Blog participatif : « le bilan général »

Les mésaventures de Gilles, m’ont décidé à faire ce billet auquel je pensais depuis un moment.

Régulièrement, des patients me demandent un « bilan complet ».

Je leur réponds habituellement qu’un « bilan complet », ça n’existe pas. Que, même si on leur pompait leurs 5 litres de sang, je ne suis pas sûr qu’on puisse faire tous les tests possibles. Que les prises de sang, contrairement aux entrailles de poulet, ça ne permet pas de forcément tout voir et deviner. Et que, en plus d’être assez inutile, ça peut même être dangereux.

Cependant, comme tous les médecins de France (enfin… je pense), je prescris régulièrement des « bilans de base » à des patients en bonne santé.

Je me suis demandé s’il existait des recommandations à ce sujet. Je n’en ai pas trouvé de sérieuses et argumentées. Ni en français, ni en anglais.

Si quelqu’un en connaît, je suis preneur.

C’est quand même un peu gênant pour quelque chose que l’on fait si couramment et qui doit quand même, au final, coûter quelques sous.

Je me suis donc décidé à tenter cette expérience de blog participatif : le présent billet sera finalement écrit grâce à la participation de tous les lecteurs. Qui le voudront bien.

Voici la question :

Vous avez devant vous un patient (homme ou femme) de 30 à 70 ans qui vient pour un rhume banal. Il n’a aucun problème de santé particulier, aucun antécédent particulier, ne prend aucun traitement habituel.

Il n’a pas eu de bilan sanguin depuis au moins dix ans.

Lui prescrivez-vous un bilan sanguin « de routine » ?

Si oui, quelle fréquence vous semble justifiée ?

Que prévoyez-vous dans ce bilan ?

***

Pour la question de la fréquence, vous pouvez utiliser les sondages ci-dessous.

J’ai distingué deux tranches d’âge, imaginant que les résultats pourraient différer.

Quelle fréquence pour un "bilan général" entre 30 et 50 ans ?

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Quelle fréquence pour un "bilan général" entre 50 et 70 ans ?

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***

Pour le contenu du bilan, la question est ouverte mais merci d’argumenter vos propositions.

Si vous pensez qu’il convient de distinguer en fonction du sexe ou de l’âge (dans la tranche d’âge proposée), là aussi, merci d’argumenter.

***

Voici ma proposition de bilan :

Ce que je fais, et je pense qu’il faut le faire :

Créatinine – Glycémie à jeun – Lipides

Arguments :

– les dyslipidémies et le diabète sont des pathologies/anomalies qui restent longtemps silencieuses, pour lesquels on dispose de traitements efficaces. Il me semble dangereux d’attendre d’en arriver aux complications cliniquement parlantes.

– l’insuffisance rénale n’est symptomatique qu’à un stade très avancé. De plus, il est nécessaire d’avoir une idée de la fonction rénale de base du patient pour le cas où l’on serait amené à lui prescrire un traitement potentiellement néphrotoxique.

Ce que je fais, je pense qu’il faut le faire mais je ne suis pas sûr à 100% :

TGO, TGP et GGT – NFS

– Je me dis qu’il est probablement utile de doser les enzymes hépatiques pour ne pas méconnaître une hépatopathie chronique. Mais je ne suis pas très sûr de la « rentabilité » de ces dosages. Pas très sûr non plus de l’intérêt de doser TGO et TGP ou GGT et pas les PAL.

– Pour la NFS : recherche d’anémie, de macrocytose, d’hémopathie ? Là non plus, je ne suis pas très sûr de la « rentabilité ».

Ce que je fais, mais je suis en train de l’abandonner petit à petit :

CRP

Je la faisais faire traditionnellement mais je me demande vraiment si ce n’est pas un pur « grigri » et je suis en train de lutter avec moi-même pour laisser tomber progressivement.

Ce que je ne fais pas :

Tout le reste

***

Et vous ?

P.S. Merci à G. pour la photo


56 commentaires à “Blog participatif : « le bilan général »”

  • Dr Stephane :

    NFS
    Creatinémie
    Na
    K
    ASAT ALAT
    Glycémie à jeun
    Exploration d’une anomalie lipidique.

    Je n’hésite pas à rajouter une TSH suivant l’impression clinique (et j’ai souvent des surprises !) et des GGT (que je ne fais pas systématiquement)
    Je ne suis pas certain non plus de la rentabilité de tout ça, mais cela permet de ne pas passer à côté des pathologies les plus évidentes, à priori

  • SoleilDeMarseille :

    Idem Dr Stéphane. Les GGT je les demande si orientation ( OH ou iatrogénie ) je suis plus PAL.La TSH très souvent aussi. Vit D si aucun ttt substitutif.
    La CRP que dans un soucis infectieux, sinon jamais.
    Du coup, j’en profite aussi de ma « petite question » : sur les demandes d’ECBU, je rajoute quasi toujours « recherche de mycoplasme » parce que sinon le labo ne les cherche pas (et pourquoi d’ailleurs, est-ce qu’il ne le cherche pas??? ) et les patients (notamment femmes enceintes ) ne sont pas traités. Et vous ?

  • pasiphaé :

    (juste externe)

    moi je ne ferai pas forcément une CRP, parce que si elle est augmentée on sait pas trop quoi en faire apres…
    peut etre une VS pour les plus agés…

  • Dr Emman67 :

    Ce que je fais: (pour les mêmes raisons)
    NFS
    VS (encore sur l’ordonnance mais à abandonner car pas très rentable)
    Glycémie à jeun
    Créatinine + clairance
    TGO/TGP (plus de GGT: que faire si augmentées et transa N)
    Bilan lipidique
    PSA total à partir 50 ans

  • Muganga :

    Concernant la fréquence, il me semble qu’elle doit être fortement personnalisée, selon le patient :
    – Ses facteurs de risque cardio-vasculaires (Le patient n’a pas d’antécédent, mais quid de son alimentation, de son activité physique, de son poids, du tabagisme, d’une contraception orale s’il s’agit d’une femme, etc…)
    – Son âge (pourquoi une limite à 50 ans et non 55 ans 😉 ?)
    – Son sexe : probablement qu’une femme aura moins besoin de bilan lipidique à 50 ans qu’un homme, sauf CO, etc…
    – Ses craintes et demandes, ses représentations, sa famille, son vécu, etc… : parfois temporiser un bilan inutile peut rassurer si c’est bien expliqué, parfois au contraire le faire permet de lever une crainte (double tranchant)
    – Le temps de consultation disponible : un bilan non expliqué risque d’engendrer un stress lors du résultat, en particulier si modifications minimes mais « hors-norme ». C’est aussi l’occasion d’aborder le mode de vie, la santé d’un point de vue globale, la prévention, etc…
    – La fréquence à laquelle on voit le patient et les motifs de consultation : quelqu’un qui vient une fois tous les cinq ans, peut-être est-ce le bon moment…(ou pas !)
    – Si on est son médecin traitant (évident, mais parfois….)
    – Etc (liste loin d’être exhaustive !)

