Ça glisse, Alice !

Il y a quelques temps, j’ai eu un échange au sujet d’une question de gynécologie avec un ami qui s’y connait très bien.

Au milieu de sa réponse, je lis :

« J’insère toujours un spéculum après l’avoir trempé dans du liquide antiseptique ou dans du sérum phy, pour le lubrifier sans risquer de modifier un frottis, par exemple. »

Ah …

Ah ben merde, ça fait des années, que je fais tous mes frottis en utilisant du gel lubrifiant (celui qu’on trouve en supermarché, à côté des capotes…). C’est comme ça que j’avais appris « sur le tas » avec un gynéco du Planning familial.

Et là je me dis « Merde, merde, merde, combien de femmes, mon gars, as-tu condamnées aux pires horreurs en raison de tes conneries ? »

Mais, en même temps, je ne vois pas ce qui, intellectuellement, pourrait expliquer que du lubrifiant hydrosoluble fausse un frottis.

Je commence par appeler une collègue ana-path qui me dit que, non, mes frottis sont nickel, et que, pour ceux qu’elle fait elle-même, elle utilise un lubrifiant à base de vaseline sans que ça modifie ses lames (bon, là franchement, le lubrifiant à base de vaseline, je trouve ça un peu berk, mais bon…). Déjà, ça me rassure un peu.

Je décide donc d’aller voir ce que je peux trouver comme informations validées.

Je fais simple, Google est mon ami. Mots-clés : « frottis lubrifiant ». Sur les 50 premières référence, 48 recommandent de ne pas utiliser de lubrifiant (dont, le très officiel site de la Société Française de Colposcopie et de Pathologie Cervico-Vaginale) mais aucune référence d’étude. Tout le monde se contente de répéter la même chose. C’est comme ça, on a toujours fait comme ça et c’est comme ça qu’il faut faire. Et on ne discute pas.

Un site précise qu’il faut utiliser un lubrifiant. Mais ne le justifie pas non plus.

Et, tout de même, une synthèse belge mentionne deux études américaines qui concluent que l’utilisation de lubrifiant ne modifie pas le frottis.

En refaisant la même recherche en anglais, on retrouve les deux études de 2002 citées par la synthèse belge (l’étude de Harer WB et l’étude de Amies AM) ainsi qu’une étude texane (Griffith) de 2005.

Ces trois études, qui sont largement citées par les pages anglophones, ont la même conclusion : l’utilisation d’un gel lubrifiant à base d’eau ne change pas la qualité du frottis !

Conclusion : d’un côté une tradition française que rien ne vient étayer (en tout cas, je n’ai pas trouvé) et, de l’autre, trois études récentes qui vont toutes dans le même sens et qui sont reprises par les sites de référence en langue anglaise.

Alors, cette histoire m’inspire quelques éléments :

  • Mes patientes peuvent souffler, a priori, on n’a pas loupé de cancer du col.
  • Décidément, il faut toujours savoir remettre en cause ce qui nous est présenté comme des vérités acquises. Les « arguments d’autorité » et la tradition ne sont pas des preuves !
  • Une nouvelle fois, et ce n’est pas Martin Winckler qui me contredira, même pour une chose aussi basique, on gagne malheureusement à parler anglais pour pouvoir chercher ailleurs ce que notre filière française n’est pas capable de nous donner.
  • Enfin, je vais conclure en me contentant de citer la « note d’éditeur » de ce site américain parce que je n’ai pas trouvé comment mieux dire les choses :

« Au nom de toutes les femmes, merci pour les résultats de ces études ! Sérieusement, combien d’autres de nos pratiques officielles augmentent l’inconfort du patient sans aucune preuve d’un avantage ? Il y a d’énormes possibilités pour des recherches pragmatiques portant sur des aspects de routine des pratiques médicales.

Il est souhaitable que la Médecine de famille s’implique davantage dans la recherche, à la fois dans les centres académiques et au sein des réseaux afin d’améliorer les soins aux patients.

La recherche n’a pas besoin de sauver des vies ou de porter sur des sujets dramatiques pour faire des différences significatives pour les patients et pour les praticiens. »

Ne vous laissez plus faire de frottis

sans lubrifiant !

Sauf si vous aimez ça…

A suivre quand j’aurai le temps : l’eau et les « yoyos »

 

Edition du 30/08/11

Mon amie Gélule m’a offert un dessin pour illustrer ce billet :


33 commentaires à “Ça glisse, Alice !”

