la rigueur de l’article !

    Sauf erreur, la comparaison avec les salariés n’est pas juste car ils ont des protections sociales que vous n’avez pas (au niveau des arrets maladies par exemple). En incluant les préstations sociales « incluses » dans le package salariés, on tomberait à moins de 3 180 euros en équivalant 35h, non ?

    Le blog de Tarpin avait pas mal d’info sur les comparaisons salariés-libéraux en son temps…

    Ce qui manque peut-être dans votre article serait la comparaison avec un médecin salariés, pour montrer à quel point leur salaire horaire est supérieur au votre.

    A quand la même chose chez les autres médecins blogueurs ? (Jaddo, D. Dupagne, … si vous nous lisez 🙂

  • Tiffanie :

    Avoir un conjoint podologue m’a permis de voir les inconvénients des professions libérales (et les calculs incompréhensible des charges diverses). Finalement votre revenu ne m’étonne pas du tout…
    Par contre pour le salaire des cadres, je n’ai pas vu les détails des calculs sur le site de l’Insee, et je ne suis pas sure que le taux horaire soit juste (ils comptent rarement leurs heures, les semaines de plus de 45h sont courantes malgré des contrats à 35 ou 39h du coup le revenus horaire réel est nettement modifié), par contre ils ont des vacances et autres avantage quand un CE est présent…

  • GdA :

    Bonjour.
    Billet intéressant qui a le mérite de poser les choses sans tabou. Je te rejoint sur beaucoup de point. Mon CA est à 120 000 euro également mais je n’ai pris que 3 semaines de congé en 2010. Je travaille 20 WE par an mais pas toujours le samedi ET le dimanche (parfois seulement le samedi, ou seulement le dimanche). Par contre je touche moins d’indemnité d’astreinte car, vue l’activité touristique, nous sommes souvent plusieurs à travailler, mais il n’y a qu’une indemnité versée.
    Je touche également moins de « forfait médecin traitant ALD » car la part de personnes de passage est plus importante en pourcentage.
    Mon revenu net en 2009 était de 45000 euro (énormément de charges de cabinet) . En 2010, il était d’environ 55000 (moins de charge de cabinet, mais plus de charges sociales).
    Comme toi je suis à environ 22 ou 23 euro de l’heure car je ne suis pas non plus un rapide.
    J’adore ce que je fais et je ne me plains pas du revenu.
    Ce qui me pèse le plus ce n’est pas la relative modicité du revenu, mais l’absence totale de vision de l’avenir que ce système confère. Avec des honoraires autoritairement fixés tu ne peux pas savoir de quoi demain sera fait.
    Cela peut paraitre abstrait pour les jeunes, mais, lors de ma première installation, j’ai connu 9 années de blocage des honoraires (1994 – 2002) avec une augmentation constante des frais (informatisation – télétrans – taxe formation medicale – URML – évacuation des déchets médicaux…)
    j’en ai gardé une méfiance viscérale à l’égard de nos autorités. Lorsque je réclame des espaces de liberté, ce n’est pas pour gagner plus, mais pour savoir qu’en cas d’inflation (et l’inflation arrive) je serai en mesure de la suivre.

  • GdA :

    PS : je suis étonné qu’il n’y ait pas encore eu de troll pour dire qu’il était inadmissible qu’un médecin gagne autant…
    peut être modères tu… 😉

  • Atrabilaire :

    Merci pour ce billet effectivement très transparent et très intéressant.
    Je ne sais pas s’il y a une modération de commentaires comme se le demande GdA mais en tout cas, d’un côté ça ne m’étonne pas : peu de « trolls » doivent suivre les blogs intelligents, non ? 🙂
    Merci encore, et bonne continuation dans la rédaction des futurs billets à venir !

  • jo l'indien :

    Salut,
    moi je suis plus comptable et je viens me détendre sur ce blog…

    Alors une grosse faute: l’amortissement N’EST PAS une dépense (et quiconque ose dire le contraire peut se voir infliger des châtiments terribles). L’amortissement c’est « la constatation comptable de la dépréciation de la valeur de certains éléments de l´actif immobilisé. » (oui, la compta, c’est sympa… et encore la, c’est la version courte pour débutant)

    Concrètement, ça signifie que l’autoclave EST déjà payé (ce que le maître des lieux paye, c’est un prêt, donc une charge financière) et que son autoclave perd tous les ans un peu de sa valeur (la fameuse « décote » sur le marche de l’occasion). au bout d’un certain temps (tout au plus 6 ans selon le type d’équipement, mais la on cause de machine-outil lourde sur une chaîne de montage), la ligne comptable « autoclave » ne représentera plus rien et il faudra alors le changer (théoriquement, hein… pour une profession libérale, on peut laisser la machine en place tant qu’elle fonctionne. Et mais au faite, ça fait bien 5 ans que le cabinet est ouvert! L’autoclave ne vaut donc plus rien).

    Sinon a part ça pas trop d’erreur dans le calcul (je fait grâce des erreurs sur les impôts, c’est déjà bien complique comme ça, alors si en plus on chipote*…)

    Comme quoi, parfois ça vaut le coup de payer 1000€ en plus, si ça permet d’en récupérer 2000€.

    *ya plein de truc a déduire des impôts la dedans (que ce soit a titre pro ou perso comme les formations, les abonnements a des revues pro, l’achat de livre, les frais d’essence (en partie) et les cotisations aux syndicats… mais faudrait un vrai spécialiste des impôts pour bien se rendre compte

  • Jaddo :

    Je suis également agréablement surprise de la qualité des commentaires. Et je peux répondre à sa place : Borée ne modère pas. J’imagine que le premier troll venu ouvrira sans doute la porte à d’autres, et que nous ne sommes toujours pas à l’abri d’une dérive à venir, mais pour le moment c’est bonheur 🙂

    Pour répondre à huanbo : nous avions évoqué cette possibilité avec Borée au moment où il m’avait parlé de ce post.
    Le souci, c’est que pour moi, pour le moment, ça ne serait pas très informatif : la comparaison médecin installé et remplaçant pourrait bien sûr être très intéressante, mais comme je suis au début de mon exercice, les premières années de frais ne sont pas représentatives.

    Grosso modo, on a deux ans où on paye 40 euros à l’urssaf, et à la troisième année ils refont les calculs sur les honoraires déclarés, et ils disent « Ah bah maintenant on veut bien 12 000 euros s’il vous plaît ».
    Du coup, ça n’aurait pas beaucoup de sens, ni de vous donner les chiffres avec deux ans quasiment sans frais, soit de la troisième année avec des réajustements qui compensent les deux premières…

  • Opale :

    Je ne suis rien qu’une Simone mais je trouve cet article très intéressant et très courageux dans un pays où il est souvent tabou de dire combien on gagne.
    Et je les trouve + que mérités ces salaires !
    Une très bonne chose contre les a priori idiots.
    Armelle1978 (sur twitter)

  • CMT :