    Pour le contenu, j’ajoute assez facilement la vitamine D (dépendant du sexe, de la couleur de la peau, de l’exposition solaire, des vêtements couvrants, de l’âge, etc…), la TSH (uniquement si symptôme, mais assez facilement). Je parle aux hommes du dépistage par PSA (pour les femmes FCU+/-mammo), sans le mettre systématiquement, et leur propose parfois, selon âge, risque, etc…un dépistage clinique lors du rendu des résultats. Enfin, une sérologie VIH, une fois si aucune notion d’exposition, plus fréquemment si exposition à un risque, selon le risque. Occasion également d’aborder la question de la sexualité, et parfois de se retrouver avec des consultations à rallonge (puisque vous m’en parlez, Dr, j’osais pas trop vous dire que…)

    Désolé pour le roman, mais je ne fais qu’effleurer le sujet, les choses étant tellement dépendante du contexte (d’où l’intérêt de connaître le patient !)…et insérés dans une prise en charge plus globale (prévention, pédagogie, etc…)
    Le bilan systématique…ni systématique, ni système à TICs ! (Tiroirs Irréfléchis mais Classants… 😉

  • adeline :

    Bonjour,

    alors, de ma faible expérience en tant que remplaçante, voici ce que je prescrit quand on me demande un examen de « routine »

    NFS PQ
    CRP (mais en effet,on peut se poser la question)
    créatininémie avec calcul clairance
    TGO TGP GGT
    glycémie à jeun
    exploration d’une anomalie lipidique

    et assez souvent, je rajoute TSH
    calcium, vit D facilement chez les personnes âgées

    Pour répondre au commentaire de SoleilDeMarseille, je ne rajoute pas recherche de mycoplasme (entends-tu mycoplasme seuls (ureaplasma et mycoplasme) ou chlamydiae?), car il me semblait que, si patiente asymptomatique, on ne traitait pas systématiquement ces germes, leur pathogénie étant discutée. Je ne parle pas du chlamydiae bien sûr.
    Enfin, si jamais tu as des infos supplémentaires, je suis preneuse!

  • Docteur V :

    Bonjour,
    J’explique aux patients qu’en dehors du cholestérol et du diabète, le « bilan » c’est pour que j’ai leurs « constantes ». Pour pouvoir être alerté en cas de variation anormale. Quelqu’un qui à 14,5 g d’Hb est normal, quelqu’un qui à 12,5 g aussi, mais quelqu’un de fatigué qui passe de 14,5 à 12, c’est pas normal.
    Donc mon « bilan » (adulte entre 20 et 75 ans )
    FNS VS Créatininémie glycémie Cholestérol(s) gammaGT TGO TGP
    Recherche hématurie, protéinurie
    L’hématurie « systématique » m’a permis de corriger des diagnostics de colites en coliques néphrétiques.

  • Jaddo :

    Alors… Tain je sens que je vais être longue aussi.

    Quand on me demande un check-up :
    – je dis tout pareil que toi
    – je dis qu’on va essayer de voir ensemble ce qu’il lui faut comme bilan *à lui*, et que si ça se trouve ça sera « rien »
    – je demande s’il s’inquiète de quelque chose en particulier (la question est souvent rentable…)

    Je réponds pas à ton sondage pour les jeunes, parce que y a pas ma réponse : « une fois et c’est tout ».
    Je réponds pas à ton sondage pour les vieux, parce que y a pas ma réponse : dépend du « profil ». En pleine forme ou un peu gros/sédentaire, demandeur ou pas, inquiet ou pas… Grosso modo tous les 1 à 2 ans. Sans atcd, même si le patient insiste, je refuse en dessous de 1 an.

    Pour les jeunes :
    – EAL uniquement si notion d’hypercholes familial (et pas « mon grand père a eu du cholestérol à 70ans)
    – sérologie Hep B si statut vaccinal inconnu
    – sérologie VIH si risque (et soudain, je me rends compte que je n’en propose jamais aux « vieux » comme si on arrêtait de baiser à 50 ans… Mmm…)
    – NFS facile (pas toujours, mais (trop ?) souvent. Je demande précisément si il y a des atcd d’anémie (jamais cités spontanément). Si je bilante pour autre chose, j’ai tendance à la mettre… Par exemple aussi si patiente venue plusieurs fois pour de la bobologie, de la fatigue, des « vertiges » etc. ) S’il n’y a vraiment QUE la Num à retenir, je ne fais pas piquer rien que pour ça, je me dis qu’il y aura forcément une occasion où la faire en même temps qu’autre chose.
    – femmes nullipares avec projets bébés à moyen terme : sérologie toxo (pour être tranquilles et ne pas avoir un « à recontrôler dans 3semaines » lors du premier bilan de grossesse), sérologie rubéole (pour vacciner si jamais)
    Et je leur dis bien de garder les résultats à vie pour ne pas le refaire inutilement.
    – glycémie si plusieurs antécédents familiaux (et pas « mon grand père a eu un peu de diabète à 70 ans »)
    – TSH facile (si atcd familiaux et nombreuses consultations « floues » fatigue vertige bobo, un peu grosse un peu triste, etc)

    Chez les « vieux »
    – NFS
    – VS (ouais, pareil, j’ai toujours un peu un doute en la mettant mais je continue. Je me dis que ça peut être un point d’appel par exe pour un cancer, mais dans la pratique j’ai eu plus souvent des inquiétudes / examens inutiles que quelque chose de concret…)
    – Iono (je sais pas pourquoi… Parce que « NFS chimie iono !! » ??)
    – ASAT ALAT pas toujours, en fonction du terrain
    – Créat et CEC toujours, pour les mêmes raisons que toi
    – Chol total ou EAL d’emblée, selon le profil du patient
    – Gly à jeûn toujours (pour les mêmes raisons que toi)
    – TSH facile comme pour les jeunes (mais une seule fois, si jamais faite avant)
    – vit D : jamais. Quand les patientes la demande, je leur colle une ampoule d’uvedose sans doser, et tout le monde est content.
    – PSA : tu connais mon point de vue. La plupart du temps, j’explique un peu pourquoi non, je donne les liens internet, et je dis « reparlons-en la prochaine fois, si malgré tout vous le voulez vraiment ». Ca ne m’est encore jamais arrivé qu’on maintienne la demande.

    Pour soleil : je ne demande les chlam que si j’ai un point d’appel clinique.

  • Jaddo :

    Docteur V : ah merde, moi je peste sur la médecine du travail et ses BU systématiques, avec plein de patients inquiétés pour rien pour une hématurie de sexe / sport / pas de bol / rien du tout.
    T’es pas souvent emmerdé ? Si positive, tu fais quoi ?

  • Owrel :

    Tout d’abord, tes posts sont toujours plaisants à lire.
    Ensuite, voilà ma réponse:
    NFS
    Na K
    Creatinine + Clairance
    TSH
    Glycémie EAL
    +/-
    Transaminases
    CRP (que si doute infectieux)
    Et pis c’est tout!!!
    Bisous (#Jaddo)

  • Une biologiste de passage :

    Le point de vue (modeste) d’une biologiste, ça vous intéresse?!

    D’abord, un bilan tous les 5 ans chez le patient sans problème particulier n’est-il pas proposé par la sécu gratuitement? Il me semble en tout cas.

    Pour répondre à la question sur les mycoplasmes/chlamydiae : ils ne sont pas recherchés systématiquement dans les ECBU, non pas par fainéantise, mais parce que ce ne sont pas des bactéries qui se cultivent comme de vulgaires Escherichia coli!
    Et on ne va pas faire de la biologie moléculaire (PCR) sur tous les ECBU!!