  • Martin Winckler :

    Et merci d’interroger les « certitudes » les plus anodines (apparemment) pour le bien des patientes. Et de partager les résultats de vos recherches.
    MW
    PS : Petite requête du lecteur lambda pour l’aider à retrouver les infos. Sous le titre (ici : « Ca glisse, Alice »), ça serait bien de mettre un sous-titre qui précise le contenu (« spéculum et lubrifiant », par exemple).
    PPS : We want more !

  • martine .G :

    c’ est bien de se poser des questions simples et d’aller trouver des réponses, ça rassure les autres, qui comme moi lubrifient le spéculum, forcément.. et depuis 22 ans..
    comme la plupart non ? sinon, merci bien l’intro ..
    Je vais vite lire le mot sur les yoyos.

  • Hélène Fanton :

    Moi aussi, je suis ravie de votre commentaire. Depuis longtemps, je pense que beaucoup de nos pratiques gynéco-obstétricales datent d’époques pas si lointaines où la gynéco était aux mains de messieurs qui n’avait pas grand chose à faire du confort de leurs patientes, et qui n’ont jamais été remises en cause. Le spéculum plastique, outre le fait qu’il est jetable, est beaucoup moins froid, le lubrifiant acqueux (que j’utilise aussi, en évitant d’enduire l’extrémité, par mauvaise conscience sans doute – jusqu’à aujourd’hui-) et l’introduction douce en laissant les muscles périnéaux se décontracter pendant la manoeuvre, ont fait l’unanimité de mes patientes, je crois, depuis plus de 15 ans. Merci en tout cas de vos recherches. Et vivent les recherches de médecine générale qui porteraient sur de tels sujets, remettant en cause les vieux poncifs…

  • Borée :

    Je ne suis pas si sûr que le fait d’être une femme plutôt qu’un homme soit une garantie en soi. J’ai eu plusieurs retour de patientes qui trouvaient que les gynécologues féminines étaient parfois, et paradoxalement, moins attentives à leur confort.

    Vous m’avez vraiment bien amusé avec votre anecdote du speculum enduit de lubrifiant mais-pas-au-bout-des-fois-que. C’est vraiment le genre de demi-mesure qu’on a certainement tous déjà appliqué quand on ne savait / pouvait / voulait pas trancher. Ça fait du bien dans ce cas d’avoir une certitude et de se sortir de ces entre-deux pas très satisfaisants.

  • Stairway :

    Si tous les gynécos pouvaient ne pas insérer les speculums comme des brutes et les enduire de lubrifiants (et utiliser des spéculums en plastique si possible), je pense que les femmes se sentiraient bien mieux !

    Je ne sais pas combien j’en ai entendu me dire que les frottis étaient à chaque fois une réelle hantise, que ça faisait mal…

    Combien sommes nous à repousser le moment où, les quatre fers en l’air, en position « poulet-de-bresse », il faudra se soumettre au speculum/frottis par la faute d’un gynécologue peut soucieux de notre bien-être ?

    • Borée :

      Merci de votre témoignage que je ne peux qu’approuver.
      Paradoxalement, j’ai déjà entendu dire que les gynécologues femmes pouvaient être encore plus brutales que les hommes. Mais peut-être n’est-ce qu’un autre cliché.

  • Soleil-De-Marseille :

    Juste là … la vaseline je me permets un bémol : soit c’est allergisant ( et je vous laisse imaginer une allergie à cet endroit-là … ) soit ça favorise les candidoses.
    Quelle idée de dire que les lubrifiants à base d’eau pouvaient fausser un FCV; ça ne m’a jamais traversé l’esprit. Je fais tous mes actes de gynécologie avec.
    Comme quoi, « y’a encore du boulot » …

    • Nathalie Delaleeuwe :

      C’est malheureusement de mon expérience de patiente. En tant que Belge, j’ai aussi l’impression qu’on est un peu moins rude avec les patientes. Sans doute plus entre les cultures anglo-saxonnes, germaniques et françaises. Quand je lis des témoignages de Françaises chez leur gynéco, j’en frémis. Mais c’est sans doute aussi un cliché.Il y a des zouaves partout mais les choses changent, les femmes revendiquent plus de respect et votre blog nous aide à repérer les dérives pas toujours évidentes à identifier comme telles quand on est de l’autre côté du spéculum.

  • Fabinou :

    La France est un pays de légende … la légende du lubrifiant qui modifie la lame du frottis … la légende de l’AINS qui diminue l’efficacité du DIU … la légende du nourrisson qui ne peut avoir mal car trop immature pour cela …et je ne parle pas de toutes les assertions fumeuses que l’on sert aux patients à propos des céphalées, des crampes, des palpitations, des modifications de poids !
    Contre les légendes , il n’y a qu’une arme : la recherche clinique et si possible en médecine générale , solide sur le plan méthodologique,avec des cohortes importantes, financée par de l’argent public, plutôt que de laisser sortir à prix d’or le dernier mee-too ou enantiomère , « qui n’apporte rien de nouveau » comme dirait Gaspard Bonhomme !