    Bravo pour la note et bravo pour la lenteur (la lenteur est un luxe que peu de libéraux osent se permettre).
    22, 23 euros de l’heure n’est pas un revenu « scandaleux ». Quelques remarques au passage.
    Au dessus de 5000 euros environ de revenu disponible PAR MENAGE, on se situe parmi les 5% des français les plus riches. Le salaire net médian est un peu plus que 1500 euros. A plus de 3000 euros nets environ on est parmi les 10% de salariés les mieux payés.
    D’un point de vue purement comptable, outre les amortissements, il est contestable de calculer le revenu disponible en déduisant les frais kilométriques, que le médecin peut déduire en totalité. Les salariés font à peu près 25 à 30 km de trajets en moyenne pour aller travailler. ce qui fait qu’ en comptant des frais kilométriques, je ne serais plus payée que 10 mois sur 12 environ, et 9 mois sur 12 pour un salaire médian.
    Pour la comparaison avec les médecins salariés. Cela va des vacataires de l’éducation nationale, payés à peu près 1650 euros pour 120 heures de travail (environ 13 euros de l’heure) avec 2 mois de chômage par an indemnisés 825 euros.
    Pour les médecins territoriaux par exemple il y a des grilles indiciaires. Cela débute en net à 1400 euros (environ 9 euros de l’heure) en tout début de carrière jusqu’à 3000 euros par mois en fin de carrière (environ 20 euros de l’heure) avec des primes ou pas selon les lieux qui peuvent atteindre dans les 750 euros en fin de carrière.
    Cela ne tient pas compte du haut fonctionnariat où l’on passe de l’autre côté du miroir avec des avantages somptuaires vestiges de l’ancien régime et dont on ne sait pas bien ce qu’ils viennent faire dans une république.
    Les médecins sont des cadres donc parmi les mieux rémunérés dans la fonction publique.
    En échange: le luxe de pouvoir prendre son temps, de travailler de manière transdisciplinaire, de pouvoir faire des formations sans laboratoires (sauf quand il s’agit de prescrire), de pouvoir aborder la médecine comme une science de l’humain dans sa globalité et non sous l’angle cartésien de la dualité corps esprit.
    La sécurité de l’emploi? de moins en moins. Car il y a de plus en plus de stagiaires, vacataires, contractuels dans la fonction publique.
    Mais quand on l’a, avoir un salaire dont on sait qu’il va tomber à la fin du mois, ce n’est pas négligeable.

    • Borée :

      Merci de vos commentaires. J’ai pas mal hésité avant de poster ce billet. Mes craintes étaient apparemment exagérées. Ou alors, c’est vraiment que je n’ai que des lecteurs exceptionnels !

      @Juliachou & CMT

      Ça dépasserait largement les horizons de ce blog mais je suis certain qu’il y aurait énormément à discuter autour des notions de « valeur du travail », de « juste rémunération » ou de « salaire au mérite ». Hélas, je ne crois pas que ce soit parti pour s’arranger.

      @zigmund

      27 000 € de bénéfice pour un ophtalmo ? Je ne vois que deux solutions : 1. vous êtes biélorusse 2. vous venez carrément d’une autre planète.

      Sérieusement, j’ai autant d’estime pour votre conscience professionnelle que pour votre frugalité.

      @Drmathieu

      Oui, tout le temps « paperasse » est compris dans le temps cabinet. C’est pénible comme un burger froid mais, sincèrement, dans mon cas, ce n’est pas gigantesque.

      @Yann

      En effet, je pense que, dans les grandes lignes, cette analyse peut très bien se rapporter à d’autres professions libérales. D’autant plus pour les professions qui, comme les nôtres, ne rémunèrent pratiquement que le quantitatif et pas le qualitatif.

      @huanbo

      En effet, je n’ai pas tenu compte de certains à-côtés du salariat : je les connais assez peu. Par ailleurs, le but premier de ce billet n’est pas tant de comparer salariat/libéral que de donner matière à réflexion aux jeunes médecins qui envisagent de s’installer.

      @GdA et @Atrabilaire

      J’applique la charte de mon blog : les commentaires sont modérés a priori pour la première contribution d’une adresse IP (pour éviter les bots) et a posteriori par la suite. Mes seules limites seraient les insultes, les propos haineux ou les trolls évidents. Depuis le début, je n’ai modéré qu’un seul message (insultant) en tout et pour tout. Et c’était il y a longtemps.

      • Borée :

        @ jo l’indien

        Comme sujet de détente, c’était réussi aujourd’hui !

        Désolé mais ce billet n’est pas une déclaration comptable.

        Peut-être que, comptablement, un amortissement n’est pas une dépense mais ça reste bien de l’argent que j’ai dépensé. Comme il s’agit de gros matériel que je renouvelle occasionnellement, ça pourrait tout aussi bien être 0 € une année que 5 000 € une autre. Le montant des amortissements me semble donc être un bon reflet de la moyenne de ces dépenses.

        Ah oui, parce que mon autoclave, comme mon ECG ou mes meubles, je les amortis sur 10 ans (mes associations agréées n’y ont rien trouvé à redire) ce qui risque de correspondre, peu ou prou, à leur durée de vie réelle.

        Pour les déductions fiscales : mais bien sûr que je déduis TOUS ces frais ! Vous sous-estimez visiblement mon côté rigoureux-obsessionnel. 😉

        @CMT

        J’ai parfaitement conscience de faire partie des Français les plus aisés. Et pourtant, je n’ai pas le sentiment de vivre dans l’opulence : je limite mes vacances… En fait, je me demande très sincèrement comment font « les gens ». Vraiment.

        Autour des questions que vous abordez, on pourra consulter le simulateur de « Pour une révolution fiscale » (si jo l’indien peut me dire ce qu’est mon « revenu brut » à moi, je veux bien, je n’y comprends rien ! 🙂 Et aussi ce qu’est un « revenu individuel » : comment fait-on le calcul quand il y a un couple ? une famille ?)

        Concernant les frais kilométriques, je ne suis doublement pas d’accord. Ni intellectuellement : ce sont bien des sommes que je dépense pour réaliser mon travail. Ni fiscalement : si nous sommes au régime de la déclaration contrôlée, les salariés bénéficient généralement, eux, d’un abattement forfaitaire de 20% de leur revenu qui est sensé tenir compte de tous leurs frais professionnels, kilométriques en particulier.

  • Jean Christophe Bataille :

    C’est effectivement courageux dans un pays où chacun est jaloux de ce que gagne son voisin. Je trouve ça bien de jouer la transparence et au final, pour le niveau de formation et le travail fourni, on ne gagne pas beaucoup d’argent.

  • John Snow :

    Bravo pour l’exercice.
    J’aimerais pouvoir en faire autant mais pour les mêmes raisons que Jaddo je pense qu’il est difficile (1 an et demi de remplacements en anesthésie-réanimation, je passe sous le radar pour pas mal de choses).

    Néanmoins la comparaison serait fort instructive. J’ai le sentiment que le désamour des médecins pour le secteur libéral et la part croissante de l’exercice en remplacements exclusifs sont intimement liés.

    Ce mode d’exercice est en effet séduisant à plus d’un titre: rémunération lucrative, flexibilité des horaires (dans le bon sens!) et surtout une visibilité du travail possible même à moyen terme (du fait de la pénurie extrême de médecins générée par le fameux numerus clausus je gère mes plannings à 4-5 mois. Rien à envier au libéral!).

    Il faudrait dès lors établir une sorte de « cote de bonheur », mêlant rémunération, horaires de travail, qualité de vie… Pas sûr que le salariat ne l’emporte non pus, comparé toujours au remplacement…

    Il ne serait pas inutile non plus de faire parvenir cette note au végétatif Camillieri. Il comprendrais sans doute plus facilement la difficulté d’exercer en milieu rural…

    NB: Je me joins sans réserves aux conseils de Jo l’indien. Un comptable, c’est utile et même pas trop cher. Les AGA sont parties prenantes avec l’administration fiscale. Leur pouvoir de conseil est donc limité et orienté. Normal qu’elles ne disent rien si le fisc en sort content! Je suis allé voir un comptable à reculons. J’y retourne maintenant plus souvent que chez le dentiste: il et clair, droit, honnête et me permet d’anticiper les coups durs. Je ne pourrais plus m’en passer.

