25 Mai 2013

Car, voyez-vous, je vais me marier

Lettre au Dr Patrick WOLFF

Président du Conseil Départemental de l’Ordre des médecins de l’Hérault

 

Cher Confrère,

Il est souvent d’usage dans notre profession de se tutoyer au nom, j’imagine, de la confraternité. Pour ce qui vous concerne, je n’arriverai pas à m’y résoudre : le « cher Confrère » me coûte déjà.

Vous êtes donc gynécologue et président d’un Conseil départemental de l’Ordre. Cette double qualité n’est certes pas de nature à m’inciter aux a priori les plus favorables à votre égard. Pour autant, j’étais prêt à en faire abstraction.

Dans la « Lettre de l’Ordre des médecins de l’Hérault » n° 23, de ce joli mois de mai, vous signez le traditionnel éditorial. Rebondissant sur l’affaire Cahuzac, vous nous rappelez le devoir d’exemplarité attaché à cette noble profession qui est la nôtre. Une exigence qui a pour fonction de préserver notre image collective puisque, je vous cite, « Chaque médecin doit se sentir personnellement responsable de la considération du corps médical. »

Cette parole est d’or, assurément. C’est pourquoi je ne peux que regretter la vomissure que vous commettez à la page 5 de cette même lettre.

Je laisse mes lecteurs découvrir ce beau moment d’humanité :

(Vous pouvez cliquer pour zoomer)

P Wolff

Oui, vraiment, un beau morceau de tolérance et d’ouverture d’esprit. Certes, le ton oscille entre la salle de garde et la cour de récréation. Certes, l’illustration choisie est un peu (si peu !) caricaturale. Mais, quoi, on est entre nous, non ?

En vous lisant ici, c’est avec émotion que j’imagine le gynécologue profondément humain que vous deviez être et tout le respect que vous deviez témoigner envers vos patientes. N’est-ce pas ?

Plus sérieusement, croyez-vous vraiment, abusant de votre position en vous autorisant cet exercice inhabituel pour cette « Lettre », faire l’honneur de notre profession et du poste éminent que vous occupez ? Pensez-vous sincèrement que ce vocabulaire de charretier fasse notre dignité ?

Comment imaginez-vous que les médecins homosexuels de votre département, il y en a forcément, aient ressenti cette virile saillie ?

Quel est le message que vous souhaitiez envoyer à leurs patients ?

Si je me félicite d’une chose aujourd’hui, c’est de ne pas vous avoir pour président de mon propre Conseil Départemental. Car, malgré les précautions d’usage, c’est bien la « Lettre » de tous les médecins de l’Hérault, leur Conseil Départemental à tous, que vous empestez de vos flatulences.

Dans l’immédiat, cher Confrère, je vous réserve la primeur d’une annonce.

Par amitié pour mes lecteurs, j’aurais aimé une forme plus joyeuse et primesautière. Mais nécessité fait loi. À défaut d’un bouquet de roses, ce faire-part sera donc un poing dressé.

Car, voyez-vous, cher Confrère, je vais me marier. Le 7 septembre prochain. Et c’est un grand bonheur de pouvoir le faire.

Et, voyez-vous, cher Confrère, nous espérons même avoir des enfants et, croyez-le, nous tâcherons de les élever avec amour.

Avec amour, avec humanité et avec toute notre dignité. De ces qualités dont vous semblez manquer.

Je vous adresse, cher Confrère, l’expression de toute ma commisération.

 

P.-S. Merci à l’ami qui a attiré mon attention sur ce document