Médecine, sexe et pouvoir

J’ai eu une externe de 4ème année en stage. Charmante et intelligente. Un vrai plaisir comme bien souvent.
Je me souviens d’une consultation avec une jeune femme. C’était en fin de journée, il faisait beau, on avait le temps et tout le monde était de bonne humeur.

On parle gynécologie. La patiente me dit l’exigence de son gynéco de lui faire des frottis tous les ans et qu’elle n’aime pas bien ça.
Je me tourne vers l’externe, je lui demande ce qu’elle en pense. La conversation s’engage à trois.

Cette externe, qui sera bientôt médecin, déjà une soignante et qui, j’en suis sûr, sera une soignante attentive, nous explique que c’est son gynécologue qui lui prescrit sa contraception et qu’elle le voit donc tous les ans. Qu’il exige qu’elle ait, chaque année, un examen au speculum avec un frottis. Que, sinon, il refuse de lui renouveler sa pilule. Qu’il lui demande toujours de se déshabiller intégralement et qu’il lui fait une palpation des seins.

Et je découvre, stupéfait, que tout ceci lui paraît absolument naturel. Une obligation désagréable certes, mais une obligation évidente qu’il n’y a même pas à questionner.

Les échanges lors de cette consultation et par la suite ont été, je crois, une vraie révélation mutuelle et cette stagiaire, qui n’imaginait pas qu’une consultation gynécologique puisse se dérouler différemment, a fait un vrai travail de recherche sur la manière dont ça pouvait se passer, ailleurs, et sur le ressenti des femmes.

Et je lui ai validé son stage. (Oui, bon… j’ai toujours validé les stages… disons que je l’ai validé avec enthousiasme.)

Je passerai rapidement sur l’inutilité de pratiquer un examen gynécologique chez une jeune femme de moins de 25 ans qui ne se plaint de rien. C’est même assez inacceptable avant 20 ans, à un âge où l’on est encore dans la découverte de son corps et de la sexualité.
Si on veut installer l’idée que le sexe, plutôt qu’une source de plaisir amoureux, est un danger permanent qu’il convient de médicaliser et, ainsi, de « génitaliser », c’est même un très bon moyen.

Je ne m’attarderai pas davantage sur le pur scandale que représente ce chantage à exiger que le patient se plie aux contraintes qu’on entend lui imposer sous peine de se voir refuser toute prise en charge.
Rappeler à une femme de 30 ans que le frottis c’est important, c’est notre boulot. Refuser de lui prescrire sa contraception si elle n’accepte pas de s’y prêter, c’est lui placer un revolver sur la tempe. C’est une relation de pouvoir et non pas une relation de soin.

Ce que j’ai trouvé vraiment édifiant dans ce dialogue, c’est combien certaines de nos maltraitances pouvaient être perpétuées non pas parce que les soignants français seraient fondamentalement malveillants (il y a bien quelques connards sadiques dans le lot mais je suis sûr qu’ils sont minoritaires), mais parce que, tout simplement, ils n’interrogent pas leurs pratiques.
Même pétris d’une réelle volonté de bien faire, des soignants peuvent pourtant être maltraitants au nom du simple « on a toujours fait comme ça ».

Il est donc temps, de clore cette trilogie que je n’avais pas anticipée par deux gestes que je n’ai pas encore abordés.
La palpation des seins tout d’abord.
L’habitude de déshabiller intégralement les femmes ensuite.

***

Faut-il tâter les tétons ?

(Je n’aborderai pas ici la question de la mammographie de dépistage – qui n’est de toute manière justifiée pour la population générale que de 50 à 70 ou 75 ans et uniquement dans un cadre organisé -, ni celle des femmes à haut risque en raison de leur terrain familial.)

La palpation des seins est pratiquée de longue date dans l’espoir de permettre le dépistage précoce de cancers du sein. L’idée sous-jacente est que « plus tôt on détecte, plus tôt on traite, mieux c’est ».

Cette technique paraît intéressante : elle est simple, gratuite, sans risque direct et généralement pas trop pénible.

Elle est même tellement simple qu’il a été proposé de l’enseigner aux femmes elles-mêmes et de les encourager à pratiquer régulièrement des autopalpations. Idée séduisante mais qui se heurte à la réalité.

Deux essais comparatifs réalisés en Russie et en Chine (reprises dans cette Méta-analyse et dans une synthèse Cochrane) ont regroupé au total 380 000 femmes (pour les non connaisseurs : c’est énorme et ça donne généralement des résultats très fiables).

La conclusion est malheureusement claire : aucun bénéfice n’a été retrouvé.

Par contre, la pratique des autopalpations a considérablement augmenté le nombre de consultations médicales, de biopsies négatives, d’examens invasifs et probablement l’anxiété de ces femmes.

Cette pratique – qui est pourtant encore régulièrement proposée – est donc, malheureusement, inutile et certainement même nuisible.

Ce qui n’empêche pas, bien évidemment, qu’une femme qui remarque une modification d’un de ses seins, une douleur ou toute autre anomalie suspecte doive consulter sans tarder. C’est la base d’une stratégie promue dans les pays anglo-saxons, plus particulièrement au sein de la profession infirmière : le « breast awareness« .

Ce terme n’a visiblement pas encore trouvé son équivalent en français. On pourrait parler de « mammo-vigilance » (si quelqu’un trouve un terme plus heureux, ce sera parfait).

Cette stratégie manque de preuves solides pour l’appuyer mais elle semble de bon sens et propose une démarche plus globale et moins systématique. Vous pouvez trouver ici la version francophone (mais oui !) de la brochure que propose le NHS (l’assurance maladie britannique) sur le sujet.

Bon, oui, ok, l’autopalpation ce n’est pas bien. Mais la palpation par un professionnel, ça fait tout de suite beaucoup plus sérieux, non ? C’est sûr que, ça, ça doit être efficace et sauver des vies.

Eh bien, on n’en sait rien. Rien du tout.

Aucune étude convenable n’a étudié les performances de la palpation de manière isolée. Les seules études ont été faites dans le cadre de stratégies associant ou non des mammographies. Une étude philippine avait démarré mais a rapidement été stoppée en raison de difficultés de suivi.

Il faudra donc probablement attendre la fin d’une grande et passionnante étude indienne (150 000 femmes de 35 à 64 ans, suivies dans des conditions très proches de ce que l’on pourrait faire dans la « vraie vie ») dont une analyse intermédiaire est parue récemment.

En-dehors d’un examen couplé à une mammographie, palper les seins d’une femme n’est certainement pas une faute. Ne pas les palper non plus puisqu’on ne dispose d’aucune preuve scientifique de l’intérêt de cet examen effectué seul.

Encore faut-il, si on souhaite proposer une palpation, se rapprocher du (faible) cadre que nous donnent les quelques études disponibles (uniquement dans le cadre de comparaisons avec la mammographie, je le rappelle) :

  • des femmes d’au moins 40 ans (les cancers du sein, bien que dramatiques, sont rarissimes avant 30-35 ans),
  • en respectant un protocole très précis (palpation et examen visuel nécessitant au minimum 3 minutes par sein),
  • par des professionnels qui ont suivi une formation spécifique.

En-dehors de ceci, la palpation des seins ne repose vraiment sur rien.

Il n’est donc pas illogique de la proposer avec prudence si on pense savoir la pratiquer convenablement. On peut raisonnablement la faire à une femme qui est demandeuse et que ça peut rassurer.

Mais l’imposer, en particulier à une très jeune femme, relève davantage du droit de pelotage que d’un acte médical.

***

A poil et couche-toi là.

De toutes les pratiques de certains gynécologues ou généralistes, il en est une qui me scandalise plus que tout…

Je discutais un jour avec un gynéco. Un jeune, de ma génération. Même pas l’excuse d’être un vieux rabougri.

« Ah bon ? Tu les fais déshabiller intégralement tes patientes ?

– Ouais, bon, elles ont le droit de garder les chaussettes hein !

– Mais pourquoi ?

– Ben, c’est comme ça. C’est quand même plus simple. Qu’est-ce que ça change ? De toute façon elles me montrent bien leur chatte. Et puis elles ont été habituées comme ça. »

Le cadre n’était pas à la polémique. Ce confrère était tellement loin du moindre questionnement que je n’ai pas voulu mener la bataille. J’ai donc lâchement changé de conversation et je me suis dit simplement que jamais je ne lui adresserai de patiente.

Mais j’avais quand même envie de lui hurler que ça changeait tout. Que se retrouver à poil, allongée à la disposition du médecin, c’était accepter clairement une position de soumission totale. Que c’était un mépris complet de la pudeur de ses patientes.

Et, surtout, que ça n’avait aucune, mais alors aucune, justification. Que ça ne servait à rien de rien.

Ah ! Si… à faire gagner peut-être 30 secondes au praticien.

Parce que, si vraiment on veut faire un examen génital et palper les seins, il faut quand même le faire en deux fois. Même le plus habile des gynécologues n’arrivera pas à faire les deux choses simultanément. Et il n’est donc tout de même pas très compliqué d’enlever le bas, faire l’examen génital. Laisser la femme remettre son pantalon ou sa jupe, puis enlever le haut pour examiner les seins.

Alors, oui… ça prendra peut-être un tout petit peu plus de temps mais ça me semble tout de même infiniment plus respectueux.

Considérer que ce petit gain de son temps est plus précieux que l’humiliation inutile subie par notre patiente, c’est avoir décidément une très haute opinion de soi-même et faire bien peu de cas de l’autre. Ou alors, si ce n’est pas une question de gain de temps, c’est encore pire : une attitude, peut-être même inconsciente, visant clairement à asseoir la domination du praticien (que ce soit un homme ou une femme n’y change rien) sur son patient.

C’est pourquoi, lors d’un examen gynécologique, refusez de vous déshabiller intégralement si ça doit susciter la moindre gêne chez vous. Car rien ne le justifie.

Et n’hésitez pas à changer de médecin s’il veut vous l’imposer. Ce n’est rien d’autre qu’un viol de votre intimité et ce n’est pas parce que l’autre porte le titre de « Docteur » qu’il ou elle en a le droit.

La noblesse de la médecine, c’est de prendre soin de nos patients. Ce n’est pas d’exercer notre pouvoir sur eux.


177 commentaires à “Médecine, sexe et pouvoir”

  • DocAste :

    ++++++++++ 11111111111111111111

    (commentaire inutile mais qui a pour but de te signifier mon approbation la plus totale !)

    😉

  • La poule pondeuse :

    BRAVO ! Et merci, merci.
    Ca me rappelle un épisode d’Urgences (oups la référence…) où est introduit le concept de TUBE : Totally Unnecessary Breast Exam.
    Sinon vraiment ce qui aide aussi c’est l’accompagnement par la parole : « puis-je vous examiner ? » « est-ce que c’est douloureux ? » « voulez-vous que j’arrête ? » « je suis désolé que ce soit désagréable/douloureux, c’est presque fini »
    J’ai le souvenir d’une écho des ovaires en endovaginal particulièrement épouvantable… Si seulement mon ex gynéco lisait ce blog…

  • Opale :

    Merci pour cet article…
    Je fuis les gynécos à cause de cela…y compris les gynécos femmes que ça ne gêne pas non plus de faire déshabiller entièrement.
    Ceux que j’ai rencontré ne sont pas toujours d’accord sur l’examen des parties intimes chez moi qui n’ai jamais eu de rapports…donc soit c examen soit c « juste » une écho pelvienne (et donc youpi pas besoin de tout enlever), sauf que je ne sais pas ce qui est normal, examen ou pas.

    Je ne sais pas non plus si les gynécos sont éventuellement préparés à recevoir une patiente leur disant « j’ai été victime d’inceste » (ou d’abus sexuels en général) ….déjà la situation que tu décris est hyper désagréable pour une femme, mais forcément comme victime là c’est la panique, personnellement rien que la palpation des seins déjà beurk j’ai du mal..

    Je ne sais pas combien de gynécos il faut tester pour tomber sur un aussi respectueux et qui agirait comme tu le suggères…

    En tout cas ça fait du bien de se sentir respectée, même à travers d’un article.

  • Dominique Dupagne :

    Borée, tu es meilleur à chaque billet 🙂

  • ambre :

    ah! que je suis d’accord! d’ailleurs, j’ai la chance de pouvoir me prescrire la contraception toute seule… ce qui fait que gygy ne doit me voir que tous les 3 ans environs. pour ces raisons-là… 😉 on devrait enseigner ces articles en fac de médecine… si ça pouvait en faire réfléchir ne serait-ce qu’un petit nombre…

  • chantal :

    Merci Borée pour cet article. J’avais déjà pensée que quelque chose qui cloche chez moi, vu que j’en ai en horreur cette attitude de normalité et exigence de la part du médecin de faire déshabiller le patient, souvent inutilement.

    J’ai eu souvent des quiproquos avec des médecins sur ce point du déshabillage automatique. A commencer pas la visite de la médecine de travail qui a voulu faire un examen des seins – je me demande encore aujourd’hui la relation entre cet examen et l’aptitude au travail – le médecin ne m’a pas donné de réponse mais inscrit que je refuse l’examen, tout comme j’ai refusé de montrer mon carnet de santé. Pour finir avec une radio du genou où je devais me mettre en sous-vêtements alors que d’habitude je remontais ma robe vers la mi-cuisse le temps de prendre le cliché – là aussi je n’ai pas eu de réponse pourquoi il fallait se déshabiller pour radiographier le genou. La radio n’a pas eu lieu, mais un beau numéro d’un praticien devant une patiente désobéissante et comme public la salle d’attente pleine). Ou plutôt si, la réponse dans ces cas las est: je suis médecin. Quoique, il y a aussi des infirmière qui exigent qu’on se déshabille (devant elles qui vous regardent pendant qu’on prend la nudité de sa naissance) alors que cela se réveille par la suite inutile.

    Mon MG français me respectait sur ce point beaucoup: déshabillage que quand il le faut, là où il le fallait. D’ailleurs, il n’a même plus besoin de me parler que je devais consulter un autre médecin pour avis, j’ai réfusé catégoriquement.

    En Allemagne, la prescription de la pilule (ou tout moyen contraceptif) est en exclusivité chez le gynécologue. Malin ou idiotie, le renouvellement de la prescription est par trimestre et par trimestre les femmes doivent se faire examiner, c#est ce que écrivent les femmes quand la discutions sur l’abus de consultation et le trou du « Gesundheitswesen » revient sur le tapis.

    J’ai appris une chose pour être respecté par le monde médical: il faut soit avoir beaucoup de chance avec son médecin (respect devant le patient), soit ne pas se laisser faire quitte à ce que l’examen ne se fasse pas et votre MG reçoive une lettre sur votre comportement impossible, soit ne plus aller du tout consulter (et faire selon son sentiment et connaissance de son corps, ainsi les remèdes de grand-mère).

    Je me demande seulement que ressent un médecin quand il patient et que son collègue le traite comme objet de ses connaissances?

    Bonne journée

  • Gromitflash :

    Un bien bel article sur un sujet qui représente pourtant la base de la médecine : l’examen clinique.

    Quand je vois la façon dont sont traitées les femmes, je suis heureux d’être un homme.
    Mais bon, je ferai moins le malin dans 30 ans quand j’irai voir mon urologue :p (copyright M. Cymes).

  • Dunwael :

    La vie est injuste, je n’aime pas trop voir les médecins car j’ai un besoin irraisonné d’avoir une confiance ultime en eux. Et vous me prouvez chaque fois que cela existe.

    N’oubliez pas par erreur de glisser votre nom et adresse quelque part quand notre système de santé deviendra purement consumériste et que vous aurez le droit à la pubicité !

  • Mymy :

    Merci. Ça fait vraiment du bien de lire ça. Merci de nous avoir comprises.

  • SoleilDeMarseille :

    Les patientes qui ne me connaissent pas sont en général surprises quand je leur dis que ce n’est pas nécessaire de tout enlever tout de suite 😉

  • SoleilDeMarseille :

    Pendant mon stage pour le DIU,j’ai assisté à une scène épouvantable de tristesse. J’ai vu une jeune femme qui se rongeait au sang les bouts de doigts qui lui restaient dans la salle d’attente. Quand son tour est arrivé,elle a été reçu par une jeune gynécologue du CHU. Elle voulait une contraception. Elle a refusé l’examen gynécologique ( 19ans ). La prise en charge de la praticienne? Refus de lui prescrire une pilule. Une fois la patiente sortie,la gynécologue m’a dit qu’elle trouvait cette attitude inadmissible. Oui,j’étais bien d’accord:je pense que laisser repartir une patiente sans contraception est une faute professionnelle grave,c’est inadmissible.

  • chantal :

    @SoleilDeMarseille: effectivement, c’est inadmissible de laisser repartir une patient sans contraception pour la simple raison qu’elle refuse l’examen gynécologique (ensuite, on s’étonne du nombre des IVG).

    Vous citez un beau exemple du comportement médical devant un examen qui nécessite de se déshabiller: les médecins sont plutôt choqué que le patient refuse de se dévêtir. Si pour les uns c#est apparemment une chose aussi anodine et normale comme se laver les mains ou boire un café, ce n’est pas forcément le cas pour les autres pour lesquels c’est très personnel et inhabituel.

    J’ai souvent constaté que les femmes médecins sont plus dure, intraitable et cru (j’ai eu une fois la réflexion: mais qu’elles ont donc tous d’être si pudique!)que leur collègues masculins.

  • doccitan :

    moi je suis souvent surpris par la fréquence de frottis imposée par les gynécologues: 1 par an alors qu’1 chaque trois ans est recommandé…

  • Patmet :

    Bien bel article . Pas tant de craintes , je pense qu’ on est pas mal à ne pas faire déshabiller nos patientes systématiquement , ou suis je vraiment naif …

  • Aurélie :

    Mon gynécologue met à disposition des peignoirs. On se déshabille, et on peut mettre le peignoir. J’avoue que je suis nettement « plus à l’aise » comme cela, plutôt que sans rien du tout 🙂

  • Abee :

    Je ne sais pas s’il y sont vraiment formé ou non mais à la fac ils trouvent utile de nous faire subir tous les ans la fameuse palpation dans le cadre de la médecine préventive. perfectionisme un peu surprenant étant donné que la visite donne l’impression d’être relativement expédiée…^^

  • Marie :

    Mmmm dans la même veine j’ai eu droit à un « prélèvement vaginal » par une infirmière de laboratoire. Très désagréable et douloureux, surtout compte tenu de l’attitude et de la brutalité de la dame.
    Qui s’est ensuite permise des commentaires très désobligeants sur la quantité de sécrétions que j’avais. Très inquiète (8eme mois de grossesse) je l’ai interrogée sur ce que cela pouvait signifier. Elle m’a affirmé que je devais avoir une infection pour avoir autant de sécrétions. Et de ressortir l’écarteur, de me le brandir sous le nez pour que je constate par moi même une trainée blanchâtre dessus.
    Renseignements pris (merci docteur internet) il semble que ce soit courant pendant la grossesse. Analyses reçues: tout va pour le mieux.
    Sauf que je me suis vraiment sentie violentée, jugée, humiliée et honteuse.

    Merci Borée de vous soucier du bien être et du respect de vos patientes. Continuez à faire circuler.

  • Ultima :

    « – Docteur, j’ai mal là, juste là.
    – Ah, je vois. Déshabillez-vous entièrement et mettez-vous en position genu-pectorale
    – …?
    – Oui, bien penché en avant, voilààà, penchez-vous un peu plus que je puisse bien distinguer la zone douloureuse.
    – Mais, docteur…
    – Ben quoi, c’est comme ça qu’on a toujours fait pour examiner un occiput douloureux, monsieur ! »

  • Ultima :

    Ridicule, excessif ? Nenni. Remplacez genu-pectorale par « gynécologique », monsieur par madame et occiput par ce que vous voudrez. On ne met pas un homme à poil pour lui examiner les OGE, pour une femme y’a pas de gène…

    • Borée :

      Merci à tous de vos réactions et commentaires.

      Merci, Maître Yoda, pour le compliment. 🙂

      Globalement, certains l’ont souligné, je crois qu’il s’agit bien plus d’une problématique de domination médecin/patient que homme/femme. Il y a des médecins femmes épouvantables et des hommes attentifs. Et, en effet, le même type de relation doit pouvoir se trouver aisément dans le cadre de consultations plus « masculines » (suivez mon « doigt »).
      La gynécologie a ceci de particulier qu’elle offre un cadre parfait à la possible synergie de ces deux types de relations de pouvoir.

      @Opale
      Honnêtement, si tu n’as jamais eu de rapports et que tu n’as aucune plainte, je ne vois pas la nécessité d’avoir une consultation gynécologique, ni pour faire une écho ni quoi que ce soit.
      La question de l’accueil des victimes est bien sûr très importante ? Pas seulement pour les victimes d’abus sexuels d’ailleurs. Il faut faire preuve d’un maximum de délicatesse. Je suis certain que beaucoup de médecins y arrivent très bien.

      @Chantal
      Bonne question : j’ai déjà vu de nombreux témoignages sur des médecins se retrouvant brutalement à la place du patient et qui étaient bouleversés par ce changement de perspective !
      Pour ma part, j’ai pas mal connu les hôpitaux durant mon enfance. Ce n’est peut-être pas sans effet sur ma manière de voir les choses.

      @Dunwael
      Désolé, en effet, vous ne trouverez pas ma carte de visite…
      1. C’est interdit et heureusement.
      2. J’ai déjà plutôt trop de travail que l’inverse.
      3. Vous savez, il y a aussi des tas de personnes pour qui je ne fais pas l’affaire, qui me trouvent certainement trop chiant, trop rigide, trop lent… Peut-être qu’en fait je ne vous conviendrais pas ! 🙂

      @SoleilDeMarseille
      C’est vraiment lamentable. Un exemple typique et dramatique d’un rapport de pouvoir qui vient remplacer ce qui devrait être une relation de soin.
      Je propose qu’on pende cette gynécologue avec les tripes de Michel Cymes ! (joke)

      @Aurélie
      L’option du peignoir est intéressante. Mais si on veut pouvoir proposer du linge propre pour chaque patiente, ça me paraît une sacrée logistique, non ?

  • La Loup :

    Je vais chialer, je me sens violée après coup… Palpation frotis intempestifs, nue sur la table et youpala…. Et quand elle écrit que tout le monde trouve ça normal et que personne ne s’interroge nécessairement, c’est une évidence. Je vais chez le gynéco à reculons parce que je sais que je vais me retrouver à poil un spéculum dans le vagin, les pattes écartées, j’aurais froid et je me sentirais humiliée.
    C’est une réalité qui n’est pas que la mienne. Je préfère aller me faire raboter les chicots chez le dentistes, oui, c’est une évidence.

    En tout cas MERCI, parce que je me sens d’avantage armée pour aller choisir mon nouveau gynéco, en exposant gentiment, mais fermement mes intentions de me préserver en tant que personne, et plus, en tant que femme.

  • Poison Ivy :

    Et bien moi je suis une fille MG qui fait beaucoup de gynéco et j’ai quelques patientes qui, ne connaissant pas encore mes habitudes, se déshabillent intégralement. Maintenant, je leur déclare à toutes, « n’enlevez que le bas », quand un examen gynéco en rendu nécessaire par un frottis. Une femme intégralement nue pendant que je l’examine, ça la gêne probablement, mais moi ça me dérange surement !

    Mais pour faire la mouche du coche, on n’aborde pas souvent le problème à l’envers de certains patients mâles envers un médecin femelle : ça devait faire 3 jours que j’étais installée, un jeune homme entre et m’explique qu’il a un testicule douloureux. Je lui propose de l’examiner, en moins de 10 secondes, nu jusqu’à la ceinture ! Et se baladant tranquillement les fesses à l’air, j’ai trouvé ça presque violent à mon encontre.

  • CAROLINE :

    Bonjour, voilà qui me rappelle les visites à la médecine du travail, qui m’ont souvent amenée à pousser quelques gros coups de gueule : avant même de rencontrer le médecin (et j’en ai vu plusieurs) vous devez vous déshabiller entièrement (soutien gorge culotte) avant de vous présenter devant le médecin, qui mène son entretien parfaitement habillé, lui : il n’a pas que ça à faire. Lorsque je le lui ai fait remarquer, refusant de poursuivre la consultation dans ces conditions, le médecin m’a indiqué que c’était pour gagner du temps, car sinon « on ne s’en sort pas ». Bien sur lui dis-je, pour gagner encore plus de temps, vous pouvez aussi mettre tout le monde à poil et en file indienne dans le couloir et faire les consultations à la queue leu leu : ça irait encore plus vite ! Je crois qu’il n’a pas compris…
    J’ai découvert votre blog il y a peu, et je vous remercie des réflexions et pistes de travail que vous nous faites partager.Salut toubib !