  • huanbo :

    @jaddo :
    Merci pour la réponse !
    En effet, je n’avais pas réfléchi à ça.. Il est vrai que l’impact du régime micro-BNC sur les revenus des remplaçants pourrait être une information trompeuse.
    On va donc attendre patiemment que vous deveniez une vieille remplaçante ! 🙂

    @borée :
    Oui, vous avez certainement raison.
    Avec ce commentaire, vous m’avez fait réaliser que je ne connais pas de médecin blogueur salarié du privé !! Cette espèce est-elle si rare ?

  • Koa :

    Je suis moi aussi assez admirative de l’exercice. Et au final, ce que j’en retiens, c’est ce que dit Borée dans son comm’ : comment font les gens ??
    Pour moi Borée, qq’un qui gagne ton salaire, c’est un ultra-privilégié qui vit dans une maison qu’il a achetée, prend des tas de vacances au bout du monde et passe son dimanche à faire du shopping dans des magasins d’électro-ménager en ligne parce qu’il ne sait pas quoi faire de ses $$$.
    Ca n’a pas l’air d’être ce que tu décris. (et on ne sait pas combien gagne ton conjoint, et vous n’avez pas -à ma connaissance- d’enfants, donc les fameux DINK (double income no kids) censés être cibles marketing privilégiée…)

    Pour ma part, cadre salariée, j’ai fait le choix de bosser à mi-temps depuis l’arrivée de mon enfant (3 ans aujourd’hui). Entre-temps j’ai quasiment doublé mon salaire et je gagne à mi-temps à peine moins que je ne gagnais il y a 3 ans à temps plein. Je me sens ultra privilégiée de ça : d’avoir un salaire décent (même si bien inférieur au tien), de pouvoir choisir mon temps de travail, d’avoir un boulot intéressant et de pouvoir voir grandir le fruit de mes entrailles. Pour autant, on tire la langue à la fin du mois, et on ne s’autorise vraiment pas grand-chose une fois payés loyer et facture. On n’a pas de crédit, un loyer minimal pour la région dans laquelle on vit, rien d’autre que le très basique dans notre société : loyer, eau, gaz, électricité, ADSL, GSM, essence. On mange bio, mais avec un budget de 90 euros / semaine qui ne me parait pas dépasser celui de mes potes qui font à Car*re*fourre. On n’a pas de frais de garde pour notre enfant, on ne va quasi jamais au resto, etc, et on gère notre budget avec rigueur.

    Alors au final, je me demande vraiment comment s’en sortent ceux qui ont moins… Et combien de temps avant que ça ne pète.

    (je me sens un peu HS mais c’est ce que ton billet m’inspire…)

  • CMT :

    A Boréee
    Désolée mais je ne suis pas d’accord avec votre désaccord. Les salariés aussi font REELLEMENT LES KILOMETRES mais ils ne les décomptent pas pour autant de leur revenu disponible en calculant le barème kilométrique. J’ai pris une moyenne de 25 30 km ar trajet (ce qui inclue les salariés qui habitent à côté de leur travail). Quelqu’un qui gagne un salaire confortable de 2500 euros nets soit 30 000 par an, pourra déduire 20% de son revenu (6000 euros) de son revenu imposable, et s’il est dans une tranche assez élevée de 20% mettons (au pif ) d’imposition cela lui fera 6000 X0,2 soit 1200 euros d’impöts en moins pour l’ENSEMBLE de ses frais alors que aux frais kilométriques il aura dépensé pas loin de deux salaires mensuels pour aller travailler seulement, sans compter ses autres frais.
    Perosonnellement je suis aux frais réels car je fais 100 km par jour pour aller travailler et j’ai d’autres frais.
    Soyons exacts. Le poste des frais kilométriques est un gros poste. C’était de très loin mon plus gros poste quand je faisais des remplacements. Mais il l’est aussi pour les salariés, en toute rigueur.

  • Dr Stephane :

    Bon si Borée et zigmund le font alors … voilà pour moi (j’ai repris, grosso modo, la même trame)

    Mes revenus principaux
    Indemnités d’astreinte : 150 € intégralement reversées à un remplaçant qui fait mes gardes (3 à 6 gardes par an …)
    Forfaits « Médecin traitant ALD » : 1240€ (soit 31 patients en ALD) (Oui hein … pardon)
    Aide à la transmission :323 €
    Le reste sont les honoraires de consultation
    Total des revenus principaux : 122 300 €.
    Revenus annexes : 0 € (pardon)

    Dépenses
    Charges sociales dont faculatives + taxes (URSAFF, CSG et Caisse de Retraite) : 22180 €
    Secrétariat Telephonique (5.5 jours sur 7, 8h00 – 20h00) : 4560 €
    Entretien et réparation (= Entreprise privée pour le ménage …) : 2990 €
    Loyer et charges locatives (eau, electricité) : 3170 €
    Frais de voiture (au barème kilométrique) :2540 €
    Amortissements : 1280 €
    Fournitures médicales : 820 €
    Documentation (livres, abonnements aux revues) et frais de Poste et Telecom: 2870€
    Cotisations personnelles et syndicales (Syndicats, Association agréée, Groupe de FMC, …) : 870 €
    Frais bancaires, assurances : 670 € (je n’ai pas de comptable …)
    Rétrocessions aux remplaçants : 4200 €
    « Petit outillage » (matériel informatique, ameublement, câble d’ECG, cafetière, …) : 680 €
    Frais de repas du midi : 0 € (non déductible, Je mange chez moi le midi …)
    Total des charges :46 830€

    Il me reste au final (Bénéfices) : 75 470 € (62% de mes recettes)

    J’ai donc un peu moins de frais que toi. Ceci s’explique en partie par le partage avec mes associés du loyer/charges locatives, du ménage et du secrétariat téléphonique.
    Au final, c’est très comparable tout de même …
    Voilou …

  • Koratelenn :

    Bonjour,

    Je ne suis pas médecin. C’est la première fois que j’interviens sur ce blog que je lis régulièrement et que j’apprécie.
    D’abord bravo pour l’exercice de relecture et pour la franche honnêteté de ce billet. C’est très intéressant.
    Je rejonit assez l’avis de Koa. Je trouve que eu égard au travail réalisé, ce revenu est plus que largement mérité et n’a rien d’extravagant quanf on voit ce que cela peut être dans certains autres domaines. Ceci dit, pour moi , quelqu’un qui gagne plus de 2.500 € mensuels, c’est bien effectivement un « nanti ». Cadre, bac + 5, travaillant (en milieu associatif… cela n’a jamais beaucoup payé) a à 65% par choix et avec un salaire ,et de 1200 € (et un conjoint avec 600 € de plus) je peux sans doute doute être considéré comme représentative des « gens » et encore sans doute ne sommes-nous pas à plaindre. Mais avec les échéances d’un logement en région parisienne, cela veut dire simplement que l’on compte pour tout et tous les jours et que l’on ne se permet jamais de fantaisie. Et effectivement cela pose la question de la « juste rémunération » du travail.