    • Borée :

      @ Soleil-de-Marseille
      La vaseline c’est un peu berk, mais il me semble que c’est un produit qui a justement l’avantage de n’être jamais allergisant.

      @ Fabinou
      La France est certes un pays de légendes mais ne nous battons pas non plus la coulpe plus que nécessaire. De très nombreux sites anglophones déconseillent également l’utilisation de lubrifiant alors qu’ils ont le privilège de disposer des études dans leur propre langue.

  • Gini :

    Ben mince… je me dis soudain que je ne m’étais jamais posé la question… Et du coup je me sens mi terroriste-mi sympathique avec mes patientes puisque je lubrifie tout simplement avec un peu d’eau du robinet! C’est mal docteur?
    En tout cas pas de plainte et une insertion facile, d’autant que j’utilise du matériel plastique effectivement moins froid et peut être plus facile à insérer.

    Sympa ton blog. Moi aussi jeune installée en campagne, souvent envie de partager mes aventures !

  • Anne-Sophie :

    Tiens, j’ai quelques frottis à mon actif, et je n’ai jamais eu le souvenir de lubrifiant.
    Ça sort du petit étui en plastique et hop, c’est parti.
    C’est pour cela que je saigne à chaque fois? (ça fait un peu mal, quand même)
    Pourtant je suis détendue, c’est pas un truc qui me stresse et je suis en général toujours tombée sur des médecins/gynécos sympas.

  • Marie :

    Super article, j’étais passée à côté! Comme quoi, il faut vraiment aller questionner toutes nos habitudes…
    Merci !

  • bluerhap :

    Merci, pour mes patientes et aussi pour moi, qui depuis des années utilise l’eau du robinet ce qui ne me satisfait pas totalement. En fait, j’ai trouvé ce lien parce que j’étais parti sur la « position anglaise ».
    Et oui +++ pour la recherche clinique en MG, alors mes chers confrères, lorsqu’un étudiant ou un enseignant en MG vous contacte, pour de l’enseignement ou de la recherche … Soyez originaux, répondez « oui » 😉

  • Sirtin » Idées reçues : comment dire non au gynécologue ? :

    […] systématiques ! – Médecine, sexe et pouvoir – L’examen gynécologique à l’anglaise – ça glisse Alice ! – Tout sur la contraception par Martin Winckler – Toucher […]

  • Idées reçues : comment dire non au gynécologue ? | Sirtin science :

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  • Carole :

    Une révélation…
    Ce truc froid, et quand même assez large finalement, dans un vagin qui n’en pas envie, qu’on pousse pour le coup et qui frotte à l’intérieur (parce que oui justement je précise souvent au gynéco que j’ai des problèmes de sécheresse à la trentaine, sans solution constructive…) :
    Tout ça pour apprendre sur votre site qu’il existe des instruments en plastique, et qu’on peut en plus les lubrifier…
    Ca me révolte…
    J’ai quitté cette gynéco, mais la prochaine, elle va avoir droit à une explication avant de me toucher…
    Marre d’avoir mal chez le gynéco!
    Comme la dernière fois où le patch anti-douleur afin de me poser un implant fait 3,5cm de diamètre alors que l’implant fait 4cm de long et que les derniers millimètres j’ai l’impression d’être Rambo qui se recoud à vif…
    Un énorme merci pour vos précisions sur la gynécologie et la médecine générale. Grâce à vous je change et j’invite les autres à plus de sens critique sur la base de site comme le vôtre.
    Merci encore.

  • Valérie :

    A titre perso j’exige un lubrifiant pour les examens gynécologiques, qui m’ont toujours été assez pénibles comme ça.
    Quand mon généraliste me suivait en gynécologie il poussait la délicatesse jusqu’à tiédir le spéculum (en métal) à l’eau chaude, ces bonnes pratiques se perdent.
    A noter que ma mère (âgée) a subi un examen sans lubrifiant une fois, a souffert, a protesté, et s’est entendu répondre que c’était pour une raison d’aseptie !!
    Comme chacun sait, on ne fait rentrer dans le vagin que des « choses » strictement désinfectées…

  • Jo :

    J’ai récemment consulté pour une pose de DIU chez une sage-femme qui m’a surprise en me tendant un spéculum (en plastique et lubrifié) et en me disant: « mettez-le en place vous même, et dans le sens que vous voulez, ce n’est pas important. Ainsi, pas de risque de vous faire mal ».
    Effectivement, c’est beaucoup plus simple, et en le faisant sois-même, on ne se fait pas mal.