  • CAROLINE :

    Pour compléter, dans ces conditions, comment un salarié en difficulté, souffrance, maladie liée à son travail pourra-t-il s’en ouvrir avec confiance auprès du médecin du travail, dont c’est pourtant la mission première ?

  • Eric :

    Souvenir de dinosaure : un de mes amis quand il était jeune interne en gynéco (encore un temps que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître…) recevait une dame en compagnie de son mandarin de patron pour une première consultation. L’infirmière (genre moustachue 40 ans d’AP-HP) demande à la dame de se déshabiller pour l’interrogatoire. O tempora, o mores.
    La dame s’exécute, à l’exception de sa culotte qu’elle garde. Et commence à répondre aux questions du mandarin. Soudain, l’infirmière la coupe et lui dit :
    – Mais Madame, enlevez votre culotte quand vous parlez au Professeur !

    Je croyais que ça avait changé, mais finalement…

  • Perrine :

    Je me souviens d’un examen médical avec palpation des seins.
    La medecin ne s’était même pas rendue compte à ce moment là que j’allaitais…. alors que n’ayant pas vu ma fille depuis plusieurs heures ils étaient bien « pleins »!

    Donc oui la palpation peut passer à coté de beaucoup de choses!

  • yann :

    Merci pour cet article, je suis content de voir qu’un autre que moi se pose la question de savoir si « le corps médical », « biologique et asexué » existe-t-il vraiment? Malgré ce que des années de matraquage veulent nous faire croire; la nudité peut-elle être vraiment « parfaitement neutre »?

    Je suis infirmier et homme… Et dans la foulée je découvre aussi cette hérésie en gynécologie… Et je suis d’accord avec vous, en demandant aux femmes de se déshabiller entièrement il se joue clairement autre chose que la relation patient/médecin… Ça me semble d’ailleurs totalement délirant… Et pourquoi les femmes acceptent ça d’ailleurs?

    Sinon pour info mon deuxième sujet d’étonnement est la relation de l’argent et de la médecine… Un sujet pour un prochain post ???

    Au dela de la blague, il y a quand même un sujet plus sérieux à aborder : sauf erreur de ma part la formation des médecins évite soigneusement deux sujets :
    1- le « corps désirant » et l’accès de l’intime de l’autre
    2- L’argent (y compris les plus simples notion de compta de base pour un cabinet)…

    Étonnant non? ;))

    Amicalement
    yann

  • Aurélie :

    Oui, je pense que peignoir pour chaque patiente, ça doit lui faire une sacrée logistique. En plus, ils sont pliés sur le radiateur, donc tout chaud 🙂

    J’ai toujours eu ce gynéco, donc je connais pas d’autre, mais quand c’est la première fois qu’on s’y rend à 18 ans, qu’on a appréhende un peu, et bien j’étais contente de ne pas être toute nue, et d’avoir un peignoir tout le long 🙂
    D’ailleurs, je l’ai recommandé à pas mal d’amies !

  • Marie G :

    Bonjour,
    Ma maman a eu un cancer du sein , ma grand-mère et ma grande tante en sont mortes… Je suis une personne à risque de 36 ans… Depuis 2ans , Mon gynéco effectue la palpation des seins lors de la consultation, je ne m’y habitue pas, … cet examen me met mal à l’aise … Bientot , je devrais faire des mammographies annuelles… Puis-je refuser « raisonnablement » cette palpation???
    Merci de me lire
    Marie ( de Belgique)

  • Marion :

    Bonjour,
    concernant le déshabillage, je me sens en lisant votre article comme après la lecture du chœur des femmes de M.W. … je m’interroge pour moi.
    Ne pas savoir qu’on n’avait « pas le droit » (en tout cas, ici, pas la nécessité) de faire cela, ça a toujours limité la gêne. En effet, depuis toujours je m’étais fait une raison. D’autant que je n’ai jamais été trop pudique. Les premières visites quand j’étais ado sont maintenant loin mais je me souviens avoir été plus inquiète du jugement du médecin si je lui imposait la vision mon corps nu (!) … ce à quoi ma mère répondait « t’inquiète pas, il en voit tous les jours »
    Mais maintenant que j’ai conscience de ça, par exemple l’autre jour chez LA gyneco que je voyais pour la première fois en alternative à un autre pas beaucoup mieux, j’ai dû me déshabiller entièrement pour un prélèvement et une palpation des seins qui à mon humble avis a difficilement atteint une minute. J’ai 33 ans et ma grand mère a eu un cancer du sein. Elle m’a dit que j’étais donc « à surveiller de près »… ça m’a rassurée qu’elle palpe, sauf que vu ce que je viens de lire, ça pourrait être inutilement rassurant ?
    Même ce jour là, même avec cette conscience, je ne voyais pas comment lui demander de respecter un autre protocole que le sien.
    Je passerai sur le fait qu’elle m’a annoncé des âneries sur les mycoses…
    Mais pour conclure, je voudrais préciser que le choix, dans ma région quasi-désertée par les médecins de qualité, je n’en ai pas.

  • Lyjazz :

    Cela me semble étrange de remercier pour cet article qui n’est, sommes toutes, que l’évidence des rapports humains.
    Mais si on se place du côté de la réalité du terrain, forcément, c’est plutôt une attitude inhabituelle.
    Ici, après un parcours PMA, et donc moults examens, j’en ai soupé des gynéco…..
    Pourtant, il y en avait des respectueux dans le lot.
    Et j’ai même rencontré des pagnes (plus faciles à laver que les peignoirs) pour ceindre nos tailles pudiquement.
    Deux anecdotes : une palpation des seins lors d’une visite de la sécu, qui était en fait du pelotage avec sourire concupiscent. Un très mauvais moment.
    Une jeune femme de 19 ans qui m’a raconté sa 1ère visite gynéco : elle avait peur du spéculum et la gynéco lui a rétorqué finement « celle de ton copain est quand même plus grosse que ça, non ? » No comment.
    Il y a de quoi être effondré, et penser que le sexe est une joie et non un risque peut être difficile après ça….

  • Tiana :

    il faut lire  » le choeur des femmes  » de Winckler…C’est tout à fait ce qu’il dénonce !!

  • Manou :

    J’étais jeune, 19 ans, en arrêt de travail pour « dépression » depuis 15 jours car travaillant très durement dans un service de fin de vie. Un contrôle médical de la sécu, le médecin d’une quarantaine d’année : mon fiancé m’accompagnait mais sa présence a été refusé dans le cabinet. Après un questionnaire, le médecin m’a demandé de totalement me déshabiller pour examen. Je suis restée en slip et soutien-gorge et là, il m’a demandé d’enlever mon soutien-gorge pour palpation. J’ai refusé en expliquant que je ne voyais pas la corrélation entre les seins et une dépression. Il m’a menacé de me faire sauter mes indemnités, j’ai continuer de refuser et suis partie en disant haut et fort ce qui se passait devant les autres patients en sortant du bureau.
    La sécu n’a pas versé mes indemnités pour « refus de contrôle médical ». Malgré une plainte écrite, je n’ai eu gain de cause…mais je ne regrette pas de pas m’être laissée faire !
    Bravo pour votre blog que je découvre !!!

  • Sarah :

    Bonjour,

    Je suis étonnée par la qualité de l’écriture de ce post. Vraiment, c’est terriblement agréable de lire un tel article indépendamment du fait qu’il est rassurant pour notre « bon » droit.

    Personnellement, je n’ai jamais vu à proprement parler le mal de se déshabiller complètement au moment de l’examen. Peut être qu’ayant vu ma mère, suivre les règles instaurées par sa gynécologue, je ne me suis même pas posée la question.

    J’ai longtemps été sujette à des problèmes gynécologiques, et donc naturellement mon réflexe a été d’aller voir la gynécologue de ma mère. On sait tous que les praticiens se font leur clientèle sur le bouche à oreille. Et donc, je n’ai pas dérogé à cette règle lorsque je suis allée la voir.
    Pour résumer, mon état était douloureux et très gênant. Et au delà du fait que l’amabilité n’était pas sa qualité principale, elle a également été relativement violente car au moment de l’introduction du spéculum, j’ai lâché un « Ça fait mal » qui a eu pour réponse un « C’est pas fait pour faire du bien »
    Bref, je vous passe les détails suivants mais il en a résulté une médication, un traitement d’appoint.
    Je suis retournée chez le gynécologue, cette fois-ci, sur mon lieu d’habitation et il a constaté que je n’avais jamais été soignée. Il s’est évidemment outré et a râlé un peu sur la condition des gynécologues hommes en disant que si il avait fait un truc pareil, il aurait eu droit à une plainte.

    Effectivement, je constate une douceur toute nouvelle, qui m’était inconnue.
    Et pour revenir sur le commentaire de Marion, je me suis justement trouvée dans ces conditions de zone désertée et je suis tombée sur une gynécologue peu consciencieuse. Aujourd’hui habitant en ville, j’ai trouvé un gynéco plus apte à me soigner.
    Et ce qui m’a outré sur le moment, c’est vraiment cette violence imposée (non pas de la nudité mais de l’examen).

    Le praticien est à mon sens le garant de notre santé morale et physique. Bien que personne ne soit parfait, je constate après tous ces commentaires que beaucoup on subit, à l’instar de ce que l’on attend, l’exact contraire d’un traitement médical.
    C’est au petit bonheur la chance de trouver un bon praticien ? Ou cela est il justement dépendant des conditions topographiques ?

  • bg :

    Merci infiniment pour cet article.
    J’ai 56 ans (femme) et j’avoue avoir beaucoup de mal avec l’auto palpation des seins. J’ai des difficultés à dissocier le ressenti de mes propres mains avec celui de mes propres seins.
    Pour le déshabillage, je dois toujours penser à cette phrase de Montherland que j’ai lue dans mon adolescence et qui m’avait marquée lorsqu’il parlait de la « position grenouillesque » de la femme (pendant l’amour).

    Je refuse à présent la mammo de détection que l’on nous envoie à partir de 50 ans. La première fois, on m’a envoyé un courrier assez inquiétant, qui m’a valu quelques nuits blanches jusqu’à la contre-radio chez le radiologue, qui lui, n’avait rien détecté. J’ai plus tard compris qu’il s’agissait d’inquiéter les jeunes cinquantenaires pour les inciter à re-consulter (la contre-visite n’étant pas gratuite).
    Les mammo, quoiqu’en pensent certains, sont très douloureuses et je me demande dans quelle mesure elles ne favorisent pas aussi une pathologie plus grave.
    Je ne ferai jamais plus de mammo avant que le gyné me « pelote » un peu.

    Les frottis systématiques sont humiliants, dégradants, intrusifs. Ma mère a eu un cancer de l’utérus, mais elle avait 86 ans et vit encore. Je ne me sens pas en danger particulier.

    Ma grand-mère a donné le jour à 16 enfants vivants. Sa seule thérapie a toujours été de ne rien prendre, même pas une aspirine pendant ses grossesses.

    En ce qui concerne la médecine du travail, j’ai aussi toujours refusé de me désaper devant la personne qui me recevait, je gardais mes sous-vêtements, c’est ça ou rien.

    Mais le pire, comme le constatent certains intervenants est la position qu’ont certaines femmes médecins. A votre âge, madame, on fait un frottis ou une mammo, au pire tous les deux ans.

    Ben, non.

    Quand comprendront-ils qu’un patient n’est pas un alignement d’organes, mais un TOUT qu’il faut soigner, écouter ?
    Peu me chalent que mes résultats de glycémie ou d’autres examens ne rentrent pas dans les cases pré-fabriquées, si je me sens bien ? (réflexion après qu’un médecin ait décelé un taux de sucre inférieur à la norme !).

    @la dame qui est en Allemagne. J’y ai vécu très longtemps. A l’époque, nous avions la pilule pour 3 mois, ensuite la secrétaire refaisait l’ordonnance pour 3 mois. L’examen avait lieu tous les 6 mois. Donc, une visite payée pour que la secrétaire signe l’ordonnance… bon.

    J’ai acquis une grosse méfiance envers les dépistages systématiques comme envers les vaccins.

    Encore merci pour cet article, Docteur, vous remettez du baume au coeur des femmes.
    bg

  • dragoonfly :

    merci!! rassurant de voir (de SAVOIR surtout) que ce n’est pas obligatoire.. tout ce tralala que j’ai toujours trouvé inutile et très humiliant, et qui empêche de se détendre, au moment même où le gynéco vous dit: « allez, on se détend un peu hein?! » … à cause de ça je ne prend plus la pillule depuis 3 ans, car même problème, pas à poil, pas d’frotis, pas d’pillule, et allez.. je vais donc tâcher de me mettre en quète d’un gygygentil.
    merci encore!

    • Borée :

      Merci de tous vos commentaires et témoignages. Sincèrement.
      Certains sont bouleversants et montrent que les choses sont parfois encore pires que ce que je dénonçais.

      @La Loup
      Votre commentaire m’a ému. C’est un formidable encouragement à poursuivre le travail que j’essaie de faire à travers ce blog.

      @Poison Ivy
      Je ne sais pas quoi penser de votre anecdote… Etait-ce simplement un patient particulièrement « à l’aise » ou plutôt un test vis-à-vis d’une jeune installée ? Je suis convaincu que si c’était arrivé à Jaddo, son alarme se serait déclenchée.

      @Yann
      Excellente question ! Je me suis déjà interrogé au sujet du rapport au corps de l’autre dans le soin et de l’inévitable relation de séduction qui pouvait exister. Je n’ai pas encore trouvé la manière d’aborder le sujet et d’en faire un texte intéressant mais j’y pense !
      Quant à l’argent, ce sera le sujet d’un de mes tout prochains billets. 🙂
      Sexe et argent, on pourra m’accuser de chercher à faire de l’audience !

      @ Marie G
      Je suis désolé pour vous. Votre situation est particulière et ne peut pas vraiment être assimilée à la question du dépistage pour la « population générale ». Je peux difficilement vous répondre sans risquer d’être imprudent.
      Les mammographies qu’on vous propose me paraissent incontournables. Concernant la palpation, je ne sais pas. J’aurais tendance à vous encourager à les accepter. Mais la sensibilité de cet examen est, comme je l’ai expliqué, imparfaite.
      Si c’est vraiment une épreuve insoutenable pour vous, de toute manière personne ne peut vous y contraindre. Car le risque serait alors que vous soyez tentée de faire l’autruche et de renoncer à tout suivi.
      A l’inverse, il serait inacceptable que votre praticien refuse de s’occuper de vous (mammographies, etc…) si, décidément, vous n’acceptiez pas ce geste.
      Je crois qu’en définitive, c’est à vous d’y réfléchir et de voir, avec votre médecin ce qui est important / indispensable / acceptable.

      @Marion et Sarah
      Difficile en effet lorsque le choix est limité par la densité médicale là où l’on habite. Il y a en effet malheureusement une grande part de (mal)chance. Ceci dit, on peut résider dans un trou perdu et bénéficier de soins de qualité. J’exerce personnellement dans un village perdu (40 minutes de route jusqu’à l’hôpital et aux spécialistes les plus proches) et je connais d’autre très bons médecins qui exercent en rural.

      @bg
      Je ne peux pas être d’accord avec tout ce que vous dites. 🙂
      Les mammos ne sont pas forcément douloureuses, c’est très variable. Cela va d’un inconfort modéré à une vraie douleur.
      Cet examen n’est pas inutile et je continue à encourager mes patientes à les faire dans le cadre du dépistage organisé.
      Cependant, il est exact que le bénéfice est malheureusement beaucoup plus modeste (bien que réel) que ce qu’on l’on voudrait croire. Si une femme ne souhaite pas participer à ce dépistage, je considère donc que je n’ai pas suffisamment d’arguments incontournables pour insister plus que ça.
      Quant aux frottis, c’est encore autre chose. C’est probablement le dépistage dont la valeur est la mieux établie. Et, non, ils ne sont pas nécessairement « humiliants et dégradants » (intrusifs, oui, forcément un peu). Si vous avez décidé de ne pas les faire, c’est tout à fait votre droit mais il ne me paraît pas raisonnable de prôner cette attitude.
      Et concernant votre grand-mère, il y a peut-être confusion : les cancers de l’utérus touchent essentiellement les femmes âgées et les frottis ne permettent pas du tout de les détecter. Les frottis visent uniquement le dépistage des cancers du col de l’utérus qui ne répondent pas du tout aux mêmes mécanismes et qui peuvent toucher des femmes beaucoup plus jeunes.

      Sur le fond, il ne s’agit pas de remplacer un dogme par un autre.
      La médecine reste largement une affaire de corps et donc, parfois, de nudité. Certaines personnes (médecins et patients) sont parfaitement à l’aise avec ça (j’imagine les consultations médicales dans les grands camps naturistes 🙂 ).
      Ce qu’il faut dénoncer c’est la nudité imposée par la force. Surtout quand elle n’est motivée par aucune nécessité médicale.

  • Opale :

    Merci de ta réponse.
    J’ai 32 ans , c pour ça que je ne savais pas trop si utile ou pas un examen.

    Et sinon j’avais oublié de te dire le + important, je pense que grâce à ton article si je retourne voir une gynéco, j’oserais un peu + imposer ma volonté, quitte à me barrer avant la fin de la consult (en payant quand même bien sûr )

  • Lotus :

    Bonjour,
    J’ai moi-même 19 ans et j’ai toujours consulté mon médecin traitant ou des internes (planning familial) pour mes examens. Tous étaient très attentifs à ma pudeur. Je suis allée consulter pour la première fois un gynécologue, j’étais stressée, c’était un remplaçant et il m’a accueilli le sourire en coin. Je l’ai mis au courant de cette première visite et, au moment de m’installer, il m’a introduit le spéculum et s’est levé de sa chaise. Pourquoi ? Il m’a demander de lever mon t-shirt (je ne connaissais pas ses intentions jusque là), un peu plus haut, puis un peu plus haut, soulevez votre soutient-gorge, un peu plus haut… J’étais très mal à l’aise du fait qu’il ne me dise pas ce qu’il faisait et qu’il me laisse avec l’appareil entre les jambes. C’était donc la première fois qu’on me palpait les seins et j’ai cru que c’était pour me « détendre ».
    Après examen, il m’a demander de repasser pour un frottis. Je n’y suis jamais allée. Cela me décourage encore plus en lisant votre article.

    Autre situation : la fois où je devais passer une radio pulmonaire. La première fois aussi. Me présentant devant la secrétaire, celle-ci me précipite dans la cabine en laissant la porte ouverte et repars sans dire un mot. Je suis restée assise devant pendant 5 bonnes minutes. Un médecin passe devant, jette un coup d’oeil, je lui demande ce que je suis censée attendre. Elle m’a donc expliquée que je devais enlever le haut et bien sur fermer la porte, qu’on me recevrait de l’autre côté. Chose faite, l’autre porte s’ouvre et la femme me prend par le bras pour me positionner devant la machine. J’avais l’impression d’être prise pour du bétail !

    Bref, je pense que le manque d’information est aussi un problème dans le métier. Et après avoir lu cet article et tous ces commentaires, je pense prendre des mesures et me faire entendre la prochaine fois. Ce genre de situation j’en parle à ma mère mais pour elle « tout est normal ! ils en voient des jeunes filles à poil tous les jours! », je pense sortir de l’illusion et me faire ma propre idée maintenant.

    Merci pour l’article !

  • eosine :

    Lorsque j’avais 17 ans, je n’ai pas échappé au tintouin classique par le MG, examen gyné et des seins qui m’a surtout laissé en effet le souvenir d’un pelotage en règle.
    Ca m’a profondément emmerdée et gênée, et un an plus tard lorsque le médecin a voulu recommencer, j’ai décidé d’arrêter la pilule. Le médecin m’a dit qu’un bébé serait malvenu avec mes études de pharmacie… Et n’a rien fait de plus.
    Je me suis débrouillée avec les présos quelques mois, et suite à cette expérience j’ai découvert M.W. et acheté ma pilule toute seule comme une grande à la pharma, ce qui est mal, ou pas.

    3 ans plus tard je suis retournée chez le MG pour contraception… Frottis + TV, la gentille MG enceinte m’a fait revenir 6 mis plus tard pour refaire un TV, et là j’ai définitivement renoncé, et décidé de faire juste le frottis tous les 3 ans.

    Sinon j’ai encore vu hier une femme de 46 ans avec un DIU au cuivre, avec lequel elle allait très bien. Le gynécologue lui a dit que les DIU au cuivre ne se faisaient plus, que désormais c’était aux hormones, et c’était bien mieux comme ça. Elle était réticente, et d’ailleurs elle ne le supporte pas. Le genre d’histoires bien trop banales….

  • Bupropouf :

    C’est drôle, étant moi-même interne et adepte du nomadisme médical en matière de gynécologie, j’ai eu à souffrir des mêmes désagréments que toutes les femmes et en osant jamais rien dire, alors même que les médecins était au courant de mon cursus…
    J’ai eu droit également:
    -au déshabillage intégral –>facteur de changement de gynéco immédiat pour moi, sans vraiment oser demander à rester habillée, sans jamais me poser la question de l’utilité de la chose
    -au frottis tous les ans
    -au speculum indélicat

    Aller chez le gynéco reste pour moi une torture, et je n’y vais plus maintenant que tous les 3ans, pour le frottis, puisque ça reste une chose que je ne peux pas faire seule (et encore, interne d’anapath, je pourrai le lire tout seule :D)

    La dernière, en plus de combiner tous les griefs pré-cités, m’a en plus fait une écho endovaginale sans me prévenir (entrez c’est ouvert)
    et à la place du bilan post-pilule que je demandais, j’ai eu droit (en ouvrant l’ordonnance après être sortie) à un bilan pré-grossesse délirant comprenant:
    -une sérologie VIH sans mon accord (zéro à la question pour les adeptes de l’ECN :D)
    -une sérologie VHB complète(alors que je suis interne…)
    -une sérologie CMV (WTF?!)

    Merci pour ce billet qui fait du bien en tout cas!

  • jipiji :

    Merci pour ce post car moi aussi j’en ai marre :
    De ces jeunes filles de 18-20 ans qui viennent me voir pour un renouvellement de pilule pendant leur règles pour que je ne fasse pas le frottis que leur médecin leur faisait tous les ans et qui parfois restent 1 mois ou 2 sans contraception.
    De ces mêmes jeunes filles qui prennent parfois une pilule depuis de nombreuses années qui ont déjà « bénéficié » de moult examens par des GO ou des MG ( qui renouvelle les pilules tous les 6 mois pire parfois tous les 3 mois !!!)et qui pour autant ne savent pas comment fonctionne une pilule et surtout ne savent pas quoi faire si elles l’oublient.
    En lisant les commentaires je suis encore plus effrayé!!!

  • tinuviel :

    Bravo pour ce message passionnant et qui m’a rassuré énormément. Je ne suis pas bizarre de ne pas avoir envie de consulter en ayant moins de 25 ans et sans gêne particulière. Merde à cette coutume du passage chez le gynéco à 18 ans. Je trouve ça hyper invasif personnellement. Ca fait plaisir de voir un professionnel de la santé s’occuper du bien-être de ses patients ainsi. Bonne continuation à vous !

  • John Snow :

    Cher Borée,
    Si ce billet est salutaire, votre dernière mise au point l’est à mes yeux tout autant.
    Il ne faudrait pas en effet basculer dans l’excès inverse (du respect excessif d’une prétendue pudeur) qui pour le coup serait nuisible à un examen médical de qualité. Vous l’avez dit, tout est affaire d’équilibre.

    J’ajouterais que votre réflexion semble plus s’inscrire à mon sens dans le cadre du respect de la dignité du patient en général. Vous en conviendrez, ce sont probablement les mêmes médecins qui entrent sans frapper, qui diagnostiquent aux toilettes et qui condamnent en présence du voisin de chambrée. Le mépris du respect de la pudeur n’est que le point d’orgue de leur manque d’éducation.

    Le fait est que l’examen gynécologique est particulier du fait de son caractère particulièrement intrusif. Je rappelle à ce titre la définition du viol selon la loi:
    LegiFrance

    Le terme légal de « surprise » doit plus s’entendre comme « contrainte » ou « pression morale », ce qui place en l’occurrence le médecin en violeur potentiel. La frontière est ténue, les différentes remarques précédentes pouvant s’expliquer par une maladresse parfois brutale de certains confrères (je tente d’expliquer l’inexplicable, je sais).

    En ma qualité d’anesthésiste, il m’est arrivé pour ces mêmes raisons d’interrompre un cours pratique de toucher vaginal sur une patiente endormie qui avait certes accepté le principe, expliqué en ma présence. Ce qu’elle ne savait pas, c’est que les étudiants seraient au nombre de 10… Le praticien et la patiente, tous deux de bonne foi, se sont probablement mal compris…

  • nathalie de Belgique :

    Pour Marie (de Belgique) : allez dans un centre spécialisé (par exemple l’institut Bordet à Bruxelles) pour la mammographie qui vous sera prescrite par votre gynécologue. Ce sont des professionnels, très « sains », et cet examen vous rassurera.
    Je suis étonnée des expériences désagréables que je découvre ici, en ce qui me concerne, je trouve que l’examen annuel (frottis) est une chance de nous assurer que tout va bien !
    Si votre médecin vous met mal à l’aise, changez en…
    Pour ce qui est de se déshabiller entièrement, on ne m’a jamais rien proposé de tel…
    Bonne soirée à tous !

