Sisyphe

Au collège et au lycée, j’aimais tout. Sauf le sport et l’allemand.

Lorsqu’il a été question de savoir quoi faire après le bac, j’ai hésité : Math sup ? Science po ? Droit ? Ecole d’archi ? Tout me tentait bien. Bizarrement, Médecine ne faisait pas partie de mes choix.

Il faut dire que  je pensais être plus scientifique que littéraire. Comme j’aimais la biologie encore plus que le reste, j’ai donc fait Math sup bio.

Et moi qui n’avais jamais eu de difficultés jusque là, j’ai rapidement décroché en maths.

Mais je restais persuadé d’être avant tout un scientifique. C’est à cette époque que j’ai lu Plus grands que l’amour de Dominique Lapierre.

C’était décidé : je finissais mon année en séchant les cours de maths et j’irai en médecine l’année d’après. Pour faire de la recherche médicale et pour sauver le monde.

Plus les années de Fac passaient, plus j’appréciais la richesse des contacts humains et moins j’étais attiré par les microscopes et les appareils technologiques.

Tous les organes me plaisaient autant et Martin Winckler a eu la bonne idée de publier La Maladie de Sachs lorsque j’étais en D4. Ce serait donc de la médecine générale.

Jusqu’à présent, je n’ai pas regretté ce choix et j’aime mon métier.

Parfois, pourtant, il m’arrive d’avoir la nostalgie de ne pas être avocat ou architecte.

Car la médecine, et plus particulièrement la médecine générale, est un combat perdu d’avance. Nous savons que nous pourrons gagner des batailles mais que nous finirons toujours par perdre la guerre. Et c’est quand même un peu frustrant.

L’avocat mène ses procès les uns après les autres. Il gagne ou il perd mais, en tout cas, chacun de ses dossiers a un début et une fin.

L’architecte érige des bâtiments qui, s’il a bien travaillé, lui survivront.

En médecine générale, rien de tout ça. Chaque histoire, chaque cas, chaque pathologie, n’est jamais qu’une étape vers l’échéance ultime.

Jamais nous ne pourrons nous asseoir et nous dire : « Voilà, ça y est. J’ai bien bossé, le résultat de mon travail est bon, je peux fermer ce dossier et passer à un autre. »

Même lorsque nous travaillons bien et aidons un patient à se sortir d’un mauvais pas, nous ne faisons, finalement, que l’aider à franchir une marche supplémentaire sur l’escalier de la vie.

Oh, bien sûr, cette tâche reste précieuse. Il ne s’agit pas de dire que notre travail n’aurait aucun sens. Mais, pourtant, il peut être bien décourageant  de voir ainsi une vague succéder à une autre, jusqu’au tsunami qui emportera tout.

Car en médecine générale, nous ne fermons jamais nos dossiers que dans deux cas : pour passer la main à un autre ou parce que notre patient est décédé. De victoire finale, jamais.

C’est bien là, au demeurant, le destin de chaque être humain, condamné à poursuivre sans relâche son inaccessible étoile.

Le travail ne sera décidément jamais achevé.

Il ne nous reste donc qu’à lire Camus, à reconnaître et à dépasser « l’absurdité du réel ». A nous féliciter de la direction de nos efforts plutôt que d’horizons que nous n’atteindrons jamais. A accompagner la perpétuelle lutte que les forces de la vie mènent contre l’inertie de la mort. A nous satisfaire de nous diriger vers le haut de la montagne en gardant le regard fixé sur un sommet dont nous savons, lucidement, qu’il restera inaccessible.

A accompagner les Hommes sur leur chemin, à faire le choix de l’action et à être, aux côtés de nos patients, des Sisyphes heureux.