  • Pan :

    Je suis sage-femme (homme) et à quasiment chacun de mes examens, pose de spéculum j’utilise du lubrifiant…
    Cela est d’autant plus facile que j’utilise du gel à écho-monito qui est constitué d’eau gélifiée…
    pour le spéculum idem…
    bref, je pense que ce n’est ni lié à la profession, ni à la personne mais à notre formation (durant mes cours c’était bien précisé de ne pas utiliser de lubrifiant pour un FCV)…
    Mais certaines rencontres permettent de se rendre compte de nos pratiques.
    L’éthique ce n’est pas que les grandes interrogations sur des problématiques complexes, mais aussi la bienveillance, la non malveillance vis à vis de nos patientes et dans des actes « routiniers »…

  • Camille :

    C’est dans ce genre de moment où je bénis le fait d’avoir une gynéco merveilleuse, qui réfléchit d’abord au confort et à la sécurité de ses patientes. Et qui doit acheter le lubrifiant en quantité industrielle, vu ce qu’elle utilise pour chaque examen ^_-

  • Pierre Assas :

    Depuis 1975 je mets des stérilets aux jeunes filles de 17 ans, contre le dogme « Pas de DIU aux nullipares », parce que personne n’a pu m’expliquer en quoi une grossesse antérieure protégeait des infestions ultérieures.( Et me suis-je fait traiter d’assassin par les confrères! ). C’est ma sage-femme de mère, née en 1908, qui m’avait appris à contester les dogmes: elle avait remarqué dans les années trente que les femmes des milieux populaires qui ne pouvaient pas garder le lit après un accouchement pour cause de famille nombreuses ou par nécessité économique ne faisaient pas de phlébite, tandis que les femmes des milieux aisés qui restaient couchées et IMMOBILES ( Afin de prévenir la phlébite selon la règle de l’époque! ), elles, thrombosaient: ma mère avait découvert les bienfaits du lever précoce 30 ans avant les autres en proscrivant l’alitement prolongé à toutes ses clientes. Vive la jugeote contre les idées reçues !!!

  • Pomme :

    Voilà bien le genre de question que je ne me suis jamais posée (en tant que patiente, je ne suis pas médecin). Je ne sais absolument pas ce que trafique ma gynéco pendant que je regarde le plafond…

    Pour le stérilet (commentaire précédent), « on » (je ne sais plus si ma source était médicale ou pas, mais j’en doute) m’avait dit qu’on ne les posait qu’au femme ayant déjà eu un enfant comme ça, en cas de problème elles ont déjà au moins un enfant… ça vaut ce que ça vaut comme explication…

    Mais c’est vrai qu’entre ce que l’on entend, ce que l’on lit et le fait que tous les toubibs ne sont pas d’accord, on ne sait plus à quel saint se vouer, nous, les patients. Du coup je me rabats, par défaut, sur l’avis de ceux qui me suivent…

  • claire chartier GRIMAUD :

    Bonjour,
    Dommage d’attaquer les confrères gynécos…; »je fais tout bien..;etc… »Bravo!
    ne pas généraliser peut être,ne pas monter les femmes contre les gynécos….Il est vrai que martin
    winckler veut leur disparition:c’est presque fait pour les gynécos med malgré le formidable combat du Comité de défense de la gynéco med.
    plus de 3 millions de signatures.
    N’est ce pas la meilleure réponse à votre effor pour monter les uns contre les autres?

    • Borée :

      Ce n’est pas « monter les uns contre les autres » que de dénoncer les absurdités et les contre-vérités propagées par certains « professionnels ».
      Qu’y puis-je si ce sont les instances représentatives des gynécologues français qui affirment des âneries à l’encontre des preuves scientifiques.

      La gynécologie médicale, outre qu’elle est une spécificité française, est en effet marquée par son archaïsme et son affranchissement des exigences de la « médecine fondée sur les preuves ». C’est d’autant plus inacceptable qu’ils sont sensés être des spécialistes.

      Heureusement, ça n’empêche pas qu’il y ait dans cette profession également des médecins ouverts, respectueux des femmes et exigeants sur le plan scientifique mais tous les exemples du quotidien nous incitent à penser qu’ils ne sont pas majoritaires.