    Au sujet de la vitamine D, je constate dans ma pratique quotidienne que tout le monde est carencé avec les valeurs de référence proposées. Je ne vois donc pas trop son intérêt.

    Pour la NFS, inutile de préciser plaquettes : aucun labo ne vous rendra la numération sans les plaquettes.

    Sinon, je trouve assez judicieux de proposer une sérologie toxo et rubéole chez les jeunes femmes. C’est assez pénible en effet de se retrouver avec des sérologies difficiles à interpréter au 3ème mois de grossesse.

    La sérologie VIH me semble aussi importante à proposer.

    Voilà pour mon point de vue, sinon, je trouve ce débat très intéressant!

  • Docdom :

    Bonjour,
    Si examen normal et absence de facteurs de risque :
    – Glycémie
    – TG, Chol total et profil lipidique

    C’est tout
    Si le patient demande une numération « pour voir », j’explique qu’elle peut être normale demain et anormale dans 7 jours, ça n’a aucun intérêt s’il n’y a aucun symptôme.
    Pour la demande de bilan complet, j’explique que je peux en mettre 50 pages…

  • Jaddo :

    @Une biologiste de passage :
    Je sais pas pour Dr Borée, mais moi ça m’intéresse, oui !
    Merci de cet éclairage depuis l’autre côté de la seringue.

    Je partage exactement votre avis pour la vitamine D : une « norme », si 99% de la population est en dessous, c’est que ce n’est pas une norme. Le seul intérêt que je vois, c’est que comme ça on peut prescrire de la vitamine D à tout le monde, bravo pour le coup de marketing, c’est très réussi.

    Je précise toujours « plaquettes » parce qu’on m’avait dit que non, les labos ne le feraient pas sinon, j’avais trouvé ça complètement crétin mais je m’étais résignée.
    Merci beaucoup, ça m’économisera plein de lettres sur les prochaines ordonnances.

    Pour l’ECBU, il me semble par ailleurs que le PCR chlamydiae se fait sur premier jet, non ? Alors que pas l’ECBU ?

    @ Docteur V : super d’accord avec toi aussi pour le coup de la « constante ». C’est exactement pour ces raisons que je m’efforce de toujours écrire dans mes dossiers l’Hb exacte, au lieu de « Hb normale ».

  • christiane :

    en plus du bilan graisses globules sucre rein foie
    ferritinemie (des femmes et des pauvres)
    vitamine D (pour quantifier le traitement)
    CRP ( qui m a permis de traquer qqs cancers silencieux, rein par exemple récemment avec un retour à la normale après traitement)
    je ne fais pas Na K PSa sauf si on ne donne une bonne raison, et ce n’est déjà plus un bilan systématique

  • PM :

    Comment expliquez -vous cet engouement subit pour le dosage de la Vit D qui revient quasiment à toutes les sauces pourvu qu’on ait 50 ans passés avec de l’UVEDOSE à gogo derrière vu qu’effectivement 90% de la population cible est ou carencé ou « insuffisant »Je n’ai trouvé aucun écrit probant sur la validité d’une telle attitude. et vous?

    ma prescription n’est pas univoque et fonction du patient facteur de de risque, mode de vie, antécédents familiaux…
    en fond
    NF
    glycémie
    créatinine et clairance
    EAL
    ferritine assez facile
    de mois en moins de VS d’interprétation difficile( après il faut ramer pour rassurer et résister à toute exploration complémentaire)

    PSA si et seulement si on a bien compris où on mettait les pieds

  • Dr Steph :

    Bonsoir
    la demande me fait toujours sourire… quelques explications comme vous tous… et un bilan pas franchement original …
    NFS, Na, K, créat (clairance), Glyc à jeun, EAL (ou CT +TG selon FDR), Transa
    TSH-US (de plus en plus systématique)
    pas de CRP ni VS (sauf cas particulier… mai son sort du systématique)
    pas de bilan urinaire
    je devrais rajouter les sérologies rub, toxo, hep B et C, VIH
    PSA à la demande

    content de vous lire : je me le prescris régulièrement !

  • Fabinou :

    Idem Jaddo sauf VS (paradigme du doigt dans le nez : quand tu trouves une crotte de nez de la taille d’un syndrome inflammatoire biologique chronique, tu ne demandes pas ce que ça cache, mais bien pourquoi tu as pu noter une VS sur l’ordonnance (je sais c’est c’est pas cher et ça peut rapporter gros … surtout de gros ennui type recherche d’un cancer sans symptôme)

    PS : pour la Vit D : il faut changer les normes, c’est tout !

  • Muganga :

    Pour la vitamine D, c’est encore un autre débat (ouf, personne n’a lancé celui des PSA, tout le monde a l’air d’accord pour marcher sur des œufs…). Les vraies questions sont : Quel est le seuil d’intervention hygiéno-diététique (correction des apports), quel est le seuil d’intervention thérapeutique (supplémentation), etc… et moi, perso, je préfère le cholécalciférol au Risédronate ;-). La fréquence des carences interroge effectivement, sur l’alimentation, sur le mode de vie, sur l’ensoleillement et le port de vêtements couvrants, mais aussi (je vous l’accorde bien volontiers) sur le seuil pathologique.
    Pas le même pour tout le monde, qu’on vous dit m’sieur, le bilan systématique !

  • M.L. :

    Ok pour tous ces bilans de base avec fromage et dessert si nécessaire

    Avant tout je propose le bilan suivant:
    – interrogatoire: qu’est ce qui les tracasse pour vouloir un bilan de bonne santé ? quelque chose qui ne tourne pas rond en eux, ou bien la voisine a qui on vient de découvrir le cancer ?
    – et puis: slip/soutien gorge + coeur, poumons, abdo, TR, aires ganglionnaires, examen des membres inférieurs
    Pourquoi: des aires ganglionnaires du cou à l’ OMI, on a eu un regard d’ensemble sur tout le patient, et c’est souvent instructif.

    Quand au bilan, il n’est pas seulement bio, et il comprend aussi les incitations aux dépistages de masse, gynéco, sein, peau (a l’examen slip/SG, on voit déja un peu) et bien sur digestif, + selon l’orientation, pex le poumon régulièrement chez les fumeurs.

    Mais, bon, je suis une vieille ringarde, encore fana de la médecine dite clinique. Qui a tendance a se perdre, comme si on lisait la santé du patient dans ses résultats bio ?

  • Mercredi :

    Bonjour,

    Tour d’horizon très intéressant ce post, merci.

    Je fais grosso-modo comme la majorité. Mais je veux juste souligner trois points :
    -La TSH étonnamment « bonne pêche » sans signe franc.
    -La VS, à mon avis (forgé sur la littérature sur le sujet compulsée lors de ma thèse), à éliminer des bilans systématiques si seule, car trop soumise à différents facteurs de variations (en plus ou moins) qui la rendent ininterprétable. Lui préférer une CRP, un peu moins influencée par le cours de la courgette, au mieux une association de différentes protéines de l’inflammation (mais là on n’est probablement plus dans le bilan « de base »).
    -L’âge n’est pas un déterminant suffisant pour le choix du bilan. Comme cela a été dit, d’autres éléments contextuels sont à prendre en compte.

    Petite question (non résolue pour ma part) : place de la ferritine, éventuellement du fer sérique ?