  • Lilou :

    En lisant cet article je prends conscience de la liste impressionnante de situations abusives que j’ai subies de la part de mes médecins gynécos…Entre autres :
    -Dans un coin reculé de Bretagne, n’ayant pas de gynéco sur place, je demande à un généraliste de me renseigner sur les méthodes de contraception après un accouchement. Il m’oblige à m’allonger sur la table pour un examen gynéco totalement imprévu que je ne souhaite pas, me pulvérise du désinfectant à grand jets et me braque un projecteur entre les cuisses…puis brutales palpations des seins…Verdict : Revenez quand vous serez réglée pour poser un stérilet.
    2e visite, je reviens pour la pose du stérilet. Il me demande de me déshabiller complètement. Complètement ?? Oui ! M’assène t’il d’un ton péremptoire, et de préciser qu’il s’agit d’un acte « chirurgical ». Je suis au milieu d’une pièce, pas de cabinet de pudeur…je n’ose pas me déshabiller. Il me tend une chaise pour poser mes affaires et me regarde enlever mes vêtements…arrive le moment fatidique et je demande les toilettes pour retirer ma protection périodique…il me tend une poubelle et me regarde l’enlever. Je n’ai jamais été aussi humiliée. Il me fait ensuite un sermon sur le côté peu hygiénique des tampons.

    Un autre abus…un gynécologue reçoit un coup de fil sur son portable pendant qu’il procède à une échographie interne. Pour pouvoir répondre sur son téléphone, il me demande de tenir moi-même la tête de l’échographe qui se trouve planté en moi et je me retrouve pendant d’interminables minutes en position ridicule, tenant d’une main un engin enfoncé en moi pendant que le gynéco passe et repasse d’un air distrait en parlant à son interlocuteur téléphonique…

    En tout cas, merci pour votre article qui souligne avec justesse les trop nombreux abus volontaires et involontaires qui riment avec manque de respect de la personne

  • Gélule :

    Borée, chapeau bas pour ce nouveau billet. Je vais faire tourner, comme pour les autres.
    Je n’ai jamais fait déshabiller entièrement une patiente si je devais faire un examen gynéco « bipolaire ». Toujours en 2 temps. Même pour celles qui me disaient « oh mais ça me gêne pas docteur ». Moi ça m’aurait gênée.
    J’ai été suivie par une généraliste ne faisant que de la gynéco. Elle m’a fait me déshabiller entièrement. J’ai eu honte. Un peu d’être complètement nue devant elle, et surtout beaucoup de ne pas réussir à lui dire non….

    • Borée :

      Moi aussi j’ai honte. Honte pour ma profession.
      Vos témoignages sont terribles, effarants et émouvants.
      Pour des professionnels attentifs et sérieux, combien d’autres authentiquement maltraitants ?

      @Lotus
      La scène que vous décrivez est stupéfiante. Vous avez eu parfaitement raison de ne pas y retourner.
      De toute manière, rassurez-vous. Si vous ne vous plaignez de rien, il n’y a aucune nécessité de subir (je n’ose presque plus dire « bénéficier ») un examen gynécologique avant vos 25 ans. D’ici là, vous aurez encore davantage confiance en vous-même et en votre corps et je suis certain, et heureux, que vous saurez vous « faire entendre » !

      @John Snow
      Merci de votre commentaire. Je suis bien d’accord qu’il s’agit avant tout du respect de la dignité humaine dans sa globalité. Celle-ci est malheureusement trop souvent bafouée de multiples manières par de pseudo-soignants.
      Les questions abordées ici ne représentent qu’une facette. Toutefois, je m’inspire de Winckler pour penser que la gynécologie a ceci de particulier qu’elle est le point de convergence et de cristallisation de plusieurs problématiques de nos sociétés : le rapport au corps et à l’intime, la place de la femme, la relation de pouvoir dans le domaine de la santé.
      Une vraie chambre de résonance !

      @ mon ancienne externe
      Merci de m’avoir donné « l’accroche » de ce billet et de m’avoir permis une vraie prise de conscience. Ce billet existe aussi grâce à toi !

  • Biaise :

    Hu ?! J’en apprends de belles. Médecins de famille, mère, tantes, m’ont toujours inculqué que le frottis annuel est aussi automatique que le brossage de dent quotidien. Et je dis bien « médecins » au pluriel.
    « pauvre sécu' »… Bon bah j’frai le prochain dans plusieurs années maintenant que je suis au jus 😛

    Je ne suis pas pudique pour un sou, par contre la situation la plus embarrassante que j’ai eue fut ma première gynéco qui n’arrêtait pas de me questionner sur mes partenaires et mes pratiques. Finalement j’ai compris à son expression faciale que mes relations homo la dégoutait. Heureusement je l’ai remplacée

    Bon la je lis des commentaires et je suis stupéfaite : même dans un petit cabinet ce n’est quand même pas difficile d’installer un paravent ! Le fait de se déshabiller sous un regard est très sexuel, c’est habituellement un geste de séduction… Bref, faut jamais céder à son médecin autre chose que le nécessaire…

    …(bon s’il est célibataire, charmant et gentil ‘faut voir… :P)

  • Mercredi :

    Si on exclue du sujet les quelques brutes irrespectueuses et dénuées d’empathie que l’on va forcément retrouver ça et là, il me semble que le problème essentiel réside dans la difficulté à désexualiser l’examen génital (tant du point de vue du médecin que celui du patient). Et peut-être que dans une relation de confiance l’enjeu sexuel et/ou de pouvoir (puisqu’il y est associé souvent dans les esprits) disparait. La gène de la nudité n’est qu’une question de circonstance et de point de vue.

    Merci pour la remise à jour des connaissances. Comme toujours vos billets me sont d’une grande utilité pour ma pratique.

  • yann :

    Pour les accros de la nudité des patients (qui peut s’entendre je ne sais pas je ne suis pas médecin), pour info le respect de l’intimité d’une patiente est à 0.6 € brut déductible.

    http://www.claire-foncet.fr/chemise-d-opere-profil-shirt-non-sterile-jetable-classe-1.lc-pfs-01-249.htm

    L’argent et le pouvoir donc…

    ;)))

    a+

    yann frat

  • Flo :

    Je souhaiterai apporter mon témoignage.
    J’ai été voir pour la première fois un gynéco, homme, à l’âge de 12 ou 13 ans, car j’avais des pertes blanches, cela m’inquiétait, cela inquiétait ma maman, elle en a parlé à son gynéco qui m’avait vu naître, il lui a dit de me faire venir.
    J’y suis allée, avec ma mère. J’ai du me mettre nue et recevoir des commentaires sur ma pilosité, pas très fournie, comme quoi ce n’était pas normal.
    Ensuite, sur la table. J’ai été choquée par la position, car je n’avais alors aucune idée de ce qu’était un examen gynécologique. Je n’ai pas réussi à me laisser faire, tellement j’étais crispée. Et le médecin m’a insultée (je l’ai pris comme cela, car je l’ai très mal vécu), en me traitant de bébé, qu’il reçoit des petites filles de 8 ans plus docile que moi, et m’a renvoyée me rhabiller, car il n’a pas pu m’ausculter.
    Ma mère a aussi été choquée par l’attitude de son médecin dans lequel elle avait pourtant confiance et n’y a plus jamais mis les pieds.
    Quand ma maman a eu son cancer du sein, je me suis dit, bon, là faudrait p’être que je me fasse suivre , et à 22 ans, j’ai commencé à me faire suivre par une gynéco. C’était mon médecin traitant qui me prescrivait la pilule, et il m’a dit que le frottis et les autres examens, ce serait quand je voudrais, que de toute façon, il n’y avait aucune urgence. J’ai donc trouvé une gynéco. Et je dois avoir de la chance, car elle ne m’a jamais fait mettre complètement nue. je garde toujours le haut, je dégraffe juste mon soutien-gorge, et elle se débrouille pour passer en dessous pour me palper.
    Cela me rassure d’être suivie, une fois par an.
    Voire même un frottis, le principe ne me choque pas… Vu le nombre de cancer qui m’ont entourée, je crois (peut-être à tord, car la peur n’évite pas le danger) beaucoup au dépistage précoce…

  • Felis :

    Je me souviens du dernier gynéco, indiqué par mon gynéco habituel car je devais subir une petite intervention. Il m’a dé/en-foncé son spéculum. Je lui disais que ça me faisait mal (jamais eu pareille brute!), sachant que chez moi, l’accès est, disons… étroit. Il m’a répondu sèchement qu’il n’y avait pas plus petit, c’était la taille standard. Du haut de mes 34 ans, j’ai imaginé ce qu’il pouvait faire subir à une gamine de 15 ans… Petite précision, durant son questionnement médical, pas un mot sur mes pratiques sexuelles, alors qu’il se trouve je suis homo (d’ailleurs @Borée, les gynéco et l’homosexualité, vous pourriez en faire tout un article!).

    Inutile de préciser que je n’y suis jamais retournée et qu’il faut que je me motive pour retourner voir un autre chirurgien.

  • R :

    J’ai eu le coup, chez mon endocrino, première visite, déshabillage intégral devant son stagiaire appelé pour l’occasion + « pinçage » des mamelons et palpation des seins, sans aucune justifications à mes yeux (du moins que je ne pouvais « dire »). Ceci ajouté à l’un ou l’autre comportement de ce spécialiste ou de son équipe fait que, sur mes visites de contrôle « nécessaires » tous les 6 mois, je n’y ai plus été depuis plus de 3 ans…

  • alice :

    bonjour,
    après ablation du sein, grosse montée de lymphe, hôpital pour ponction, moi torse nu sur la table et la porte grande ouverte…ben, j’ai fait ma crâneuse, à provoc, provoc et demie je suis restée bien droite, allez-y messieurs, dames, régalez vous pendant que le gynéco de service vaquait à ses petites occupations, j’aurais pu lui demander de fermer la porte mais j’ai eu le sentiment d’être testée, il m’en a fait d’autres d’ailleurs, mais j’étais en quelque sorte une patientèle captive étant donné que dans le cadre d’une pathologie un peu compliquée il n’est pas si évident de leur claquer la porte au nez
    le principe de Peter étant ce qu’il est, il est maintenant chef de service
    désolée de rajouter encore un peu de honte pour toi mais merci d’avoir soulevé le problème, ton billet est de salubrité publique, il y a tant à dire…le reste, je n’ai pas envie d’en parler

  • Elise :

    Merci pour vos articles !
    Je n’ai pas de gynécologue, pour l’instant mon médecin traitant me suffit largement, mais quand j’en aurais besoin, j’aimerais bien trouver un praticien comme vous…

  • chantal :

    @bg 5 avril 2011 – 13:23
    Ce n’est pas la sécrétaire qui signe une ordonnance. C’est une « Artzhelferin » (ce n’est pas une sécrétaire médicale) qui rempli les ordonnances via et fasse signer celle-ci par le médecin. Je en connais pas autrement, le mode de fonctionnement allemand. Ce qui a changé, une ordonnance est facturé 10 euro – depuis quelques années (les caisses d’assurances de maladie ont rayé des soins à rembourser et pour compensation le médecin peut facturer l’ordonnance sans voir le patient ou un appel téléphonique – prendre un RV par téléphone est facturé comme « renseignement médical par téléphone » – et 10 euro de plus sur la petite note).

    Quand au suivi gynécologique maintenant, trop de femmes allemandes se plaignent qu’à chaque renouvellement d’ordonnance l’examen gynécologique a lieu. Je ne peux qu’espère que ce n’est qu’une partie des gynécologues soient ainsi, pas tous. D#un autre coté il faut assurer des revenus fixes, d’où probablement un suivi plus court.

  • docteurdu16 :

    Bravo pour cet article.
    Mais il est « trop » riche. Il empêche de discuter point par point.
    Je voudrais revenir sur le point suivant : il ne faut pas palper les seins.
    je propose ce texte que je « sors » de mon blog à partir d’une étude canadienne.

    Voici l’essai qui n’est malheureusement pas disponible en ligne.

    L’étude a été réalisée auprès de 290 000 femmes participant au Ontario Breast Screening Program (Canada) entre janvier 2002 et décembre 2003.
    Il s’agissait de savoir si l’examen des seins avant mammographie de dépistage améliorait l’efficacité du dépistage en comparant le taux d’adressage chez le chirurgien entre les centres de mammographie le pratiquant et ceux ne les pratiquant pas.

    Je vous livre les résultats à la louche : « Nous avons découvert plus de cancers et la sensibilité a été meilleure dans le groupe examen des seins plus mammographie que dans des essais communautaires classiques de prévention MAIS les bénéfices de l’examen clinique des seins doivent être pondérés par les risques et les coûts potentiels induits par la découverte de faux positifs et par l’anxiété associée aux examens additionnels effectués. »

    Voici un commentaire pratique : « Pour une population théorique de 10 000 femmes âgées de 50 à 69 ans l’examen clinique des seins associé contribue à la détection de 4 cancers qui n’auraient pas été diagnostiqués par la mammographie mais entraîne la « détection » de 219 faux positifs (chez 219 femmes de plus) »

  • docteurdu16 :

    Deuxième commentaire : affirmer que le dépistage du cancer du sein par la mammographie est justifié (serait-ce dans la tranche d’âge indiquée) ne me semble pas juste. Je ne veux pas redire ce que j’ai écrit ailleurs mais cela me semble clair. Je vous propose un article de Iona heath http://docteurdu16.blogspot.com/2009/07/depistage-du-cancer-du-sein-une-femme.html

  • La Mangouste :

    Je découvre ton blog avec cet article, et quelques mois après avoir lu Le Choeur des femmes, dont parlait Tiana.

    Le bouquin est super bien écrit et riche en info sur la contraception et le déroulement du visite gynéco. Y est également évoquée une position d’examen moins inconfortable et humiliante où la patiente est allongée sur le côté. Pourquoi n’est-elle pas proposée chez nous? Car les pieds dans les étriers, c’est tout sauf confortable et naturel comme position…

    En tout cas, ça fait plaisir d’entendre un médecin dénoncer ce genre d’attitudes.
    Je m’en vais de ce pas lire le reste de ton blog 🙂

  • DDCH :

    Je ne discuterai qu’un point : le frottis à tout âge.

    Moi, HPV détecté à 20 ans. Juste en surveillance pour le moment. Ma meilleure amie : passée au laser à 22.

    D’où sort cette foutue légende du « avant 25 ans, inutile » ???

    C’est pas une question d’âge. Si on a été exposée, même à 17 ans, ça vaut le coup d’écarter les cuisses une fois par an pour le savoir.

    Pour ma part je suis toujours allée en planning familial où le personnel est adorable, et les médecins, au pire vaguement désagréables dans le dialogue, mais généralement sympathiques et prévenants, et délicats dans l’examen. Je ne saurai que le conseiller aux jeunes filles, ces gens là ont l’habitude des ados et des jeunes adultes.

    Mais merde arrêtez de dire qu’avant 25 c’est inutile ! Quand ma colloc est allée faire renouveler sa pilule, elle n’avait pas fait de frottis depuis bien 2 ans, et la gynéco lui a dit que c’était inutile vu son âge.

    Mais avec le nombre de partenaires qui ont défilé dans sa chambre, en quoi serait elle moins exposée d’une femme de 30 ans ?

    D’autant que le HPV se transmet même avec un préservatif. (et ma coloc n’a même pas prit cette précaution).

    A 22 ans, on a pas un col avec armure intégrée.

  • Matteo :

    Bjr,

    Tout d’abord, je ne suis pas une femme, je ne suis pas en couple, je n’ai pas d’enfants.
    Merci pour votre article.
    Ayant dans le cadre de mon travail, travaillé pendant 3 ans avec un laboratoire libéral et en ayant visité quelque autres (liberaux et hospitaliers) de médecins anatomo pathologistes, je ne m’étendrai pas sur les pratiques de la profession concernant le traitement des prélèvements.

    Néanmoins en ce qui concerne le HPV, le lobby pharmaceutique est particulièrement actif. Je rappelle que le ministre de la santé de l’époque en a autorisé sa recommandation sans même attendre la position officielle de la ‘commission’ (certes positive) d’autre part, les études support (je ne les aient surement pas toutes lues) ne montrent que qq souches impliquées parmi des centaines et dans une population ‘test’ discutable.

    Je ne milite aucunement, mais je m’interroge toujours sur le fait d’inoculer préventivement à des adolescentes, des substances sur la base d’études controversées.

    Cela me rappelle un peu le non débat l’effet réel des ‘statines’ sur le ‘cholesterol’ et son ‘taux moyen recommandé’ qui ne cesse de baisser.

  • Viobi :

    Le déshabillage intégral présente, au moins en cas de grossesse, un autre avantage pour le gynéco: il lui permet de s’offrir la joie de faire monter sous son nez la patiente sur la balance pour l’humilier un peu plus (« Quoi! Vous avez ENCORE pris deux kilos et demi! Ah mais ça ne va pas du tout! Il faut vous surveiller, ce n’est pas raisonnable! » etc.), nettement plus jouissif que de vérifier en début de grossesse que la dame a un pèse-personne électronique et de lui demander de se peser le matin à jeun avant chaque consultation…
    Et par rapport à la remarque de Mercredi: non, le problème n’est pas la (dé)sexualisation de l’examen génital, c’est le respect de l’autre. Quand vous êtes à poil devant quelqu’un qui reste habillé et décide du moment où il vous autorisera à remettre vos frusques, on est humilié, mis en position d’inférieur, exposé comme un objet. C’est inadmissible, et ce n’est pas une question d’appartenance à un sexe ou à l’autre, ni une question d’âge. Je pense aux enfants, à mes souvenirs de visite médicale scolaire, toutes en ringuette en culotte, une par une sur la balance devant tout le monde, et, plus tard, en 2e, habillées cette fois mais à 4 en même temps dans le bureau de l’infirmière qui exigeait de savoir si on était réglées, depuis quand, si ça faisait mal, si c’était régulier, s’il y avait des caillots…)

    Merci, docteur Borée, de secouer un peu le cocotier (et j’aimerais bien savoir où vous avez trouvé la photo de cet article).

    • Borée :

      Comme l’a dit Docteurdu16, ce billet est déjà très riche. Je ne développerai donc pas davantage sur la mammographie ni sur la question des vaccinations HPV. Personnellement, quand je ne suis pas sûr d’une chose, je regarde l’avis de la Revue Prescrire et je m’y fie.

      • Concernant la mammographie dans le cadre organisé : bénéfices modestement supérieurs aux risques, j’essaie d’éclairer mes patientes, je les encourage à participer au dépistage mais sans incitation forte.
      • Concernant la vaccination HPV : bénéfice modéré à court terme, incertain à long terme, aucun risque particulier connu, je le propose.

      @DDCH

      Je connais bien le planning familial, j’y faisais des vacations avant de m’installer. 🙂

      Votre point de vue (qui est celui qu’on vous a inculqué d’une certaine manière) me fait furieusement penser à la question de la prostate et des PSA.

      Vous trouverez beaucoup d’éléments de réponse détaillés chez Martin Winckler (attention, cet article contient un lien vers un autre site abordant la question du HPV, un site certes très didactique sur le plan technique mais qui ne me paraît pas très clair quant à ses liens avec les laboratoires qui commercialisent des kits de détection HPV).

      Cette recommandation de ne débuter les frottis qu’à 25 ans (ou 8 ans après les premiers rapports sexuels ce qui, en moyenne, est assez semblable) n’est pas une légende ni une lubie que j’ai eu en me levant. C’est une recommandation officielle de la HAS.

      Il faut savoir que les papillomavirus sont très répandus. Je cite Prescrire : « On estime que la majorité des personnes sexuellement actives ont au moins une infection à HPV à potentiel cancérogène élevé au cours de leur vie, dont une grande partie survient dès les premières années de relations sexuelles. »

      Ces virus peuvent rester latents quelques mois ou quelques années. Fort heureusement, dans l’immense majorité des cas, le système immunitaire va réagir et spontanément éliminer le virus.

      Dans quelque cas, cette infection chronique va aboutir à des lésions précancéreuses. Mais, même à ce stade, plus de la moitié de ces lésions vont disparaître d’elles-mêmes grâce au système immunitaire.

      Dans quelques malheureux cas seulement, tout ceci va finir par aboutir à un cancer du col de l’utérus. Au final, moins de 0,3% des infections finit par évoluer vers un cancer.

      Vous l’aurez sûrement compris, ce processus se déroule de toute façon sur plusieurs années.

      C’est pourquoi il n’est pas surprenant de constater que les cancers du col de l’utérus n’existent pratiquement pas avant 25 ans (de l’ordre de 1 cas pour 1 million de jeunes femmes). D’où les recommandations.

      C’est pour le même type de raison que l’intervalle de trois ans entre deux frottis (après les deux premiers séparés d’un an) est proposé. Les faire plus souvent ne change rien de significatif. Par contre, les espacer davantage conduit à « manquer » certains cancers.

      C’est pourquoi aussi il n’est pas recommandé aujourd’hui de proposer un dépistage pas recherche de HPV. Celui-ci sera fréquemment positif, ne permet pas de déterminer quelles seront les lésions qui évolueront mal et celles qui régresseront (il ne pourra, au mieux, que donner un ordre de grandeur du risque) et pourrait donc conduire à des inquiétudes et à des traitements inutiles.

      Voilà toutes les raisons qui me semblent légitimer les recommandations officielles. Restent éventuellement des cas singuliers (rapports sexuels très précoces, situations à risque particulier telle que l’infection par le VIH, …) qu’il convient de discuter au cas par cas.

      Mais contraindre une patiente de moins de 25 ans, qui ne se plaint de rien et qui n’est pas demandeuse, à « bénéficier » d’un frottis ne repose sur rien de solide et ne me paraît pas éthique.

      Le risque à vouloir « trop bien faire », au-delà d’éventuels inquiétudes et traitement infondés, c’est de finir par décourager certaines femmes qui, du coup, pourraient renoncer à toute surveillance.

  • sophie :

    Dire que je ne me suis jamais posé la question qu’il y avait une autre manière d’être auscultée qu’entièrement nue … Ça ne me dérange pas mais je veillerais à en discuter avec le praticien quand j’aurais une fille.
    J’avais lu avec beaucoup d’intérêt le choeur des femmes par ailleurs. Et j’y ai retrouvé des remarques formulées par des amies (l’examen au spéculum sur des jeunes filles vierges sans question préalable/ coup d’oeil pour vérifier …).

  • jadooor :

    Méme chose pour moi: déshabillage intégral, examen complet a chaque fois meme sans plainte ni antécédents familiaux et examen au spéculum, (dont je ne vois pas lintéret car pas de frottis ni de prélévement) et premier frottis fait 6 mois apres le début de l’activité sexuelle.
    Résultats: une TA au plafond a chaque fois (16 chez le gynéco, 11 chez le généraliste….) et la décision de ne plus aller chez le gynéco que tous les 3 ans pour les frottis (je pourrai bientot me prescrire la pilule moi meme)

  • raphaël :

    je me souviendrai toujours d’un de mes remplacements, j’étais alors un jeune médecin généraliste, une jeune femme (peut être 20 ans) vient pour une angine, je l’interroge un peu puis lui dis d’aller s’asseoir le temps que je pianote sur le PC les élements. J’étais le nez dans mon logiciel, puis je me lève pour aller examiner son angine, et là stupeur, je découvre une jeune femme en sous vetements, assise. Je m’approche et balbutie un truc du genre, mais pourquoi vous êtes-vous déshabillé, elle me répond, – je dois toujours le faire quand je viens voir le Dr A. Donc, pour n’importe quel motif le médecin que je remplacais faisait désabiller cette jeune femme qui trouvait ça normal. Ca laisse songeur sur le pouvoir que l’on a.