  • MC :

    C’est amusant j’ai été suivie pendant un an (à 23 ans) par une Dr C., gynécologue de son état qui en deux consultations sur un an m’a fait passer de minidril à jasmine (ordonnance jamais retirée par moi je ne voyais pas l’intérêt vu qu’elle ne m’avait rien expliqué), m’a fait une échographie endovaginale sans raison (un baptême pour moi) « pour voir si tout fonctionnait bien », a voulu me mettre au régime (65kg pour 1m68) et me recevait 10 minutes pour un tarif de 95 euros la consultation. Sans parler des frottis of course.

    je suis loiiiin de crois que tous les gynécos sont à mettre dans le même panier mais de ma petite expérience en tant que leur patience, je constate que dialogue, pédagogie, écoute et considération sont loin d’être les points forts de la majorité de ceux que j’ai rencontrés.

  • carmen cru :

    @madame claire chartier grimaud : je découvre ce blog et le moins qu’on puisse dire c’est que les soucis patientes/gynecos n’ont pas besoin qu’on les alimente, ils sont présents sans cela ! Je ne suis pas gynéco, mais ‘de l’autre côté’. Oui, il y a des gynécos qui « récurent » le col comme s’il s’agissait d’une poubelle sale et on sort en saignant avec des contractions qui durent deux jours alors que bizarrement d’autres les font sans que ce soit plus que pénible pendant une minute, le frottement n’a rien d’agréable mais est rapide. Oui, il y a des gynécos qui réconfortent : vous avez une adénomyose mais on va tout enlever vous inquiétez pas ce n’est rien (ben voyons… une semaine d’hospitalisation un mois de convalescence et ce n’est rien ?) Oui il y a des gynécos qui disent qu’une conisation « ne fait pas mal » hahaha ça c’est carrément la blague de l’année. LE problème c’est que les femmes sont encore légions à ne pas oser dire tout ça.. à souffrir le martyre pendant les frottis mais il faut bien le faire hein, sinon on a le cancer.. à ne pas pouvoir se lever à la fin d’une réunion devoir attendre que tout le monde soit parti car malgré tampon xxl et serviette maxi nuit, après deux heures sans pouvoir se changer la scène va être digne d’un film d’horreur, et sera conclue par le décès définitif de la chaise sur laquelle on était assise… et à qui on dit « ça passera quand vous serez ménopausée » (oui et l’eau, ça mouille) mais pour qui on découvre ô stupeur un problème qui explique les règles hémorragiques au cours d’une irm exigée par la patiente furieuse qu’on la lui refuse au titre que « les règles, c’est le mauvais côté de la féminité mais il y en a des bons » (en clair : c’est comme ça et voilà). merci au médecin de ce blog qui au moins essaie de respecter autant que faire se peux le corps des femmes, je n’oublierai personnellement jamais la gynéco femme qui m’a pondu, alors qu’elle venait de m’enfiler d’un coup sec un spéculum (sans lubrifiant evidemment, et en métal glacé tant qu’à faire) dans un vagin ravagé par la mycose donc à l’état de papier crépon carbonisé et que je hurlais : « rhoooo mais taisez vous enfin, une bonne femme c’est costaud vous êtes bien douillette ma pauvre fille » (j’avais 18 ans elle dans les 50). il y a encore un maximum de boulot, si vous voulez que les femmes qui ne font plus de frottis car le dernier a généré une telle douleur et une telle angoisse qu’elle s’est payée un accident de voiture en sortant du cabinet car obnubilée par l’idée qu’il faudrait recommencer, si vous voulez que ces femmes donc, reviennent en cabinet, ne les regardez plus comme un assemblage d’organes sur qui il faut appliquer les procédures sans réflechir. Après, peut être pourrons nous espérer qu’on arrêtera de nous faire accoucher sur le dos les pattes en l’air, mais là c’est encore autre chose….continuez, docteur Borée (si c’est votre nom), nous sommes avec vous !!!!

  • abee :

    Et pensez vous que cest aussi valable pour les prélèvement vaginaux ?

    • Borée :

      En-dehors des frottis, il n’y a pas beaucoup de prélèvements vaginaux qui nécessitent un speculum. Eventuellement les prélèvements endocervicaux pour rechercher certaines infections. Dans ce cas, je ne sais pas mais je doute que l’utilisation de lubrifiant les modifie.

  • Chartier Grimaud :

    Pour répondre à MC (dont on aimerait bien connaître l’identité) je ne suis pas médecin ni gynécologue,ceci pour lever des doutes malsains sur des accusations portées…sans preuve contre quelqu’un que je ne connais pas….

    • Borée :

      Vous avez raison et j’ai édité le message que vous évoquez afin d’éviter toute polémique. J’aurais dû le faire d’emblée et m’étonne de ne pas y avoir prêté attention.

  • claire chartier Grimaud :

    Les calomnies ne sont pas des arguments.

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