  • Audrey :

    Trés interessant ce post ! Il a le mérite de casser quelques idées recues. Quand j’étais avocate, les gens pensaient que je gagnais hyper bien ma vie sauf que ramené au nombre d’heures au niveau d’études et aux conditions d’une profession libérale « sans filet » c’était déprimant. J’ai donc « mal tournée » et suis devenue fonctionnaire : un boulot interessant qui a du sens en prise avec l’intérêt général, 8 semaines de congés annuels, des congés maternité et maladie ordinaire, longue maladie, longue durée… payés intégralement sans jours de carence….et avantage non négligeable pour une jeune maman : 12 jours « enfant malade ». Bref pour moi qui débarquait du secteur libéral, le paradis ! Sinon ma collectivité emploie un médecin du travail fonctionnaire qui apprécie également ses semaines de 36 heures sur 4 jours et demi, en fin de carriére elle gagne aux alentours de 5000 € par mois. Elle a tous les avantages du statut, n’a pas de garde et des horaires de bureau, c’est clair qu’elle s’en tire pas mal finalement. Aprés son boulot présente peut être moins d’intérêt.

  • Kewan :

    En tant que actuel remplaçant et (plus tard) futur installé (peut-être…), c’est intéressant à voir.
    Ce que je note, c’est qu’effectivement tu fais moins d’actes que la moyenne des médecins, mais n’y a-t’il pas un « rattrapage » avec le fait que tu fais beaucoup de gardes ? (je veux dire que tu gagnes en fait environ autant qu’un confrère qui ferait 25 actes/jour et pas de gardes ?) Et en complément, as-tu une idée du volume d’honoraires dépendant des gardes justement (avec des actes plus chers) ?
    En résumé, peut-on dire que travailler la nuit te permet de passer plus de temps avec chaque patient ? ça devrait plaire aux partisans de la médecine-sacerdoce. 😉

    J’aime ta conclusion. Effectivement, un médecin installé gagne beaucoup, mais au prix d’horaires à rallonge, ce qui justement est un frein à l’installation, et pas seulement de nos chères consoeurs. Les jeunes médecins hommes ont aussi envie de voir leurs enfants réveillés quand ils rentrent à la maison le soir.

    La dernière chose est que comparer avec les revenus de nos collègues européens est difficile en raison des différences de systèmes fiscaux, de coût de la vie et même du nombre de patients pris en charge par tête de docteur.

  • Nicolas Sainmont :

    Merci pour cet article j’ai mis un rétro lien sur mon blog nicolassainmont.wordpress.com

  • CMT :

    A Audrey
    5000 euros n’est pas représentatif du salaire d’un médecin de la fonction publique (mise à part la fonction publique hospitalière qui a un statut particulier et où les salaires sont plus élevés). C’est le cas seulement pour une partie des médecins qui arrivent en toute fin de carrière et qui sont hors classe (en dehors de la grille). Ou alors c’est à Paris, où les salaires sont en moyenne de 20% supérieurs au reste de la France. Le salaire moyen d’un médecin faisant toute sa carrière dans la fonction publique territoriale tournerait à 2500 à 3000 euros selon les départements et les primes. Quant aux 12 jours de congé pour enfant malade cela me paraît extravagant. Dans ma collectivité c’est 3 jours, ce qui peut-être superflu avec de grands enfants mais insuffisant avec des petits. Les congés, dans ma collectivité vont de 6 à 9 semaines par an, RTT compris, et selon qu’on est à temps partiel ou non.
    Voici les ordres de grandeur des rémunérations de la fonction publique, en p3 de ce document, hors primes:
    http://www.fonction-publique.gouv.fr/IMG/document_salarial_conference_081007.pdf
    Par ailleurs le raisonnement ne s’applique pas aux femmes, qui ont plus souvent des longs trajets, parce que le logement est choisi a) en fonction des revenus du ménage b) en fonction du lieu de travail du mari.
    Un temps de travail théorique de 35 heures a vite fait de se transformer en 42 à 43 heures d’absence à la maison, car il y a les trajets et quelques 45 minutes de pause décomptés obligatoirement à midi.
    Par ailleurs, par rapport à un homme, il faut ajouter quelques 10 à 11hs de tâches ménagères supplémentaires:
    http://www.inegalites.fr/spip.php?article245
    car il ne s’agit pas pour nous de rentrer et mettre les pieds sous la table. Un « temps de travail » qui n’est ni rémunéré ni reconnu nulle part.
    Pour ma part, à ce niveau, j’en suis déjà, avec un temps partiel, à 52 à 55 heures par semaine. Et le temps passé à lire et à me former pour mon compte, je le considère plutôt comme un temps de loisir.
    Quelqu’un a dit qu’on se trouvait sur un blog lu par des gens intelligents. Je crois surtout qu’il est lu par des cadres supérieurs et professions libérales d’âge moyen (moi compris) qui ne sont pas franchement représentatifs des 95% de la population restants et qui se demandent, à juste titre, comment ces « autres » font pour y arriver.
    Je pense que le luxe c’est surtout d’avoir le choix et de le savoir.

  • Audrey :

    CMT, vous avez raison elle est en toute fin de carriére et est effectivement médecin hors classe rémunérée sur la base de chevrons (et non plus d’indices). Elle a le maxi de toutes les primes auxquelles elle peut prétendre.

    La politique salariale est effectivement trés variable d’une collectivité à l’autre. Les différences peuvent être importantes en termes de primes.

    Au niveau des avantages sociaux nous en avons également pas mal du fait de l’orientation politique de la collectivité, les 12 jours sont calqués sur la focntion publique d’état, personnellement bien qu’ayant 2 enfants en bas âge, je les ai jamais tous utilisés.
    Je suis bien d’accord notamment sur le fait que le temps de travail théorique n’est pas en adéquation avec le temps de travail réel. Bien que travaillant à 80 % en temps partiel choisi, ma charge de travail est identique à celle d’un temps complet et on me fait pas de cadeau par rapport à cela mais le principe du temps partiel est bien accepté ce qui em paraît essentiel. Cela dit pour avoir connu l’exercice en libéral et le salariat dans ma collectivité en particulier, je ne reviendrai en arriére pour rien au monde surtout à une période de ma vie où il est si difficile de trouver un équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.

  • Flo :

    Merci pour cet article très instructif ! je me doutais que le volume horaire d’un médecin généraliste était énorme. mais ma question est : comment concilier vie personnelle et vie professionnelle ? si je peux faire des grosses semaines, je serais extrêmement malheureuse sans mes 5 semaines de congés et + 2 de RTT …
    Surtout avec un rythme comme le vôtre : comment tenez vous le choc ?

  • Elie :

    …ça pourrait peut-être intéresser quelques futurs installés…
    Ben Oui. Merci pour ce post je suis interne (peut être un jour future installée?) et je l’ai trouvé particulièrement intéressant, et très concret.

  • Dr Emman67 :

    Remplaçant depuis sept ans, j’envisage d’arrêter l’activité libérale pour prendre un poste salarié. Alors ce message tombe bien !
    Essayons d’analyser le côté qualité de vie.