  • pupuce :

    merci.
    ça fait du bien.
    je n’aurais pas eu des mots si polis que les vôtres, moi, pour décrire le phénomène.
    je ne suis plus suivie. j’aime mieux risquer le cancer que la consult gynéco que je vois tout connement comme un viol, m’étant fait introduire mon premier spéculum à seulement 12 ans, et totalement à poil, en effet…la suite de mon vécu en la matière a été du même niveau, c’est toujours une joie que de devoir parcourir plusieurs mètres à poil dans le cabinet sous un regard inquisiteur surtout quand tu viens pour qu’on te pose un stérilet, donc à un moment fort opportun de ton cycle…passons sur les remarques sympathiques qui te font penser que t’es au marché aux bestiaux, du mauvais côté.
    tout ça c’est rien à côté des douze mains différentes venues me doigter à mon premier accouchement. viol collectif, pour le coup. au deuxième j’ai refusé la péri pour pouvoir filer des coups de pied.
    bref, quoi. salopards.
    « ils ne questionnent pas leur pratique »…excuse facile il me semble. ils savent la questionner quand il s’agit de leurs femmes ou de leurs filles, voire d’eux mêmes quand ils sont des elles.
    mais bien entendu, pour les gens du métier, c’est pas pareil. bin nan. nous ne sommes pas de la même race, pensez donc, ma pauvre dame.
    si ce n’étaient que les gynécos…
    si ce n’étaient que les toubibs…
    demandez donc à votre coiffeuse pourquoi votre couleur vire en un mois et la sienne en tient trois facile, tiens. manquer de respect, prendre l’autre pour un gros con, le traiter comme tel, abuser de son pouvoir, escroquer, c’est devenu si général…

  • Fauché :

    Je suis un homme, pas concerné directement par la gynécologie (même si à la lecture des mésaventures de vos lectrices, je m’étonne que certains médecins ne sortent pas de consultation avec le nez cassé!).
    Pour des raisons financière, je me fais souvent soigner en hôpital publique, en consultation externe.
    J’ai été choqué lors d’une consultation pendant laquelle il y a eu la présence de nombreux étudiants. Heureusement la première fois, le médecin a pris la peine de m’expliquer que ce n’était pas obligatoire. Maintenant, il m’arrive de refuser leur présence. Parce qu’avec certains, j’ai plus l’impression d’être un animal de foire qu’un patient. J’ai entendu dire que ça se faisait en gynécologie. Je n’ose pas imaginer.

  • katell :

    Je me revois, médusée, entendre ma colocataire me dire « pfff j’ai rdv chez la gynéco, j’en ai déjà des palpitations ». Compréhensive, je lui demande si elle attend des résultats d’analyse inquiétants ou un truc du style. Elle me répond, l’air de rien: « mais non, c’est juste l’idée d’être à poil pendant 20min et de me peler dans le cabinet »…. !!!!
    Quand je pense à mon adorable généraliste, qui n’utilisait que de petits spéculums jetables en plastique, qui faisait son examen sans sortir les étriers (comme quoi, c’est pas indispensable), qui me complimentait au passage sur ma jolie lingerie, me parlait voyages et plages de sable fin pour me détendre… et finissait par un « Voilou ! » et se chargeait elle-même de rabattre délicatement ma jupe sur mes jambes…et me tendait la main pour m’aider à descendre de la table.
    Des médecins comme ça il y en a, et je suis effarée que les autres (ceux qui vivent de l’intimité des femmes et ne voient pas le mal à les dégoûter d’un examen qui pourrait être rassurant, + l’occasion d’un échange) continuent d’avoir du monde dans leur salle d’attente.
    Je passe sur cette toubib de fac qui m’avait fait une scène parce qu’à 19 ans je n’avais vu un gynéco (ni le « loup », d’ailleurs)…

    J’ai bien l’intention de faire circuler votre article, et je m’attends hélas à des réactions navrantes et résignées de plusieurs copines passées (nues) entre les mains de toubibs peu regardants, et à des âges indûs.

  • Rien :

    Vous savez en médecine du travail c’est la même chose : j’ai jamais saisi l’intérêt de me faire mettre en soutif-culotte pour me faire faire 3 flexions et écouter le stéthoscope… Aaaah mais oui j’oubliais je suis en surpoids, il faut donc m’humilier et me rabaisser pendant 30 minutes pour finir par m’asséner un conseil de régime à la con (comme si je n’en n’avais jamais fait !).
    Du coup à part cette visite du travail obligatoire je fuis le corps médical comme la peste.

  • creature :

    Je me suis retrouvée à la maternité des HUG, enceinte jusqu’aux yeux, nue, un speculum bien enfilé, 30 mn, pendant que monsieur le gynéco de service partait chercher des collègues pour confirmer une petite perte des eaux. Ensuite, ça a été le défilé, toujours empalée par le speculum. Je ne savais plus ou me mettre, et si je n’avais pas eu de contractions, toute honte bue, je serais partie en courant pour ne plus jamais revenir, quitte à accoucher chez moi … Ok, c’était il y a 25 ans, mais du coup, je n’ai jamais plus revu un gynéco autrement que pour un suivi de grossesse, et encore… merci les sages-femmes à domicile.

    • Borée :

      Je reviens sur plusieurs commentaires auxquels je n’ai pas encore réagi :

      @Felis
      J’imagine que vous parliez de « gynéco et homosexualité féminine » ?
      Pour le coup, j’ai bien plus de questions que de réponses.
      J’y ai été confronté à travers une patiente homosexuelle qui n’a encore jamais eu de frottis et qui ne semblait pas envisager d’en avoir. Je lui ai dit qu’il me semblait que c’était quand même recommandé mais elle n’a visiblement aucune intention d’avoir un examen au speculum…
      Bref, je dois reconnaître que, sur ce coup là, je manquais sérieusement d’arguments et de données solides.

      @R, pupuce et bien d’autres
      Vos témoignages sont malheureusement de nouvelles illustrations que lorsque l’on veut « trop en faire » et imposer au patient des soins auxquels il ne consent pas vraiment, on prend le risque de le voir disparaître dans la nature. Ce qui est, au final, la pire des choses.
      Peut-être serait-il temps de partir en quête d’autres médecins pour assurer le suivi dont vous pouvez avoir besoin ?

      @Fauché
      Je comprends votre réaction.
      Mais je dois vous faire un aveu : j’ai été moi aussi un de ces étudiants en médecine spectateur de consultations et de gestes médicaux. C’est incontournable.
      Aujourd’hui, j’accueille à mon tour des stagiaires, internes ou externes et les fais participer à mon activité. Y compris pour les actes de gynécologie.
      Je demande toujours au patient s’il est d’accord et je fais mon possible pour que ça ne devienne jamais une « démonstration de foire ». Moyennant quoi, les refus sont rarissimes, y compris pour les consultations qui touchent à l’intime.
      Lorsque les patients sentent qu’on les respecte et qu’on leur demande leur accord, ils sont même souvent heureux de pouvoir tenir ainsi un rôle « pédagogique ». Ce dont je les remercie systématiquement lorsque je sais qu’ils ont pris sur eux.

      @creature
      Je ne connais pas bien le monde des sages-femmes. Lorsque je lis Dix-Lunes, je me dis qu’il existe bien quelques dragons chez elles aussi mais que, probablement, il y a dans l’ensemble un plus grand souci des femmes. Héritière des « matrones », souvent en marge du pouvoir masculin, ça n’aurait rien d’étonnant.

      Comme les sages-femmes (et les médecins généralistes, je le rappelle quand même) peuvent assurer l’ensemble des gestes de base de la gynécologie, y compris en-dehors de la grossesse, cela pourrait peut-être constituer une solution pour celles qui peinent à trouver un médecin convenable.

  • Prose :

    Il y a apparemment plus de vaginites bactériennes chez les femmes lesbiennes que chez les femmes hétéros (Biet E. homosexualité féminine des risques spécifiques à prendre en compte. Le quotidien du médecin n°6412). Après, je n’ai pas lu l’étude en question et je ne suis pas médecin, alors je ne sais pas ce que ça vaut comme information…

    Le point soulevé par Felis est essentiel, je pense.
    Il n’est pas toujours facile de dire « je suis lesbienne/bi », quand on ne sait pas comment ça va être reçu en face. Moi qui suis bi, je sais que j’hésiterais à en parler de moi-même (je n’ai pas encore eu à le faire puisqu’à 20 ans je n’ai jamais rencontré de gynéco). Pour ça, je pense que ça peut être bien de suggérer une ouverture ou au moins de poser des questions larges au début (le mot « partenaire » a l’avantage d’être neutre…).

    Beaucoup de lesbiennes ne consultent pas, ou pas assez en pensant qu’elles ne risquent rien parce qu’elles n’ont pas de rapports avec des hommes (vu le peu d’informations de prévention dont on dispose, c’est compréhensible !), ou bien suite à une mauvaise expérience (gynéco homophobe), elles repoussent les consultations ou tout simplement laissent tomber l’idée d’un suivi.

    Pour revenir au sujet initial, ça m’a fait plaisir de lire ce billet. La perspective de me déshabiller entièrement face à un gynéco ne me tente vraiment pas. Lire ici que rien ne le justifie, ça fait plaisir et je pense que je serais mieux « armée » si on veut me l’imposer.
    J’ai déjà un peu vécu ça quand je devais faire des radios de mon dos (suivi de scoliose). A douze-treize ans, se retrouver en culotte dans une pièce gelée, c’était très désagréable et très intimidant. Après certains radiologues étaient mieux que d’autres (je pouvais garder une brassière sans armature, ou au moins ils étaient chaleureux…). Le premier médecin qui m’a suivi était affreux, froid, pessimiste. Il me traitait comme un dos, un corps, mais certainement pas un être humain. Celui qui l’a remplacé dans le service a vraiment été surpris quand il a compris que j’étais sur le point de me mettre en sous-vêtement devant lui (« non, non, c’est pas la peine ! gardez votre pantalon ! »). Je lui ai même demandé s’il était sûr tellement j’avais intégré ça comme un passage obligé (c’est dingue le pouvoir qu’on accorde au corps médical, sous prétexte qu’ils « savent mieux que nous » !).

  • Louise :

    Bonjour,

    A la suite de votre article, j’ai parlé avec les femmes autour de moi de la palpation des seins. De grosse voix sont alors monté disant qu’il était normal de la pratiquer, qu’il n’y avait pas de choix a laisser aux patients sinon personne le ferait puis tout le monde se plaindrait d’avoir un cancer non dépisté.

    Je crois que la palpation des seins est devenue un geste rassurant. On dit que c’est utile, qu’on le détecte très bien de la sorte, et donc en pas le faire reviendrais a dire « bienvenue cancer! ». C’est une pratique que beaucoup de femmes on totalement assimilée comme courante et normal, obligatoire et systématique.

    Pour ce qui est du déshabillement il en va de même. De nombreux praticiens la demande, la première fois cela m’a paru étrange, je n’en voyais pas la moindre utilité (aujourd’hui non plus d’ailleurs). Mais le fait est toujours le même, c’est devenu normal.

    J’ai l’impression que de plus en plus de gynéco voient leurs patients comme de la viande et non des personnes. Les examens longs et douleureux sans explications, les refus de telle ou telle contraception …

    Il n’y a aucun lien avec ce médecin (contrairement au médecin généraliste par exemple) du fait du peu de nombre de visite. Durant un temps mon gynéco a été mon médecin généraliste. Je regrette que ca ne puisse plus être le cas et que ca ne le soit pas plus souvent.

  • Gaëlle-Marie Zimmermann :

    Merci pour cet article, ça fait du bien d’entendre un son de cloche différent, surtout venant d’un médecin. Je suis lectrice de ce blog depuis peu et je sais déjà que lors des prochains articles dans lesquels j’aborderai ces thèmes (c’est un cheval de bataille récurrent chez moi), je pourrai m’appuyer sur une référence supplémentaire.

    Vraiment, merci pour tout ce que vous partagez ici.

  • Cécilie :

    J’ai changé trois fois de gynécologue, parce qu’ils me faisaient me déshabiller entièrement.

    Je suis très fortement prédisposée à développer un cancer du sein car je suis porteuse du BRCA1, et j’ai donc droit à une palpation des seins tous les ans (alors que, par ailleurs, je suis suivie par un spécialiste des cancers du sein dans un centre, en plus de mon gynéco). Mais comme vous le dites, rien n’empêche de me faire d’abord l’examen en haut puis l’examen en bas, en me laissant le temps de me rhabiller la partie non examinée.

    Pendant ma grossesse, alors que mon suivi par le spécialiste des cancers du sein a été suspendu, mon obstétricien s’est entêté à me faire déshabiller intégralement à chaque consultation (une fois par mois, donc) pour me palper les seins. Et avec un plaisir non dissimulé : « huuummm, quelle belle poitrine bien ferme de femme enceinte… » Sans compter les autres remarques, en me regardant me lever de sa table d’examen : « vous n’avez pas de grosses fesses dites donc ». Et j’en passe. Humiliant.

    Evidemment, je ne compte pas le revoir et j’en cherche encore un nouveau. Je n’ai toujours pas trouvé la perle rare dans la nouvelle zone où je vis, ce n’est vraiment pas facile.

    • Borée :

      @Prose
      Je n’ai pas retrouvé l’article que vous évoquez. Je ne sais quoi penser de l’auteur ni de l’étude, en revanche, le Quotidien du Médecin est à la presse médicale ce que 20 minutes est à la presse d’information, donc….
      Les vaginites bactériennes sont le plus souvent dues à un déséquilibre de la flore vaginale en raison de traitements antibiotiques ou d’une hygiène trop agressive. Je ne vois pas trop ce qui pourrait exposer davantage les lesbiennes mais je n’ai vraiment aucune expertise. De toute façon, c’est une pathologie qui se « diagnostique ». La seule pathologie gynécologique qui se « dépiste » chez une femme asymptomatique, c’est le cancer du col via les frottis.

      Ce n’est certainement pas facile d’en parler à son médecin mais, sur ce point, j’ai un avantage. 😉

      Enfin, concernant vos expériences d’enfant, je ne sais pas quel est précisément votre problème mais les troubles de la statique vertébrale sont un des rares cas où je fais, pour le coup, entièrement déshabiller mes patients (sauf les sous-vêtements) car il me paraît essentiel de pouvoir apprécier la statique dans sa globalité : des pieds aux cervicales.

      @Louise
      Attention, je préfère le répéter. Je n’ai pas dit qu’il ne fallait jamais faire de palpation des seins mais que ce n’était probablement pas un examen primordial et qu’il n’est de toute façon pas justifié en-dehors d’un cadre assez précis et décrit dans le billet.

      @Gaëlle-Marie Zimmermann
      Merci de votre commentaire.
      J’ai découvert votre blog avec plaisir et j’approuve totalement vos billets « gynécologiques » !

      @Cécilie
      Je comprends votre difficulté.
      Lorsque certains de mes patients déménagent dans un secteur où je ne connais personne, je les encourage souvent à consulter la liste des Lecteurs Emérites de la Revue Prescrire.
      Y figurer n’est pas la garantie d’être le médecin de vos rêves. Ne pas y être ne veut pas dire du tout que l’on est un mauvais médecin. En revanche on peut raisonnablement penser que les professionnels qui figurent dans cette liste sont au minimum des personnes qui ont le souci de faire évoluer leurs pratiques et qui font l’effort (l’inscription annuelle au test est de l’ordre de 60 € en plus des 260 € d’abonnement à la revue) de se former en continue et en toute indépendance des laboratoires.
      Quant on ne sait vraiment pas à qui s’adresser, ça peut être un bon point de départ.

  • Solveig :

    Bonjour !
    J’ai lu hier toutes vos archives, avec grans plaisir, beaucoup d’émotions et pas mal de rage envers la situation de la médecine. Et aujourd’hui je tombe là-dessus, c’est en anglais mais c’est intéressant : http://normanspinradatlarge.blogspot.com/2011/02/hospital-time-sleep-deprivation.html

  • Zoë :

    Après avoir essayé trois gynécos, toutes des femmes, je me tourne aujourd’hui systématiquement vers les médecins du planning familial, bien plus à l’écoute (j’ai 19 ans). Ils/elles font un travail incroyable et se réellement respecteux.

  • Ska :

    Merci pour cet article et ces commentaires… Effarants, effrayants pour certains.
    Je ne me suis jamais posée la question de la nudité intégrale. Mais j’ai la chance de ne plus voir de gynéco depuis ma première consult’ qui s’était mal passée juste question de relations humaines (jugée sur la clope, les relations sexuelles à 16 ans… j’en passe)
    Je vais chez une généraliste qui m’a prouvée que si l’on était détendue un frottis pouvait même être indolore oO !!! Elle a beau me faire (ou me laisser) me déshabiller entièrement, la confiance en elle et en son professionnalisme m’ôte toute crainte ou sensations désagréables.

  • elrilmalia :

    Bravo +++ voilà un regard professionnel qui fait plaisir a voir,dommage que beaucoup ne soit pas comme ca 😉

  • wain" :

    bonjour et merci d’une lectrice régulière pr ces billets tjrs instructifs et accessibles, que ce soit sur le plan scientifique ou sur le plan humain !
    j’ai la chance d’avoir croisé jeune adulte un jeune généraliste avec qui j’ai découvert qu’une relation patient-médecin pouvait être équilibrée , et depuis je préfère avaler qqs km supplémentaires ds ma zone rurale pr aller chez le médecin qui me respectera en tant que femme, patiente ou maman de patient. Jusqu’à présent,j’ai plutôt de la chance : oui les généralistes, pédiatres, SF , ophtalmo ou gynéco ne résumant pas une consultation à « symptôme ordonnance », ça existe, et c’est précieux. Quelle confiance avoir sans cette relation, et partant de là, comment exprimer correctement les raisons de sa venue, sans confiance ? …
    bref, encore un billet que je vais relayer, merci encore 🙂
    (et surtout, surtout, continuez à vulgariser aussi efficacement ces données scientifiques que ns ne sommes pas tous à même de trouver ou de comprendre à l’état brut …c’est un très joli don que vous avez là, et que vous nous faites.
    🙂

  • Macoupc :

    Très éclairant comme article ! Merci.

  • Alalune :

    Cher monsieur, merci pour cet article si vrai et si complet.

    Personnellement, ce qui me choque autant que les pratiques abusives, c’est d’apprendre que vous semblez bel et bien informer des femmes (et des hommes) de leurs droits fondamentaux:

    « Ah bon, je ne suis pas OBLIGÉE de me mettre à poil / d’accepter un examen médical etc. »

    Alors, merci encore pour cette prise de conscience que vous permettez alors.

    Vous devez être un médecin formidable dans la profession. Vos patientes ont beaucoup de chance.

  • Que se passe-t-il dans la tête des gynécologues mecs et hétéros ? | Rue 89 | Actualités des Journaux :

    […] eux ne demande à ses patientes de se mettre totalement nues, tous jugeant cette pratique choquante. De tous les trois, Edouard est celui qui semble avoir établi le plus de stratégies pour […]

  • marelle :

    Merci pour cet article très instructif. Etant suivie pour infertilité, j’ai vraiment rencontré de tout dans ce parcours, du meilleur au pire. J’ai un souvenir très fort d’une hystérographie réalisée dans un grand cabinet parisien. Pas un mot pour vous expliquer l’examen (et quel examen !), la jeune femme qui était passée devant moi s’était évanouie, non pas de douleur mais de stress et d’angoisse.
    J’en passe sur cette matinée éprouvante, mais j’en suis ressortie avec deux questions. Comment peut on accepter un tel mépris? Que faire pour exprimer son désaccord, en tant que patiente?
    Merci et bonne continuation.

  • Julien :

    Plusieurs lecteurs/rices je crois ont commenté sur la nécessité de « désexualiser le corps », mais n’est-ce pas au contraire l’inverse qu’il faut faire ?

    Le corps est sexuel il faut l’accepter, et la sexualité est une partie de la patiente. Considérer aussi la sexualité de la patiente c’est l’examiner dans son intégralité, ce qui ne peut au final qu’aboutir à de meilleurs soins. C’est aussi l’examiner en tant qu’humain avec tout ce que ça implique, et non en tant que simple machine faite d’un fatras d’organes.

    J’ai l’impression qu’un problème majeur sur ce dossier (mais sans doute pas le seul bien sûr) est que bien des praticiens sont influencés par une vision sexiste où la femme est avant tout une machine à produire des enfants (y compris si le praticien est un femme, on sait que l’oppression de genre est facilement intériorisée). Combien de gynécologues entrent dans cette spécialisation dans l’objectif de permettre aux femmes l’amélioration de leur vie sexuelle ? Il doit rester encore quelques post-68ards comme ça, mais pas beaucoup. La plupart sont juste là pour « le miracle de la vie ».

  • Les liens du dimanche | Paumadou :

    […] Medecine, sexe et pouvoir […]

  • idf007 :

    Scandaleux…De l’abus. Ces pratiques devraient être condamnables et ces médecins sans morale jugés en place publique. Il faut dénoncer haut et fort ces manières d’agir, quitte à ponter du doigt leurs auteurs.

  • Alalune :

    Si les « clients » ne se laissaient pas faire, on n’en serait pas là…….. même si ce n’est pas de leur « faute » au départ.

  • Picholine :

    Ouf !
    Tous ces témoignages ! J’ai 52 ans, je consulte depuis l’âge de 18 ans le même gynécologue. C’est un être plein de tact. Paravent, examen des VGE, disparait derrière le paravent, remettre culotte,revient pour palpation des seins, me donne la main pour descendre de la table, m’explique tout ce qu’il se passe. Un jour même, avec un miroir, m’a fait découvrir mon intimité, me sentant très angoissée par quelque chose d’anodin sur le col de l’utérus.
    Je crains son départ à la retraite, je n’ai vu que 3 ou 4 autres médecins gynécologues dans ma vie et tous ont été maladroits ! Et une femme très brutale ! Je pense que je prendrai ma retraite de bonne patiente consultant régulièrement dès que lui même prendra sa retraite. Courage les jeunes, ne vous laissez pas humilier, vous êtes plus dégourdies que nous pour vous exprimer, voila une bonne occasion de dire non ! Pour finir une question : qui pourra m’expliquer pourquoi au 21 ème siècle la mamographie est si archaique ! J’adorerai écraser les coucougnettes d’un de ces messieurs entre 2 plaques pour voir comment ça fait !! Inventez nous quelque chose de moins horrible. Au boulot !!!

  • Marie :

    Toutes les visites mensuelles de ma dernière grossesse se sont passées à poil avec speculum et palpation des seins. Infernal. Le gars mettait sa poubelle du côté opposé, juste pour se baisser devant mes cuisses écartées en jetant ses gants…. Et il me parlait de toutes ses patientes, ou plutôt ses « malades » comme il disait !

    Le jour de l’accouchement, je lui ai dit de fermer la porte et de se taire : j’étais en train de pousser, la porte ouverte sur un couloir passant et gygy parlait à qui voulait l’entendre de l’accouchement qui se passait mal d’une autre maman dans la pièce d’à côté….

    Ah oui, il était aussi persuadé que c’est lui qui m’accouchait. Je lui ai expliqué que lui regardait et que MOI j’accouchais. CQFD.

    Mais il a encore fallu après que le lui dise d’ôter ses doigts du fond de mon utérus : il était en train de décoller mon placenta sans me prévenir. Je l’ai prié d’attendre et de laisser faire la nature. Ca a pris 5 minutes de plus…

    Merci pour votre article.
    On se sent moins seul(es) !

  • Sophie :

    Je suis sans voix. Expatriee au Royaume-Uni, tous mes examens gynecos ont ete faits a demi-nue seulement, avec un linge pose sur les cuisses pour preserver un semblant d’intimite. Et a 30 ans, mes seins n’ont jamais ete palpes par le corps medical. Cela ne m’empeche pas de ressortir de consultation totalement traumatisee et je n’ose donc meme pas envisager un examen gyneco dans les conditions decrites ci-dessus. Ce sera bien la premiere fois que je fais l’eloge du systeme britannique.
    Merci pour cet article qui me permet de relativiser…

  • Garry :

    Article très interressant, et au vu de nombres de commentaires- stupéfiant et effrayant -, il semble aussi être très utile pour de nombreuses patientes — espérons qu’il le sera aussi pour des praticiens.