  • Docteur V :

    Pour les urines : c’est pas cher et ça rapporte parfois gros. Tu t’aperçois en le faisant que certaines personnes ont du sang dans les urines de façon régulière sans « motif ». Une écho au départ pour dédouaner le cochonome et c’est tout.
    Avec vingt ans d’expérience, ma vision est différente de la votre, jeunes padawans, j’ai vu certaines personnes plus de 300 fois. Connaître leurs particularités biologiques est pour moi essentiel quand ils arrivent avec des symptomatologies bâtardes. Si tu vois quelqu’un avec des signes qui pourraient être urinaires et qui a une hématurie alors qu’il n’en avait jamais eu, ce n’est pareil. Ça t’aide. Ce n’est pas fondamental, mais ça t’aide.
    J’ai au moins l’exemple de 3 personnes qui étaient étiquettés « colon irritable » et qui faisaient donc des coloscopies régulièrement (c’est inévitable dans ce cas) et qui en fait, faisant des coliques néphrétiques. Du coup, ils vont mieux 😉

  • Gélule :

    Le point de vue d’une petite interne qui n’a qu’un an de cabinet dans les pattes (mais une bonne formation hospitalière où on demande des « bilans complets » tous les 3 jours, ahem) :

    pour la fréquence j’ai dit tous les 5 ans après 50 ans, et jamais avant, bien qu’en fait je sois plutôt de l’avis de Jaddo : une fois et ça suffit sauf problème.

    Pour le contenu :
    – créat, natrémie, kaliémie, glycémie à jeun, bilan lipidique, pour les mêmes raisons que toi (je rajoute un ptit bout de iono en plus de la créat)
    – NFP : j’ai un doute. après 50 ans, ça peut être assez rentable chez les patients âgés (anémie)
    – TSH : pas systématique, surtout chez les femmes si asthénie (et dans ce cas je fais NFP aussi)
    – bilan hépatique : pas systématique, uniquement sur signe d’appel. S’il y a des transas augmentées il y a de bonnes chances qu’on doive s’y attendre cliniquement (médoc, alcool…) quant aux GGT ce n’est spécifique de rien.
    – vitamine D : je ne la demande jamais, ça coûte plein de sous, les trois-quarts du temps elle est dans les chaussettes, et l’ampoule d’Uvedose de fait de mal à personne. (même argumentaire que Jaddo et notre confrère biologiste)
    – VS : uniquement sur signe d’appel
    – CRP : uniquement sur signe d’appel

    Je trouve intéressante l’idée de Jaddo d’en profiter pour proposer un dépistage IST (hépatite B, VIH), tant qu’à piquer…

    Donc mon ordo biologique de base c’est créat / iono / lipides / glycémie. Le reste c’est à la carte suivant le patient.

    Et pour les lipides ça dépend de quand date le dernier : si bilan normal, inutile de refaire plus souvent que tous les 2 ans.

  • Fluorette :

    BOn j’arrive un peu après tout le monde. Et je ne fais rien d’original.

    Avec un patient asymptomatique, je demande assez facilement, mais j’essaie d’espacer entre les bilans parce que ça ne me semble pas nécessaire de piquer à tout va :
    Nfs (parce que les anémies sont fréquentes et que c’est une base si par la suite saignement ou autre)
    Créatinine Na K (pour un éventuel traitement par la suite, savoir la clairance me semble une bonne idée)
    Gly et cholesterols (parce que je trouve dommage d’attendre qu’il y ait des conséquences)

    Après le reste dépend de la clinique :
    VS, CRP, ASAT ALAT GGT pAL, TSH, serologies…

    Je ne dose pas les PSA, sauf sils le veulent vraiment

    Je ne dose plus la Vit D, je mets de l’uvedose quand les gens sont fatigués ou s’exposent peu

    Quand à la fréquence, en l’absence de signe clinique, jusqu’à 40 ans, je dirai d’attendre au moins 5 ans voire plus, après on m’avait dit (mais sur quelles bases?) que tous les 3 ans c’est suffisant

  • Dominique Dupagne :

    Bonjour

    C’est simple : je n’ai aucune règle.
    Parmi les déterminants :
    – Peur de la maladie chez le patient ?
    – Désir vrai ou désir du conjoint ?
    – Age
    – Sexe
    – Antécédents familiaux
    – Mutuelle
    – Temps ou non pour expliquer que c’est le plus souvent inutile
    – Occasion ou non de mettre fin à la consultation pour revoir le patient avec du temps supplémentaire pour creuser son problème
    – Antécédents personnels
    – Antécédents familiaux
    – Tour de taille…
    – Mon humeur du moment

  • Patmet :

    Pas de règles non plus , mais surement la patte trop facile et surtout souvent pas trop le temps d’expliquer pourquoi je refuse … lâcheté sans doute . Par contre je suis très intéressé par la vit D . sans la doser , comment savoir le nombre et le rythme du ttt que tu donnes … c’ est une question que je ( me ) pose . Amicalement YJ

    • Borée :

      Merci à tous de votre participation.

      Pour répondre à certains, évidemment, il ne s’agit pas de cracher des bilans standards en se dispensant de réfléchir et d’examiner nos patients.

      Mais, visiblement, je fais partie de la grande majorité (totalité ?) des médecins qui, au moins une fois de temps en temps, demandent des examens biologiques sans aucun point d’appel clinique ni contextuel.

      Et quand je dis « au moins une fois de temps en temps », l’expérience me fais penser que, pour certains, c’est carrément souvent et plutôt extensif. Et je ne parle que de la médecine de ville, pas de l’hôpital où l’usage des bilans tous azimuths, sans aucune réflexion sur ce qu’on demande et ce qu’on va en faire, et de manière quotidienne, est monnaie courante.

      Bref, pour quelque chose d’aussi banal, j’ai été très étonné de ne trouver aucune étude, aucune recommandation claire et étayée.

      Les différentes réponses me semblent en tout cas confirmer qu’on est bien dans un domaine très empirique, j’aurais envie de dire pifométrique. Or, si l’on veut être un peu rationnels et s’approcher d’une « Evidence Based Medecine » générale, l’expérience personnelle et le « bon sens » ont leur place mais ne peuvent pas suffire.

      Un raisonnement du type « Je dose l’ACE et ça m’a permis de détecter deux cancers du côlon qui n’avaient pas été révélés par l’Hemoccult » ne veut pas dire grand-chose. Quelle est la pertinence clinique ? Dans quelle mesure cela change-t-il le pronostic ? Rend-t-on service à nos patients (cf. l’histoire de Gilles) ? Quel est le coût social d’une telle stratégie ?

      Quel est l’intérêt de « soigner » des troubles biologiques sans traduction clinique ?

      S’il semble y avoir un certain consensus sur certains éléments (glycémie, lipides) et un quasi consensus pour d’autres (NFS, créatinine), d’autres encore méritent d’être discutés.

      Les remarques concernant certaines sérologies (VIH, hépatites B et/ou C, toxo, rubéole) sont très justes.

      Bilan hépatique, TSH, ferritine, fer sérique, calcémie, vitamine D, recherche d’hématurie (d’ailleurs, peut-on demander une cytologie urinaire sans mise en culture ? je ne sais même pas) ou de protéinurie : je tâcherai de faire quelques recherches pour vérifier l’intérêt de ces dosages.