    Points positifs
    -Avoir le luxe (c’est-à-dire le choix, mais est-ce vraiment le choix du toubib ?) de ne voir « que » 15 à 20 patients par jour ! Cela permet très très probablement de faire du bon travail ! D’être attentif à la personne examinée, sans penser déjà aux suivants…d’avoir donc plus de respect pour ses patients !
    -Ne travailler « que » 4,5 jours par semaine !! C’est là encore un luxe qui permet d’avoir une activité/loisir/repos à côté. Mais est-ce vraiment possible de fermer son cabinet durant une journée entière à la campagne sans associé(e) ? Et cette journée n’est-elle pas remplie parfois, souvent, tout le temps par une autre activité prof. annexe ?
    -Exercice à la campagne
    -Présence d’un secrétariat
    -Un bon revenu à la fin du mois

    Points négatifs :
    -Le nombre de garde ! 1 we + 5 nuits de garde par mois ! Que 4 toubibs dans le secteur de garde ? Pas drôle en hiver…
    -Rentrer tous les soirs vers 21h ! Bon d’ac, il y a une journée de repos qui compense cela…
    -Beaucoup d’activités annexes ! (mais choisies par le toubib !! vi vi !)
    -Que 3 semaines de congés…(mais variable selon le toubib)
    -Mauvaise couverture sociale (sauf assurances supplémentaires pour compenser), pas de congés payés, paperasse…(les soucis du libéral mais que l’on peut sans doute apprivoiser).

    Conclusion :
    Finalement le bilan me semble plutôt positif malgré la charge de travail qui est liée principalement aux gardes…qui certes permettent d’augmenter considérablement le revenu ! Est-il possible de réduire le nombre d’astreintes ? Sans doute pas, à la campagne…
    Peut-on vraiment ne travailler que 4,5 jours à la campagne sans associé(e) ? Si oui, je m’installe…

  • Gedinne :

    Bravo pour la franchise.
    De fait, être Generaliste ne gagne pas tant que ça, mais les clichés ont la vie dure.
    En deuxième année de formation en Belgique, j’ai un status plus ou moins semblable à celui de salarié, le 13 mois, les congés payés et les assurances en moins, pas vraiment un statut.
    Même salaire fixe par université pour tout le monde, qu’on soit (et excusez moi de troller) dermato (40 heures semaine), interniste (58/w), anesthésiste (62/w) ou chirurgien (> 64/w). Étant dans la troisième catégorie, mon salaire net horaire, sans renumeration des gardes, est de 7,17€/h … (pour les flemmards de la calculette, ca fait 1790€/mois, plus +/- 300€ de garde) Ça fait rêver! Le SMIC est a combien en France?

    • Borée :

      Pfiou… deux journées charrette et j’ai plein de retard.

      @Koa et @Koratelenn
      La discussion que vous évoquez dépasserait vraiment les limites que j’ai posées pour ce blog. Mais autour d’un verre, il y aurait de quoi échanger !
      En réalité, mon ami est payé au Smic. Et plus de 75% de son salaire sont absorbés par les frais d’essence et de repas. Nous sommes donc, d’une certaine manière, de faux ‘Dinkies‘.
      Nous avons une chouette maison. Entre les emprunts et les travaux, c’est presque 2 500 € par mois. C’est un choix (je trouve la formule de @CMT très juste : avoir ce choix est un luxe en soi).
      Oui, nous vivons confortablement. Quand j’ai une réparation à faire, ça me fait râler mais je peux la faire faire. Tous mes animaux ont leurs vaccins (ça en fait quelques uns). Quand on veut voir un DVD, on se le paye sans recompter les sous. Oui, tout ça c’est vraiment confortable. Mais ma voiture a 11 ans et nous sommes partis à l’étranger deux fois en 10 ans. Je vous assure que je me sens loin d’être « Pretty Woman ».
      Je partage donc, très sincèrement, votre conclusion.

      @CMT
      Vous le dites vous-même : si un salarié a des frais professionnels qui dépassent 20% de son revenu, il a également la possibilité d’opter pour les frais réels. Nous, nous en avons simplement l’obligation.
      De toute façon, le but de ce billet est plus de donner un reflet de ma « vraie vie » que de ma déclaration 2035, même si ça y ressemble pas mal.

      @zigmund
      Bravo pour avoir fait votre coming-out à votre tour. C’est tout à votre honneur mais vous êtes vraiment un ophtalmologue atypique.

      @Dr Stephane
      Merci aussi pour ton coming out ! Nettement plus d’actes (le ratio 320 / 220 d’aide à la télétransmission en donne une bonne idée), nettement moins de forfaits, un peu moins de charges mais, au final, un bilan très semblable.

      @Audrey
      J’ai récemment vu passer une annonce pour un poste salarié pas très loin : mi-temps à 32 000 € nets.
      Alors, en effet, comme vous le dites vous-même, je ne me vois pas, pour le moment, faire ce type de travail de bureau qui me paraîtrait bien fade. Mais, en termes de revenu horaire et de qualité de vie personnelle, il n’y a pas photo.

      • Borée :

        @Kewan
        D’après les données de la caisse, j’ai fait une cinquantaine d’actes « régulés par le 15 » pour l’ensemble de l’année. Au pif, je dirais que ça doit être à moitié des actes de dimanche et à moitié des actes de nuit (dont l’essentiel entre 20h et minuit).
        Grâce à la régulation, ça reste donc assez vivable même si l’astreinte est une contrainte réelle (je ne peux même pas aller dans mon jardin : le portable ne passe pas).
        L’impact financier des gardes est donc lié au montant des astreintes bien plus qu’au montant des actes faits en garde (16 500 vs +/- 3 000 €).

        Je n’ai pas non plus la prétention d’être un modèle. Mes consultations durent entre 25 et 30 minutes en moyenne et je passe beaucoup de temps pour avoir des dossiers nickel.
        Je suis sûr qu’il doit être possible de travailler très honorablement, avec le même nombre d’actes, dans un volume horaire plus restreint.

        @Flo
        Nous n’avons pas (encore ?) d’enfants et je n’ai hérité d’aucun gène de l’oisiveté. C’est tout, je crois. 

        @DrEmman67
        La limitation du nombre de patients et d’actes est bien un choix. Je pourrais sans grande difficulté doubler mon activité… si j’acceptais d’aller plus vite et de rogner sur mon moral et ma qualité de vie.
        Et, oui, je vous le confirme : tous les cabinets de mon secteur sont fermés le samedi. Nous avons tous de vrais week-end et les patients s’y sont parfaitement adaptés !
        Pour le samedi, comme pour nos autres absences (dont mon après-midi de libre), nous avons un accord local : celui qui est de garde la nuit est aussi « d’astreinte » en journée ou le samedi matin.
        Ça se passe globalement bien et il est exceptionnel qu’un patient me fasse une réflexion.

        Le bilan est donc, en effet, globalement positif et vous pouvez songer à vous installer !
        Par contre, une chose me semble claire : les limites sont à poser dès le début. En créant un cabinet de zéro, la tentation aurait pu exister d’accepter des tas de demandes au début mais ma préoccupation a toujours été de ne pas me laisser déborder (de trop…).
        Autre exemple : pendant 8 mois l’an dernier, je n’ai plus accepté aucun nouveau patient, tout le monde n’arrive pas à gérer ça.
        Par contre, je ne suis pas convaincu que l’exercice solo soit la meilleure solution : je ne resterai pas seul encore longtemps !

        @Gedinne
        Les étudiants en médecine sont tout aussi mal payés en France…

  • DocVéro :

    Bravo (et merci) pour ce billet magistralement détaillé!
    De plus Borée a l’honneur du blog du nouvelobs+ : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1969;tous-blindes-les-medecins.html
    Je remplace depuis 20 ans (aïe il y a longtemps que j’ai coupé mes couettes!) et si je m’installe début 2012 c’est que maman solo de 2 enfants je trouve la « liberté » du remplaçant plus si intéressante, surtout si je veux des vacances pendant les vacances scolaires!