    Il me semble que ces témoignages (et cet article) permettent de mettre en évidence deux choses : premierement, le manque cruel de notions de psychologie de base de la part de nombreux praticiens; ce que beaucoup ici nomment simplement, et d’une certaine façon avec raison, un manque de respect. Les médecins auraient-ils tendance a oublier que s’ils soignent des corps, ceux-ci appartiennent à des individus.
    Ensuite, et peut-être est-ce encore plus intérressant d’un point de vue sociologique, c’est la relation de pouvoir qui est encore aujourd’hui trop souvent à l’oeuvre dans la pratique médicale; relation que de nombreux médecins semblent considérer comme allant de soi, et négligeant ainsi notamment les explications qui devraient toujours accompagner l’acte médical; et peut-être pire encore, relation de pouvoir qui réussit à se faire admettre par les patients comme normale, qui se soumettent sans broncher, sans se poser plus de question… Pouvoir qui n’est d’ailleurs pas propre au médecin, mais de manière plus générale au statut de scientifique, qui « sait », et que donc l’on est censé écouter, auquel on doit obéir, sans plus l’interroger… Les expériences de Milgram sur nos potentiels à devenir tous tortionnaires étaient réalisées sous le controle et l’influence d’un homme de science, qui offrait la caution du geste de torture – il est triste de voir qu’une telle expérience n’ait pas plus fait évoluer les choses ni de la part des individus en général, ni de la part des scientifiques, qui non seulement devraient etre conscients de ce statut que beaucoup leur confèrent, et qui surtout devraient le désamorcer plutot que de s’en servir ou de l’alimenter.
    Merci, bonne continuation

  • Rose :

    Depuis que j’ai lu le « Choeur des femmes » je ne cesse de m’interroger sur la question de ce fameux examen gynecologique, sur l’accouchement tant medicalise.
    Et en lisant votre article j’ai compris que ce n’etait pas qu’une histoire mais bel et bien la verite et que je faisais aussi partie de toutes ces femmes.
    J’etais a la fois soulagee et triste de savoir qu’il y avait une facon respectueuse de le pratiquer.
    Soulagee parce que je ne me laisserai plus jamais faire et que j’ai la chance d’avoir aujourd’hui un specialiste respecteux et soucieux de son travail.
    Et triste pour toutes ces femmes qui ont souffert qui vont souffrir parce que les bourreaux sont toujours en exercice et qu’ils en formeront toujours des nouveaux.
    Et puis un peu en colere aussi car ma mere, pourtant tres liberee sur les choses du corps et m’expliquant toujours tout ne m’a jamais parle de cette etape. Elle m’a dit que ca pouvait attendre, que je veuille prendre la pilule ou que j’ai des relations mais dans ses yeux je lisais la crainte que ce soit aussi mon tour.
    Puis elle m’a envoye chez le gyneco de la « famille » quand j’ai voulu prendre la pilule.
    Elle voulait que j’y aille seule, c’etait trop personnel, et puis de toute facon elle avait « trop de travail, pas le temps pour ca  »

    J’avais la trouille mais je savais qu’il le fallait, j’etais toute seule pour y faire face quand un vieux medecin m’a ouvert la porte avec l’air sympathique et tranquille neanmoins avec une certaine distance du genre de celle du vieux sage, celui qui en saura toujours plus que toi mais ne te dira rien. Je me suis un peu detendue, apres tout il avait l’air pas si terrible. J’avais a peine 20 et je venais juste de decouvrir ce qu’etait le sexe.
    Et puis il m’a rapidement fait me mettre entierement nue, je me sentais humiliee en enlevant ma petite culotte, dernier rempart de mon intimite devant un inconnu et pourtant il restait doux. Et la ca a ete l’enfer, je crois que si il avait eu plus de materiel pour m’explorer le vagin il l’aurait fait, tout y est passe, palpation des seins, toucher vaginal, speculum, frottis et echographie interne… Dans un enchainement infernal et ralenti.
    L’impression d’avoir un sac fourre-tout a la place du ventre.
    Je suis repartie avec mon ordonnance de pilule et la demande de revenir tous les 6 mois parce qu’avec mon unique ovaire, « vous comprenez il faut bien le surveiller c’est le seul qui vous reste  » …
    Je suis rentree dans ma voiture choquee et puis j’ai pleure pendant une bonne demi-heure sous le choc repugnee, humiliee, salie par cette exploration excessive, j’ai appele mon amoureux parce que de toute evidence je ne pouvais pas en parler a ma mere et il m’a ecoute, rassure et promis que la fois suivante on irait ensemble chez un autre.
    Je n’ai meme pas eu le droit a quelques informations supplementaire sur la pilule, « tout etait ecrit sur la notice », une fois l’examen passe je me suis faite gentiment mise a la porte, comme une fille qu’on s’est tape dont on ne veut plus…

    J’ai rencontre ensuite mon actuel gynecologue, sous les recommandations d’une doctoresse, il s’est dit choque qu’on me force a revenir tous les 6 mois et a me devetir entierement, de meme pour la palpation des seins, inutile selon lui… qui plus est a mon age !
    Que c’etait des precautions totalement inutiles et infondees, mon dernier ovaire ne risquait pas grand chose, pas plus que si j’en avais eu 2. Parfois meme, il ne m’examine pas, au debut je croyais que c’etait un peu de la feignantise de sa part, ou qu’il n’aimait pas trop voir ca a tout bout de champs. Mais maintenant je comprend.

    Bref le changement radical, mais rien ne pourra faire disparaitre ce souvenir de ce vieux pervers qui devait etre tout heureux d’acquerir une petite jeunette parmis ses patientes de longue date, et croyant pouvoir faire pression sur mon inquietude de mon unique ovaire pour me faire venir plus souvent que de coutume.
    Question de pouvoir tout est la.
    Heureusement que mes etudes et mon amoureux m’ont fait changer de ville et de specialiste sinon j’aurais continue a me faire trifouiller et tripotee par ce vieux bonhomme, terrifiee de perdre ma fertilite si je ne prenais pas rendez-vous tous les 6 mois. Croyant que c’est le seul moyen, le passage oblige.

    J’aimerais que votre article fasse le tour du monde, que cette horreur cesse, qu’aucune de nos filles n’ait a subir ce genre de traitement.
    Je parlerai a la mienne si un jour elle vient au monde, je l’accompagnerai et je ne laisserai pas cette chose se reproduire sur ce nouveau membre de ma famille.

    Merci pour votre article.

  • Violaine :

    Bonjour,
    Lors d’une consultation gynéco dans le service de médecine de ma fac, je me suis retrouvée entièrement nue. Je tentais de cacher ma poitrine avec mes vêtements, j’aurais aimé qu’elle me laisse le temps de me rhabiller au lieu de me laisser dans cette situation ridicule. La prochaine fois je refuserais la nudité complète, elle ne se justifie pas.
    Une autre expérience au planning familial. Je voulais me faire enlever mon sterilet. La consultation commence, je sens la gynécologue en tension. Je lui indique être souvent en anémie (normal quand on a des règles hyper abondantes qui durent 2 semaines à cause du dit stérilet). Sa réaction : « Où sont vos résultats d’analyse? »
    Moi : « Désolée je les ai oubliés »
    Elle : « Dans ce cas ça ne sert à rien de m’en parler. Quand vous venez chez le médecin, apportez vos papier un point c’est tout ». Le ton était très brusque.
    Elle me demande ensuite quel est mon historique au niveau de la contraception. Je lui dit avoir pris ça comme pillule puis l’implant sous cutanée puis le sterilet etc. J’essayais de donner le plus de détails possibles mais comment voulez vous que je me souvienne au mois près de tout ça. J’ai commencé à être sous contraceptif dès 16 ans, j’en avais à l’époque 22 ! Elle m’a littéralement engueulée!
    Ensuite, elle me fait allonger. Elle m’ausculte puis me sort comme ça « Votre stérilet n’est de toute façon plus du tout en place, peut être depuis des mois d’ailleurs. On va faire un test de grossesse. Voyez ça avec le secrétaire. » Aurevoir »
    Je me retrouve donc à pisser dans le bocal après m’être fait jetée comme une malpropre puis je me rend dans une salle que la secrétaire m’avait indiqué. J’attends 5 longues minutes. On vient prendre mon urine et on me dit d’attendre dans la salle d’attente. J’ai attendu 10/15 minutes (on m’avait que le résultat serait près dans moins de 5!). Je vois la secrétaire aller et venir, rigoler avec ses collègues pendant que moi je stressais comme pas possible. A un moment elle me voit et je lis sur son visage une expression que j’ai interprétée comme « Ah oui c’est vrai je l’avais oubliée celle là ». On retourne dans la salle et elle m’indique que le résultat est négatif puis on passe à la caisse.
    Le service de médecine de la fac m’avait dit d’aller chez eux pour ne pas avoir à avancer trop de frais. Sauf que là on m’a demandé de payer le maximum. Je rétorque que ce n’est pas du tout le tarif annoncé au moment de la prise de rendez vous au téléphone. La secrétaire me répond « Oui vous pouvez payer moins cher mais dans ce cas c’est à nous de renvoyer telle feuille et bon… voilà… vous comprenez… ça prend du temps… on aimerait ne pas avoir à le faire… » etc.
    J’ai dit que je payerais ce qui avait été annoncé, point barre.

    Quand je suis sortie j’en tremblais. Quel manque de considération ! Je vous passe également le manque de réconfort du à la douleur d’enlever le stérilet (pas un mot de la part de la gynéco, tu subis et tu te tais c’est tout). L’annonce d’une probable grossesse, l’attente interminable puis la facture etc.
    Au planning familial de ma ville d’origine, ça ne s’était jamais passé ainsi. Y’a vraiment des cons partout…

  • Ludivine :

    Magie de la toile…
    Je pars d’une recherche sur le unschooling et l’instruction en famille et j’arrive chez vous via par la lecture d’un article du Dr Marc Girard sur la brutalisation du corps féminin par la médecine moderne !

    MERCI pour votre humanité et le respect que vous portez à l’autre.

  • Mlle B. :

    Merci, un grand merci.

    Je découvre cet article un peu tard, à la sortie d’un examen gynécologique particulièrement atroce. Je m’excuse d’avance d’ajouter un témoignage à la longue liste déjà présente. Pendant mon adolescence, ma mère m’avait envoyé chez sa gynéco et j’étais choquée par ses pratiques, sa brutalité et son mépris pour mes interrogations et mes répulsions à me mettre nue. Ma mère elle trouvait tout ça normal, élevée probablement dans l’idée d’un mal obligatoire. Franchement « choquée » j’ai arrêté d’aller chez le gynéco tout simplement après deux ans de consultations bi-annuelles.
    Seulement, je suis maintenant enceinte et il a bien fallu y retourner, j’en ai choisi un autre, un homme, me disant que ce ne serait pas pareil. Eh bien non ça a été pire.
    Nue dans son cabinet, debout, il s’est « jeté » (sérieusement..) sur moi et m’a secoué les deux seins en même temps pendant environ 5 secondes tellement fort qu’il m’a déséquilibrée et que j’ai trébuché en arrière. J’en ai regretté les palpations de la gynéco de mon adolescence. D’après vos informations je comprends maintenant que « ça » ça n’était en rien une palpation…

    Puis vint l’examen en lui même… J’ai eu mal comme jamais je n’ai eu mal… Il était pressé (1h45 de retard pour mon rdv, il était 20h et encore 5 personnes dans la salle d’attente…) La douleur m’a fait me relever sur la table d’auscultation, ça ne l’a pas choqué, il a continué alors même que j’ai soulevé mes fesses de la table et contracté mon ventre sous l’effet de la douleur, la bouche ouverte et les yeux écarquillés… Mon compagnon, assis 4 mètres plus loin à vu ma douleur. Comment le médecin aurait-il pu la rater ? En rentrant je me sentais trahie, douloureuse, humiliée et coupable comme si c’était de ma faute si j’avais eu mal. Je connais très bien ces sentiments ayant subit des violences sexuelles dans mon passé…

    C’est inquiète de savoir si tout cela était normal que je me suis mise à chercher sur le net et que je suis tombée sur votre article. Merci encore de me confirmer que non et de me donner le courage de chercher encore un autre praticien.

    PS : Des échos des femmes de mon entourage, oui, Patmet, vous êtes naïf

    PPS : J’ai une IMC dans la normale, quoique je sois un peu ronde (mais grande), et ce gynéco indélicat m’a annoncé que j’avais le droit de prendre ZERO kilos au cours de ma grossesse, tout en me tenant un discours très culpabilisant sur la santé de mon futur enfant si je prenais ne serait-ce qu’un gramme. Il ne m’a pas pesée, pas mesurée, pas demandé ma taille… Juste mon poids. Et m’a de ce pas, indiqué une diététicienne de la même clinique que lui… De la part d’une ancienne obsédée du poids et de la bouffe qui a banni les balances de sa vie (anorexie-boulimie chérie…)j’ai été doublement choquée par cette consultation…

  • maguelone :

    J’ai plutot apprecier votre sujet sur l’autopalpation. Juste poir info, parfois ca marche. J’etais enceinte de 8 mois de mon 2nd (à l’age de 28 ans). Et a l’autopalpation, j’ai sentie une boule a gauche. J’ai donc pris rdv chez le remplacant de mon gyneco, qui apres palpation m’a dit que se n’etait rien. 10 jours apres mon accouchement, et sans avoir allaiter puisque c’etait douloureux, je suis retourner voir mon gyneco qui cette fois la m’a dit : rdv pour une mamo, une biopsie, et un IRM. Et effectivement cancer du sein.
    Je trouve que c’est malgres tout important de se savoir ecouter par son medecin, et que la palpation meme si se n’est jamais agreable peut aussi servir chez des jeunes femmes qui n’ont pas d’antecedents familliaux.
    Mais ce qui est sur c’est qu’il faut avoir confiance en son gyneco, et ne pas hesiter a changer si ca ne passe pas ou si ca facon d’exercer nous derange

    • Borée :

      @maguelone
      Votre témoignage appelle quelques réflexions de ma part.
      – « Parfois ça marche » n’est pas un argument scientifique. Si une technique sauve 5 patients mais en tue 10, il y aura 5 patients qui diront « parois ça marche » mais elle ne devra quand même pas être utilisée.
      – L’autopalpation telle que je l’évoque dans mon billet est bien l’autopalpation faite de manière systématique chez des femmes sans aucun symptôme. Votre cas est différent puisque vous avez ressenti une douleur.
      – Mais je crois comprendre que vous vous êtes sortie de ce mauvais pas, c’est bien ce qui compte et j’en suis heureux.

  • Charlotte :

    Bonjour

    Merci pour ce bel article. Je voulais ajouter aux commentaires que oui, les médecins généralistes peuvent faire des frottis et c’est souvent bien plus humain, en tous cas dans mon expérience, et sans se déshabiller entièrement, et d’autre part on oublie les sages-femmes, qui sont formidables pour suivre la vie de la femme et pas seulement lors des grossesse, qui peuvent prescrire une contraception et maintenant poser des stérilets. Dans les régions désertées, c’est d’autant plus une piste ! Et si les sagesfemmes de votre coin ne le font pas, demandez leur, cela les invite à se former et revaloriser cette profession.

  • Julie :

    Le droit de garder nos chaussettes au gynéco ? Ben pourtant je finis tjrs pieds nus mdr…
    Nan c’est tjrs nue jusqu’à la chaussette près quand je vais consulter.

  • Yza :

    Merci pour ce billet que j’aurais aimé lire beaucoup beaucoup plus tôt. J’ai en effet accepté sans sourciller tous les examens de mes différents médecins et aujourd’hui j’en ai tellement marre que je consulte le moins possible et je ne veux plus voir un gynéco (impossibilité de discuter, toujours arrogant(e)s …).

  • Magali :

    Merci pour ce billet!

    il me rappelle un expérience désastreuse chez une gynéco qui, après le premier entretien avec toutes les questions d’usage (genre, partenaire régulier? problèmes de santé annexes? nb de grossesses / d’enfants?), me pose la question qui ne m’a pas du tout du tout donné envie de revenir la voir : « et pour finir, quel est votre signe astrologique? »

  • eosine :

    Et autre question, en sous-vetements pour une angine, ou chez le médecin du travail, raison médicale ou abus de pouvoir ?

  • Jamie :

    Votre 1re illustration a un titre étrange (« traite d’esclaves dans l’empire romain »). Il s’agit d’Hypéride dévoilant Phrynê devant l’aréopage pour obtenir son acquittement, et n’est pas tout à fait dans le ton du billet…

  • drbelge :

    Bonjour,
    je suis arrivée ici via le blog de Jaddo.
    J’ai lu ce billet-ci en étant globalement d’accord (c’est en gros ma manière de travailler, je pratique en planning familial)
    Par contre, après les témoignages, je vais continuer à être très claire sur quelques points: d’enlever que le « bas » pour les frottis et surtout que même si un examen gynéco/frottis est recommandé (perso, en planning, 8 ans après les 1° rapports, c’est régulièrement avant 25ans..), que je ne refuse pas de prescrire une contraception si pas d’examen gynéco,même justifié (je leur donne moi-même le « truc » de dire qu’elles sont réglées)

  • Renard :

    …Je fuis les gynéco depuis un contrôle d’IVG où ce « charmant » monsieur, parlant juste assez français pour me faire comprendre que « je n’avais pas mal du tout », a réussi à provoquer une métrite… J’ai souffert 3 mois, avec fièvres, malaises… Désolée mais après ça, on n’a plus envie! C’est un viol de l’intimité, une vraie violence physique avec blessure… et ensuite il faut « avoir confiance »?? Tous ne sont pas comme ça, mais un seul suffit!

  • Fafa :

    Bonjour.
    Je découvre votre blog, et le billet ci dessus me rappelle tout à fait les 3 ou 4 gynécos rencontrés dans ma jeunesse. J’écris bien ma jeunesse, car la dernière fois que j’en ai vu un, c’était pour mon dernier accouchement, il y a 17 ans. J’ai 47 ans, je refuse de consulter tant à chaque fois je me suis sentie humiliée, quasi violée par le spéculum, et à aucun moment respectée.

  • mapi :

    Merci pour ce post passionnant. J’ai 49 ans et toujours connu ce type de pratique. j’ai d’abord vu une gyneco femme,à 18 ans, je confirme que je l’ai trouvée plus dure aussi bien dans les propos que dans les actes que les gynecos hommes. Mais quel que soit leur sexe toujours la même pratique: on enlève tout. Au départ c’était traumatisant, maintenant je m’enferme dans une bulle. Par ailleurs mon gyneco actuel reste « prevenant », pendant l’examen,s’excusant, veillant à être le moins brutale possible. Mes filles de 19 et 25 ans se voient faire des frottis tous les ans par une gyneco femme sous prétexte que j’ai eu un cancer du sein il y a 9 ans!! ABUS! Mais ce post est surtout dédié à mon MG..quand j’ai ressenti une douleur puis détecté une boule au sein, il a immédiatement lancé la mammo avec echographie,tout en me disant que c’était juste pour vérifier mais que c’était probablement hormonal. La mammo n’a RIEN détecté mais en effet l’echo a confirmé la presénce de 2 tumeurs. Biopsie..tissus infectieux, IRM puis à nouveau biopsie. Entre temps le gyneco que j’ai contacté en cata aprés l’IRM (la radiologue m’a dit: ça serait moi je le ferais enlevé demain..)
    me déclare :je n’attends pas les résultats de la biopsie: malgré l’extrême habileté de la radiologue qui l’a pratiqué on peut trés bien passer à côté d’une cellule cancéreuse et ne rien voir, alors j’enlève les tumeurs, un anapath sera en salle d’op et fera lanalyse illico, s’il ya une seule cellule cancéreuse je ferai l’ablation des ganglions du bras concerné…Il y avait en effet des cellules cancéreuses et l’intervention a été faite comme il l’avait décrite. En rentrant chez moi j’avais un retour de la biopsie: « rassurez vous madame vous n’avez rien » alors :
    MERCI à mon généraliste qui a senti le danger et n’a pas trainé….
    MERCI à mon gyneco qui lui aussi a été trés prudent, m’a évité une ablation traumatisante, m’a permis de vivre avec mes filles et aujourd’hui de bientôt fêter les 10 ans et a utilisé une technique opératoire dont je n’avais jamais entendu parlé: prélèvement de fibres musculaires sur les muscles dorsaux pour les « greffer » sous le bras afin qu’ils remplacent en partie la fonction des ganglions et éviter ainsi le « gros bras ».

    On a toujouts tendance à décrier nos praticiens mais quand ils font des choses bien ça nous parait normal: ils font leur métier…oui bien sûr mais il est bon de le leur dire aussi.
    Merci à vous Borée pour ce blog.

  • Docmam :

    En tant que médecin, je suis assez stupéfaite de voir le nombre de ces pratiques… Probablement que le recrutement est « biaisé » et que celles qui n’ont jamais eu de soucis ne témoignent pas forcément mais tout de même…

    J’ai heureusement en tant que patiente de bons souvenirs de mon premier frottis, avec un coin pour se déshabiller tranquillement, et une gynéco qui fait tout pour me mettre à l’aise et plaisante avec moi.

    – Je ne propose des frottis que tous les trois ans, et j’avoue que je n’ai jamais fait déshabiller intégralement une patiente, je le fais toujours en 2 temps si nécessaire.
    – bizarrement (probablement l’habitude d’autres médecins) je suis parfois obligé de les freiner, et comme l’a dit une collègue, je me suis parfois sentie agressée par des patients ou patientes qui « m’imposaient » leur nudité sans que je ne leur demande, en « m’imposant » une palpation mammaire.

    – pour la position sur le côté, en tant que patiente je ne sais pas si j’apprécierais, je crois je préfère pouvoir voir ce que fait le médecin entre mes jambes…
    Par contre pour des problèmes anaux/hémorroïdes/TR, j’utilise toujours cette position sur le côté en chien de fusil, moins génante pour moi et pour le patient j’ai l’impression.

    – à ce propos, j’avoue que ça m’embête un peu qu’on vienne me voir pour un problème hémorroïdes, rectorragie et qu’on refuse l’examen… c’est agréable pour personne mais traiter au pif quelque chose que je ne peux voir ça me gène.

    – je ne palpe les seins que des patientes qui souhaitent que je le fasse, mais je me rend compte que je suis loin des 3 minutes par sein…

    – concernant l’homosexualité chez les femmes, j’avoue que si je leur demande si elles ont des rapports, je ne pense jamais à demander si il s’agit de rapport hétéro ou homosexuel… et je ne sais pas du tout quelles différences ça peut faire au niveau médical…

    J’ai en souvenir une consultation qui me confirme dans ma manière de faire, c’est cette jeune femme que j’ai reçu, encore interne, très stressée pour son premier frottis. Je lui ai expliqué au bureau ce que nous allions faire, puis elle s’est déshabillée pendant que je préparais mon matériel en lui tournant le dos (pas de paravent oblige).
    Quand elle a voulu enlever sa culotte, je lui ai dit de la garder pour le moment, qu’on ne l’enlèverai qu’au dernier moment, et là elle m’a regardé en me disant « oh merci ! »
    Ca m’a touché et surprise en même temps…

  • Mathilde :

    Merci beaucoup pour cette réflexion.

  • Stèph :

    Je suis vieille interne de gynécologie-obstétrique. J’ai toujours à coeur de mettre mes patientes le plus à l’aise possible et je pratique donc l’examen gynécologique en deux temps, je suis attentive au respect de la pudeur, j’essaye toujours d’instaurer un bon contact avec la patiente avant de passer à l’examen…
    Lorsque j’effectue un examen gynécologique, j’examine un « corps » sur lequel je n’effectue aucun jugement et cet examen est totalement dénoté de connotation sexuelle pour moi. C’est un examen médical.
    Ayant lu plusieurs de vos posts concernant la gynécologie, j’ai été étonné de voir que vous parliez de « pelotage » concernant l’examen médical des seins, de soumission, de domination, etc…. . Vous illustrez vos propos par une photo de poupée gonflable ligotée, à fort caractère sexuel.
    Même si vos propos sont en faveur du respect de la pudeur et de la dignité de la femme, j’ai l’impression que vous abordez cet examen avec une vision sexuelle que je n’ai pas.

    Je m’étonne aussi sur la non utilité pour vous de l’examen des seins avant 40ans. Sortant d’un stage dans un centre de lutte contre le cancer, j’ai été effarée du nombre de patiente traitée qui avait moins de quarante ans. La plus jeune en avait dix huit. Et quasiment toutes ces patientes n’avaient aucun atcd familiaux sénologiques. Bien sur, il y a un biais de recrutement, mais je pense que toutes ces femmes sont contentes d’avoir eu un dépistage par palpation des seins, ce qui a amélioré leur pronostic. Quand à celle de dix huit ans, le « pelotage » lui a certainement fait gagné de nombreuses années.

    • Borée :

      @Stèph
      Je me rends compte que je n’ai pas réagi à votre message.
      Bien sûr que la majorité des soignants n’ont pas cette « vision sexuelle ». Cependant, il suffit de lire certains des témoignages précédents pour se rendre compte que c’est parfois le cas. Et que, au-delà de ce qu’il y a dans la tête du soignant, il y a la façon dont c’est vécu par la patiente.
      Je redis que, l’examen médical, gynécologique en particulier, implique nécessairement d’enfreindre les limites de la pudeur habituelle. C’est normal. Pour autant, il nous appartient de ne les enfreindre que dans la mesure où c’est nécessaire et avec le plus de tact possible.
      Concernant l’examen des seins, j’ai fourni un certain nombre de références et d’arguments. Où sont les vôtres ?
      Le cancer du sein est effectivement rarissime avant 30 ans ( rapport sur le site de l’INVS, p.57), ce qui n’enlève rien au drame que peut représenter un tel cancer chez quelques très jeunes femmes.
      Le problème c’est que, à l’heure actuelle, il n’y a aucune preuve que le « dépistage » par palpation des seins change quoi que ce soit en terme de complications ou de mortalité. J’aimerais que ce soit l’inverse mais ce n’est pas le cas aujourd’hui, si l’on s’en réfère aux données de la science et non pas au « bon sens » qui peut être parfois très trompeur.
      Par contre, les effets indésirables de ces examens sont bien documentés : inquiétudes, examens et, surtout, traitements inutiles.