      Par contre, je suis largement d’accord avec beaucoup d’entre vous pour dire que la VS n’a aucun intérêt en dosage de routine tellement elle est variable et source d’emmerdes pour rien.

      Quant au iono, même résumé au Na et K, je suis convaincu que c’est un reliquat de « bilan standard hospitalier ». Autant je les demande facilement chez des patients qui suivent certains traitements, autant il me paraît sans aucun intérêt de les contrôler en routine. Que recherche-t-on en les dosant ??? Des troubles ioniques chez un patient qui ne prend aucun médicament, il me semble que ça ne s’inscrit que dans le cadre de pathologies (rares au demeurant) qui ont forcément des traductions cliniques.

      Petite remarque complémentaire : je n’ai pas expressément précisé « clairance de la créatinine » parce que, depuis 2003, les laboratoires ont l’obligation légale de la calculer pour toute demande de créatinine pour peu qu’on leur indique l’âge et le poids du patient. Il est vrai qu’ils ne le font pourtant pas tous.

      Je conclurai cette première réaction en disant que je suis fier de mes lecteurs ! 😉
      Visiblement, tous ceux qui passent ici semblent assez d’accord sur l’indispensable prudence concernant les PSA.
      Quant à l’acide urique ou aux tests de crase, personne ne les a mentionnés et pourtant, qu’est ce que je les vois souvent passer. Et qu’est-ce que ça m’énerve !

      Enfin, ceux qui se posent des questions sur le coût de tous ces examens, pourront trouver des réponses ici.

  • BIRGE :

    les recommandations permettent de répondre
    EAL 1 fois et si normal, on attend le prochain facteur de risque (source reco dyslipidémies AFSSAPS 2005)
    ET TOUT LE RESTE (sauf facteurs de risque) EST INUTILE, VOIRE DÉLÉTÈRE (anomalie statistique ne signifie pas maladie)
    C’est ce que je fais et c’est accepté par mes patients après explications
    Pour répondre à Borée : aucun consensus sérieux sur créatinine (cf la reco HAS sur le dépistage l’insuffisance rénale SI FACTEURS DE RISQUE), et encore moins sur NF, IONO et autres glycémies (sauf facteurs de risque : reco ANAES 2003 dépistage du diabète)….

    • Borée :

      @ Birge
      Merci beaucoup pour ces précisions.
      Je rajoute dans votre commentaire les liens vers les recos citées.
      Lorsque je parlais de « consensus », je voulais dire « consensus parmi les participants à ce billet ».
      La reco ANAES sur le dosage de la glycémie est tout de même très prudente et appelle, justement, à des études complémentaires.
      Quant à la reco AFSSAPS sur les dyslipidémies, elle est également un peu plus nuancée : « En l’absence d’un changement des habitudes alimentaires ou d’une intervention médicamenteuse spécifique, d’un événement cardiovasculaire ou d’une augmentation du poids, la répétition d’un bilan lipidique plus d’une fois tous les 5 ans n’est pas justifiée. »

      Je crois être très « raisonnable » par rapport à beaucoup de MG français et j’ai pourtant conscience qu’il me faudra faire un vrai travail sur moi-même pour atteindre le degré de « dépouillement » que vous exposez !

  • Une biologiste de passage :

    juste un dernier mot : oui, on peut demander une cytologie urinaire sans mise en culture.

  • docteurdu16 :

    Je n’ai pas de philosophie.
    Cela dépend du patient (qui, je le rappelle, a priori, n’est pas malade).
    Mais quand je vois le manque de rentabilité des bilans systématiques sécu…
    Je me laisse parfois avoir. Et quand je me laisse avoir, j’en mets le moins possible. Bilan d’une altération lipidique, glycémie, uricémie chez un homme, NFS chez une femme en période d’activité génitale spanioménorrhéique éventuellement et africaine très certainement, rien d’exceptionnel.
    Et en fonction de l’histoire familiale et des facteurs de risque déjà présents.
    Question pas facile en tous les cas et, comme on dit dans les débats, merci de me l’avoir posée.

  • Pascal :

    Si le patient demande peu, EAL et Gly. Si cela lui suffit, on gagne du temps.
    Mais j’en profite toujours pour un couplet de type « Votre santé vous intéresse, c’est une bonne nouvelle, alors parlons activité physique, tabac, alcool et alimentation ». Et je propose VIH t hep B.
    Parfois, transa et créat, si impression d’un coup de fatigue qui dure un peu.
    chez les FEADP (femmes en âge de procréer) toxo rubéole pour ne pas être embété plus tard.
    epicetou. pour tous les autres dosages, je me dis que si c’est positif, c’est moi qui vais être ennuyé

  • Jeep :

    Après X années de fréquentation de la Revue Prescrire (entr’ aures) j’ ai limité mes prescriptions de bilan sanguins avec le même raisonnement que celui qui devrait être de base pour toute action à prétention « préventive/ dépistage ».
    – Que savons-nous de l’ évolution naturelle de ce que nous cherchons?
    – Quelle est la fiabilité (sensibilité, spécificité) des examens que je demande pour la maladie concernée
    – In fine, avons-nous des moyens PROUVES EFFICACES d’infléchir le cours du truc, autrement dit en prescrivant tel ou tel examen ai-je des chances de gagner soit quelques années de vie soit un peu de confort/ qualité de vie pour mon patient, plutôt que, a minima, lui générer des angoisses inutiles?
    Eh bien quand on passe à ce filtre-là la plupart des « bilans » prescrit, y compris ceux que la Sécu a l’ inconscience de proposer en « check-up gratuit tous les cinq ans », il ne reste que très , très peu de choses:
    Je rappelle que nous parlons ici d’ un adulte, sans signe clinique d’ appel de quoi que ce soit:
    Homme et femme: TA, poids/ taille
    Homme: Glyc, chol. Triglyc. si moins de 50 ans, + Créat si + de 50 ans
    Tout le reste enfreint non pas les 3 lois d’ Asimov (;-) mais les critères sus-indiqués.
    Et si fumeur rien ne me permettra d’ en faire plus, sauf de lui re-re dire que s ‘il ne s’ arrête pas de fumer, il est mal barré, d’ une façon ou d’ une autre.

    Femme, avant ménopause
    – Cas n° 1: prend la pilule: ben de toute façon il est admis de vérifier Glyc. CHol, TG tous les 3-5 ans (ou plus selon les auteurs) et frottis, bien sûr
    Et examen des jambes/ recherche début varices.
    (la palpation des seins ne coute rien, mais il n’ est pas sûr qu’ elle apporte grand chose…)
    – Cas n° 2: ne prend pas la pilule et
    Glycémie seule (je signale ou rappelle qu’ aucune stratégie de baisse du Chol. n’ a prouvé aucun bénéfice en prévention PRIMAIRE chez la femme, donc quelle serait la logique de le doser, hé?)
    Et , si çà n’ a jamais été fait sérol Rubéole (comme çà on a le temps de l’ immuniser avant une grossesse).

    Femme après la ménopause:
    Glycémie, Créat… frottis… et c’ est tout
    Mammo: Si elle est demandeuse, après explication des limites de ce que nous savons en termes d’ impact sur la durée/ qualité de vie.

