A l’anglaise

Ça y est, je l’ai fait !

J’avais découvert en lisant « Le Choeur des Femmes » qu’il était possible de faire la plupart des gestes gynécologiques dans la « posture anglaise ». C’est-à-dire avec la femme allongée sur le côté (en décubitus latéral, pour les médecins et les recherches google).

Ça m’avait paru plutôt intéressant parce que, a priori, moins humiliant que la traditionnelle position gynécologique avec le médecin campé entre les cuisses de sa patiente.

Premier essai aujourd’hui donc. Pour un frottis.

Franchement, c’était moins confortable pour moi. Il faut se tordre un peu le cou.

La patiente, elle, était plutôt contente. Pour le coup, elle a été une patiente patiente et s’est gentiment moqué de moi et de mes hésitations (ben oui, l’anatomie féminine, moi je n’en ai que des notions… gynécologiques… ). Comme on se connaissait bien, ça allait.

A reproposer à l’avenir.

Merci donc à Martin Winckler pour avoir écrit « Le Choeur des Femmes » et pour avoir pris le temps de répondre à mes questions de débutant.

Et merci à ma patiente qui a bien voulu être mon cobaye pour cette première fois.

Je me rends compte que ce blog prend une tournure bien gynécologique… Va falloir que je trouve à parler des hommes aussi mais, désolé, je n’ai pas eu de journée de la quéquette récemment, moi !


15 commentaires à “A l’anglaise”

  • docteursachs :

    Chacun sa spécialité!
    😉

  • anne :

    J’ai aussi lu et adoré le Choeur des femmes. J’ai continué à y apprendre le respect dont les médecins et les gynécologues en particulier pouvaient faire preuve à l’égard des femmes. Et il y a encore des marges de progression assez conséquentes!
    Si seulement à chaque fois que j’allais chez le médecin, il pouvait m’examiner sur le côté, lui aussi!
    Merci en tous cas pour cette patiente, elle en a de la chance d’avoir un médecin qui se remet en cause et veut apprendre de nouvelles choses!

  • anne :

    Je précise que j’ai écrit « j’ai continué à y apprendre… » car j’ai lu tous les ouvrages de Martin Winckler, et c’est vraiment depuis que j’ai lu ce qu’il a écrit que je m’interroge, que je m’informe, et que je refuse de me soumettre systématiquement au pouvoir médical.

  • Gélule :

    aaaah ben figure-toi que j’y ai souvent pensé depuis que j’ai lu le bouquin, mais j’ai jamais osé sauter le pas…
    Bravo à toi, et quant à moi je n’ai plus qu’à me lancer!

  • Le petit poison rouge :

    Bonjour !

    Je suis arrivée ici via le blog de Zelda, et je me rends compte que je suis en train de dévorer ce blog … J’ai eu quelques craintes quand vous avez abordé l’homéopathie et les huiles essentielles, qui ne sont pas que du folklore à mon avis.Et les vaccins, aussi. Mais je dois reconnaître que vos arguments me semblent étayés, et que si j’avais rencontré plus de médecins qui expliquent les choses comme vous, je serai sûrement bien moins méfiante.
    En particulier vis-à-vis des gynécologues, car j’en ai rencontré certains pour qui le respect, l’intimité et l’intrusivité d’un soin étaient des mots inconnus au bataillon.

    On la connaît presque toutes, la fameuse phrase « Les autres l’ont fait, alors vous y arriverez/survivrez ». Ouaiiiiis, c’est ça, Docteur La-tradition-c’est-tout-bon, et si JE VEUX PAS ? Vous allez m’expliquer pourquoi « il faut » (un examen sans lubrifiant par exemple) ou me sermonner parce que vous n’avez rien à faire de me faire mal ?

    En tout cas, merci de continuer à apprendre, et de tenter le difficile exercice du funambule entre santé publique, responsabilité et respect du patient.

    Si un jour vous avez envie de traiter du sujet de l’accouchement et/ou des soins apportés à la naissance d’un enfant, je serai une lectrice comblée d’être (enfin) informée, et pleine de gratitude 😉

    (Ps : je me pose beaucoup de questions à ces sujets car je voudrais que mon mari et moi ayons accordé nos violons AVANT de faire un bébé, histoire d’avoir le temps de réfléchir, de ne pas avoir de date-butoir (la 36e semaine :P).Il se pourrait qu’une sage-femme compétente réponde très bien à nos questions… Comme je n’attends pas de bébé, je n’ai cependant aucun contact avec une sage-femme. D’où ma proposition, je ne me tourne pas vers vous « dans le dos » d’un(e) confrère …

    • Borée :

      Merci beaucoup de votre commentaire.
      Pour l’accouchement, mieux vaut voir avec Dix Lunes qui est beaucoup plus qualifiée que moi !

      Quant à l’accueil de l’enfant, je vous inviterais volontiers à lire le dernier billet de Jaddo dans lequel je me retrouve très bien (ce qui n’est pas le cas de tous les commentaires : je ne suis pas sûr qu’une radicalité doive nécessairement répondre à une autre radicalité).