  • anna087 :

    Excellent article et excellents commentaires.
    Il y a pourtant de petites choses qui ne me plaisent pas :
    mesdemoiselles, mesdames ! un peu moins de manières !
    On joue les vierges effarouchées (je plaisante bien sur) devant un spécialiste
    et on se régale de diaporamas et vidéos X, et plus que X, sur le Net .
    Qui ne l’a pas fait ????
    Je respecte et comprends les malheureuses qui ont eu des drames
    dans leur vie, viol, etc … et ont des blocages à ce niveau.
    Ce doit être horrible .
    Mais les autres !
    soyez courageuses. Je ne veux pas faire la vieille moralisatrice (j’ai 59 ans)
    mais quand je vois des documentaires sur les camps de concentration, je me dis
    qu’on dramatise souvent des broutilles . Songez à ces femmes traitées pire que du bétail,
    nues, et qu’en plus on allait tuer , dans des conditions terribles .
    Qu’aurions nous fait, pensé, à leur place, surtout à cette époque.
    Bref ! plus récemment :
    à 24 ans il m’a fallu , de gré ou de force, me mettre à 4 pattes sur une table,
    pour me faire cautériser une fissure annale qui n’en finissait pas de saigner .
    J’ai eu la chance de pouvoir en parler avant, avec des personnes étant déjà passées
    chez un proctologue, mais …… vous dire ma joie …….
    Des années plus tard, ce fut l’opération .
    Un infirmier venait me faire les pansements .
    Eh bien la pudeur, vraie ou fausse, on apprend à l’oublier, car le plus important
    c’est que vite ça guérisse.
    Un petit effort, en cet heureux temps où on peut se balader seins nus sur les plages.
    Positivez ! n’est pas agréable d’entendre, en descendant de la table de vos tortures :
    « c’est bien, tout est normal » ?
    Si un geste vous semble abusif, je pense qu’il n’en est rien. Les médecins ne prennent
    plus le risque de la moindre plaisanterie : ils auraient un procès dans la semaine qui suit !
    Pitié pour eux ; ils ont bien des soucis, dans leur vie professionnelle , et familiale en plus,
    comme tout être humain.
    Soyez gentilles et sympas, même s’ils ne sont pas souriants ;
    on a tellement besoin d’eux . Un simple petit merci les motivera pour continuer.
    MOI ? non, je ne suis pas dans le domaine médical,
    mais j’ai d’excellentes raisons de les aimer et les défendre.

    merci de m’avoir supportée jusqu’au bout

  • hein? :

    > Anna087 : Se faire battre par son conjoint est probablement moins grave qu’un camps de concentration, est-ce une raison pour se taire?
    Je n’apprécie pas du tout votre argumentaire, car si on compare tout au summum de la monstruosité, il est évident qu’on peut tout tolérer, même l’intolérable.

    J’ai beaucoup apprécié cette article, qui révèle un problème réel, trop souvent banalisé.
    Les témoignages précédents ont été assez parlant sans que je détaille mon expérience perso (chantage à la pilule, accusation de me « goinfrer » aux vues de mon taux de cholestérol, qui, en faite, était lié à ma pilule,obligation de se déshabiller pour une plaie au pied que le médecin regarde à peine avant de commencer à me tâter les seins (heu… ???)…)

    Je pense cependant qu’il y a une erreur quelque part. De mon point de vue, le centre du problème est bel et bien notre statut de femme.
    Le cancer de l’utérus est le 13ème cancer. Bien loin de la prostate (1er) poumon ou colon.
    Alors j’ai une question simple… qui se fait harceler pour une détection annuelle de ces autres cancers, hors situation personnelle particulière?

    Je ne dis pas que l’examen gyneco est une mauvaise chose. Bien sur que c’est une chance de pouvoir bénéficier d’un suivi et s’assurer que tout va bien.
    Mais voila, je ne saisis pas pourquoi ce suivi n’est pas au même niveau que celui des autres cancer, c’est à dire qu’on propose un examen, on explique les enjeux, et on laisse le patient libre de choisir.

    ALors oui, je sais, « tous ne sont pas comme ça »… mais voila, soyons franc : quelle proportion de « proposition » (je suis gentille) de frottis sont faites chaque année en moyenne par un MG, en proportion de celle de coloscopie par exemple?

    Moi je ne demande qu’une chose : qu’on me laisse choisir. Je n’ai pas fait d’étude de médecine, mais c’est mon corps.
    J’aimerais beaucoup voir la tête des messieurs si chaque année dès l’adolescence on leur tâtait les testicules…

    • Borée :

      @hein?
      Merci de votre réponse, j’avais omis de prendre le temps de réagir au précédent commentaire et vous avez eu tout à fait raison de le faire.
      Je ne sais pas si le « centre du problème » est votre statut de femme.
      En revanche, je suis convaincu que la gynécologie a cette particularité d’être le point de convergence de plusieurs asymétries et relations de domination : relatives au statut de la femme en effet, mais aussi relatives au sexe en général, ainsi qu’à la relation médecins/patients.
      Le seul point faible de votre argumentation, mais ce serait un autre débat, c’est que le frottis est bien le seul (ou presque) examen de dépistage dont l’intérêt, la balance entre les bénéfices et les risques, est bien établi. C’est probablement ce qui explique largement qu’il soit aussi systématique.

  • Ilienne :

    Hello, en lisant tous ces post, je me rends compte que soit:
    1: je suis tombée sur des perles rares en gynécologies
    2: ma ville étant relativement petite, et étant moi-même fille de médecin, ils ont pris soin de la fille de la collègue (la dite collègue étant tout sauf sympa quand on touche à ses petits :p)
    J’ai eu la chance d’être très tôt informée de la sexualité et de la contraception et de ne voir une gynéco la première fois que parce que bon, là j’avais vraiment besoin. Aucun gynéco ne m’a stigmatisé de mon choix d’utiliser des préservatifs plutôt que la pilule si cette dernière ne me convenait pas (et puis zut, pas de raison que je sois la seule à prendre des précautions). Il fallait me voir la bouche en coeur, expliquer au rares récalcitrants masculins les conséquences juridiques d’une paternité non-désirée (et pour moi les risques de maladies transmissibles). En général ça suffisait (quand bien même je prenais la pilule en parallèle….).
    J’ai tout de même pu constater dans mon île les méfaits de la désinformation en matière de sexualité et de contraception et la peur du médecin pas tendre et qui vous fait mettre à poil pour un rien. Malgré tout je ne suis pas médecin, je pouvais informer mes camarades sur quelques notions mais pas toutes. Et de voir aux assises un nouveau cas d’infanticide sur une fille mal informée, sans contraception, sans même réelle notion de la manière de tomber enceinte.
    Je note toutefois un cas de MG mal intentionné : un généraliste homéopathe qui m’a fait mettre en petite culotte pour examiner ma gorge à 12 ans (si si) et qui le plus naturellement du monde a soulevé la-dite culotte en faisant remarquer ce « ça y est j’avais des poils ! ».
    Lorsque j’ai du y retourner pour la gorge encore une fois (parce qu’à l’époque seul homéopathe libéral du coin), j’ai trainé ma mère à la consult. Au toubib « oui je suis un gros bébé qui a besoin de sa maman »,à ma mère  » c’est ça ou je ne retourne plus chez ce gros pervers ». ET là curieusement, il ne m’a même pas fait enlever mon t-shirt ! Y a de ces miracles quand même…..
    Depuis, malgré moi, je suis encore l’assistante gynéco de mes amies. Je leur apprends que oui, il n’y a pas que la pilule comme contraceotif, qu’on peut se faire poser un DIU même nullipare, que le préservatif, non y en a pas de trop petit pour ces messieurs et que non, tu n’es pas systématiquement obligée de te mettre à poil chez le gynéco.
    Malgré tout je veux remercier ma gynéco, qui en plus d’être sympa et de se contenter de te faire remonter ta jupe, ne te palpe pas les seins avant 30 ans vu que je n’ai pas d’antécédents, est échographe et donc m’évite des examens invasifs quand ce n’est pas nécessaire, m’a merveilleusement rassurée pendant ma grossesse. Merci également à mon MG, hélàs à la retraite, qui réchauffait son sthéto avant de me l’appliquer et me le plaçait doucement, sans que j’ai à enlever QUOI QUE CE SOIT.

  • esba :

    Vraiment la consult gynéco c’était l’horreur obligé pour moi depuis mes 17 ans, (j’en ai 40), en prime avec des antécédents de cancers féminins dans la famille, j’avais droit à la palpation de barbare, la mise à poil systématique, le chantage à la pilule, les commentaires……..à chaque visite par des gynéco femmes en prime car je pensais que je serai moins mal à l’aise avec une femme et mieux comprise…..et il y 4 ans, j’ai changé de région, et j’ai du me rabattre sur un gynéco homme…et là : REVELATION : mes gynéco d’avant étaient vraiment des connasses !

  • S. :

    Merci, merci, merci.
    Je me sens moins seule d’un coup.

    Pour faire court : J’ai été voir une gynéco pour la première fois à 15 ans, la seconde à 16 ans, et elles m’ont traumatisée. A 15 et 16 ans j’ai été traitée exactement comme décrit dans l’article, et je vous assure qu’il va se passer encore quelques années avant que je retourne en voir une.
    Au delà d’avoir été traitée comme une merde (pardonnez moi l’expression), j’ai tout de même eu des douleurs pendant 48 heures après l’examen. (Ah oui ben oui, 15 ans, examen, normal, TOUT A FAIT NORMAL ! Et cette p%°=/ qui m’avait dit : « tu verras ça fait pas mal »).

    Aujourd’hui, j’ai 18 ans, je suis en fac de médecine, et j’ai presque envie de faire gynéco pour être une « bonne » gynéco et que les patientes que j’aurais ne soient pas traumatisées comme je l’ai été en sortant de mon cabinet.

    Bref j’ai fini de raconter ma vie mais ça fait du bien d’être rassurée sur le fait que ces pratiques ne sont pas « normales ».

  • S. :

    J’ai oublié d’ajouter qu’au Japon, les femmes qui se font examiner peuvent garder leur jupe (si elles en ont une biensûr). Enfin c’est tout de même mieux que « tout enlever »…

  • Za. :

    Quel soulagement que de lire cet article!

    Je suis allée voir pour la première fois une gynéco relativement tôt, une histoire d’infection. Mais bon, c’était à un âge où le sexe était encore largement dans l’inconnu et l’indélicatesse et la froideur de la gynéco m’ont franchement traumatisée. Alors quand quelques années plus tard on m’a annoncé suite à des kystes ovariens fonctionnels un peu répétitifs qu’il me faudrait un suivi gynéco régulier, autant dire que je n’ai pas bien pris la nouvelle. Je le fais, je n’ai pas le choix. J’ai essayé de voir une autre gynéco qui, m’a t’on dit, était plus compréhensive, plus à l’écoute.
    Que dalle.
    Cette séance de gynéco semestrielle/annuelle est un moment que je redoute à chaque fois.
    A côté de ça, je n’ai aucun problème vers la sexualité et tout ça, mais cette table avec ces foutus étriers, et hop mets toi à poil écarte les cuisses et subis. J’imagine bien que ce n’est pas ce que la gynéco pense quand elle fait ça mais bon sang, c’est une femme comme moi, elle devrait savoir que cette table, c’est la table de l’humiliation. Pour moi, les rdv gynéco c’est refroidir, objectiver, limite brutaliser des éléments du corps qui sont pourtant associés à l’intimité. ça serait bien de prendre en considération le coup dans l’amour propre que l’on se prend surtout quand on finit par juste expédier le rdv pour se barrer en courant et « ouais c’est ça, à dans un an ».
    Je suis étudiante en première année de médecine et nous avons étudié la relation patient-soignant. Des fois, j’aimerais bien montrer ce chapitre à ma gynéco histoire qu’elle prenne conscience que me balancer qu’il faudra faire des mammographies tôt parce que le cancer du sein carabiné de la grand-mère et les problèmes endocriniens oh la la la la, c’est nul.
    Je suis ravie d’apprendre que se déshabiller entièrement n’a aucun caractère utile si ce n’est que de gagner 30 secondes. Je demanderai à ce que les choses soient faites en 2 temps la prochaine fois. Et avec une autre gynéco aussi. Parce que j’aimerais bien avoir mon mot à dire dans mon suivi et ma contraception et pas uniquement subir les rendez-vous. Vraiment merci pour cet article.

  • Féminisme | Pearltrees :

    […] Médecine, sexe et pouvoir | Le blog de Borée Je passerai rapidement sur l’inutilité de pratiquer un examen gynécologique chez une jeune femme de moins de 25 ans qui ne se plaint de rien. […]

  • Karina2 :

    Cela fait du bien de savoir que des médecins on une vraie préoccupation de faire mieux.

    Dans le désordre et un peu en vrac, je vide un peu mon sac car ça fait du bien

    Ce gynéco qui m’a « obligé » à avorter en me laissant sans manger et sans boire durant 2 jours, après déjà une semaine de graves nausées et vomissements, pas même un cachet de motilium, pour mes nausées violentes de début de grossesse, prétendant que le seul remède c’était une hospitalisation de 3 mois sans manger, ni boire, ni lumière, ni son, juste une perf et que si je me décidais pas tout de suite, de toute façon les commandos anti IVG allaient bloquer l’hopital la semaine suivante et qu’il pourrait plus rien pour moi et que de toute façon j’en perdrais mon bébé et abimerait gravement ma santé
    j’ai ensuite eu 2 autres grossesses bien pire mais à aucun moment les médecins n’ont estimé mon bébé en danger pourtant
    Tout ça parce que j’ai dit que je ne pouvais pas accepter les TV

    Celui qui m’a jeté dehors, et j’ai bien dit jeter, parce que je refusais une écho endo vaginal alors que j’avais une ordonnance pour une écho abdominal
    qui voulait que j’accepte d’avoir les pattes écartées vers la porte qui donnait sur un couloir fréquenté et n’arrêtait pas d’être ouvert par les infirmières venant lui demander un avis sur des clichés avec les noms des patientes inscrites dessus et ça dans une petite ville
    Ah oui mon premier flirt, pas vu depuis 10 ans, brancardier passait justement dans le couloir … il a bien failli voir ma « petite fleur » pour la première fois à ce moment là 🙁

    ceux, oui il y en a eu plusieurs, qui m’ont menacé de m’interner si je refusais les TV lors de ma seconde grossesse, « on vous les fera avec une camisole et on vous enlèvera votre bébé à la naissance pour mise en danger d’autrui »… en France

    celui qui a dit qu’il me m’obligerait à manger de force si je continuais mon anorexie « mais docteur je suis pas anorexique, je suis enceinte et j’ai des nausées, j’ai FAIM »

    celui qui a prétendu que je faisais un déni de grossesse « mais je le sais que je suis enceinte, j’ai même fait exprès d’être enceinte, mes vomissements n’ont rien a voir »

    la responsable des sages femmes, lors de ma seconde grossesse qui m’a jeté dehors à 8 mois de grossesse « je ne vous laisserai pas accouché ici, je ne vous laisserai pas entrer, je l’ai déjà fait et je recommencerai » parce que je ne voulais pas de péri et souhaitait accoucher assisse et bien sur pas de TV

    Ces gynécos qui prétendent que j’ai été violé par un proche dans l’enfance pour refuser ainsi aujourd’hui les TV et que je suis anorexique … quiconque m’a vu manger une fois sais que je ne suis pas anorexique et je n’ai jamais été violé si ce n’est par le premier médecin qui m’a demandé de me mettre nue devant lui

    Et cette toute première expérience, au collège lors de la visite médicale, par 3 « déshabillez vous en culotte puis entrez dans les cabines et sortez de l’autre coté quand on frappe à votre porte »
    euh, y a qui derrière la porte? homme, femme? combien de personne? c’est obligatoire?
    On a jouez toutes les 3 les rebelles en enlevant seulement nos chaussures

    Pourquoi je n’essaye même plus d’avoir un gynéco ? On se demande bien pourquoi :((((

  • Lolly :

    J’ai eu aussi un gynéco qui exigeait d’etre à poil pour TOUS LES EXAMENS.
    Y compris pour les echos fin de grossesse qui se font sur le bidou
    Qui a semblé choqué que je n’ai pas trop confiance en sa sonde intra-vaginale utilisée sans protection et nettoyée avec une lingette bébé
    Qui tutoyait les patientes, et les appellaient « maman » quand elles étaient enceinte.
    Qui m’a rembarré que ça ne le concernait pas trop et qu’il fallait voir un psy quand je lui ai parlé de soucis sexuels liés à un viol.
    Qui s’est gaussé lorsque je lui ai parlé de douleur vaginale résiduelles 6 mois après la naissance de mon grand.
    Qui a rit de bon coeur quant je lui ai dit que la pillule qu’il me prescrivait me coupait la libido…
    qui me reprochait comme une faute mon uterus retroversé et mon vagin courbé dans le mauvais sens.
    Pourquoi je continuais à le voir ? Car je pensais que c’était « normal » et c’est moi qui était une chochotte et que c’était le seul local qui recevait avec moins de 6mois d’attente et qui suivait les grosses patho…
    Son nom de famille était à la hauteur de son comportement (on peut pas citer, disons que c’est un synonyme de : brusque)
    Depuis j’ai changé de gynéco, et je me laisse plus faire !! à 57€ les 15 minutes, le gynéco peut au minimum être aimable, respectueux et écouter ses patientes.

  • Clairon :

    Merci pour ce texte réconfortant et oui, j’ose le dire, délicat pour les patientes que nous sommes.
    J’ai été expat’ aux US pendant quelques temps, ai été enceinte et ai accouché là-bas. Lors de chaque examen gyneco, une infirmière m’a accueilli, m’a conduit dans une salle d’examen, m’a demandé de mettre une blouse spéciale (assez longue, boutonnée, avec des ouvertures lacées sur chaque sein). J’ai été très surprise la première fois, ne comprenant pas l’intérêt…
    Un fois prête, le gynéco frappe à la porte, attend ma réponse, et entre. Après une discussion informelle, une série de questions et réponses, l’examen gynéco commence. D’abord le vagin, blouse déboutonnée au bon endroit. puis le gynéco me recouvre délicatement les jambes, position allongée. Ouvre la blouse au niveau du ventre, examine mon utérus puis referme. Examen de chaque sein séparément, en ouvrant puis fermant les ouvertures de la blouse. AU début je trouvais cela exagéré, reflet de la pudibonderie américaine. Mais j’ai très vite pris le pli et apprécié (avec une grossesse patho, examens fréquents…) Puis je suis rentrée en france, ai retrouvé le système français. Suis à nouveau tombée enceinte… et j’ai eu bien du mal à m’y (re)faire !!! Ces blouses atroces, hyper courtes, fesses à l’air, ou les SF vous mettent à poil en 2 secondes même sans urgence, ces gynécos très directs, ces entrées intempestives du personnel dans les salles d’examen, d’accouchement, d’écho… Finalement, la pudeur n’est pas pudibonderie, elle est respect de l’individu…

  • Ô gynécologues… « Les Contrées Zinzolines :

    […] jeune médecin généraliste et blogueur, a d’ailleurs à plusieurs reprises dénoncé des pratiques pourtant ultra-répandues dans […]

  • acudoc49 :

    Merci pour ce billet! Comme beaucoup d’autres femmes apparemment, j’ai eu droit à l’examen gynéco dans le plus simple appareil…et pourtant, malgré le fait que je sois médecin, que moi même je ne tolère pas que mes patients se mettent à poil, je n’ai pas osé protesté…
    j’aurais dû.

  • Horace Mandrague :

    Il est vrai qu’on oublie parfois la pudeur des patient(e)s lors d’un examen clinique. Le côté technique l’emporte le plus souvent.
    Il faut dire que l’on nous serine, lors des études, l’importance des lésions cutanées sur des zones ‘cachées’, que ce soit les aisselles, les plis de l’aine, les fesses ou encore les orteils (ongles, espaces interdigitaux…). Et des lésions comme le mélanome sont suffisamment agressives pour justifier un examen ‘corps entier’. Cela permet également de découvrir une scoliose ou une inégalité des membres inférieurs, potentiellement source de pathologies musculo-squelettiques a priori sans rapport.
    Ayant personnellement connus des gens de ma génération mourir à 35 ans d’un mélanome méconnu, vous ne me ferez pas éviter parfois un examen complet sous prétexte de pudeur ou de respect de l’individu. Quant au fait qu’un gynéco le fasse…
    Aussi, même si je suis d’accord avec toutes les réserves exprimées, exprimer son point de vue de manière aussi catégorique, et faire croire à votre lectorat que les médecins qui font ça ne sont que des lubriques (comme le montrent les commentaires), me semble dangereux, in fine, et pour le médecin qui pourra laisser passer un élément indispensable à son diagnostic (et ne jamais se le pardonner), et pour le patient bien sûr, qui perd là une occasion de dépistage simple et peu onéreux. Car proposer une échographie en lieu et place d’un TV ou d’une palpation ne me semble pas raisonnable…

  • paatricia :

    et que penser d’un médecin qui vous fait un toucher vaginal pour une entorse

  • Yaume :

    @Horace Mandrague (ou plus probablement aux personnels médicaux qui pensent comme lui, vu le délai)
    Dans la plupart des cas les patients savent que pour certains examens il faut se déshabiller au moins en partie, et l’acceptent de plus ou moins bon gré.

    Mais ce qu’il ne faut pas oublier c’est d’une part d’expliquer ce qu’on va faire et pourquoi et surtout de proposer et pas imposer (et pourquoi pas, pour un patient qu’on voit régulièrement lui en parler en disant la prochaine fois ça serai bien qu’on fasse ça ou ça pour telle et telle raisons, de façon à ce qu’il/elle digère l’idée de se retrouver à poil alors qu’il/elle est venu pour une angine ou autres maux)

    D’autre part un peu de tact ne fait pas de mal, pour un examen « corps entier », comme vous dites, vous n’examinez pas toutes les parties en même temps, alors garder la culotte/le slip quand vous examinez les aisselles ou le pli du genou est-il vraiment gênant ? Dans le même ordre d’idée proposer à un patient de prendre avec lui son tee-shirt pour se couvrir les seins et/ou le sexe quand vous examinez le dos ne vous coûte rien (c’est vrai que vous allez les voir à un moment ou à un autre, mais pour certains patients ça peut changer le ressenti du tout au tout de ne pas les avoir à découvert pendant tout l’examen)

    Je ne suis pas médecin donc peut-être que mon point de vue est erroné et inapplicable pour une raison que je ne vois pas, mais ça pourrait changer la relation médecin/patient et éviter que certains fuient les médecins (comme on voit dans les commentaires des femmes disant qu’elles ne consultent plus jamais de gynéco pour d’autres raisons qu’une absence de besoins)

  • Madeline :

    J’ai toujours été moins dévêtue chez ma dermato pour un examen corps entier que chez ma gynéco pour un frottis…
    J’ai toujours redouté les rdv gynéco à cause de cette tendance à vouloir nous déshabiller à tout prix. J’ai commencé à consulter à presque 18 ans, chez la gynécologue de ma mère, qui n’était pas très douce. Je lui demandais à chaque fois si je pouvais pas garder quelque chose, et la réponse était systématiquement non.
    Après avoir déménagé, j’en ai trouvé une un peu plus sympathique, mais là encore, il fallait être nue. Re-déménagement, la seule gynéco du coin qui ne fait pas de dépassement d’honoraires, là aussi exigence d’être nue malgré ma demande de n’ôter que le nécessaire, mais en plus, suite à un léger souci, aucun suivi, envoi des résultats par courrier, avec une ordonnance inquiétante. Je pose la question du côté judicieux du traitement à ma tante médecin et aux pharmaciens, tous m’ont dit que c’était une aberration. Je rappelle la gynéco pour comprendre, aucune réponse. J’ai laissé message sur message, tenté de la joindre à plusieurs reprises, elle ne m’a jamais rappelé. J’ai fini par laissé tomber.
    Finalement, je suis allée voir en clinique, gynéco étrangère, très sympa, la nudité n’est pas obligatoire, beaucoup d’explication, beaucoup de douceur, même avec ses internes, ça ne virait pas à la visite de foire, et elle trouvait que j’étais beaucoup trop angoissée à l’idée des examens. Maintenant je comprends pourquoi ^^
    Merci pour ce message du coup, si je suis amenée à rechanger, j’imposerai un peu plus fortement ma volonté de n’enlever que le nécessaire pour l’examen.