19 commentaires à “Sisyphe”

  • @ragou37 :

    Et si la victoire en médecine c’etait de mettre de l’humain dans tout ces soins, de l’humanité dans nos prises
    en charge et que même dans ces derniers moments apporter un mieux, un moins mal être.
    Alors si même des fois on clôt des dossiers, j’ai l’impression de croire que c’est mieux que de nombreux bâtiments quand on a pu y mettre du cœur au lieu d’une pierre, d’un trombone.
    Toujours un plaisir de vous suivre.
    Un infirmier 🙂

  • stéphane :

    Une très jolie note, merci.
    C’est la beauté de la médecine, jouer alors que nous savons que nous ne gagnerons jamais. Mais malgré la défaite finale annoncée, nous continuons ce jeu pour aider les personnes qui nous font confiance à jouer un peu plus longtemps ou un plus facilement. J’ai choisi ma spécialité en me trompant totalement, je croyais que nous battions la camarde grace à la technologie. Les patients et la maladie m’ont appris l’humilité.
    Maintenant j’espère juste les soigner le mieux possible et le plus longtemps possible si ils estiment que le jeu est encore amusant ou intéressant. Depuis 8 ans, je n’ai plus la prétention de guérir, je diagnostique, j’essaye de trouver des solutions, je tente de soulager. Je soigne simplement. Je ne guérirai malheureusement personne ou alors rarement. Alors tel l’ane je tourne autour de la noria pour apporter du soin.

  • John Snow :

    L’anesthésiste-réanimateur que je suis a choisi cette spécialité pour une illusion: croire qu’on pouvait soigner ou soulager en posant des actes avec une fin au bout. Je clos des dossiers tous les jours, je soigne des éclopés en 2/4/10 jours qui repartent sur leurs deux pattes avec (parfois) un sentiment de mieux à la fin.
    C’est vrai, cette impression de travail bien net peut donner envie. On éprouve moins la sensation étrange de vider la mer avec une petite cuiller. Mais dans mon monde de finitude, on ne connait que rarement la suite de l’histoire.
    Je donnerais quelques fois mon royaume aux belles frontières pour pouvoir être au pied de cette mer, avec cet horizon hors d’atteinte en arrière-plan. Et troquer mes douze travaux accomplis même pas herculéens contre un beau mythe à l’issue incertaine.

    Le vrai malheur de Sisyphe, c’est qu’ au faîte de son périple il n’ait jamais l’idée de profiter de la vue.

  • frenchmidwife :

    Merci pour ce joli post.
    Cela me rappelle mes interrogations la première fois que j’ai accompagné l’accouchement d’une patiente dont l’enfant était décédé in utero.
    A quoi servons-nous ?
    C’est lorsque j’ai reçu une longue lettre de remerciement de sa part que j’ai en partie compris : parfois le plus important n’est pas la finalité, mais le chemin parcouru.
    En tant que soignants nous avons tous les mêmes compétences, ce qui nous différencie c’est notre manière d’apporter les soins, de laisser des choix dans les stratégies thérapeutiques, d’écouter nos patients et de faire en sorte que notre présence leur ait apporté un sentiment de sécurité.
    Je comprends cette petite pointe de tristesse, ce sentiment d’impuissance face à l’inexorabilité…
    Une sage-femme

  • Isatis :

    C’est amusant, cet article de blog me fait penser au texte d’un historien… C’est l’introduction de Lucien Febvre à son livre « Amour sacré, Amour profane ».

    C’est un texte que je lis et relis dans le cadre de mon mémoire pour me forcer à lâcher la théorie et à me plonger dans la pratique… Alors, pourquoi ça me fait penser à ça, je n’en sais rien !
    Mais il y a une idée commune, celle qui nous fait dire que « le travail ne sera jamais achevé », qu’il y aura toujours quelque chose de plus à faire jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour faire les chose… Les historiens continueront à revoir les mêmes choses, comme un médecin son patient, jusqu’à la mort du temps lui-même.

    Je me sens poète, ce soir 🙂

    Laisser tomber la théorie, l’absurdité de notre passion, se lancer à corps perdu dans la pratique, c’est aussi effrayant que difficile…

    C’est un joli article, en tous les cas !

  • José Lemaire :

    C’est le plus beau de tous les métiers.
    Chapeau bas à tous les médecins du monde qui pratiquent leur art avec conscience et humanité.