    L’ individualisation , les facteurs de risque personnels jouent peu:
    Par ex. , surtout si origine ethnique Bretonne ou Normande, et/ ou si antécédents familiaux, Fer sérique/ CST pour dépistage hémochromatose.

    Selon antécédents mode de vie:
    dépistage HVC, HIV, HBs

    et non , pour les raisons vues plus haut, je ne vois pas l’ intêret de faire NFS, VS, CRP, Transas, GGT, TSH … etc. sur un patient qui, encore une fois, n’ a PAS de signe d’ appel. Aucun de ces examens n’ a une fiabilité ni ne débouche de façon suffisante sur une PEC plus efficace que dangereuse dans ce cas.
    Au plaisir et bon courage ..
    Jeep

  • SoleilDeMarseille :

    Pour l’ECBU,effectivement je cherche mycoplasme et ureaplasma. Je ne parlais pas de PCR urinaire pour chlamydiae. Quand on demande un ECBU c’est quand même si on a un point d’appel. Je reprends l’exemple de la Femme enceinte qui a des CU mais un ECBU « simple » stérile. C’est dommage de ne pas chercher plus loi, de ne pas la traiter et de ne pas diminuer ses CU qui embêtent tout le monde .
    Pour la vit D, je pense que ces histoire d’ensoleillement n’y sont pour rien, les Nordistes et les Sudistes semblent avoir les mêmes taux…

  • SoleilDeMarseille :

    Ah, zut, j’ai oublié: a propos des PSA, on nous a toujours dit (martelé en fait) à la fac que les PSA ne sont pas un outil de dépistage. voilà

  • chantal :

    @Dominique Dupagne: j’aime bien votre « mon humeur du moment ».

    Je m#exprime de l’autre coté de l’ordonnance, celui qui doit « subir » la prise de sang. Je me moque ce que le médécin demande du moment qu’il m’écoute et prend mes bobos aux sérieux. Je sais par expérience qu’une prise de sang normale n’exclue pas une maladie, un bobo. Vu le résultat parfait, pas d’échographie et six mois de douleurs jusqu’à la seconde crise de la vésicule biliaire avec une infection du foie et un risque de péritonite.

    Depuis, la prise de sang n’a à mes yeux qu’une valeur minimale. Elle peut être un indice mais pas une exclusion en cas de douleurs ou de mal-être. L’écoute est plus importante que toute prescription. D’ailleurs pourquoi, les docteurs prennent toujours leur ordonnance à la main? Comme si on (le patient) voulais passer commande de produits ou de soins médicaux. Parfois, je vois la surprise chez le médecin quand je ne veux rien ou refuse un petit truc de ceci ou de cela.

    La seule chose que personnellement j’aime vérifier régulièrement (probablement inutilement) est la glycémie: s’il y a une maladie qui me fait horreur c’est bien le diabète. J’ai vu comment cette maladie rogne, diminue et tue lentement une personne.

    Puis-je me permettre à poser une question à tous ces médecins? Et pour vous-même que ferez-vous comme bilan sanguin? ou de prévention (médecine préventive)?

    @Borée: Passionnant cet échange, voir la différence d’appréciation.

    En Allemagne, on indique dans les 2 à 5 ans pour faire un chek up sans maladie. En fait 5 ans avant 45/50 ans et ensuite dans les 2, 3 ou 5 ans à faire un bilan de son état. L’espace se réduit en cas d’antécédents familiaux pour certaines maladie une fois la quarantaine atteint (tension, diabète par exemple).

    Bonne soirée à tous

  • pr mangemanche :

    Ce qui me semble remarquable en effet, c’est qu’il n’y pas de recommandation sur le contenu de ce bilan  » standard » ( notre groupe de pairs a échoué sur la recherche de référentiel sur ce sujet ), bien qu’il existe une recommandation sur éventuellement un item isolé (EAL par ex).
    Chacun a peur de « rater » une pathologie sur la base de son expérience propre, mais on voit bien que l’expérience d’un seul ne suffit pas argumenter la décision…
    On se félicite en lisant ce que prescrivent les confrères ( on se retrouve grossièrement dans le « troupeau »), mais on est gêné aux entournures : tel ac urique ne m’agrée pas, tel potassium plasmatique non plus.
    Il nous manque la satisfaction intellectuelle d’un comportement basé sur des preuves…

  • Fred49 :

    De 30 à 50 ans, sur la base du pifomêtre, au moins une fois la glycémie et les lipides ainsi que la créat pour avoir une base
    Après 50 ans, chez qq’un sans surpoids, actif physiquement, même bilan tous les 5 ans.
    Après 50 ans, en cas de sédentarité et obésité, j’aurais tendance à faire tous les 3 ans.
    Chez une personne âgée, une NFS « de référence » est peut-être utile.
    En fait, c’est ce que j’aimerais pouvoir faire MAIS il faut compter avec la pression : « ça fait un an que j’ai fait le cholestérol, il serait pas temps … et puis vous me mettrez le PSA » entendu encore récemment.

  • docteur sachs :

    J’arrive un peu après la bagarre, mais j’ai suivi ce débat avec beaucoup d’intérêt.
    Je faisais facilement Na/K avec la créat, et je pense en effet que je ne vais plus le faire en dehors des gens qui reçoivent un traitement qui puisse dérégler ces valeurs. C’est probablement un reste des petites cases si facile à cocher quand on bosse aux urgences ou en hospitalier.

    Je vais essayer de penser plus souvent à vérifier les statuts sérologiques de mes jeunes femmes pas encore enceintes, c’est une bonne idée.

    Je fais facilement (trop?) une TSH chez les femmes de >50 ans, surtout quand il y a prise de poids ou asthénie (chez la majorité donc…).

    Et sinon, j’ai pas réussi à voter, ça fonctionnait pas chez moi…

  • nermalle :

    voici ma prescription: NFS (recherche d’une anemie , d’une anomalie cellulaire), VS (recherche d’un syndrome inflammatoire à explorer mais je nesuis pas convaincu de son interret dans un bilan de routine), gly à jeun, EAL (car les dyslipidemie et diabete sont frequent et non symptomatiques) , transaminases (s’assurer que le foie fonctionne) tous les 5 ans de 30 à 50 ans
    PSA dépistage du cancer de la prostate) pour les hommes de plus de 50ans
    créatinine ( s’assurer de la fonction rénale) après 60 ans
    je propose aussi une serologie VIH

  • Kewan :

    Ouf !

    Les premiers posts m’ont un peu fait peur, registre « mais est-ce que je ne serai pas trop peu inquiet pour mes patients ? » mais les derniers me rassurent un peu, surtout celui de Dominique (« l’humeur du moment, tellement vrai !)
    Je ressemblerai plutôt à Gélule pour le contenu, et à Jaddo pour la fréquence.
    Au passage, Jaddo, merci pour l’idée de la toxo et des sérologies, c’est vrai qu’on y pense quand le problème est là, pas trop si c’est « plus tard ». Il y a des jeunes femmes qui vont s’intéresser aux chats dans mon coin bientôt 😉

  • Jaddo :

    Au femmes pas encore enceintes et pas immunisées, je donne le conseil de santé publique suivant : « Allez jouer dans le bac à sable d’un jardin publique et mangez sans vous laver les mains le reste de la journée ».