  • Tapautour :

    Mercredi 03 aout 2012, Merci, M Borée pour vos écrits d’une pertinence et d’une justesse. Je suis infirmière de secteur psy et la relation au patient et son corps heureusement nous mets naturellement des limites que leurs pathologies imposent. Le souci aujourd’hui dans le secteur lucratif, c’est qu’il doit être rentable et que les questions relationnelles au cours de la formation médicale sont juste survolé alors que cela devrait être aussi important que le reste et pas que pour les médecins ,pour tous les professionnels de santé et en plus nous devrions avoir un socle commun de vocabulaire solide pour échanger sans qu’il y ai quoique se soit de hiérarchique avec un libre partage de nos ressentis… Chaque professionnel devrait se mettre à la place de leurs patients avant d’entreprendre tel ou tel consultation, en gynéco comme pour toutes spécialités, ici on est choqué par l’attitude des gynécos, car on touche au sujet tabou mais on peu être « violé » à bien d’autre égard, une attitude déviante d’un professionnel qui ne se pose aucune question doit faire des modules complémentaires sur la relation humaine… Nous devons avoir tous en nous de la compréhension et voir de la compassion pour chacun… Merci de nous laisser nous exprimer sur des sujets si important qui traverse tous notre vie à un moment…

  • Lilya :

    Pour y aller de mon témoignage, première visite à 19 ans, en Belgique pour une petite infection douloureuse dans un centre de soins.
    Gyneco femme, très sympa, qui m’a laissé garder ma jupe relevée, n’a fait que regarder sans rien m’imposer d’autre avant de me prescrire une crème et de me conseiller sur des moyens de contraception.
    A coté de ça, la visite médicale obligatoire de la fac. On m’a mise dans une cabine en me disant de me mettre en tee shirt et culotte. J’obtempère et suis l’infirmière vers une salle. Ce n’est qu’un test d’écoute : je me demande pourquoi je suis en culotte.
    Mais pire, elle me fait sortir et m’oriente vers la salle d’attente… Prise d’un doute, je préfère remettre mon pantalon avant de rentrer et de me retrouver face à trois autres filles en culotte.
    Tout ça pour un test pipi, une pesée et une minute devant le médecin.
    Je ne suis pas pudique mais je trouve ça un peu fort qu’on m’impose de rester en culotte avec de totales inconnue simplement pour faire gagner quelques secondes à un médecin.

  • Renarde :

    Je découvre ce billet via Farfadoc via Jaddo et je ne peux que suivre les applaudissements lancés dans les autres commentaires (je ne n’ai bien entendu pas eu le courage de tous lire).
    Je ne manquerai pas d’imprimer cet article et l’envoyer aux cons (haha quel jeu de mots tout de même !) que j’ai pu croiser ou laisser dans des salles d’attente de gynécologie, selon mon humeur et mes rencontres.

  • KRSTIC :

    Je découvre ce blog ce jour via le figaro et la question de la blouse d’hosto.
    Je note que les hommes aussi au moins autant que les femmes sont pudiques, contrairement à ce que des stéréotypes éculés laissent croire et perdurer!
    J’ai des souvenirs d’infirmière me laissant demi-nu sur le lit, la porte entr’ouverte et de cette femme médecin de la sécu moquant mon hésitation à baisser mon slip sur sa demande pour un test herniaire dont je doutais de la nécessité, exerçant une profession, disons, intellectuelle, lors d’un bilan de santé! Le plus choquant ça a été le « vous savez j’en vois bien d’autres »!!!!

  • Miss K (katastrophée) :

    Bonjour c’est le besoin de raconter mon histoire qui m’a fait découvrir ce blog salutaire !
    on peut être un patient(e) et être traiter avec respect (en exiger aussi !!).
    Je vous explique donc ce qui me soucie depuis plusieurs jours : depuis quelque temps une douleur dans un sein ne me laisse pas de répit .Quand ça devient à la limite du supportable je me décide à consulter mon médecin traitant (une quasi decénnie de consultations sans nuages ).
    J’expose mon problème (je ne suis jamais gênée de lui parler de tout bien que ce soit un homme là encore je suis à l’aise après tout c’est mon médecin !)
    Il me pose quelques questions ( apparition d’une boule à l’auto palpation ? aspect modifié ? non rien de tout ça )
    Il me dit donc qu’il va voir ça (c’est le but de ma visite ) je rejoins la table d’auscultation et c’est là que les ennuis commencent . Il m’explique(avec son grand sourire habituel) que je dois être torse nu : » je dois avoir accès au sein « (l’idée ne me plait pas trop mais j’y survivrai !)
    Pas spécialement ravie donc j’obéis et je me déshabille pendant ce temps il est très tranquillement à mes cotés en train de regarder !(il ne lui manquait plus qu’un verre de vin ,un cigare et des billets à glisser dans mon string !)
    Une fois la poitrine dénudée il touche mes seins sans même s’y voir autorisé !(qui lui a dit que j’étais d’accord pour la palpation ? je sais je suis là pour ça mais tout de même ! ce ne sont pas les pis d’une vache !)
    Je suis choquée mais je le laisse poursuivre l’examen sans oser protester (ce n’est pas vraiment mon genre mais j’ai mal , j’ai peur et j’aurais bel air avec ma gêne et une tumeur !)
    Le reste de la consultation se passe sans autre soucis mais je suis profondément blessée(et humiliée ) par son attitude ! Je sais qu’il ne s’en ai probablement pas rendu compte mais d’après moi un bon médecin devrait toujours avoir quelque chose à faire loin de la table d’auscultation pendant que sa patiente se met en tenue si je puis dire .
    Il m’a manquer de respect je ne m’y attendais pas et du coup je ne sais pas quoi faire .
    Je n’irai pas faire la mammo qu’il prescrite ni aucunne autre consultation (je suis trop gênée)
    L’idée même de devoir être vulnérable de nouveau m’est insupportable .
    Plus qu’une question de voyeurisme , l’attitude de certains soignants ,est surtout une affaire de pouvoir (humilier …).
    Il n’a pas fait preuve de professionnalisme certes on s’entends bien et on se connait depuis longtemps mais là il s’agissait d’un examen délicat qu’il aurait dû mener avec respect .Bien sur je ne compte pas y retourner et son attitude (lui que je croyais l’incarnation du médecin respectueux )prouve à quel point le chemin est encore long avant le vrai respect des patients à l’hôpital ou ailleurs !
    Merci de m’avoir lue . Merci Mr Borée .

    • Borée :

      @ Miss K
      Je ne sais trop quoi vous dire. A vous lire, je me demande s’il a vraiment été irrespectueux ou simplement un peu trop dans une pratique machinale sans suffisamment anticiper votre gêne. En tout cas, vu vos symptômes, il me semble nécessaire de réaliser les examens prescrits et de consulter à nouveau, lui ou un autre, quitte à mentionner la gêne que vous avez ressentie et votre demande légitime d’avoir droit à des égards.

  • Miss K (katastrophée) :

    Merci Mr Borée pour votre réponse je vais me laisser le temps de méditer votre conseil !

  • martin :

    Bonjour
    Intéressant le lire tout cela, une fois pour un problème gynécologique, je vois mon généraliste qui me dit: allez à poil, j’étais jeune et j’ai été choquée. Viol de l’intimité oui surtout quand on est une ancienne victime de viol!!!
    Maintenant c’est gynéco femme.
    bonne journée

  • Meza :

    Le mien peut toujours allé se rhabiller (ahah…) pour que je me déshabille entièrement. Chaque année il me demande de le faire, et chaque année je lui fait perdre 1 précieuse minute à jongler entre le haut et le bas. Fin chaque année non, car tout les ans je lui répète qu’a mon âge (23 ans) , un frottis tout les 4 ans je pense que c’est suffisant…! Et à lui de me rétorquer :  » Ah! Une infirmière qui a du répondant! »… Bref. Chaque année la même valse. Mais un gyneco c’est trop dur à dénicher pour se lâcher comme ça malheureusement…!

  • Ginette :

    Très intéressant cet article, merci beaucoup! 🙂
    Je n’ai pas encore eu ce genre d’examen mais grâce à votre billet je pourrais méditer dessus. Et surtout je ne serais pas en soumission face à mon praticien. XD

    @Stèph, la « vieille interne de gynécologie »
    Certes des vies on été sauvées avec ce « pelotage » mais le droit du patient ne doit-il pas passer avant tout? Un médecin doit combattre la maladie à tout prix au détriment du ressenti du patient? Dans ce cas ce n’est plus de la médecine que vous faites, c’est de la mécanique.

  • silken :

    Pas vraiment sure que proner la « contraception chimique sans suivi/examen médical » soit une bonne chose ! (la preuve en est sans doute l’actualité ..)

    Punaise… on ferait bien d’apprendre aux filles à utiliser des préservatifs !
    ce n’est pas que de la responsabilité des garçons .. et cette idée que « la pilule rend libre » est une aberration !

    l’examen gynéco se justifie … le papillomavirus n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler « rare » !

    le jeu de « pouvoir » n’est cependant surement pas inexistant mais parfois ce qui est ressenti comme tel par les patientes est peut etre exagéré, non ? il y a un manque de communication évident .. les médecins ne savent peut etre pas tous parler mais les patients pour sur font de moins en moins d’effort d’écoute.
    un gynéco n’est pas simplement une source d’ordonnances pour votre pilule ! et la pilule .. ça ne se prend pas à la légère, ca n’est pas une potion magique contre les petits parasites : c’est un médicament avec des effets qu’il faut surveiller !

    • Borée :

      « Examen médical » ne veut pas dire examen gynécologique. Il n’y a aucun lien entre les données de l’examen gynécologique et la prescription d’une contraception hormonale.
      Le papillomavirus n’est pas rare ? Non, bien sûr, puisque 95% de la population est en contact avec lui à un moment ou un autre de sa vie. Et alors ? Encore faut-il que les examens que nous proposons reposent sur des données scientifiques solides et non pas sur des syllogismes qui visent simplement à effrayer les patients sans raison.
      « 30% des gens portent un Staphylocoque doré dans leur nez. Le Staphylocoque doré est une bactérie qui peut tuer. Faites-vous faire chaque année un frottis du nez ! » 😉

  • SemynonA :

    Ca fait longtemps que j’avais envie (besoin?) d’en parler a un professionnel de sante. J’ai subi ma premiere consultation gynecologique a 10 ans. Non il n’y a pas de faute de frappe. Ma mere m’avait emmenee avec elle a son rendez vous gyneco, je ne sais plus si c’etait de son initiative? Quoiqu’il en soit apres son frottis ce fut mon tour. J’ai eu le droit de garder mon t-shirt, juste mon t-shirt. Ce fut un examen douloureux, car si je me souviens bien c’etait une palpation ovarienne pour « savoir quand j’aurais mes regles ». Je n’ai aucune idee si c’est une chose que l’on peut vraiment savoir a la palpation…Satisfait il a annonce que je les aurais dans les 6 mois.
    J’ai eu effectivement mes premieres menstruations tres tot, a a peine 11 ans. Manque de chance elles ont tres rapidement ete invivable, menorragies, cycle de 15 jours a 3 semaines, je les avais pour ainsi dire tout le temps. Donc retour chez le gyneco (avec une raison au moins cette fois ci), j’avais insiste aupres de ma mere pour avoir une femme cette fois ci.
    Apres echographie et revelation de la presence de nombreux kystes ovariens (j’ai le SOPK) on m’a mise sous contraception oestro-progestative. Pour avoir droit a ma delivrance d’ordonnance j’avais donc droit a un toucher vaginal et une prise de sang tous les 3 mois. Les TV etaient tres douloureux, ca provoquait chaque fois des contractions qui se calmaient au bout d’environ 24-48h…
    C’etait ma petite torture trimestrielle. Bien sur pendant toutes ces annees j’avais aussi droit a la palpation des seins systematiquement a chaque visite (aucun antecedent de cancer du sein dans ma famille pourtant) et pour des questions d’efficacite -parce que voyez vous les gynecos sont tellement debordes qu’ils nous font une fleur a bien vouloir deja nous recevoir…- j’etais toujours aussi completement a poil a chaque examen.
    Je crois que vers 16 ans j’ai pense que c’etait peut etre pas normal, j’ai supplie encore une fois ma mere de changer de gyneco… une autre femme.. ce fut pire, en plus d’un examen aussi humiliant et douloureux j’avais le droit a des insultes concernant mon surpoids.
    J’ai fini par decider d’arreter de prendre la pilule a 17 ans, en coupant du coup avec la torture des consultations.

    A 18 ans, dans une relation serieuse, me voila obligee de reprendre le chemin du gynecologue pour la prescription magique… cette fois je choisis un homme, esperant que ce comportement est typique des femmes…
    Pour la premiere fois on me demandait si j’avais mal au fur et a mesure de l’installation du speculum, je me suis entendue dire, a 18 ans, « non, vous inquietez pas, j’ai l’habitude », en bref, me faire mal, a mon vagin, la partie la plus intime de mon corps, c’est NORMAL, a seulement 18 ans, tandis qu’une partie de mes amies n’ont meme encore jamais mis les pieds chez un gynecologue?

    Je ne suis plus allee chez un gyneco par la suite, avant d’y etre obligee car nous n’arrivions pas a concevoir. Cette visite, chez un autre medecin homme, ressemblait a toutes les autres que j’ai connu, completement nue (et je me suis faite engueuler quand j’ai demande si je pouvais garder mon haut, c’etait manquer de respect a la valeur de son temps) toucher vaginal, palpation des seins, de l’uterus et des ovaires, frottis, et ordonnance pour une prise de sang, en moins de 10 minutes j’etais sortie.
    J’ai pas fait cette prise de sang je pouvais pas me resigner a y retourner. Par miracle je suis tombee enceinte peu de temps apres cette consultation.

    Oui sauf qu’etre enceinte ca veut dire pour une grande partie des soignants faire abstraction de notre corps, de nos genes et pudeurs pour le bien du bebe : la surveillance medicale sous toutes ses formes.

    Etre enceinte a change mon rapport aux soignants, je ne pouvais plus me soumettre, c’etait MON CORPS, MON BEBE et je prendrais moi meme les decisions pour la moindre intervention concernant l’un ou l’autre.
    Comme on ne respectait pas mes choix en me faisant toutes sortes de chantages et culpabilisation (c’est facile de culpabiliser une future mere, suffit de lui dire qu’elle ne pense pas au bien de son bebe..), et que j’en etais sure maintenant, avoir un TV 1 a 2 fois par mois n’avait aucun interet, a part eventuellement augmenter les risques d’avoir des contractions, j’ai tout simplement annule mes RDV, me limitant a 1 par trimestre en plus des echographies, c’etait chaque fois tres humiliant de me faire engueuler pour mon irresponsabilite, mais c’etait ma seule option pour me faire un minimum respecter.

    L’accouchement… ca a ete le meme combat, si j’avais accepte ce qu’on me poussait a choisir j’aurais eu une cesarienne 2h apres mon arrivee… elle est pourtant nee par voie basse, sans aucune aide, en parfaite sante, sans dechirure ni episio.
    On pourrait croire que ca s’ameliore quand bebe est ne, qu’on est enfin considere comme digne de faire nous meme les choix pour notre enfant. « Madame il faut lui faire prendre son bain maintenant » « Madame il faut le laver comme ca » « Madame il faut… »
    Vous voulez quitter la maternite, parce que vous ne voyez aucune raison d’y rester, vous etes en bonne sante et votre bebe aussi, et vous etes obliges de dormir dans un petit lit, avec du bruit, de la bouffe ignoble alors que vous pourriez etre confortablement chez vous a vous reposer et reprendre des forces? Le retour du chantage, vous etes folle, vous ne pensez pas a votre enfant, il va finir aux urgences pediatriques a cause de vous…

    Je n’ai pas eu de consultation gynecologique entre la sortie de la maternite et les 5 ans de ma fille.
    Toujours la meme chose qui m’oblige a reprendre le chemin de la gynecologie : l’infertilite.
    Je suis tombee sur une gynecologue adorable et competente, J’ai garde ma robe, le frottis s’est fait sans douleur, je n’ai eu aucune remarque sur mon poids, au contraire elle m’a dit que c’etait plutot normal que j’ai des difficultes a perdre avec le syndrome des ovaires polykystiques, la palpation des seins s’est faite a ma demande car – contrairement aux remarques des soignants je ne suis pas irresponsable, c’est leur comportement invasif qui m’oblige a les fuir – une douleur dans le sein gauche m’embetait un peu, j’ai souvent des mammites depuis l’arret de l’allaitement, elle m’a demande ce que j’en pensais car pour elle il n’y a rien d’alarmant mais elle veut bien me prescrire une echographie et une mammographie pour verifier..
    C’est une soignante a qui je ne pourrais rien reprocher, et pourtant j’ai eu du mal a reprendre rendez vous aussitot, et elle a quitte le service et me revoila a devoir remettre mon intimite entre les mains d’un soignant inconnu… combien de temps attendrais-je?

  • elihah :

    Pilochine, plus haut dit qqchose que je me suis répété à chaque mammo :
    « Pour finir une question : qui pourra m’expliquer pourquoi au 21 ème siècle la mammographie est si archaique ! J’adorerai écraser les coucougnettes d’un de ces messieurs entre 2 plaques pour voir comment ça fait !! Inventez nous quelque chose de moins horrible. Au boulot !!! »
    S’il devait exister un examen systématique des coucougnettes, je suis bien persuadée que les inventeurs de la technique pour la mammo auraient trouvé autre chose que l’écrasement pour leurs attributs.
    Pour rester dans le sujet: j’ai eu aussi,le MG qui dénude pour une angine, le/la gynéco qui vous demande de vous mettre en peau pour juste vous fourrer un speculum… quand en plus on a été abusée enfant, on ne sait pas dire et se dire ce qu’on sent, on se ressent sale et coupable et donc on subit.
    Le rapport de pouvoir médecin/patient·e est fréquent, le rapport de pouvoir homme/femme aussi, l’intersection des deux est un chouette moment pour une patiente.
    Désormais, je peux dire à ma gynéco (obligée de la voir tous les 6 mois pour traitement hormonal) que non pas aujourd’hui le frottis, j’ai pas le courage d’affronter cette situation de viol, et que non, la mammo, zut on attendra une paire d’années, merci.
    Elle me répond: je comprends mais comprenez que j’ai le sentiment de pas bien faire mon boulot.
    Okay lui réponds-je mais ayez donc aussi le sentiment que vous le faites assez bien pour me respecter, et ça, c’est énorme.
    Nous rions de concert.
    Mais combien d’années m’a t-il fallu pour en arriver là?
    Un gynéco m’a fait un cunni, à 18 ans.. si si..
    J’ai revécu la sidération de mon abus d’enfance, sur le moment, et un colossal malaise pendant des temps et des temps, en suivant…
    Bon courage à toutes pour ces moments où notre intimité ne nous appartient quasi plus, et merci aux médecins comme Borée qui tentent une médecine humaine (association de mots dont j’aurais pensé, initialement, qu’elle constituait un évident pléonasme…)

  • Parker :

    Je découvre cet article longtemps après sa publication et je me retrouve dans le nomadisme que le peu de considération de certains médecins entraine.
    J’ai enfin trouvé un gynécologue « normal », un vieux juif dont j’appréhende la retraite, qui me tutoie, me demande si j’ai un amoureux plutôt que des rapports réguliers, qui ne râle pas parce que je garde systématiquement mon t-shirt et ne me sermonne pas alors que je ne lui rends visite que tous les 2 ans.
    Seul bémol : comme tous les autres (une douzaine je pense) il considère ma demande de ligature des trompes comme une lubie.
    Cette année, on verra bien s’il considère que 40 ans c’est encore trop jeune pour s’en préoccuper….

  • souper50 :

    J’ai eu l’impression de lire mon long parcours gyneco SemynonA. Comme toi règles très jeunes, SOPK, pillule à 12ans, l’habituel blabla de l’infertilité. Après plusieurs visites gynecos desquelles je sortais en pleurs, en me faisant traiter de coincée du c*l, que j’étais inconsciente, que je n’avais qu’à mettre des tampons que ça me decoincerait… et autrs joyeusetés … j’ai stoppé tout traitement et consultation. Puis pouf je suis tombée enceinte, et là l’angoisse du retour au parcours gyneco, recherche d’une personne compréhensive qui ne me rendrait pas malade d’avance. Après plein de recherche sur internet je me suis lancée avec un qui avait la réputation d’être doux et calme et en effet je suis tombée sur la perle… Je suis à 7/8 mois de grossesse et un seul TV depuis le début, aucun examen imposé… Bref soulagée… Reste à espérer qu’il soit dispo le jour de l’accouchement…
    J’ai du voir un autre gyneco pour un soucis au cours de la grossesse et re-discours horrible, examen qui s’est mal déroulé,remarque sur le poids, rejugement du monde médical…
    Tu as juste l’impression d’être un bout de viande mis à leur disposition, l’impression que parce qu’ils sont médecins ils ont le droit de te traiter comme une sous merde et te faire subir leurs examens sans ton consentement.

    Bref le seul truc dommage c’est que ce gyneco n’est plus tout jeune donc si on veut un 2ème enfant plus tard, il ne faudra pas qu’on tarde trop…

  • SemynonA :

    Je pense a une petite ironie dans mon parcours, je me suis faite tripoter les seins et observes sous tous les angles par des dizaines de medecins depuis ma puberte, j’ai souvent demande si mes seins etaient normaux, si c’etait normal cette hypoplasie qui persistait, si c’etait normal que quelque soit ma prise de poids mes seins eux ne prenaient pas un gramme (alors que meme mes doigts eux se boudinaient..) j’ai souvent demande si je pourrais allaiter… on m’a toujours repondu que tout allait bien.
    Ah ironie du sort, toute cette attention sur mes seins pour decouvrir apres la naissance de ma fille grace a un medecin GENERALISTE consultante en lactation que mes seins ne s’etaient pas developpes normalement a l’adolescence, et que ce qui est rare, tres rare, mes glandes mammaires ne me permettent pas de produire assez de lait pour allaiter exclusivement.
    Je les ai maudit tous ces gynecos, m’avoir autant enquiquinne, et ne meme pas avoir remarque la seule chose qui m’aurait pu etre utile de savoir et me preparer pour.
    Sans compter que d’apres ce medecin un traitement a l’adolescence aurait pu permettre de developper mes tissus mammaires, on peut certes le tenter aujourd’hui mais sans promesse de resultat, et puis j’ai deja eu ma fille, je ne sais pas si j’aurais un autre enfant un jour.

    Ce sont tous ces soignants trop absorbes par eux meme qui poussent de plus en plus de patients vers des medecines alternatives douteuses pour la simple raison que ces charlatans donnent la seule chose qui permet d’etablir une relation de confiance avec leur patient : de l’ecoute et de l’attention.

    C’est finalement la medecine moderne qui se condamne elle meme. Si c’est pas dommage …

  • Marion :

    Je vais chez une gynécologue pour la première fois demain et je remercie le ciel (ou le dieu d’internet) d’être tombée sur cet article, je serai très attentive pour le coup !
    Merci !

  • Céline :

    Au risque de sembler à contre-courant des commentaires laissés par les lectrices, je ne me suis jamais sentie mal à l’aise lors d’un examen gynécologique, qu’il soit pratiqué par un homme ou une femme, que je sois entièrement nue ou à moitié habillée. Je n’ai pas de pudeur dans ce cas précis car dans mon esprit les choses sont claires : j’ai à faire à un professionnel. Finalement, j’ai tendance à penser que ce n’est pas tant la nudité qui pose problème que le comportement du praticien (et là oui, on peut se sentir humiliée).

  • Koa :

    @Céline, je pense que c’est un piège, cette histoire de « j’ai à faire à un professionnel ». On a affaire à un humain, toujours, dans un *cadre* professionnel. Cadre qu’il peut tenir plus ou moins bien, avec plus ou moins de professionnalisme, d’humanité, de douceur, etc… Mais un professionnel reste une personne avant tout.

  • Valérie :

    J’ai été scandalisée de lire le témoignage d’examen gynéco (sans pathologie particulière) subi à 12 ans ! Ce genre de médecin a-t-il une/des fille(s) ? Qu’en penserait-il si on leur faisait subir cela ?
    Il y a longtemps j’ai lu de la part d’un médecin cet excellent conseil : « le spéculum ne doit pas passer avant le premier petit ami ».
    Et pour le reste, mesdames, protestons, quand ça fait mal il faut le dire, quand on a des appréhensions il faut le dire aussi. Cela peut amener le médecin à réfléchir à ses pratiques.