  • Emmanuelle :

    Blog que je découvre et passionnant.
    Très belle mise en page, contenu fourni, détaillé, précis, on en a pour notre argent 😉

  • Emmanuelle :

    Ah si, j’oubliais : c’est énorme 219 patients en ALD sur 750. C’est pareil pour les autres médecins?

    • Borée :

      Oui, c’est pas mal. Secteur rural, population âgée.
      En France, il y a environ 8 millions de personnes en ALD pour 50 millions d’adultes, soit, en gros, 16%. Il est certain qu’avec mes 29%, je suis sensiblement au-dessus de la moyenne.
      Et merci pour les compliments !

  • zigmund :

    29% petit joueur ! :-)) j’en ai 35% (chiffres RIAP) ==> je rêve de faire des lunettes de quadra et de quinquas histoire de « m’ennuyer » un peu
    ceci explique mon « rendement » minimum

  • Yalcin :

    Fallait oser, et t’as osé… Chapeau !
    Mon médecin traitant bosse le matin au cabinet en consultation libre, et l’après-midi sur RDV.

    Le matin il tourne à 4 patients/heure à peu près, et l’après-midi il a des RDV toutes les demi-heures.

    Le pauvre ignorant que je suis ne fait pas le calcul comme toi, certainement à tord d’ailleurs.

    Un jour je me suis amusé a faire le calcul en attendant mon tour. Voici comment j’ai raisonné :
    – 4 patients par heure le matin
    – 4h30 de travail le matin (8h30-13h)
    – 25 (entre 24 et 26) matinées par mois (lundi à samedi)
    – 23€ la consultation

    – 2 patients par heure l’aprem (cabinet + visites à domicile)
    – 4h de travail l’aprem (15h-19h)
    – 21 (entre 20 et 22) après-midi par mois (lundi à vendredi)
    – 23€ la consultation

    Ce qui faisait dans mon esprit :
    – 18 patients le matin à 23€ pendant 25 jours, soit 18*23*25= 10350€
    – 8 patients l’aprem à 23€ pendant 21 jours, soit 8*23*21 = 3864€

    Soit un total de 14.214€ par mois, et 156.350€ pour 11 mois par an.

    J’imaginais 1 garde par mois, et là j’avoue que mon esprit me disait « ça doit pas taper en dessous de 500€ le dimanche de garde », et à 11 gardes par an ça rajoute 5500€, soit un total de près de 162.000€ brut par an.

    Il a une secrétaire à mi-temps qui doit lui coûter 12000€ brut par an (là encore c’est un chiffre que j’ai imaginé en lisant le dernier Closer qui était sur la table de la salle d’attente), donc mon médecin traitant gagne 150.000 brut par an 🙂

    Comme il est propriétaire il n’ a pas de loyer. Et comme je ne suis pas à une estimation près,j’ai décrété qu’il a profité du bouclier fiscal à 50%.

    Bref mon médecin traitant est un nanti qui gagne 75k€ net/an

    Je ne suis ni comptable, ni médecin, et j’imagine que bon nombre d’entre vous doivent sourire à la lecture de ce commentaire simpliste, mais… il faut bien faire passer le temps en attendant son tour !

    Blague à part je ne sais pas ce qu’il gagne, mais même s’il gagnait ça, ça ne me choquerai pas au vu des études et du travail qu’il accompli.

  • hulkette :

    Pour ma part, je suis pharmacien salariée et j’ai commencé à parcourir votre blog que je trouve très bien écrit et très intéressant. Un plaisir à lire!

  • ha-vinh :

    Félicitation, Le CAPI n’esiste plus: il est maintenant remplacé par le paiement à l’objectif dans la nouvelle convention, vous pouvez consulter le billet que j’ai écrit ici:
    http://philippehavinh.wordpress.com/2011/07/26/p4p-for-french-primary-care-physicians-for-the-first-time-of-their-history/

    Bien cordialement

  • le toubi :

    Bonjour,
    billet très intéressant ; je tacherai de faire le même calcul pour ma part quand j’en aurai un peu le temps (avec toute cette blogosphère à explorer et à suivre je n’ai plus une minute pour ma compta !!!)
    Mais vous ne mentionnez pas d’assurance santé et prévoyance dans les charges ? ou alors c’est avec l’URSSAF ? et retraite complémentaire, si vous avez commencé à en faire une… ? (moâa gé pô commencé ; ch’ai pô quoâ faire !)

  • Steph :

    Merci pour votre billet d’une grande clarté. Je regrette cependant ceci :

    Borée a écrit :
    > Si on compare avec un revenu salarié, il faudrait en
    > retirer 10% et partir sur une base de 21,63 € de
    > l’heure. Ce qui correspond à un peu moins du double
    > du salaire horaire moyen français. Et qui, **** on
    > peut le voir, est inférieur au salaire horaire moyen
    > d’un cadre. ***

    Ne sombrez pas dans les mêmes erreurs que la populasse en associant cadre et golden boy !

    comme vous le dites bien justement pour vous, tous les généralistes ne gagnent pas pareil. et comme le disait Juliachou, c’est pareil pour les cadres.

    Exemple en informatique.

    Un ingénieur en développement logiciel débutant (bac+5) sortant d’une école, lorsqu’il trouve un job, est payé aux alentours de 25k€ à l’année en province.

    Après 10 ans d’expérience, c’est difficile à estimer car tout dépends de la longueur de ses dents (si elle rayent le parquet ou si ce sont encore des dents de laie !). Comptons dans les 35/40 k€ en province.

    Au niveau horaire, généralement, on ne les compte pas. 10h à 11h/jour, ça semble usuel. Certes la pause de déjeuner peut parfois durer longtemps, mais parfois ne pas exister…

    Le salaire horaire moyen d’un cadre en informatique est difficilement estimable car il dépends de plusieurs paramètres :
    – son domaine d’expertise (administration des serveurs dans une banque/assurance c’est plus cher payé qu’expert technique logiciel)
    – son lieu géographique (paris/province par ex)
    – son secteur d’activité (SSII pas comme un poste à l’ARS, s’il y a des informaticiens là bas)
    – etc.

    Là par contre où on se rejoint peut-être, c’est qu’on a quand même l’impression de « ramassage des salaires par le bas », et que l’écart entre les touts petits et les moyen est infime par rapport aux très grands ?

  • le toubi :

    Chose promise chose due, je me suis livré à l’exercice du Dr Borée, en reprenant ma 2035 :
    REVENUS :
    – honoraires + astreintes + forfaits (pas de CAPI) = 108710 €
    – Formations indemnisées = 2640
    TOTAL REVENUS = 111350 €
    CHARGES :
    – Charges sociales perso = 9030 € (comme précisé plus haut, sans retraite complémentaire encore…)
    – Secrétariat (salaire + charges) = 15763 €
    – Loyers et charges locatives = 8069 €
    – frais de véhicule = 2859 €
    – amortissements = 3051 €
    – fournitures médicales = 945 €
    – documentation et logiciel médical = 0 (c’est dilué dans le loyer et le petit outillage)
    – cotisations personelles et syndicales = 589 €
    – frais bancaires, assurances, comptable = 3650 €
    – rétrocessions remplaçants = 19694 (c’est énôorme par rapport au Dr Borée ; çà s’explique parce que j’ai pris plus de vacances que lui, que je me fais toujours remplacer même pour une journée d’absence et que j’ai en particulier un remplaçant qui a fait beaucoup de gardes que je lui ai rétrocédé à 100%)
    – téléphone, poste = 1976 €
    – petit outillage (et documentation) = 2033 €
    – repas du midi = 0 (je mange chez moi et ne compte pas)
    TOTAL DES CHARGES 67659 €
    soit un REVENU DISPONIBLE de 43692 € ou 3641 €/mois.