    (J’organise aussi des Varicelle Party avec les enfants de mes patientes, mais c’est un autre débat)

  • Viobi :

    La varicelle party, c’est top. Ma fille l’a chopée à 9 mois (« oh ma chérie, regarde Paul, il a des boutons partout, ça doit le rendre triste, tu devrais lui faire un câlin… »). Pour mon fils, si vous avez un varicelleux à prêter pour le weekend, je prends… Je me rappelle une épidémie de varicelle quand j’étais en fac, qui s’était propagée comme une traînée de poudre lors de l’occupation des locaux pendnat un mouvement de grève… J’étais bien contente de l’avoir eue gamine.

  • toubibedeschamps :

    meme bilan de base
    psa chez les plus de 50 ans
    serologie hiv hepatite b et c en fonction du patient et de la demande

  • chantal :

    Pourquoi le HIV? N’est-il pas plutôt suite à une demande que pour un bilan de routine? Tout comme Hépatite B et C. Puis pourquoi exclure l’hépatite A?

  • toubibedeschamps :

    nul n’est à l’abri

  • Guillaume :

    Pour les sérologie « pré-grossesse éventuelle » je demande une rubéole, car si elle est négative, on peut toujours proposer un vaccin. Par contre, je pense que la toxo n’a pas d’intérêt : pas de vaccination possible, peu de certitude de l’attraper en jouant au bac à sable ou en mangeant du chat tartare à la salade pas lavée. Il faudra de toute manière la refaire en début de grossesse : et hop, 2 piqures au lieu d’une !!

  • Jaddo :

    En fait, j’ai eu très souvent en début de grossesse « Ah bah on peut pas dire si c’est une immunité ancienne ou une infection récente, faut repiquer dans 3 semaines », et il y avait au final de toute façon 2 piqûres, + 3 belles semaines d’angoisse pour la mère.
    Avec une « base » plus ancienne, on peut rassurer et dire que c’est une immunité ancienne avec certitude.

  • Guillaume :

    ah ben oui, ‘fectivement, c’est mieux.

  • ANONYMOUS :

    Je ne fais pas de bilan de santé à un patient assymptomatique avant 50 ans sauf chez les femmes sous contraception (glycémie à jeun et EAL tous les 3 ans)
    Comme le recommanait l’ANAES en 96 dans un article sur la tenue du dossier médical: entre 50 et 65 ans creat tous les 2 ans que . tous les ans entre 65 et 75 et tous les 6 mois à partir de 75.
    A partir de 50 ans
    EAL tous les 2 ans consensus
    GAJ annuelle consensus

  • Ludivine :

    Très intéressant cet échange. Pour me situer, je suis en D4, aspirant à passer au concret de la réalité.
    Pour l’instant, la faculté nous a conseillé d’accepter en effet un bilan tous les 5 ans, en cas de demande du patient. Sinon évidemment ne pas le proposer, ça inquiète plus qu’autre chose les gens. Par contre, pas de précision sur quoi mettre dans le bilan (on ne peut pas être parfait).
    Je ne suis pas une grande fan des prescriptions, et j’aurais plutôt tendance à commencer face à un patient asymptomatique par un bon examen clinique complet. Ca rassure (on prend la demande en considération) ça ne coûte rien si ce n’est du temps et ça permet de cibler les examens.
    Si vraiment il faut prescrire, je ferai la base GAJ, EAL, créat et clairance. Le reste selon le patient avec un petit faible pour TSH, transa, iono et la NFS.
    Mais disons qu’une conversation avec le patient me semble avoir un effet informatif plus puissant que l’aiguille.

  • Borée :

    Merci à tous pour vos participations.

    Pr mangemanche a assez bien résumé ma problématique : on peut effectivement trouver des recommandations sur tel ou tel item mais rien (y compris en négatif) sur la notion de « bilan de routine » alors que c’est une réalité quotidienne (ou presque) de nos cabinets.

    Jeep a fait une intéressante synthèse qui me semble être une bonne base rationnelle.

    Je suis impressionné par certains qui, visiblement, arrivent à résumer leurs prescriptions à ces quelques dosages validés.
    J’ai beau être probablement beaucoup plus raisonnable que beaucoup de MG, je crois que, pour y parvenir,il me faudra encore du travail sur moi-même et des efforts d’explications envers mes patients.

    Enfin pour répondre à Chantal :
    – Il existe des recommandations récentes de proposer systématiquement une sérologie HIV à l’occasion de n’importe quel bilan sanguin. Je ne sais pas trop ce que ça vaut mais ça ne me paraît pas plus idiot que ça. Combien de personnes mariées répondraient faussement « Non » à la question « Ave-vous pris des risques ? » malgré le secret médical ?
    – L’hépatite A ne devient jamais chronique. Elle n’est dangereuse (assez rarement) que lors de sa phase aiguë, puis le système immunitaire se débarrasse du virus. Il n’y a donc aucun intérêt à en faire un dépistage, contrairement aux hépatites B et C.

  • Florian :

    Petit interne dans un trop grand CHU, je me vois contraint de prescrire moult bilans (et je suscite l’interrogation de mes chefs quand je prescris une sérologie VHB).

    Si je devais me placer dans le cadre d’un bilan « systématique » de ville chez un patient sans traitement :
    – de 20 à 40 ans : rien
    – après 40 ans (environ) : Glycémie/Créat, fréquence à déterminer (et à diminuer après 70 ou 75ans). Et EAL une fois au moins, puis si changement de mode de vie (divorce, chomage, retraite…)

    Ces 3 données (glycémie/lipide/créat) me semblent les seules pertinentes, car pouvant révéler une pathologie au stade pauci-symptomatique, pathologie potentiellement mortelle et pour laquelle une intervention précoce peut changer radicalement la donne.
    Et en fait en y réfléchissant bien, les lipides sont surement les moins rentables dans ce contexte.

    Je rajouterai effectivement des sérologies assez fréquemment (pour vacciner ou pour « désacraliser » la démarche).

    La CRP ou la VS ne me semblent pas rentables, sauf situation pathologique.
    Le iono : seulement si traitement ou pathologie.
    La ferritine : seulement si anémie.
    La TSH : assez largement si symptômes, mêmes vagues.

  • Eric :

    Un peu gêné pour répondre au questionnaire, comme Jaddo.
    Je suis anesthésiste et ma pratique diffère fondamentalement de la votre, donc mon avis est forcément biaisé.

    Concernant la NFS Plq : Aucun intérêt en l’absence de tout signe d’appel clinique (tolérance à l’effort, dyspnée, souffle cardiaque, saignement, ecchymoses, infections à répétitions non expliquées autres que des rhumes ou cystites banals…), et en dehors du cadre de la grossesse.

    Concernant le bilan de crase sanguine : Aucun intérêt si l’interrogatoire à la recherche d’une diathèse hémorragique est négatif, y compris en préopératoire de chirurgie mineure sans risque hémorragique.

    Concernant la fonction rénale : Aucun intérêt en l’absence de tout signe clinique ou d’argument anamnestique (œdèmes, HTA, histoire familiale). Le dosage de la créatinine est à interpréter en fonction de contexte et reflète d’abord la masse musculaire. Si malgré tout on en prescrit, le ionogramme ne devrait être à mon sens demandé que si le dosage de de la créatinine/clairance est franchement anormal.

    Concernant les PSA : le débat a déjà eu lieu et la réponse est certainement non, en dehors de toute symptomatologie urinaire.