  • emi.b :

    Je découvre votre blog avec beaucoup de joie. Merci d’être un patient médecin 🙂

    J’aimerais ajouter une petite pierre (ou ma grosse tartine) dont aucun commentaire ne semble parler directement : le vaginisme, et mon premier rdv gygy pour l’illustrer.
    20 ans, en 2000, sous pilule depuis mes 15 ans (par un MG, zéro toucher), mais très récemment en couple. Sauf que : pendant les rapports avec mon copain (et celui d’avant itou), pas moyen que ‘ça rentre’. A l’époque, pas le réflexe forum et internet, pas de copine dans le cas, et gros flip de ma part : je devais donc avoir un problème physiologique, quelque chose qui coince au sens propre, je me voyais me passer d’enfants, etc… Jeune quoi.
    J’ai pris un RDV chez une femme gynéco, une femme très sèche et froide. Pour moi cela semblait dire ‘professionnelle’. Je lui explique mon problème : ça ne rentre pas pendant les rapports, j’ai très mal, et je suis vierge malgré moi. Elle me regarde à peine, me demande de me déshabiller et m’envoie sur la table.
    « Ecartez les jambes, plus bas le bassin, on y va ».
    Et là hurlement de ma part, forcément, le spéculum ne passe pas.
    « je ne comprends pas, d’habitude ça ne fait pas mal ». Oubliant sans doute la raison de ma venue.
    Résultat : prescription entre autre d’un frottis (vu mon nomadisme à l’époque et la difficulté à atteindre quoique ce soit avec le speculum, elle n’a pas pris le temps de faire un prélèvement) et me renvoie sans plus. Il m’a fallu 3 h pour me calmer ce jour là, et plus de 6 mois pour me décider à faire les examens.
    Et étonnement, c’est le technicien qui m’a fait le prélèvement au centre qui m’a fait comprendre le plus important. Lui a été très gêné (on avait quasi le même âge), très doux, très prévenant, et a pris un spéculum très petite taille. J’ai même cherché à le rassurer lui ! 🙂 C’est là que j’ai pigé : j’étais ‘juste’ hyper tendue. Un genre de vaginisme, pas aussi sévère que d’autres filles que j’ai croisé ensuite, mais tout de même bien carabiné. Il ne tenait qu’à moi de réussir à me détendre, je pouvais le faire.
    J’y arrive la plupart du temps, bien que je sois – du coup – hyper méfiante avec les gynéco et ne m’inflige jamais 2 fois de suite un(e) brute.
    J’aurais JUSTE aimé 9 mots de la part de cette ‘professionnelle’, pas plus : votre vagin n’a rien, vous êtes seulement trop tendue.
    Ca m’aurait évité de perdre du temps et pas mal d’angoisse.
    Quid de la formation des pro de la santé là dessus ? Dans mon cas, le vagisnisme n’est que partiel, mais il existe des filles chez qui cela est parfaitement incontrôlable et total.
    Merci encore pour votre travail via ce blog

  • nonmaisho :

    Je ne me souviens pas vraiment de mes examens gynécologiques, en général je me « met sur pause », je ne suis plus là, mon corps n’est plus à moi. Mais je me souviens très bien de ma meilleure amie m’appelant en pleures après un de ses examens: le gynécologue lui a fait mal avec le spéculum, et quand elle a osé le lui signaler, il lui a répondu (de mémoire) « ha bon? mais ça fait pas pareil quand vous avez un rapport sexuel? ». j’aurais aimé être là et lui cracher dessus.

  • Co :

    Très rare de lire ce genre d’article qui devrait, et je suis sérieuse, être affiché dans tous les cabinets de gynécologie.
    Pour ma part, je choisis maintenant des femmes mais une partie du problème demeure : comment livrer « l’origine du monde » ou tout au moins la notre avec le plus de décence possible ?
    Même en déshumanisant l’acte au maximum cela reste un moment déplaisant.

  • Femmedetoubib :

    BINGO!

    Je ne savais pas exactement ce qui me genait chez ma gynéco … Je l’ai toujours trouvée directe, efficace à sa façon d’où moment où je ne la voyais que pour des examens « de routine » … mais voilà, madame m’a toujours dit  » désabillez-vous et installez vous là …  » Et elle m’examinait avec des gestes trés précis, la main un peu lourde à un point que je me sentais comme un bon morceaux de bifteck … Quand j’ai eu besoin d’écoute , une grossesse qui tardait à arriver, je n’ai pas trouvé chez elle une implication au delà de des examens habituels et une tonne de papiers pour faire une tonne d’examens, mais je me souviens de l’avoir un jour commenté que j’étais assez étroite et que le jour où j’accoucherai ce serai certainement par césarienne !!!!! Quand je suis tombée enceinte tout naturellement je suis aller voir ailleurs et j’ai super bien accouché par voie basse sans péridurale ni épisiotomie s’il vous plaît !.. Passé cela je viens chez elle pour la contraception… et encore des examens de routine … et encore j’ai eu droit à  » désabillez-vous et installez vous là  » … Je sort de son cabinet encore une fois genée par je ne sais quoi exactement et c’est avec une deuxième grossesse et encore une fois un suivi chez un autre où jje n’ai pas eu à me désabiller entièrement … Bah que cela me gène car j’ai toujours cru que les examens chez les gynécos se passaient comme cela … Mais j’étais charmée par l’attention et bien veillance de ce nouveau gynéco et ce n’ai qu’en lisant votre billet que j’ai trouvé enfin ce qui vraiment n’allait pas chez ma première gynéco: l’ilustration de ce billet, ça m’a sauté aux yeux ! j’étais embetée et j’avais un doute si je retournerai chez elle pour la suite , me voilà certaine de ne pas le faire ! Merci…

  • Maslina :

    Ben moi j’irais jamais voir un gynéco !

  • Naevus :

    Que penser des examens chez les dermatologues ?

    Il doit y avoir bientôt une quinzaine d’années que je me fais suivre pour mes naevi (ou grains de beauté en langage courant). En effet nous avons eu cette année le jeudi 30 mai la quinzième édition de la journée nationale de dépistage des cancers de la peau.
    C’est à l’occasion d’une des toutes premières éditions que j’ai commencé à me faire suivre.
    Depuis je consulte deux fois par an, une fois avec ma dermatologue habituelle et une fois lors de la journée nationale. Prenant soin de prendre le RDV avec 6 mois d’écart entre les deux dates cela me permet d’avoir un contrôle tous les 6 mois au maximum.
    Il faut dire que sans avoir jamais véritablement rencontré de problème sérieux de ce côté là je suis quand même un patient concerné par le nombre de mes naevi.
    La profession des dermatologues si j’en prends mon expérience est très largement féminisée. Etant un homme je n’ai aucune appréhension à me faire examiner par un docteur homme ou femme.
    Néanmoins je reste largement sur ma faim en matière d’examen quant à la manière d’aborder l’examen du patient. En effet mes naevi sont répartis sur l’ensemble de mon corps et sans être trop envahissants on peut en trouver partout !
    Or, je n’ai jamais rencontré un médecin dermatologue qui me demanda de me déshabiller complètement. En effet je ne sais pas si ce fait est dû à une majorité de dermatologues femmes (jeunes ou moins jeunes) qui se trouvant face à un patient homme (jeune il y a quinze ans et moins maintenant !) n’osent pas exiger au patient du sexe opposé une nudité qui pourrait mettre en difficulté ce patient.
    Mais alors comment s’assurer en restant en slip (ce qui est la tenue par défaut) que les parties cachées de l’anatomie ne sont pas concernées par le sujet de l’examen ?
    Il n’y a en effet aucun moyen de s’en assurer …
    J’ai d’ailleurs remarqué qu’une expression est souvent utilisée par ces docteurs le moment venu de procéder à l’examen, qui est la suivante :

    « Défaites-vous, s’il vous plaît ».

    Or la salle d’examen, ne prévoit pas toujours un lieu dédié au déshabillage du patient mais se déroule assez souvent dans le bureau même du dermatologue c’est à dire à proximité immédiate de la chaise qui a servi à procéder aux formalités administratives d’usage avant l’examen médical proprement dit.
    Nous sommes donc dans une situation la plus fréquente où le patient homme se retrouve à se dévêtir devant un médecin femme qui n’a à ce moment là rien d’autre à faire (les questions préalables étant terminées) que de vous regarder vous déshabiller. Il peut en effet être gênant voire plus pour le patient de se dénuder complètement alors que à la vue de la configuration des lieux de l’examen on n’a pas l’impression que c’est l’attente du médecin de vous voir vous mettre à nu intégralement.
    Dans l’hypothèse où vous conservez le minimum requis par la pudeur à ce moment là (un slip), vous savez que vous n’aurez pas droit à un examen complet du corps car jamais par la suite la dermatologue ne vous demandera d’ôter votre slip, ou pire s’en autoriserait le geste !
    Parfois même les instructions données en début de consultation sont claires et non ambiguës : « mettez-vous en slip » !
    Fort de ces expériences j’avais décidé lors de la dernière journée de dépistage du 30 mai dernier que je serai examiné nu et finalement pour la première fois dans ce cadre dermatologique.
    Autre nouveauté de cette journée pour la première fois ce sont deux dermatologues (en même temps) qui m’ont ausculté, une médecin femme proche de la retraite et un jeune étudiant en médecine qui visiblement était là pour apprendre.
    J’ai découvert cela en pénétrant dans la salle d’examen de ce centre de santé.
    Cela s’est passé comme habituellement avec le fameux « défaites-vous » lancé par la dermatologue qui dirigeait l’opération. Le reste évidemment était assez gênant car ce furent non pas une mais deux personnes qui à ce moment là n’avaient rien d’autre à faire qu’à m’observer me déshabiller.
    Je dois d’ailleurs dire que lorsque j’ai retiré mon slip, la dermatologue a eu un mouvement de retrait vers un recoin de la pièce (comme par pudeur à mon égard) ne voulant pas certainement me mettre mal à l’aise pendant mon déshabillage.
    Mais cela signifie bien qu’elle ne s’attendait pas à mon déshabillage total ne me l’ayant pas exigé lors de son « défaites-vous ».
    L’examen s’est ensuite déroulé sans encombre allongé sur la table d’auscultation d’abord sur le dos puis sur les côtés puis sur le ventre.
    Alors Mesdames (et Messieurs, car le raisonnement s’applique aussi) les dermatologues, osez demander un examen complet à vos patients !

  • Éloïse :

    J’ai fuis ma première gynécologue lorsque, à mes 19 ans, elle a refusé de le prescrire la pilule à cause de mon tabagisme et a refusé de me prescrire un autre moyen de contraception car « à ton âge on prend la pilule, rien d’autre ».
    J’ai fuis mon deuxième gynécologue car, alors que j’étais pauvre étudiante, il me faisait systématiquement subir des prélèvements désagréables pour des analyses coûteuses (et non remboursées, faites par son propre labo), inutilement.
    J’ai fuis mon troisième gynécologue car durant toute ma grossesse, il ne m’a pas demandé une seule fois comment j’allais et se contentait de prendre des mesures sans rien m’expliquer, sans me parler, en faisant la grimace dès que j’ouvrais la bouche, sans me répondre, comme si je n’existais pas, comme si je n’étais qu’un corps sans âme.
    Aujourd’hui je me fais suivre par une sage-femme toujours de bonne humeur, toujours prête à m’écouter et qui me voit dans la semaine si je me sens inquiète car, pour elle, l’inquiétude est une urgence. Je n’ai pas à me déshabiller, si elle a un doute elle m’envoie faire un examen chez un pro de son répertoire de confiance, ce qui n’est arrivé qu’une fois en 3 ans (et elle avait vu juste).
    Je ne parle même pas de mon premier généraliste pour qui même une angine était causée par mon poids.
    Voilà. Maintenant, si le mot « docteur » est inscrit sur la porte je ne la franchis même pas.

  • Zab :

    Pardon, Eloïse, mais j’ai été très récemment reçue comme une chienne par une SF qui niait la possibilité d’une ovulation sur ces cycles longs (2 à 3 mois).
    J’ai pourtant deux enfants pour prouver ce que j’avance…
    Je vous passe le comportement des SF de la maternité où j’ai accouché, je me suis vraiment demandé pourquoi elles faisaient ce boulot.
    Ce n’est pas une question de profession, c’est une question d’individu. Il y a des SF odieuses et des gynécos adorables.

  • Savoir dire STOP :

    Merci , ENFIN un article sur le sujet , ou s’arrête la limite d’un spécialiste en tête à tête avec sa patiente ? Aucun article sur le sujet trouvé et voilà quelque chose de fort interessant qui mettra a mal bon nombres de pratiques « abusives » de nos confrères masculins , justifiants des actes médicaux « banals »; MERCI INFINIMENT !

  • Elkat :

    C’est marrant on m’as toujours dis daller voir un gynéco dès le début des relations sexuelles. J’ai donc été voir ma gynéco pour la pilule vers la fin de mes 15ans je crois et j’ai eu le droit à la palpation des seins et je ne sais trop qu’elle tige en fer que l’on te met dans le vagin (je n’avais pas eu d’explication à l’époque).
    Mais j’ai décidé d’y retourné un an plus tard pour cause de mst comme c’était vraiment urgent j’ai été au planning familial qui m’a pris le jou r d’apres au lieu de 2semaines d’attentes cz la gynéco et je n’ai pas eu déshabillement complet, elle m’as expliqué ce qu’elle faisait et pourquoi. Donc merci à toi Borée pour cet article et merci au planning familial d’exister, merci d’aider les femmes !

  • CK :

    Dr XX, un gynécologue à Genève, a demandé (et, malheureusement, obtenu) le déshabillement complet de mon épouse. Il a refusé par la suite de répondre à ma demande pourquoi une telle rudesse à l’égard d’une jolie jeune femme de 31 ans. J’ai contacté alors Pr Patrick Petignat, le Président de la Société suisse de gynécologie et d’obstétrique qui m’a répondu la chose suivante:

    « Le problème soulevé est une question importante, à savoir : Peut-on imposer la nudité intégrale d’une patiente (ou d’un patient) lors d’un contrôle médicale ? Ce problème ne se pose pas aux Etats-Unis, au Canada, dans les pays Scandinave ou en Grande-Bretagne, où on n’impose jamais à un patient ou une patiente de se déshabiller entièrement. Soit les patients portent des « chemises d’hôpital », soit l’examen se déroule en deux parties, en enlevant les habits de la partie supérieure du corps, se rhabillent et ensuite la partie inférieure, etc. Mais il semble qu’en Suisse et en France certains gynécologues exigent encore que leurs patientes soient totalement nues pour l’examen gynécologique. La consultation médicale nécessite avant tout le respect de la personne et de son intimité, par conséquent exiger la nudité va contre ce principe. A mon avis, imposer la nudité lors d’un examen médical est inutile et humiliant et doit être proscrit. Cordialement, Patrick Petignat

    • Borée :

      Afin d’éviter tout problème et polémique, je me suis permis d’effacer le nom du médecin que vous citiez. Ceci n’enlève rien à la pertinence de votre témoignage.

  • Laheria :

    Je n’ai qu’un mot pour décrire ce que j’ai ressenti en vous lisant : soulagement. J’ai vingt ans et j’ai parlé de cet article avec des amies et j’ai découvert que nous étions toutes dans le même cas : la plupart de mes amies moi y compris ont très mal vécu leurs premiers rendez-vous chez des gynéco : des larmes aux attaques de panique. Plusieurs d’entres elles ne consultent plus. Nous avons toutes appris le fonctionnement de la pilule sur internet parce que nous n’avions rien compris, la plupart d’entre nous se demandent encore pourquoi on leur a prescrit la pilule jusqu’à 5 ans avant leur premier rapport sexuel, l’utilité du frottis ou quelles autres options de contraception s’offrent à elles. Le pire je pense reste l’incompréhension et la douleur. Le premier examen au speculum, entièrement nue, alors qu’on est encore vierge, sans aucune autre explication que « détendez-vous sinon ça va être difficile », la douleur et le sentiment de culpabilité m’ont longtemps découragée des gynécologues. Je pensais, tout comme mes amies, que la douleur et l’incompréhension étaient automatiques. Suite à des articles comme le votre nous avons entrepris des démarches et trouvé des gynécologues qui nous respectent (pas de déshabillage automatique, pas de sentiment de déranger) et surtout nous expliquent ce qu »ils font avec notre corps et les options qui s’offrent à nous. Merci d’écrire des articles qui font prendre conscience que tout n’est pas toujours normal et obligatoire.

  • Athéna :

    J’ai découvert votre blog avec beaucoup d’intérêt. Ma gynécologue étant partie à la retraite, j’ai dû en trouver une autre. Au premier examen, j’ai été surprise qu’elle me demande de me déshabiller intégralement, car c’était « plus facile » pour elle. Se déshabiller entièrement devant une personne qu’on vient juste de rencontrer m’a paru violent et humiliant. Mon ancienne gynécologue faisant l’examen en deux temps et cela me convenait nettement mieux.

  • sancie :

    Bonjour,
    Je découvre votre blog aujourd’hui à peine, au landemain d’un examen gynécologique de routine. Je ne rajouterais pas mon expérience a la longue lithanie des témoignages lus, d’autant qu’elle fait partie des plus banales et probablement des moins graves, ne consultant que très rarement la gynécologie et n’ayant jamais subie que le comportement très « sachant » des médecins.
    Je voulais juste faire part de deux choses : le livre de martin Winkler « le choeur des femmes » qui traite magistralement de la médecine faite aux femmes (et parallèlement des questions de genres). Mais aussi son forum sur la gynécologie et la contraception http://www.martinwinkler.com ou non seulement vous aurez BCP de réponses a vos questions, mais pourrez aussi en poser de nouvelles avec une chance d’avoir une réponse.
    Alors merci infiniment a des médecins comme lui – ou comme vous Borée – de prendre de votre temps et de votre énergie pour soulager des patientes maltraitées ou simplement amener de nouvelles pistes de reflexion , et j’espere des changements de comportement.

  • Marion :

    Je découvre aujourd’hui votre blog…et vos paroles pleines de bon sens.
    Je retiens aussi que j’ai une perle de gynéco depuis ma (1ere) grossesse. jeune fille je préférais consulter une femme mais depuis ma grossesse où je suis sortie deçue et fachée de ma première consultation après un dosage hcg positif, j’ai finalement consulté à l’hôpital. Mon gyneco est un homme charmant, prévenant et surtout délicat et très respectueux! Il est très à l’écoute prévient de tout (notamment n’enfourne pas le spéculum comme on farcie une dinde …) et c’est vraiment appréciable. Rien que pour ça 2h d’attente parfois parce qu’il est de garde le jour de mon rdv ne me paraissent pas insurmontables…

  • Florence :

    Ouf soulagée je ne suis pas folle….
    Abusée ( attouchement lorsque j’avais entre 6 et 11 ans par 2 adolescents et un homme) rencontrer un médecin est un calvaire je me renseigne toujours du déroulement de la consultation et si il y a risque d’atteinte à mon intimité c’est simple j’y vais pas ou refuse.
    J’ai eu 2 enfants et depuis un raz le bol du à poil durant 2x 9 mois m’a totalement dégoûte puis ce manque de respect à l’accouchement.!!!! Non mais c’est pas un musée mon vagin.
    L’échographie du 3 éme mois, je l’ai vécu comme un viol, pourquoi le faire systématiquement quand L’Echo est nette de manière abdominale ?
    Ma fille 11 ans est sujette aux infections urinaires. La 2 médicins hommes 1 m 90 arrivent et disent bon on va la regarder, ma fille est devenue bleu j’ai cru qu’elle allait me faire un arrêt cardiaque. J’ai refusé en leur demandant s’ils avaient conscience qu’ils l’avaient traumatisée ? Non bien sûr, colère de ma part….vous êtes formes comment ?
    J’ai toujours dit à mes filles que leur corps leur appartenait et que personne n’avait le droit d’y toucher sans leur accord. Médecin y compris.
    Lors d’un Check up sécu, le médecin s’est mis derrière mois m’a enlevé mon soutient gorge et palper les seins. Un nouveau viol….je ne l’avais pas autorisé. Depuis short et tee shirt pour médecine du travail avec refus d’enlever j’ai toujours froid…..
    Dès que j’ai affaire à la médecine je suis tétanisée , j’angoisse trouve pas le sommeil.
    Donc contente d’être tombée par hasard sur ce blog et partager les mêmes sentiments.

  • La maltraitance gynécologique : ne nous taisons plus ! | Le journal de Zoical :

    […] effectuant des touchers vaginaux à tout va, des examens des seins à chaque visite. Ces examens ne sont pas nécessaires. Le toucher vaginal ne sert à rien sur les patientes de […]

  • Malavida :

    Bonsoir,
    je réalise le nombre de fois ou j’ai du passer ces visites désagréables pour diagnostiquer ma stérilité et accessoirement, la vaincre. Je faisais de l’endométriose alors pensez bien que c’était le parcours du combattant. Un examen gynéco tous les quinze jours qui n’ont abouti à rien puisque j’ai laissé tomber au bout d’une année. Merci pour cet éclairage en tous cas, heureusement que des médecins se remettent en question parfois. Voilà qui honore la profession… bonne continuation.

  • 30 ans :

    Bonsoir,
    Arrivée par là par hasard, via le blog de Fourrure que je découvre (oui, ça n’a aucun rapport :)). Merci pour ce poste de blog…

    Premier RDV chez le gynéco, celui de ma mère, j’avais 17 ans et une douleur terrible dans le bas du ventre (et je venais de passer par la case appendicite). Echo externe. Il me demande s’il peut faire une interne; Je répond que non, je suis encore vierge. Il demande à ma mère de sortir, et me repose la question. Non non, même réponse! 😉

    8 ans plus tard, consultation de mon MG pour une douleur à l’aine, qui m’envoie faire une écho. J’enlève mon pantalon. Echo externe. Suspicion de kyste hémorragique. « Bon puis après, on fera une écho endovaginale ». Moi (me demandant déjà si j’ai bien compris les termes): « heu, on est vraiment obligé? ». Lui: « ben oui, si on veut savoir ce qu’il se passe ». Gros blanc, un silence qui m’a paru une éternité, je n’osais rien dire. Puis j’ai osé, les larmes dans les yeux et les paroles: « ben, c’est-à-dire que je suis encore vierge, alors vous comprenez, ça m’embête un peu »
    « Ah, ben non alors ,dans ce cas, c’est complètement interdit »!
    J’ai bien fait de poser la question!
    J’ai du revenir 15 jours plus tard, j’ai vu un autre échographiste. Sûre de moi cette fois, quand il m’a demandé d’enlever ma culotte pour faire une écho par voie interne, j’ai répondu « Ah non, parce que que je suis encore vierge, et que votre collègue, la dernière fois, il a dit qu’alors c’était interdit »…
    Aucune des 2 fois, la question ne m’a été posée de si j’acceptais… Plutôt en mode il faut (on peut noter que même sans ça, un diagnostic a été posé). Moi, face au professionnel de santé, même à 27 ans, j’ai failli me taire et m’écraser.

    6 mois plus tard, RDV chez le gynéco de ma mère pour contrôler ce fameux kyste. Il me semble l’avoir arrêté direct avant que la question ne vienne sur l’écho interne. La consultation se termine sur un « Bon, ben revenez quand vous aurez décidé d’être grande! » Bizarre de se faire traiter de petite fille à 27 ans… J’en trouverai un autre…

    Bref, est-ce parce que j’étais si « vieille » que la question ne se pose pas de savoir si l’on peut ou non faire une écho endovaginale? Même s’ils s’étaient arrêtés en auscultant, je n’aurais pas aimé qu’il mettent le nez à cet endroit là sans rien m’avoir demandé…

  • Aurore :

    J’ai l’impression qu’on a encore à faire à des pratiques d’un autre temps.
    J’ai renoncé aux gynécologues je me sens trop infantilisées je préfère les sages-femmes. Je vis en zone rurale il est très compliqué de trouver un gynécologue qui me convienne. Je ressens ces examens comme une intrusion insupportable… et ca demeure d’une banalité … la première fois que je me suis retrouvée chez un gynécologue pour prendre la pilule j’ai dû me soumettre à un examen gynécologique en étant nue intégralement. Où est le respect de la patiente dans ce cas là ?
    À quand les examens avec la position à l’anglaise ? C me plairait bien…
    Quand je lis des commentaires qui questionnent du pourquoi les femmes ne s’opposent pas au fait de se retrouver nue intégralement je ne sais que répondre. Peut être parce qu’on se dit que le gynécologue c’est comme ça, que c’est forcément un passage désagréable et obligé quand on est une femme… quand j’ai voulu m’opposer à cette gynécologue qui me disait de tout enlever en gardant le haut (et je me suis déshabillée devant elle il n’y a pas de paravent) et à m’allonger elle m’a vite demandé de l’enlever. en sortant je me suis sentie souillée.
    Et que parler de cette gynécologue qui n’avait même pas de rideau à sa fenêtre !
    Bonjour l’intimité ! Et encore quand on vous demande votre consentement,c’est sympa de se retrouver avec un gynécologue et un interne sans vous avoir prévenu ! Pas oui à l’hôpital on forme les internes …
    Je suis révoltée et ce d’autant plus que personne ne réagit !! À croire que le fait d’avoir un utérus vous expose au fait de devoir vous soumettre à des gynécologues qui, pour certains il fait le dire, savent ce sont vous avez besoin et sont tres paternalistes
    Bref j’ai cessé de voir le gynécologue.

Laissez un commentaire