  • docteurdu16 :

    @ Borée
    Merci pour ce post (un peu lyrique à mon goût).
    Ce qui m’intéresse dans la pratique de la médecine générale c’est qu’il s’agit d’un puits sans fond où il ne sera jamais possible a) de tout savoir, b) de tout connaître, c) d’être content de soi, d) de croire que l’histoire a une fin, e) d’imaginer qu’une seule idéologie serait capable d’expliquer (tout) le monde… Et j’en passe.
    La médecine générale, c’est donc le Tonneau des Danaïdes.
    J’aime bien cette définition de la médecine générale (que je détourne de celle qu’avait donnée Beuve-Méry du journalisme) : au contact et distant.

  • Jean Christophe Bataille :

    J’ai pris le parti de rire de la maladie. Je l’ai fait dans un livre : les facéties d’Hippocrate publié chez Flament. Il est très différent de ce que fait Winckler mais la dérision permet de voir ce métier sous un autre angle. Et l’écriture peut devenir une deuxième vocation.

  • Delphine :

    Le bonheur, est-ce que c’est de ne jamais mourrir ou de profiter au mieux de son existence?
    De la réponse découle en partie la vision de notre métier… On est pas des héros,surtout pas les héros de nos patients, mais de temps en temps, on peut « filer un coup de main » pour que ça soit moins dur! Haut les coeurs, et vive le paracétamol!

  • L'impatiente :

    Ce texte est magnifique.
    Depuis que je lis votre blog, j’ai envie de demander à mes toubibs comment ils vont quand j’entre dans leurs cabinets. Mais bien sûr, souvent je dis juste « bonjour » et des fois « bonjour docteur ».
    Tiens d’ailleurs une question: les docteurs aiment-ils qu’on les appelle « docteur » ? ca me fait toujours bizarre d’appeler les gens par leur fonction.

  • Anna :

    Tu as lu « Monsieur Malaussène », de Daniel Pennac ? Un des personnages fait une remarque assez semblable à la tienne, il faudrait que je retrouve la citation exacte…

  • chantal :

    Belle note, mais un peu tristounette. est si la médecine générale est comme la vie dont la force est justement de toujours recommencer? La vie gagne parce qu’elle ne se laisse pas vaincre par la mort. Elle recommence sans fin, sans se lasser et c’est là sa force. La mort aura gagné le jour où la vie n’existera plus du tout.

    Bonne journée

    PS comment était « Plus grand que l’amour »? « La maladie de Sachs », je le connais.

  • Audrey :

    A bien des égards le droit ressemble à la médecine. Il faut savoir écouter avec empathie, traduire les problémes et « symptômes » exposés par les « clients » dans leur language de tous les jours, bien diagnostiquer le ou les problémes juridiques, choisir une statégie pour les traiter en accord et dans le respect des personnes en les informant des avantages et des risques de tel ou tel choix…savoir recourir à un spécialiste quand on sort de notre domaine de compétence.

    Je peux vous assurer que dans le monde du droit les dossiers ont rarement un début et une fin tranchée, ils ne sont pas « perdus » ou « gagnés ». Dans un divorce par exemple, il est bien difficile de dire qui est celui qui sort perdant ou gagnant. Les conseils que nous prodiguons aux clients dans cette phase auront des conséquences sur leur vie ultérieure, leurs relations avec leurs enfants…ces dossiers là ne se referment jamais vraiment. Je ne vous parle même pas des dossiers d’assistance éducative où il faut intervenir pour porter, relayer et aider l’enfant à faire entendre sa voix dans des situations souvent sordides et dramatiques. Ces dossiers là non plus ne se referment jamais vraiment, bien des années aprés, je vous assure que des petits visages perdus me poursuivent encore. Tout ça pour vous dire de ne pas regretter le barreau car au fond voilà un métier dont la démarche intellectuelle nécessairement empreinte d’humanité ressemble beaucoup à celle que vous mettez en oeuvre dans le votre.