    Proposer le dépistage régulier (à quelle fréquence ?) des IST à toute personne ayant une activité sexuelle qu’elle soit protégée ou pas, y compris en couple stable car on n’est jamais certain de ce que fait le conjoint, me paraît relever du plus élémentaire bon sens.

    Le dépistage du diabète de type II, certainement, pour les raisons déjà évoquées, voir les recommandations de l’HAS. Et pour ce faire le dosage annuel de la glycémie à jeun suffit.

    Le dépistage des dysthyroïdies par la TSHus ne me semble pas aberrant surtout après 65 ans en raison de la pauvreté et de l’absence de spécificité des signes cliniques.

    La CRP et la VS en dépistage, en l’absence de point d’appel à mon sens, n’ont pas leur place, mais n’ont pas leur pareil pour inquiéter inutilement les patients. Et s’il y a un point d’appel, autant faire directement les examens en rapport avec ce point d’appel. La CRP pourra éventuellement alors avoir un intérêt dans le suivi.

    L’anamnèse et l’examen clinique oriente la prescription des examens biologiques.

    Je le redis, c’est un avis un peu personnel teinté par une activité qui n’a peut-être pas grand chose à voir avec le quotidien de nombre d’entre vous.

  • Docmam :

    Il n’est jamais trop tard pour participer hein…
    J’ai tendance à ne prescrire aucun examen systématique ou « de routine » avant l’âge de 45 ans (en dehors d’un contexte, d’un traitement ou d’un antécédent particulier bien sûr) sauf :
    – EAL chez la femmes sous pilule OP tous les 4-5 ans je pense, en cas je suis pas persuadée de l’utilité de la chose
    – je fais également séro rubéole et toxo si patiente jeune non vaccinée

    Après 45 – 50, ça serait plutôt fréquence tous les 2_3 ans, avec
    – glycémie à jeûn
    – EAL
    – souvent Na K créat, même si je me dis à chaque fois que le Na K n’est franchement pas obligatoire
    – NFp assez souvent
    – TSH facilement
    – PSA après discussion approfondie avec le patient si il le souhaite

    je dose jamais la fonction hépatique notamment, et je suis même parfois embêtée par des bilans de routine trop complet dont je ne sais pas quoi faire…
    J’avoue que je suis influencée par les « modèles tout fait » des médecins que je remplace également…

  • Docmam :

    ah voui, quand je fais la VS je fais toujours la CRP avec, même si je sais bien que je ne devrais faire ni l’un ni l’autre…

  • Giulia :

    J’arrive après la bataille, mais je me permets de partiellement contredire notre docteur.

    Ma mère est diabétique de type 2.
    Dire du diabète que c’est une maladie silencieuse jusqu’à un stade avancé est, à mon avis, partiellement vrai.
    Quand ma mère a déclaré son diabète, il a été diagnostiqué au stade débutant.
    Les symptômes cliniques étaient vraiment très subtils et ils étaient surtout non spécifique : une fatigue telle que ma mère avait du mal à faire ses activités du quotidien et une prise de poids. Des symptômes très peu spécifiques, qui peuvent correspondre à plein de maladies très différentes et aux symptômes très différents.
    Même raisonnement pour la maladie rénale : au stade débutant, les symptômes ne sont pas forcément bien spécifiques. Une fatigue, un peu de nausées, bref, rien de très spécifique et qui, pareil, peuvent correspondre à plein de maladies aussi diverses que les traitements sont variés.

    Ma généraliste n’est pas non plus une grande fan des bilans de santé de base.
    En ce qui me concerne, les bilans de santé réguliers sont liés au traitement à la Ritaline, donc à la surveillance des effets secondaires.
    Comme la Ritaline peut avoir un impact sur la thyroïde et que dans ma famille, il y a une histoire importante de maladies métaboliques, le bilan thyroïdien se justifie selon elle (je suis complètement d’accord avec elle).
    De plus, la Ritaline peut modifier un bilan hépatique, d’où le bilan hépatique avant le traitement et un bilan de temps à autre pour être sure que le foie ne fait pas encore des siennes (ce n’est pas encore le cas, je touche du fer comme disent les italiens).
    Enfin, étant particulièrement adepte des effets secondaires rares et parfois, jamais mentionnés sur les notices de médicaments, ma généraliste considère qu’une NFS de temps à autre là aussi est de rigueur.

    Le bilan cardiologique annuel, recommandé pendant des décades chez les adultes, est maintenant considéré comme sans intérêt chez une personne jeune sans facteur de risque cardio-vasculaire.
    Si j’étais diabétique, ou bien que j’avais du cholestérol, ou bien que j’étais en surpoids (ce qui est loin d’être mon cas), si j’avais un syndrome des ovaires polykystiques… ce bilan cardiologique annuel sous Ritaline se justifierait.
    Je précise que je prends de la Ritaline pour un TDA/H, soit la maladie des enfants hyperactifs.
    Cependant, certains médecins de prévention exigent que j’aie ce genre de bilan tous les ans (médecine préventive de la fac, par exemple) même quand c’est complètement inutile. Pour asseoir leur petit pouvoir, peut-être… C’est de la médecine défensive pur sucre, et ça me saoule parce que ça me fait perdre du temps pour rien du tout (et je suis sure que ma cardiologue sauterait au plafond si je lui racontais ça, tout comme ma généraliste est systématiquement atterrée de ces demandes de bilan uniquement parce qu’il y a une bataille idéologique parce qu’à leurs yeux, l’adulte qui prend de la Ritaline pour un TDA/H est un drogué qui refuse d’admettre qu’il est addict, non parce que le bilan présente un intérêt pour la santé du patient. C’est purement idéologique et ça dessert le patient et la santé publique, n’en déplaise à ces écervelés de niveau doctorat. Je pourrais disserter encore longtemps sur ce genre de spécimen très particulier, et sociologiquement passionnant).

    Last but not least pour notre dissertation, le TDA/H est un facteur de risque d’anémie liée au manque de fer à lui tout seul. Pour l’instant, la recherche n’a pas encore expliqué ce phénomène (mon hypothèse de patiente est que la prise de caféine, stimulant qui calme la personne atteinte de TDA/H, est un facteur parmi d’autres facteurs encore non élucidés. Puisque la caféine gêne l’absorption du fer, parbleu !).
    Du coup, elle rajoute ça au bilan de surveillance.
    En sachant que le manque de fer se manifeste chez moi par fatigue + pâleur + mauvais sommeil + manque d’appétit et c’est un cercle vicieux.
    Je tiens à faire remarquer que le mauvais sommeil et le manque d’appétit sont des effets secondaires de la Ritaline mais voilà, chez moi, le manque d’appétit et le mauvais sommeil ne sont pas causés par la Ritaline (mais par la carence en fer, dont le TDA/H est un facteur de risque à lui tout seul).

    En conclusion, il est souvent très difficile de savoir quelle est la poule et quel est l’oeuf. J’ai remarqué que souvent, les médecins prennent la conséquence pour la cause, par exemple penser que la déprime induit l’essoufflement et la fatigue alors qu’en réalité, c’est l’essoufflement et la fatigue qui induisent la déprime (j’étais en train de me taper une récidive de péricardite sans autre forme de procès. J’étais déprimée de ne pouvoir rien faire sous l’effet de l’essoufflement et la fatigue).

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