    Ensuite je trouve que çà ne veut plus dire grand chose car le volume horaire est quand même difficile à apprécier exactement, et qu’on n’a pas tout à fait la même activité. En gros, je travaille un peu moins d’heures au cabinet chaque semaine et je prends plus de vacances. Un cadre ou cadre-sup ne compte pas ses heures non plus donc ramener cela à un emploi de 35h/semaine me paraît un peu rapide.

    Mais pour jouer le jeu jusqu’au bout, je suis arrivé à un taux horaire de 19 € !!! Et là je me dit « mais qu’est-ce que je fous, bon dieu ? C’est chez Borée que je dois aller ! »
    (Oui, parmi les médecins il y a une fâcheuse tendance à appeler les Confrères par leur nom de famille, sans dire ni Monsieur, ni Docteur, ni S’il vous plaît ni Merde. Ce que je ne fais jamais habituellement ; là c’est juste une figure de style)

  • Julie :

    Bonjour.
    Alors voilà pour me présenter très vite, je suis étudiante en communication. Rien à voir avec médecine. Cependant en ce moment il est vrai que je m’intéresse assez aux salaires que peuvent apporter les différents métiers. J’ai trouvé cet article très intéressant car contrairement à beaucoup de sites, ici il n’y a aucune plaintes concernant le salaire/horaire ou autres et beaucoup de précision. De plus, les gens parlent avec franchise. Mais il y a deux trois petites choses pour lesquelles je ne suis pas trop d’accord, ou alors que je n’ai pas bien comprises… (bien entendu je ne suis pas là pour faire des remarques inutiles ou négatives, seulement comprendre ou donner un autre point de vue)alors voilà tout d’abord :
    Comment avez-vous trouvé le salaire horaire d’un cadre ? Je suis assez curieuse à ce sujet parce que beaucoup disent que les cadres gagnent environ le même salaire qu’un médecin généraliste pour seulement 35h ce qui n’est pas très juste. Or je peux le constater, mon père qui est cadre, et ma mère qui est médecin, ont a peu près le même nombre d’heures de travail. De plus, mon père lui, n’a pas son cabinet chez lui et doit donc en plus de son boulot prendre du temps pour aller à son entreprise, et qui peut donc varier entre 30 minutes et 2heures en fonction des jours où il est en déplacement. Il n’est aussi régulièrement pas là les soirs et les nuits car il doit rester plusieurs jours dans d’autres villes pour des réunions ou autres choses. Et pourtant, le salaire de mon père est moins élevé. Cela m’étonne donc de voir que le salaire/horaire est environ le même pour un médecin et un cadre.

    La deuxième question que je me pose est la suivante : J’ai pu voir (via des liens sur votre site vers d’autres sites) que certains médecins eux aussi donnaient leur salaire mensuel net, AVANT IMPOTS. Cela signifie donc que vous n’avez pas réellement cette somme là dans votre poche. Et donc je voulais savoir si les impôts étaient les mêmes pour tout le monde (en fonction de leur consommation d’eau, d’électricité etc) ou si il dépendait aussi de la profession exercée ?

    Voilà. Merci par avance. En espérant n’avoir gêné personne avec des questions peut-être inutiles à vos yeux. 🙂

    • Borée :

      Il n’y a pas de questions inutiles. 🙂

      Concernant le salaire des cadres, je l’avais récupéré sur le site de l’INSEE, il me semble. Je crois que la situation des cadres, comme celle les médecins, est très hétérogène, que ce soit pour le salaire ou pour le volume horaire. Un salaire moyen recouvre donc de grandes disparités individuelles.
      Concernant les médecins, j’ai probablement un revenu horaire plus faible que la moyenne et certainement assez inférieur à celui de la moyenne des médecins de campagne. Je n’ai pas la prétention d’être un « médecin type » et ce que je décris n’est que ma situation personnelle.

      La comparaison des revenus se fait toujours avant impôts. En effet ceux-ci dépendent d’énormément de facteurs non professionnels (situation familiale, investissements donnant droit à des abattements, dons à des organismes caritatifs, crédit d’impôt pour l’emploi de personnes à domicile, etc…). Comme vous le voyez, il s’agit de facteurs relevant de choix personnels, non liés au métier ce qui fausserait les comparaisons.

  • AM :

    Bonjour
    Je n’ai pas lu tous les commentaires mais j’ai l’impression que la question de la retraite n’a pas été abordée… Me trompé-je?
    Les généralistes cotisent des fortunes mais n’auront sûrement pas de retraite ou à peine (voir sur le site de la carmf), ceux qui le peuvent font une double cotisation pour espérer avoir une retraite… Juste pour dire…

  • Gloup :

    Merci à Borée pour ce coming-out et à tous les commentateurs pour le ton finalement courtois et peu agressif d’un sujet qui fâche souvent.

    @Borée : assurances professionnelles et complémentaires retraite ne sont pas dans tes dépenses? Pour moi c’est respectivement 500€/mois (macsf) et 300€/mois déductibles en loi madelin.

    L’intérêt du 1er c’est que si tu es malades qui va payer tes charges? Les miennes en spécialité sont doubles des tiennes (amortissement etc.) même si le revenu au final est supérieur je sens bien ma fragilité financière au prix de la machine à payer que je suis.

    Enfin, pour ce qui est de l’inégalité et de revenus « excessifs » que tu pourrais estimer avoir : l’impôt sur le revenu sert justement à répartir l’effort sur tous.

    Ce que tu pourrais aussi regarder c’est : ayant payé mes charges, mes frais de fonctionnement, mes impôts, combien me reste-il en % de l’argent que j’ai amené au fonctionnement de la société? Plus énormément hein.

  • Claire :

    Bonjour, je suis collégienne, et si je lie ces blogs c’est que je m’informe sur le métier que je rêve de faire.
    Fin…bref : En plus des différents coups, vous avez bien dû endosser des prêts et des dettes durant vos études, non ?

  • Borée :

    @Gloup
    Les frais d’assurance professionnelle sont bien mentionnés.
    Je n’ai pas de complémentaire retraite, pour le moment, le remboursement de l’achat de ma maison en fait office. Par contre, j’ai une prévoyance que je n’ai pas fait passer en Madelin (plus avantageux en cas de pépin, quand on en a vraiment besoin).

    @Claire
    Je n’ai pas fait d’emprunt durant mes études : mes parents m’aidaient un peu et, surtout, je travaillais à côté comme infirmier la nuit et les week-ends. J’ai l’équivalent de 18 mois de temps-plein comme infirmier de ma 2ème à ma 6ème année de médecine ! (à partir de l’internat, on a un salaire qui permet de vivre)

  • Rhizome :

    [je viens de rue 89]

    C’est vraiment « marrant », mais en fait, quel que soit le métier, on trouve toujours qu’on « mériterait » plus ! (alors qu’il suffit de se comparer au reste de ses concitoyens pour se rendre compte que bien souvent, c’est l’inverse : rien de méchant, mais vous faites partie du 3e centile le plus riche de France, quand même, c’est pas rien, et ça prend pas en compte les revenus de votre conjoint)

    Sur l’autre versant (et ça concerne surtout certains commentateurs indécents voire obscènes), on trouve toujours que l’Etat/la collectivité/la solidarité en prend trop : mais faut bien justifier que 25% des gens gagnent moins de 800€ « brut » par mois. Bizarre, mais quand t’es jeune et/ou pauvre, tu rêves de payer des impôts, et d’en payer beaucoup (parce que ça veut dire qu’il te reste de quoi manger, te vêtir, te loger, te soigner, etc.)