  • CMT :

    Drôle, très drôle d’idée que de croire que la finitude de la vie humaine serait un échec personnel du médecin. Notre société que je qualifierais (arbitrairement) de « finaliste » ne peut concevoir la vie qu’en termes d’objectifs à atteindre , à atteindre le plus rapidement possible, moyennant une accélération permanente, une compression permanente du temps. Nous en arrivons à nier le temps présent, le temps qui passe, qui n’a de valeur, dans nos représentations collectives que dans la mesure où il est utile à un but.

    La tragédie du dépressif c’est qu’il ne peut goûter au temps présent, qu’il vit comme douloureux. Celle de l’anxieux c’est qu’il ne le peut pas non plus, préoccupé en permanence par un avenir toujours menaçant. Celle du mélancolique c’est que sa personnalité éclatée ne lui permet pas de se rassembler pour goûter le moment présent. Il craint, pour Winnicott, l’effondrement qui aurait lieu si l’autre qui est si important pour lui qu’il doit en nier l’importance, s’éloignait. Or, l’effondrement a déjà eu lieu et le mélancolique est habité par un vide intérieur qu’il ne peut surmonter que par la sensation d’unité fugace que lui procure la jouissance.
    Je suppose que chacun a remarqué que nous n’avons jamais été autant préoccupés par l’idée de la maladie, incapables d’affronter la mort que depuis que notre santé est aussi bonne qu’elle ne l’a jamais été auparavant.
    Cela nous empêche d’apprécier le moment présent.
    Nous sommes en train de devenir une société de dépressivo-mélancolico-anxieux.

    Je propose ce merveilleux poème d’Antonio Machado, poète espagnol de la fin du 19ème siècle chanté par Joan Manuel Serrat, le Léo Ferré des hispaniques. J’aime particulièrement la version primitive à la guitare sèche (malgré les arrangements orchestraux baroques de la deuxième partie) et le mariage de la voix à la fois fragile et virile de Joan Manule Serrat ( qui est bel homme, ce qui ne gâte rien à mes yeux) avec le texte du poète.
    http://www.youtube.com/watch?v=QBdCLizaSiw&feature=related
    En voici une traduction aussi partielle que maladroite.
    « Tout passe et tout reste, mais notre affaire c’est de passer, passer en traçant des chemins, des chemins sur la mer.
    Je n’ai jamais voulu la gloire ou laisser dans la mémoire des hommes ma chanson.
    Car j’aime les mondes subtiles, légers et gentils comme des bulles de savon. J’aime les voir se peindre de soleil et de grenat, voler, sous le ciel bleu trembler, et subitement se briser.
    Je n’ai jamais voulu la gloire ou laisser dans la mémoire des hommes ma chanson.
    Marcheur, ce sont tes pas le chemin et rien d’autre. Marcheur, le chemin se fait en marchant, et quand tu regardes en arrière, tu vois le sentier que tes pas ne fouleront plus jamais. Marcheur, il n’y pas de chemin, seulement des sillages sur la mer.

    Quand le chardonneret ne peut plus chanter, quand le poète est devenu un pèlerin, quand il ne nous sert à rien de prier : marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant.
    A chaque coup et à chaque vers »

    De quoi relativiser un peu la déprime qui est le pendant de l’illusion de toute puissance et d’immortalité que donne la technologie.
    Le plus gratifiant, en médecine, c’est le temps de l’échange, (encore faut-il le prendre et s’y abandonner le plus possible) où nous traçons notre sillage sur la mer.

  • audreyide :

    cette note résonne particulièrement pour moi aujourd’hui … je mets en pratique mes connaissances en soins palliatifs qui me semblent terriblement dérisoires là maintenant tout de suite …
    dans quelques jours/semaines (je ne compte plus en mois), la famille me remerciera pourtant même si je ne suis pas satisfaite de nos soins.
    Ca fait bientôt 10 ans que je suis infirmière à domicile et décidément, je ne m’y fait pas. Merci en tout cas de me faire réfléchir à ma pratique grace à tes articles.