      En fait, je suis assez « amusé » (n’y voyez aucune malice) de votre questionnement. Le déroulé d’une grossesse, et plus encore l’arrivée d’un enfant, je dirais volontiers que c’est, par définition, imprévisible et non programmable.
      Je me contenterais donc de vous dire ce que je dis à la plupart des jeunes parents pour peu qu’il n’y ait pas de gros problème socio-intello-médico-psychologico-psychiatrique :
      « Vous entendrez tout un tas de conseils souvent aussi impératifs que contradictoires. Ecoutez-les, inspirez-vous en, c’est quand même bon à prendre et il faut quelques points de repère mais, ensuite, faites votre choix comme vous le sentez et ne vous sentez contraints par aucun de ces conseils. Y compris les miens. De l’amour et du bon sens et vous serez sûrs de ne faire aucune grosse connerie. »

  • Gini :

    Moi aussi j’ai dévoré ce roman, comme tous les ouvrages et autres écrits de Martin Winckler… et je crois même qu’il m’a permis d’aborder la gynécologie avec beaucoup plus de finesse!

    Je n’ai pas encore tenté cette position d’examen, mais je crains juste que la table d’examen classique soit un peu juste en largeur, tu n’as pas eu de difficulté?

    Je vais peut être me lancer, et pour cela peut être attendre la « bonne » patiente qui saura comprendre me laisser apprendre!!

    TO BE CONTINUED… 🙂

    • Borée :

      Merci pour les commentaires et encouragements.

      J’ai une table d’examen de 80 cm de large (ça existe !) très confortable pour les patients et très pratique pour travailler (soins, pansements, sutures, …), donc pas de problème de ce point de vue là.

      Par contre, concernant la position « à l’anglaise », depuis la rédaction de ce billet, j’ai réessayé 3 ou 4 autres fois. Je l’ai décidément trouvée vraiment inconfortable pour moi. Quant aux patientes, elles n’ont pas trouvé ça forcément génial mais peut-être était-ce lié au fait que je n’étais moi-même pas à l’aise ?

      Bref, je ne sais pas trop si je vais prolonger l’expérience. En revanche, je suis convaincu que pour quelqu’un qui fait vraiment beaucoup de gynécologie, ça vaut la peine de s’habituer à cette option et de laisser le choix aux patientes.

      Sur le fond, le principal argument de cette position est d’éviter la situation classique et symboliquement assez humiliante du « médecin entre les cuisses de la patiente ». Au final, je me dis c’est peut-être plus une question d’état d’esprit et d’attitude que de position d’examen.

  • Fabinou :

    Proposition hybride :
    Pour un spéculum ( et oui moi aussi je préfère le plastique transparent avec des petites couleurs sympa pour la taille, plutôt que la pelle à tarte en inox avec le cliquetis et le froid qui va avec) : en position non-anglaise, car on est sur son tabouret ( et donc assis et moins en position de toute puissance)
    Pour un TV : un petit pas en rotation vers ton côté non dominant, un petit geste élégant de ta main dominante par dessus le pli inguinal de la patiente, un petit  » pardon » poli au moment du TV, sans oublier un air inspiré en regardant le mur (nota : éviter de s’accouder sur le genou de la patiente en enlevant ses gants,cela va de soi)
    Un peu d’humour décontracte le releveur !

  • Gromitflash :

    C’est vachement sympa que tu t’y mettes, pour l’instant je n’ai pas croisé en stage de gynéco qui osent examiner des patientes à l’anglaise …

    Ma seule expérience se résume à huit ou dix accouchement « à l’anglaise » que je trouve beaucoup plus cool que des accouchements en position gynécologique.
    Même si ce sont les anglais qui ont inventé la position gynécologique utilisée en France et qui l’utilisent encore de nos jours.
    Le nom reste trompeur.

  • Docmam :

    Après avoir lu le livre j’ai réfléchis à cette position aussi… jamais tenté parce qu’en tant que femme et parfois patiente, je crois que je serais encore moins à l’aise sur le côté !
    Par contre je suis toujours assise et pas en hauteur, et pour le TV, toujours sur le côté.

  • marj :

    Bonjour Mister Borée,

    En tant que patiente et étudiante sage-femme la position à l’anglaise dans le suivie gynéco m’intéresse vivement à tel point que je souhaiterais en faire mon sujet de mémoire. Cependant je ne trouve de publication sur le décubitus latéral qu’en tant que position d’accouchement et rien sur son application en gynécologie ? Comment cela se fait il ?

    C’est vrai, votre blog est ce que j’ai trouvé de plus instructif (et de drôle) sur ce sujet ? Bizarre ?

    • Borée :

      J’ai eu exactement le même problème après avoir lu le Choeur des Femmes. Les seules infos trouvées concernaient l’obstétrique.

      C’est une des raisons pour lesquelles j’ai publié ce billet.

      A noter que, même si Martin Winckler l’a intitulée « position à l’anglaise », ce n’est pas non plus une habitude extrêmement répandue Outre-Manche. J’ai de nombreux patients anglais et beaucoup d’entre eux ne connaissent pas davantage cette position que les Français.

      Bon courage pour votre mémoire !

  • marj :

    C’est vrai ? vous n’aviez rien trouvé ? Et votre ami gynécologue non plus ? Mais alors, vous vous lancez tous en autodidacte ? et suite à la lecture du livre Le Chœur des femmes, c’est bien ça ?
    Il ne me reste plus qu’à contacter l’auteur.

    Merci beaucoup de m’avoir aussi rapidement répondu.

  • Émilie :

    Quel grand plaisir de savoir que vous aussi avez lu ce livre et avez tenté de vous en inspirer dans votre pratique. Je ne peut qu’espérer que vous serez de plus en plus nombreux…

    Emilie, patiente et impatiente que cette pratique du « tord-cou » du médecin et non « écarte-cuisses » de ces dames se pérennise 🙂

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