    Enfin, je trouve que la médecine est un métier magnifique. Super-utile. Ultra-nécessaire. Je félicite votre courage d’avoir tenu jusqu’ici dans la campagne profonde et déserte. Je trouve que depuis 10 ans (ou plus), on en demande beaucoup trop à certaines catégories de médecins (et pas assez à d’autres). Ce n’est pas que vous gagnez trop (enfin certains, quand même…), c’est que vous n’êtes pas assez nombreux d’une part, et que vous avez pas le « droit aux loisirs » (c’est moche, mais le temps libre est aussi du temps « libéré »).

    Et plutôt que de mettre un prix sur le « sacrifice » d’une vie privée (ou de multiples à côtés), je préférerais que socialement, il n’y ait pas de sacrifice et que cette question ne se pose pas.

    ça me désole que vous quittiez la « campagne », mais je comprends votre position d’autant mieux que vous payez surtout les pots cassés d’une politique de santé minable et stupide.

  • Pascal :

    Votre démarche est louable, et par moment je comprends votre frustration compte tenu des sacrifices réels ou supposés que vous vous êtes imposés. Cela dit, et pour être honnête, vous répétez plusieurs fois que vous faites bien plus que 35h. Mais savez-vous que la plupart des cadres font des horaires au moins équivalents aux vôtres ? Pour un salaire qui est pour le coup de moins 4000€ net mensuel en moyenne(source dernière étude de l’insee).
    Je pense que de nombreux métiers ont vu leur image auprès de la population écornée ces dernières décennies, dont les médecins. Mais il y en a beaucoup d’autres, et parfois bien plus durement que les médecins. Regardez les enseignants (les fameux « hussards de la République » LOL), les avocats, les banquiers, etc.
    Alors oui, la situation est dure pour tout le monde, mais les médecins demeurent, malgré cela, une profession extrêmement privilégiée (salaires très élevés, rythme de vie, possibilité de s’installer en indépendant, revenus garantis par la solidarité nationale)

  • DM :

    [je viens de rue 89 aussi]

    Bravo pour l’exercice, qui permet certainement d’apporter du concret et des bases sérieuses à la discussion. Bravo aussi et surtout pour la lenteur ! J’aimerais en croiser plus souvent des comme vous !

    Pour l’aspect financier, je suis d’accord avec Rhizome. Tout le monde pense toujours mériter ce qu’il gagne, ou mériter plus, quand bien même il s’agirait d’1 million par an (« oui mais vous comprenez, je suis un investisseur, je prends des risques, il faut rémunérer le risque… »). Bien évidemment je préfère qu’un médecin gagne 5000 euros par mois plutôt qu’un spéculateur, mais c’est une autre histoire.

    Ce que je veux dire par là, c’est pourquoi vouloir gagner plus, après tout ? Je suis cadre et gagne 2200 euros par mois. Je travaille environ 40h par semaine, ce qui est bien suffisant. Je pourrais être calife à la place du calife, mais je refuse, pour garder du temps pour vivre, tout simplement. Du coup, mon objectif étant de vivre et pas de gagner de l’argent, ben j’en veux pas plus. Si on inculquait ce genre de valeurs aux enfants, plutôt que les forcer à la compétition et à vouloir gagner toujours plus, eh bien on aurait plus besoin de faire des billets comme le vôtre.

    Mais encore une fois, merci pour l’exercice, et bon vent !

  • avs :

    Bonsoir,

    Vous parlez de comparaisons internationales. Il faut savoir à quoi on compare.

    Par exemple, en France, à parte de 56k€/an on fait parti des 10% des plus riches.
    C’est l’Insee qui le dit.
    http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=NATnon04249

    On niveau international, vous devez être dans les 99.9% des gens les plus riches de la planète.

    Par richesse j’entends niveau de revenu, hein.

    J’ai trouvé, dans votre post de blog que j’ai bcp apprécie par ailleurs, un phénomène décrit par H Kempf dans un de ces livres qui traine en ce moment sur mon chevet: http://www.seuil.com/livre-9782021028881.htm
    A savoir: on a tendance, quand on compare nos revenus, à penser à nos potes, ce qu’on s’est fait à partir de la fac. Le problème c’est que pour vraiment beaucoup ils sont pétés de thunes comme nous (j’entends par pété de thunes = au dessus de 90% des Français), voir plus. Alors on perd nos repères.

    PS: j’ai débarqué ici via r89, et je dois dire que j’aimerais bcp être patient de votre cabinet fantasmé, et que je soutiens à fond votre envie de faire du temps partiel plutôt que de se crever au boulot.

  • picokoa :

    Bonjour Borée,

    c’est un chouette exercice, et je pense que je l’avais dit l’an dernier 😉
    Je suis retombée dessus à partir de rue89 comme d’autre, et j’avoue que même si je comprends toujours l’exercice, sa franchise, et le fait qu’à ce niveau d’études on veuille un peu plus de sécurité, j’ai tiqué sur le temps de travail…
    Mon homme à moi bosse environ 50H semaine, il est payé 35, comme « tout le monde », enfin comme les cadres, pour qui les 35H sont de la théorie… et il gagne moins de 4000€ net.
    Ce qui ne nous empêche pas d’être dans une chouette situation financière en province, surtout loin de moi l’idée de pleurer, j’adore notre vie !
    Mais bon, lui non plus je ne cherche pas à calculer son salaire horaire, je crois que ce serait déprimant !

    Pour le reste encore bravo !

  • Dr Michel :

    Les calculs sont précis! Il est toutefois possible que tu en fasse beaucoup, peut être un peu trop, dit le médecin qui fait des rempla 🙂

    Il y a tellement de choses inutiles qui rentrent dans ton calcul. Par exemple : les expertises, les surveillances sportives, ou encore 680euros pas an de cafetière et 1630 euros de tél+poste?? C’est ahurissant.

    Tu es un passionné et je trouve cela génial.

    Alors bonne route pour la suite.

  • alice :

    Quand je m’examine, je m’inquiète, quand je me compare, je me rassure. MONTESQUIEU.

  • Médecins : la tentation de l’évasion fiscale | Le blog de la santé :

    […] à énormément de gens, c’est très confortable », reconnaît un médecin blogueur dans l’un de ses billets. « Il n’est vraiment pas question que je me plaigne lorsque je vois nombre de mes patients qui […]

  • Le dessous des sous | Journal de bord d'une jeune médecin généraliste de Seine-Saint-Denis :

    […] je n’ai pas de mal à parler d’argent en soi, c’est pourquoi comme Borée l’avait fait ici, je me suis dit, finissant ma compta,que j’allais faire un billet de mes revenus. Parce que l’on […]

  • MARTIN :

    Certes cela date de 2011 mais la travail est tellement intéressant !
    j’ai « atterri » sur votre site parce qu’il y a quelques mois un ancien Ministre de la Santé a affirmé sur D8 que les médecins ne percevaient pas que les 23.00 EURO !

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