  • Viobi :

    Je retiens la phrase de John Snow, elle est très juste.
    Assez d’accord avec CMT (y compris sur Machado). Pourquoi donc cette obsession du terme inéluctable des choses, tantôt désiré, tantôt détesté? Le fait que nous finissions tous en engrais enlèverait-il donc quoi que ce soit à la valeur de ce que nous faisons avant? Sauf à être bâtisseur de pyramides, l’architecte aussi sait que son œuvre finira en ruines, même si cela prend des siècles…

    Et moi, pauvre traductrice-éditrice, quand j’ai fini de bosser sur un bouquin et qu’il n’y a « plus qu’à » le vendre de notre mieux, en espérant que ça marche, vous croyez vraiment que j’ai « clos un dossier et gagné la partie »? Même en faisant abstraction du travail que demandent la promotion, la vente, la distribution, en supposant que le livre connaisse un succès prodigieux (ça finira bien par arriver! ;)), qu’est-ce que ça changerait, in fine? Les lecteurs dont notre bouquin génial aura changé la vie finiront bien par casser leur pipe, et leurs enfants, à qui ils auront peut-être transmis quelques idées piochées dans le bouquin en question, passeront eux aussi l’arme à gauche… Il y en a combien, des éditeurs qui peuvent se vanter d’avoir publié un bouquin qui a changé le monde pour des siècles? Pire, combien, parmi ceux-là, qui, de leur vivant, ont pu avoir ne serait-ce que l’intuition de l’importance de leur travail?

    Alors, toubib, Sisyphéen ou pas, on se remet au boulot, et on ne se laisse pas aller à la mélancolie: le spleen, c’est bon pour les poètes. Je n’ai rien contre les poètes, bien au contraire (cf. supra) mais on a du concret sur la planche, nous autres les pas-tout-à-fait-albatros, pigeons des villes et passereaux des champs. N’oubliez pas que si ça se trouve, dans votre salle d’attente se trouve un quidam que vous allez remettre sur pied, pas à tout jamais bien sûr, mais au moins pour le temps nécessaire pour qu’il écrive le livre du siècle…

  • Anna :

    Voilà le passage de « Monsieur Malaussène », de Pennac, dont je parlais plus haut. C’est un médecin qui prend la parole.

    « Nous sommes tous un peu cinglés, dans la profession. Soit que la douleur nous attire, soit qu’elle nous révolte. Dans les deux cas, nous finissons par préférer la maladie à nos malades, c’est notre forme de folie… avec Berthold comme point culminant. Dans le duel permanent que se livrent l’investigation clinique et l’émotion humaine, la seconde ne peut pas gagner. Elle emporterait le médecin avec son malade. Certains renoncent à soigner par excès de compassion… J’en ai vu. Postel-Wagner s’est reconverti dans la médico-légale. Il affirme que c’est le meilleur observatoire pour veiller sur les vivants. J’en connais aussi qui spéculent sur la douleur en connaissance de cause ; ceux-là deviennent de gros contribuables. Mais, pour la plupart, nous faisons ce que nous pouvons, nous craquons, nous remontons la pente, nous craquons de nouveau, et nous vieillissons. Nous ne sommes pas très sympathiques. Nous perdons notre gaieté factice de carabin. Pas par compassion. Par épuisement… La maladie, c’est le rocher de Sisyphe. Seulement, on ne peut pas imaginer Sisyphe heureux contre une sclérose en plaques. »

  • Borée :

    Mille mercis pour ces commentaires éclairants et enrichissants.

    Si la qualité d’un blog se mesure à celle de ses commentateurs, je suis comblé. Vous m’honorez.

  • Barbara :

    Ou alors… plutôt que de considérer que le sommet de la montagne restera fatalement inaccessible, il vaudrait mieux se dire qu’on ne peut y accéder que lorsque nous sommes « de l’autre côté » 🙂 Et que votre rôle est d’y guider vos patients…
    Je lis votre blog depuis plusieurs jours (d’où mon commentaire sous ce texte qui a plus d’un an ! ) C’est très enrichissant, passionnant, merci de nous faire partager votre quotidien et surtout continuez ainsi !

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